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[RP] Villa Farnesina

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    L'Eglise Aristotelicienne Romaine The Roman and Aristotelic Church Index du Forum -> La place d'Aristote - Aristote's Square - Platz des Aristoteles - La Piazza di Aristotele -> Les faubourgs de Rome - The suburbs of Rome - Die Vororte von Rom - I Sobborghi di Roma
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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Lun Déc 11, 2017 12:54 am    Sujet du message: [RP] Villa Farnesina Répondre en citant

Citation:

                              VILLA FARNESINA



La villa Farnesina est un somptueux palais romain enfoui dans un jardin luxuriant, à coté des quais du Tibre, dans le quartier de Trastevere. L'intérieur de cette magnifique villa est décoré de fresques fantastiques de haut en bas. Plusieurs oeuvres de la Loggia de Cupidon et de Psyché et de la Loggia de Galatée, toutes deux au rez-de-chaussée, sont attribuées à Raphaël. Au premier étage, les fresques éblouissantes de Peruzzi dans le Salon des Perspectives sont un superbe trompe l'oeil illusoire d'une colonnade et d'un panorama sur la Rome de l'époque. Et la chambre à coucher resplendit des peintures du mariage d'Alexandre le Grand et de Roxanne.


Villa Farnesina is a sumptuous Roman palace buried in a lush garden, next to the Tiber docks, in the Trastevere district. The interior of this magnificent villa is decorated with fantastic frescoes from top to bottom. Several works of the Loggia of Cupid and Psyche and Loggia of Galatea, both on the ground floor, are attributed to Raphael. On the first floor, the dazzling frescoes of Peruzzi in the Salon des Perspectives are a superb optical illusion illusive of a colonnade and a panorama of the Rome of the time. And the bedroom shines with paintings of the marriage of Alexander the Great and Roxanne.


Villa Farnesina es un suntuoso palacio romano enterrado en un exuberante jardín, junto a los muelles del Tíber, en el barrio de Trastevere. El interior de esta magnífica villa está decorado con fantásticos frescos de arriba a abajo. Varias obras de la Loggia de Cupid y Psyche y Loggia de Galatea, ambas en la planta baja, se atribuyen a Rafael. En el primer piso, los deslumbrantes frescos de Peruzzi en el Salón de las Perspectivas son un magnífico ilusión óptica ilusoria de una columnata y un panorama de la Roma de la época. Y el dormitorio brilla con pinturas del matrimonio de Alejandro Magno y Roxanne.




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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Mar Déc 12, 2017 11:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Niché du coté sud de la propriété, un jardin "secret" résiste aux frimas de l'hiver. Dans ce berceau de verdure (très) fraiche, la jeune infante de Castille erre. Une lame à la main, elle taille les arbustes, en prélève de petites tiges pour des boutures à venir. Elle les range ensuite au chadu dans un torchon humide de son panier en osier pour les replanter plus tard dans la journée dans des pots de la serre qu'elle a faite installée sur le coté de la villa. Son but? Des essais de transplantations dans les jardins botaniques du futur petit prieuré jouxtant l'abbaye de Lérins. Un projet qui lui tient à oeur, tant pour sa valeur botanique que parce qu'il est pour elle un projet d'avenir à défendre pour motiver l'abbé maladif qui lutte contre un mal profond depuis plusieurs mois. Aussi la jeune castillane use de tous les moyens pour redonner du sel à sa vie et l'envie de se battre, récupérer, et offrir à ceux qui tiennent à lui la joie et l'espoir de le revoir bien portant au prochain printemps plutôt que de risquer de le perdre entre quatre planches de bois durant l'hiver. Elle est tétue la jouvencelle! Elle l'a même invité à la villa pour qu'il prenne un peu une pause de ses obligations romaines à la Pénitencerie et se décide enfin à s'ouvrir en confession à une clerc empathe et concernée par son état d'âme et ces étranges remords inconnus qui semblent le ronger.

