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La vocation religieuse au travers du don de soi

 
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Bender.B.Rodriguez
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MessagePosté le: Dim Juil 08, 2012 2:31 pm    Sujet du message: La vocation religieuse au travers du don de soi Répondre en citant

Citation:


La vocation religieuse au travers du don de soi


Le Don de Soi


Avant tout, il faut comprendre ce qu'est la vertu du don de soi. Comment mettre en pratique cette vertu fondamentale qui crée le liant entre les membres de la communauté des Hommes. Dans la question fondamentale de cette vertu, une chose est essentielle, voire même préalable à toute réflexion. Cette chose, au centre même de tout ce qui peut être écrit est l'Etre. Il parait bien impensable de parler de don de soi sans parler de ce "soi" en question, ce "soi" qui en fait n'en est pas un. Car oui, l'on ne peut le résumer à une entité aussi peu singulière. Cette vertu, ciment de notre communauté, se reflète à travers un "moi". Pour aller encore plus loin, l'on peut ainsi affirmer que ce "moi" est à poser en face à face à l'autre, ce fameux pair, ce reflet de soi qui renvoie autant d'éléments nécessaires au développement de ce "moi". Pour comprendre, il suffit de se poser ces simples questions : que serais-je si j'étais seul ? Pourrais-je parler si j'étais le seul de mon espèce ? Serais-je moi si l'autre n'était pas "lui" ?

Le "moi" est donc la résultant de la vie dans la communauté des Hommes, il est également un reflet de la communication qui s'est établie entre chaque individu. Si nous sommes tous semblables parce que le Très Haut nous a fait de la même matière, nous a façonnés à l'identique, nous sommes pourtant singuliers et uniques, pourvus d'une âme créant ce "moi". Mais au delà de cette question purement philosophique, le "moi" se pose essentiellement en qualité spirituelle, le "moi" est cette âme qui anime le corps et le transforme en autre chose qu'une simple enveloppe vide. Cette âme, ce "moi" est finalement, l'image du Très Haut qui est le "moi" parfait. un passage du Mythe Aristotélicien traduit cela, des paroles du Très Haut inspirées et transmises à Oane.

Livre de la Création - Chapitre VIII - « La décision » a écrit:
"J’ai fait de ton espèce Mes enfants. Je fais maintenant de vos esprits des âmes. Elles se différencient des esprits des autres espèces en ce qu’elles resteront dorénavant les seules à être de nature supérieure, à tendre vers Ma divine perfection. Ainsi, je divise le temps en sept parties, appelées "jours", afin qu’à chaque septième jour, toi et les tiens vous vous réunissiez pour honorer votre père : Moi."


Ainsi donc, il s'agit bien là, au final de "donner au Très haut" puisqu'Il est le "Moi" parfait qui a fait de nous ce que nous sommes. Faire preuve de Don de soi envers l'autre revient à faire Don de soi à Dieu. L'Etre est donc bien au centre de ce qui est, car sans l'Etre, rien ne saurait être. Cela peut paraitre une évidence, mais ce n'est pas simplement l'individu en termes d'enveloppe ou d'âme qu'il faut concevoir cette vertu, non, il faut la concevoir en partant du moi comme âme parmi d'autres âmes, singulière et unique mais semblable et égale aux autres. C'est Aristote qui démontra l'importance pour l'Homme de vivre dans la cité. Un constat s'impose donc avant tout, pour pratiquer la vertu, il faut vivre avec les autres. Le don de soi, suppose de rendre une partie de ce "soi", qui en fait est un "moi", à l'autre. Il ne s'agit pas seulement d'un sorte d'attitude sacrificielle mais d'une volonté de créer un lien entre pairs, de fabriquer le ciment qui compose toute communauté, toute fraternité. Mais comment développer cette vertu comme il nous incombe ? Comment agir au mieux pour la mettre en pratique ? C'est encore l'archange Miguaël, archange du Don de soi qui le dit avec justesse dans la prière qu'il fit au Très Haut.

Saint Miguaël a écrit:
« Ô Dieu Très-Haut,
Père de l’humanité
Et Toute-Puissance divine,
Ferme mes oreilles
Aux tentations
Et ouvre mes yeux
A l’amour sans fin que tu me donnes,
Que je puisse donner à ceux qui doivent recevoir,
Aimer ceux qui doivent l’être,
En sachant toujours,
Que si je n’étais pas là,
Quelqu’un d’autre serait là pour le faire
Car c’est Toi qui parle par ma bouche
Et qui œuvre par mes mains.
Pardonne à mon frère et à tous les autres
Ils ne savent pas ce qu’Ils font. »


Le don de soi est donc cette vertu qui permet à chacun d'exprimer sa nature fondamentalement humaine, son caractère semblable aux autres, à son prochain. L'homme de Foi ou d'église n’échappe pas à cette règle puisque, avant d'être prêtre, évêque ou curé, il est homme. C'est donc tout naturellement qu'on retrouve cette vertu dans ce qui fait du clerc un être appartenant à la communauté. Mais cette vertu se trouve exacerbée dans sa vocation à conduire l'humanité vers son salut. Il est donc pertinent de réfléchir dans quelle mesure l'homme de religion exerce cette vertu et ce qu'implique son statut humain dans la pratique de sa mission ecclésiastique.