Rajustant donc sa mantille, coupant quelques roses tardives, elle se décide enfin à s'asseoir au bord de la fontaine, car elle l'attend pour tout dire. Le Monseñor a été invité par voie épistolaire. Se risquera t'il à franchir les arcades de la Farnésina?





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Portalis



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MessagePosté le: Mer Déc 13, 2017 10:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La neige recouvrait la campagne du Latium lorsqu'arriva la charrette qui transportait le clerc. Il se trouvait en ce jour à Rome, pour surveiller les travaux d'aménagement de sa nouvelle propriété romaine que le Préfet de l'Urbs venait de lui accorder. L'occasion faisant le larron, le brun fit faire un détour à son attelage pour prendre la direction du Trastavere, du coté des quais sur le Tibre, vers l'ambassade de Castille à Rome. Missive lui était parvenue pour un rendez vous. Un rendez vous attendu d'ailleurs...et craint. Rien de moins qu'une confession. Et une lourde.
Son visage grimaça à cette pensée, au moment ou on arrivait en vue de la Villa. Le jeune clerc qui l'assistait depuis quelques temps, prévenant, l'aida à descendre de la carriole. L’évêque ahane, souffle, tousse, crache du sang dans un mouchoir en flanelle. Marcher l'épuise. Etre debout l'épuise. Tout l'épuise. Surtout d'entendre des mécréants se plaindre que les confessions ne sont jamais assurées dans sa cité. Les ignares, avec un confessionnal et trois clercs à disposition qui tourne à plein sept jours sur sept. Les ingrats. Ces culs terreux qui ne savent pas compter.

Mais le Très Haut n'a t'il pas confirmer "qu'aux innocents les mains pleines"? Nouvelle toux, en entrant dans le vestibule. Te voilà bien puni, mon vieux, pour tes vilaines pensées. Penses plutôt à ce projet jardin.

D'ailleurs, hasard ou réalité, un laquais en livrée lancasterienne, semblant l'attendre, le fait aussi mener vers les jardins de la villa. Le provençal va de merveille en merveille, jusqu'à la plus délicate des roses. La propriétaire du lieu.

Pivoine, le jésuite s'incline comme il peut


Madame..
.

reprise de souffle

Votre Altesse, me voici, comme promis. Gracié pour cette merveilleuse invitation!

Merveilleuse? Seul l'avenir le dira pour Portalis, évêque provençal au seuil du cahot.

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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Ven Déc 15, 2017 4:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un regard sur la silhouette aussi noire que la sienne et un sourire vint parer le visage de l'infante. un second qui se perd sur le petit mouchoir tacheté de sang et les yeux se font soucieux. Mais la joie de le voir, même affaibli l'emporte sur l'inquiétude qui la ronge depuis quelques mois de le savoir dans cet état que tous semblent ignorer ou se voiler la face. Laissant son couteau dans son panier, le confiant à son chaperon qui file en grommelant à la serre pour transplanter tout ceci dans une terre plus accueillante en cet hiver frileux, l'infante se frotte les mains à un torchon avant de venir offrir au prélat une accolade fraternelle et un bras solide pour cheminer lentement vers la villa à travers les jardins et leur permettre de se mettre au chaud.

- Monseñor, vous avez tenu promesse et cela remplit mon cœur de joie et d'un peu d'apaisement. Rentrons nous mettre au chaud, je vous vois encore bien mal. J'ai demandé que l'on nous prépare une infusion de raifort au miel. C'est souverain pour les affections pulmonaires et respiratoires et cette vilaine toux que vous promenez depuis des mois m'inquiète au plus haut point! J'ai passé quelques soirées à étudier les livres de ma mère sur ses plantes. Autant que ses remèdes soient utilisés plutôt que de rester au fond d'un tiroir. Un bon feu brûle déjà dans les salons des perspectives. Vous verrez, c'est un lieu magique qui donne sur les jardins. Le travail des artistes laisse l'impression que nous avons Rome qui s'étant à nos pieds tout au restant dans la chaleur intime et rassurante de la villa. Nous y serons au chaud et en toute discrétion pour discuter sereinement des raisons de votre venue. Il est toujours certains sujets qui ne peuvent être abordés sereinement que dans le calme apaisant et discret des moments de confession. Et je vous ai promis de vous offrir ces instants. Vous pourrez prendre votre temps, je suis et je reste comme toujours à votre écoute.

Tout en discutant et en le soutenant, Estrella guide ainsi Portalis vers la maison et emprunte lentement avec lui l'escalier les menant au fameux salon. Bientôt, sous les yeux du prélat, s'ouvre la beauté païenne de la Loggia de Cupidon et Psyché avant d'emprunter le grand escalier jusqu'au salon des Perspectives où le feu dans la cheminée réchauffe l’atmosphère de la pièce et où les attend entre autres la collation promise sur une table encadrée d'un canapé et de deux fauteuils confortables.



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Portalis



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MessagePosté le: Dim Déc 17, 2017 12:16 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le brun fait quelques pas, encore, avant de se laisser tomber un instant sur une margelle en soufflant fort. De la sueur perle de son front en nage, le climat romain semble vidé le provençal. Curieux paradoxe pour un fils né dans les montagnes alpines, près d'un lac magnifique, habitué aux hivers rigoureux, et qui a migré vers le chaud été du midi, et la douceur de sa basse saison. Là, il aurait donné n'importe quoi pour ces montagnes, malgré ce délicat mois de décembre romain.

Un instant, un fugace sourire naît sur ces lèvres. Ainsi habillés, il songe qu'ils ressemblent à deux corbeaux dans un espace vert. Les jésuites ou leur habitudes du noir...

Il faut hélas reprendre la route, mais le bras de l'Infante lui est d'un grand secours. La discussion peut donc se poursuivre.


Altesse, je tiens toujours mes promesses. Un Vandimion paie toujours ses dettes. Mais je vous avoue que j'ai hâte de m'installer... de visiter, voulais je dire.

Lapsus. Portalis se mord la lèvre, en se morigénant, puis reprend

Va pour l'infusion, je ne suis plus à une médecine près. Avec tout ce que j'ingurgite, mon corps est une pharmacopée ambulante. Quand à ma toux...ma fé, je m'en accommode. Punition du Très Haut pour tous les blasphèmes que j'énonce, assurément!

Ils cheminent donc, le brun découvrant maintenant l'intérieur de la villa, et le Salon des perspectives, abandonnant le bras de la Castillane pour aller se planter devant la fenêtre, l'ouvrant, pour observer les jardins d'en haut. L'air frais bat son visage, la brise caresse les tempes moites.

Comme c'est beau vu d'en haut... Quel beau lieu vous avez là. J'espère que Sainte Marguerite ressemblera à cela après votre venue.

L'eveque a du mal à s'arracher à cette vision, pourtant il referme la fenetre et retourne à son fauteuil, s'y croulant littéralement.

Savez vous que je viens d'acquérir un palais à Rome? Le Palazzetto Mattei est situé dans le Rione du Capitole, mais il est encore en travaux. Je vais essayer de me faire loger à l'abbaye mère de notre Ordre, en attendant.


Son regard erre sur les murs du Salon, dans un court silence. Enfin, dans un murmure il reprend

Rome ne s'est pas faite en un jour. Et à mon avis, le lavement que vous allez me faire subir ne le sera pas non plus.

frottant sa main gantée contre l'autre, le prélat soupire une dernière fois

Allez y, commençons je vous prie, ma soeur, puisqu'il le faut...
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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Dim Déc 17, 2017 2:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Estrella avait laissé le prélat progresser à son rythme jusque dans les salons. Il avait alors pris le temps de contempler la vue. Il était vrai que si la villa n'était pas un de ces petits palais du centre ville, Estrella le préférait sans conteste pour ses jardins, sa proximité du Tibre et ses décorations que des artistes de leur époque avait transformé en véritable petit bijou. Certes, certaines des représentations se faisaient assez païennes, voire troublantes pour l'ingénuité de la jouvencelle. Mais l'ensemble était si beau qu'elle ne se lassait pas à le découvrir.