Le sacrifice du religieux, un don de soi pour le salut des autres


Il est primordial de se demander en premier lieu ce que signifie la vocation. Il s'agit de l'acte par lequel Dieu prédestine tout homme dans un rôle déterminé. Ce rôle constitue la finalité de son existence personnelle, ce pour quoi il est venu au monde. L'on peut alors se demander dans quelle mesure l'individu est libre d'embrasser cette vocation religieuse et si les contraintes de cette vie ne sont pas encore plus grandes que le simple don de soi. La question du sacrifice est posée car comme le signifiait Christos s'adressant aux apôtres :

Vita de Christos, chapitre VIII a écrit:
si vous choisissez de vous dédier à guider les autres sur la voie de l'Eglise, il faut alors que vous soyez prêts à lui donner priorité. Alors prenez de la distance par rapport à vos biens, à votre travail, à vos outils, dites au revoir à votre famille… Préférez la simplicité et l'instruction aux riches ornements et aux beaux atours. Car notre tâche nécessitera de sacrifier le bien personnel au bien collectif, mais en échange vous serrez sacrés parmi les enfants de Dieu.


Il s'agit donc bien d'un sacerdoce, cet état qui fait de l'Homme le berger qui conduit les brebis. Les religieux ont le privilège du sacré, ils sont les phares de la Foi sur l'océan de la sombre nuit de l'humanité. Chacun d'entre eux s'offre en sacrifice pour prier au nom du peuple et pour transmettre l'enseignement des prophètes et l'amour du Très Haut. Ainsi, comme Christos le disait si bien, l'homme de Foi, ce religieux qui s'est engagé à servir le Tout Puissant, devra affronter tous les affres de la rigueur de sa condition avant de recueillir les ors de son sacrifice.

Vita de Christos, chapitre VIII a écrit:
La route sera longue et tortueuse, le chemin rugueux, l’horizon lointain, la pente forte, mais le soleil qui brille guidera nos pas. Nous connaîtrons des difficultés, des disputes, des colères, des passions, des hésitations, mais l’amour et l’amitié nous uniront et Dieu nous portera.


Il n'est pas nécessaire de chercher plus longuement la question centrale qui doit guider la vie du religieux. Il s'agit bien entendu de la vertu puisque de celle-ci découle ce comportement sacrificiel. Cette vertu que Saint Benoit nommait noblesse d'âme et dont il conseillait de ne pas simplement s'en contenter. Exprimant la fragilité de cette noblesse face aux épreuves que l'être humain réserve à son prochain. En ces termes, il expliquait :

Hagiographie de Saint Benoit a écrit:
Il n’est de noblesse que d’âme, et c’est dans votre cœur qu’il vous faut être noble. Mais sachez que même ainsi, vous serez vulnérable, car la noblesse est souvent blessée par la bassesse.


Mais de vertu, c'est encore Aristote qui en parle le mieux. Même s'il ne parle pas des ecclésiastes puisque ceux-ci n'existaient pas encore à l'époque, ses enseignements et son message a un caractère transcendantal. Le prophète parle de l'Homme en tant qu'être vivant et nul homme d'église ne peut échapper à cette appartenance. Selon le prophète, la vertu ne peut se pratiquer qu'avec autrui, au sein de la communauté et non seul comme un ermite. Le mythe du religieux reclus dans son église pour la grandeur du Très Haut n'a donc aucun sens. Il se doit d'être aux côtés des siens comme l'expliquait le messager du Très Haut à l'ermite qu'il avait rencontré sur sa route.

Vita de Aristote, dialogues XII : l'ermite a écrit:
Être un humain, c'est vivre selon la vertu. Et la vertu est une pratique qu'on ne peut exprimer qu'avec les autres. Tu vis bien certes, mais tu ne pratiques aucune vertu puisqu'il n'y a personne avec qui tu puisses la pratiquer. Tu vis comme un ours, indépendant. Mais a-t-on vu un ours faire preuve de vertu ? Tu n'es pas un homme heureux puisque tu n'es même pas un humain. Un humain a des amis, où sont les tiens ?