- La vue est vraiment magnifique et la villa si agréable à vivre. Elle est certes grande au point que certaines pièces en restent inoccupées quand j'y vis seule. Cela me laisse une aile séparée pour recevoir des invités en toute convenance.

En attendant que Portalis reprenne enfin son souffle dans son fauteuil, Estrella servit donc deux infusions, y ajoutant une cuillère de miel pour la gorge et un peu d'alcool de fruit dans celle de Portalis pour le réchauffer, purifier son corps et apaiser un peu son âme. Les confessions étaient moment délicats et elle avait souvent vu qu'un peu de vin ou de liqueur poussait les hommes à plus facilement se libérer de leurs tourments de l'esprit.

- Tenez, buvez. Je me doutes que vous devez être las des potions et infusions, mais ce n'est pas en les boudant que vous irez mieux pour autant et vous savez que vous voir dans cet état me fend le coeur. Alors si vous ne le faites point pour vous, buvez le donc pour moi. Voyez, je vous accompagne dans cette aventure!

Et de prendre une gorgée de sa propre infusion, retenant un petit froncement du nez et souriant pour l'encourager à avaler la décoction, somme toute pas si mauvaise une fois les arômes du miel diffusant dans la boisson. L'écoutant ensuite, elle sourit en apprenant qu'il avait aussi un lieu où se reposer mais inquiète de le savoir en travaux.

- Tututut, vous n'allez pas séjourner dans une cellule froide dans votre état! Madre mia, vous êtes incorrigible décidément! Et je m'étonne après que ce mal ne vous quitte pas! Vous connaissant, vous passez encore vos nuits sur le marbre froid de la chapelle... Monseñor Portalis Roderick Joseph de Vandimion! Vous vous laissez aller à la mélancolie et à des remords qui vous rongent, c'est aussi mal que de se laisser porter par des vices comme la colère, l'acédie ou l'envie, pire même! Cela induit du renoncement... Il est effectivement temps pour votre confession, mais avant cela j'ai un ordre à donner...

D'un geste, Estrella demande à un grand maure qui ne la quitte jamais de la rejoindre et murmure à son oreille en castillan. L'armoire gronde et répond tout aussi vite dans une langue étrange et rude, mais l'infante se montre sans concession et semble préciser un détail qui rassure le maure. Ce dernier se redresse donc et sort quelques minutes pour transmettre des consignes.

- Bien, j'ai pris des dispositions : des serviteurs sont allés au palazzetto récupérer quelques affaires à vous et mes servantes vont mettre le chauffage et préparer l'aile libre pour que vous puissiez y séjourner avec l'un de vos clercs. Mes appartements sont dans l'aile est de ce salon, les vôtres seront dans l'aile ouest pour la sérénités de mon garde du corps et chaperon.

Estrella eut un petit roulement des yeux, signe de son embarras devant l'excès de zèle et de défiance du chien de garde de son frère. A se demander ce que le pauvre Portalis pourrait bien lui faire de mal dans son état. Mais elle avait promis une obéissance à certaines contraintes à sa famille en échange d'une liberté d'existence somme toute bien confortable pour une jouvencelle sans époux. Elle ne pouvait pas leur en vouloir de l'aimer et de s'inquiéter d'elle.

- Ainsi, vous serez suivi et soigné avec constance et sérieux : plus de cilice, plus de pénitence qui affaiblit votre état et une personne à votre écoute pour vous aider à apaiser votre âme.

D'un regard bienveillant, Estrella posa alors sa tasse, à l'évocation de la confession de Portalis, se voulant rassurante pour le Vandimion pour autant. Se levant, elle alla prendre le Livre des Vertus sur une des étagères de la pièce. A croire qu'elle en avait des exemplaires disséminés un peu partout dans la maison, puis revint s'asseoir et rabattit sa mantille sur son regard, telle la grille d'un confessionnal.

- Vous avez raison, rien ne sert de tergiverser. Si vous vous sentez prêt, alors nous pouvons commencer.

Posant le Livre près d'eux en cas de besoin, elle vint prendre les mains du brun dans les siennes et d'une voix douce et rassurante, elle prononça les paroles rituelles.

- Au nom du Très Haut, d'Aristote et de Christos, je suis ici pour vous entendre, mon Frère. Laissez parler votre âme en toute confiance, contrition et sincérité et vos péchés vous seront pardonnés. Je vous écoute.
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Portalis



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MessagePosté le: Mar Déc 19, 2017 12:34 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le brun fit un effort sur lui-meme pour ingurgiter la boisson proposée. Il en buvait tant en ce moment que celle ci l’écœurait au plus haut point avant meme de l'avaler. Pourtant, force lui fut de reconnaître que le gout n'en était pas si mauvais que ça.

Ma fé, j'ai connu pire breuvage. Mercé à vous pour celui-ci.

Le provençal fronça le nez quand elle évoqua la cellule de l'abbaye mère jésuite. Bah quoi? Ou était le mal, songeait il. Léger haussement d'épaule, ruminement. Qui connait Monseignor sait qu'il abdique, mais se garde une porte de sortie pour l'honneur.

Les cellules me vont très bien. j'en occupe une à Lérins, près de l'infirmerie. C'est mieux que le vaste logis abbatial, et c'est moins chauffé, donc meilleur pour mes bronches!

Bronches qui en profitent pour tousser, et faire sortir à nouveau un liquide visqueux rouge que le brun s'empresse de cacher de ce mouchoir en flanelle, au blason jaune et rouge, couleurs castillanes.

Les remords...les regrets...la mélancolie...ah certes, cela est une charpente solide dans la vie d'un homme. Je ne fais pas exception. J'attends le jugement divin avec impatience, je le confesse.

Confesse? Serions nous déjà dans le vif du sujet? Potentiellement. Le regard se perds sur les scènes paiennes, il se fait lointain, vague, et d'une voix neutre, l'air de rien, il reprends

Savez vous que j'aurai aimé vivre à cette époque? Côtoyer Cicéron, parler agriculture avec Varron, écrire mes histoires avec Tacite... J'aurai tant aimé, oui...

Mine de rien, il venait d'ouvrir un morceau de son coeur à Estrella, marquant le début de la confession, alors meme qu'elle enchaînait par la formule rituelle. Mais incorrigible, tout en ce grattant les mains gantés, il ne put s'empecher de dire

Si je comprends bien, me voilà prisonnier pour mon bien de ce palais, et privé de mon cilice? Je ne serai délivrer qu'après confesse, c'est ainsi?


L'eveque observa un instant le Livre des Vertus devant eux, méditant. Que faire? Aller vite et etre débarrasser? Trainer et rester prisonnier? Ou était le vice, ou était le bien. Nouvelle toux. Visage blême. souffle court, juste un murmure

J'ai un souci, je ne sais par ou commencer...
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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Mer Déc 20, 2017 12:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

Les yeux de l'infante s'en vinrent au ciel du salon en entendant le prélat parler des bienfaits du froid sur ses bronches. Doux Christos, mais où une telle idée lui était elle passée par la tête? Pas étonnant qu'il ne se remette pas et que ses poumons en soient irrités au sang...

- Monseñor, le froid est bien la pire des choses pour des poumons rocailleux comme le sont les vôtres. Certes, il ne faut pas rester confiné pour éviter les miasmes, mais le froid vous irrite la respiration et vous abîme tout aussi sûrement. Décidément, il était temps que je me fasse encore votre ravisseur. Vous avez besoin d'un environnement chaud et pas trop humide, aéré régulièrement et où il ne serait pas mauvais en plus d'y brûler quelques simples. Je me doute que depuis le temps vous devez être lassé des potions et décoctions, mais si vous ne les assortissez pas d'une hygiène de vie adéquate, vous ne pourrez pas vous porter mieux. Heureusement pour vous, j'ai une réserve de miel à la villa pour les visites de mon oncle et cela adoucira votre médication.