Ces paroles relient également la vertu au bonheur et même, au caractère humain de celui qui vit à l'écart des autres, le privant ainsi, par essence, de toute vertu. Ainsi la vertu conduit-elle au bonheur et ce bonheur dépend donc des autres et de son appartenance à une communauté formée par ses semblables. Cette communauté qu'Aristote nomme "cité" et qui se rapporte à la communauté aristotélicienne pour les religieux, englobant fidèles et clercs, ne peut donc s’épanouir qu'au travers de la vertu. Ainsi, à n'en pas douter, l'homme d'église tout comme le simple paysan, atteint le bonheur au travers de ses liens avec les autres. C'est pourquoi ce passage citant encore une fois le premier prophète prend ici tout son sens.

VIta de Aristote, dialogues X : la morale a écrit:
Le bien de l’homme, c’est à dire ce qui tend à réaliser la perfection de sa propre nature, est donc une vie vouée à assurer les conditions de l’harmonie au sein de la cité. Or, le bien de la cité, est tout ce qui participe à son équilibre, puisque la nature de la collectivité est de se perpétuer. Ainsi donc, tu peux le constater, le bien de l’homme conduit au bien de la cité.


Le bien de l'homme serait donc de ce qui amène le bien de la cité. Cela signifie également que la vertu conduit alors au bien de la cité et que c'est uniquement dans la communauté que ce bien peut s'exprimer. Se dessine alors une sorte de cercle tirant vers la perfection dans laquelle Vertu, bonheur et bien commun sont tous liés. L'homme est au centre de ce cercle et ceux qui en sortent ne peuvent être vertueux. Il ne connaitront donc le bonheur et ne feront qu'amoindrir le bien commun en affaiblissant l'unité de la communauté. C'est d'ailleurs ce que Christos expliquait à ses apôtres en tenant les propos suivants :

Vita de Christos, chapitre VIII a écrit:
Si vous voulez vivre en groupe, dans l’amour de votre prochain et de la multitude, si vous voulez partager votre pain avec vos amis, marcher avec vos frères, alors venez à moi et suivez-moi. Dans ce cas, si vous tombez sur le chemin, un frère s’arrêtera, et vous relèvera.


La solidarité découle de cette vertu et contribue au bien commun et donc, au bonheur de l'individu. L’individu épanoui peut alors faire preuve de vertu et tendre à améliorer la "cité" en participant à son essor, à sa pérennité. IL n'existe pas d'autre système pouvant se démontrer aussi fidèle au message du Tout Puissant. Basé sur l'amour, la vertu guide l'Homme dans sa vie quotidienne.

Et le religieux dans tout ça ? Il n'échappe certainement pas à cette règle même s'il s'intègre dans une communauté au sein de la communauté des Hommes. L'amitié aristotélicienne au cœur de l'humanité. Souvent comparé au berger guidant son troupeau, étant ainsi en charge de protéger chaque membre, du premier au dernier, du plus jeune au plus âgé, avec pour seul objectif d'arriver à bon port, le religieux se doit d'être vertueux, bon, aimant. S'il oublie un membre, il brise l'unité de la communauté et l'affaiblit. S'il en favorise un au détriment des autres, il risque d'apporter jalousie, orgueil et colère, affaiblissant tout autan la communauté. Il est donc celui qui se doit d'être au dessus des bassesses de l'humanité alors qu'il porte en lui tous les stigmates de cette humanité. Il ne peut en effet se départir de son essence profondément humaine et imparfaite. En revanche, en s'éloignant de tout ce qui pourrait détourner l'indicible force qui le met en mouvement, en prenant ses distances avec ce qui fait de chacun un père, un mari, un fils, un ami, il s'écarte de la conception purement matérialiste du monde. Il se met également à distance de l'amour purement humain pour s'orienter vers l'amour spirituel et la lumière du Tout Puissant. Il existe ainsi une forme d’ambiguïté das la condition ecclésiastique puisque, de son propre chef, l'homme d'église se met à l'écart des siens pour entrer dans une autre communauté, celle des religieux. C'est ici que réside le risque majeur de notre siècle, que l’Église se coupe de la communauté en se repliant sur elle-même. La vertu ne peut se pratiquer sans les autres et la communauté religieuse, bien qu'étant une forme de "cité" ne peut s'épanouir à l'écart. Son rôle premier de guider l'humanité vers son salut ne peut illuminer les Hommes que si chacun des guides prend pleinement part à la vie de sa propre communauté de vie, son village, son duché, son comté, son royaume. En sommes, le risque est de s'écarter de cette vie au sein de l'humanité pour ne cultiver que la grandeur de la fonction pour l'amour du Tout Puissant et la gloire de son Eglise. La gloire de cette Eglise ne passera que par sa reconnaissance comme éternelle, sage, vertueuse et unique par l'humanité toute entière.

Monseigneur Bender.B.Rodriguez, Avril 1460.

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