Mais trêve de discuter de votre corps, prenons un peu soin aussi de votre âme. Attendre le jugement divin, c'est faire preuve de renoncement, vilaine propension que voici.

Observant les scènes qui les entouraient, songeant à celles de sa chambre, la jouvencelle rougit un peu mais acquiesça du menton.

- Je peux fort bien ne comprendre, l'Homme à cette époque avait l'esprit curieux, plein d'aventure et de questionnement sur soi, une passion pour les lettres et la compréhension du monde environnant. L'humanité a traversé depuis des époques bien plus sombres. Mais quand je vois le travail des artistes qui ont décoré cette villa, je me dis que les hommes semblent tendre à revenir à un état d'esprit assez similaires ces dernières années. Peut être car nous sommes beaucoup à songer à cette lointaine époque avec la même nostalgie?

Posant sa main sur celle du Vandimion, Estrella vint accrocher son regard à travers sa mantille et lui sourit, l'encourageant face à son hésitation.

- Vous êtes mon invité ici. Un peu contraint certes, mais avec votre caractère de mule provençale, il vous faut bien parfois un peu de la fougue castillane pour vous faire concéder de prendre soin de vous même, je me trompe? En attendant, peu importe si vos propos se montrent un peu décousus car vous ne savez trop par où les prendre. L'important est toujours dans ces cas là de faire les premiers pas, vous le savez tout autant que moi. Vous avez confessé bien des gens à votre tour. Mais si vraiment vous ne savez pas, je vous propose de faire un petit exercice tout simple. Réfléchissez et dites moi : quand avez vous commencé à vous sentir rongé ainsi et sauriez vous dire pourquoi? A nous deux et en prenant notre temps, nous finirons bien par trancher ce noeud gordien.
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Portalis



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MessagePosté le: Dim Déc 24, 2017 1:06 am    Sujet du message: Répondre en citant

Docilement, le brun écoutait la noireaude lui faire cours sur les bienfaits du chaud sur les bronches, et lui énoncer doctement ces erreurs. Il semblait bien que le prélat toulonnais n'était pas des plus faciles à conseiller en matière médicale, étant tout, sauf un patient facile. Faites lui promettre de se soigner qu'il ira dans la foulée en expédition dans la chora massaliote à la recherche de quelques trésors pour ses collections. Encore un de ces péchés mignons par ailleurs...

Altesse, il me semblait qu'un air froid et pur était bon pour les bronches. C'est ce que j'ai toujours entendu dire dans ma Savoie natale, au contact de l'air des montagnes, dans ce pays de lacs et de neige éternelle. Gallien ne préconise t'il pas un bon bol d'air pur? Ératosthène n'a t'il pas indiqué que les humeurs devaient se confondre avec le temps qu'il faisait, si cher à Hippocrate? Celse n'a t'il pas codifié cet aspect dans son De Medecina? Les observations de mon cher Pline seraient elles donc sources d'erreurs?

Un léger sourire vint naitre sur les lèvres du jeune clerc

Et je ne vous parle meme pas d'Aristote!

Façon de noyer le poisson ou vrai savoir? L’évêque de Marseille serait il inspiré, et calé en médecine antique, dans l'un de ses tours dont il a le secret, surprendre sur le terrain ou on ne l'attends pas? Heureux de jeter un instant le trouble dans la réflexion du petit corbeau castillan, le brun en profite pour prendre une pastille qu'il mâchonne discrètement. Ce qui lui amène une autre remarque


En effet, les artistes de cette villa furent inspirés. Inspiré par le génie des Anciens. Les mêmes qui sont à la base du savoir médicinal. Les Grecs ont inspiré les Romains, qui nous inspirent à notre tour. Tout est continuité dans la grande chaîne de la vie et de l'espérance de ce monde, ma fille.


Puis un éclat de rire, soudain, en l'entendant

Mon caractère de mule provençale! Ça alors!
Savez vous que j'en ai une, de mule? Elle s'appelle Diane. Et elle à un sale caractère, elle. Parce que c'est une mule femelle d'abord. Comme toutes les femelles, elle est lunatique...


Petit flèche du parthe décoché à la castillane, sur le ton de la plaisanterie


...ensuite, elle est comme celle qui m'a inspiré ce nom. Diane de Lévignac. Une sacrée bourrique blonde provençale. Et avec un caractère! Pouah!

Secoue la main, pour insister sur ce fait, mais est terrassé par une toux forte, qui l'oblige à s’arrêter et à redevenir sérieux. Il murmura, comme pour lui meme

Au nom du Très Haut, d'Aristote et de Christos, je suis ici pour vous entendre, mon Frère. Laissez parler votre âme en toute confiance, contrition et sincérité et vos péchés vous seront pardonnés.............ah oui, contrition, et pardon. Vaste sujet...
Pour vous répondre... Oui, je persiste, j'attends le jugement divin avec impatience, meme si c'est péché car faire preuve de renoncement. Ensuite, quand j'ai commencé à me sentir rongé ainsi et pourquoi?

Bonne question....


Sa main gantée gratte la barbe de trois jours, et l'embryon de moustache. Le brun n'est pas rasé, car c'est trop d effort pour lui, qu'un rien fatigue


Cela fait plusieurs mois que je me sens fatigué. et las. Las de tout et de tous. Que je n'ai plus gout à rien. Que je suis apathique. Que je sombre dans une mélancolie dévoreuse de temps, comme une maîtresse avide de son homme. Que je songe à me retirer, mais songe à Plaute et à son Aulularia, et comme Euclion, je ne peux me résoudre à quitter mes trésors. Savez vous que meme mes plaisirs, je m'accroche à eux, alors que je les délaisse?

Toussote

C'est grave, magister medicus?
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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Ven Jan 05, 2018 1:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

Les yeux roulant au ciel de la pièce magnifique, contemplant au passage les peintures sublimes des artistes italiens, la jeune infante vint reposer son regard brûlant sur l'indiscipliné et têtu évêque. Une inspiration pour ne pas parler avec trop de piquant dans la voix et trop d'accent dans le chant de ses mots et la petite lune se décida à rétorquer.

- Monseñor, le Très Haut sait que je tiens à vous et que je vous ad... apprécie, mais vous avez parfois l'art de me faire devenir cabra... pardon chèvre. Certes, des médecins antiques ont pu penser que le froid était indiqué pour les bronches, mais les morts qui ont jalonnés les siècles suivant d'hommes confondant air pur et air froid, rhume des foins et pneumonie, humeurs et traitements sont de douloureux rappels que nos illustres ancêtres n'étaient pas forcément les plus surs en terme de médecine parfois. Il ne faut pas oublier que des médecins comme Pline pensaient qu'il existait un lien entre la médecine et la magie, qu'ils pensaient que leurs dieux avaient des vertus thérapeutiques et que les offrandes ou les amulettes permettaient de soigner et protéger les gens.

Aussi, même si cela risque de froisser votre passion pour cette époque, je préfère garder un esprit pragmatique dans le soin de mes patients, et vous faire subir des traitements éprouvés par ma mère, les médecins de la cour de Castille ou moi-même. Vous avez essayé le froid ces derniers mois, et avouez que le résultat en est tout sauf probant... Par pitié, pour une fois, prenez la peine de m'écouter un peu et d'accord un peu de foi à mes recommandations pour une fois. Vous pourrez toujours voir si d'ici un mois les choses se calment un peu.

Visiblement, les graines du trouble que le malade a tenté de semer ont trouvé terrain bien trop aride pour germer sur ce sol résolu et imperturbable : la foi de la jeunesse... En attendant, les propos de Portalis entraînent la demoiselle sur un nouveau terrain qui tirent un petit regard triste et un froncement léger du bout du nez à Estrella au souvenir de cet étrange homme dans les tavernes de Marseille qui lui parla notamment d'une certaine Diane, issue du passé. La mule portait elle ce nom en souvenir de celle ci? Préférant se taire, Estrellita se concentra plutôt sur le début de confession de son pénitent. Un silence s'installe un moment, puis le chant castillan de la voix de la Lancastre se fait entendre, murmure dans la pièce destiné à eux seuls.

- C'est un péché oui, de renoncement, d'acédie et surtout d'égoïsme. En songeant ainsi à vous retirer ou à rejoindre votre créateur, vous oubliez ceux qui comptent sur vous, ceux qui tiennent à vous, ceux pour qui votre présence rend la vie plus belle, plus agréable, plus lumineuse. Vous vous perdez dans la contemplation de votre mélancolie au point d'en oublier le message premier de votre créateur, l'amour de l'Autre et la vie en communauté. Vous souffrez tout autant de vos poumons mais aussi de cette acédie. Vous ne vous raccrochez qu'à vos biens matériels et leur manque. Mais ceux ci ne peuvent vous le rendre car ils sont inanimés et ainsi, ne peuvent vous insuffler cette force de rebondir et vous battre pour que la vie triomphe.

Vous devez réapprendre à vous attacher à l'amour des gens, à retrouver des attaches sentimentales qui vous donnent envie de vous battre pour les préserver et retrouver cette soif de vivre. S'éteindre à petit feu n'est qu'un signe de lâcheté et de péché, tout comme l'isolation que l’ermite appréciait temps dans le Livre.

Les mots étaient sans concession, mais le regard concerné, inquiet, et comme toujours plein d'empathie, au point qu'Estrella vint serrer les mains de Portalis dans les siennes, accrochant son regard au sien à travers les mailles de sa mantille noire.
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Portalis



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MessagePosté le: Lun Jan 08, 2018 1:35 am    Sujet du message: Répondre en citant

Cela fait plusieurs mois que je me sens fatigué. Las de tout et de tous. Que je n'ai plus gout à rien. Que je suis apathique.

il se répète le brun il devient sénile!

L'acédie me gagne, vous avez raison. Elle est ma croix, elle est mon vice, elle est mon maître. Le pape Grégoire le Grand intégrait l’acédie dans la tristesse, dont elle procède. Prise en tant que telle, l'acédie est donc à cette époque un simple vice. Mais de nos jours...

Une pause avant de répondre, en se grattant toujours

Au xiiie siècle, Thomas d'Aquin réintègre l'acédie dans la liste des sept péchés capitaux dont vont découler tous les autres. Votre oncle Arnarion a du vous en parler, en tant que recteur thomiste.
Thomas d'Aquin, dans sa Somme théologique, propose le schéma des sept péchés capitaux tel qu'il est connu aujourd'hui, au moyen de la théorie des cinq facultés de l'âme chez Aristote (végétative, sensitive, locomotive, appétitive, intellective). L'acédie, qui est officiellement intégrée dans son schéma vicieux, est définie de deux manières : « tristitia de spirituali bono » (tristesse des biens divins) ou tristesse de Dieu et dégoût de l’action. L'acédie est une tristesse particulière en ce qu'elle est spirituelle; elle est un vice capital (vitia capitalia) puisqu'elle est responsable des mauvaises actions morales auxquelles l'homme consent, et j'en suis atteint ma soeur.


Nouvelle pause dans cette confession, en pérorant, les yeux dans le vide


L'acédie est une forme de tristesse et la tristesse est une passion. Or la passion est un mouvement de l'âme accompagné de changements physiques. C'est ainsi que Guillaume d'Auvergne, dans son De virtutibus (Sur la vertu), parle de l'acédie comme d'un vice « créé et renforcé par l'humeur mélancolique ». Et c'est là que vous intervenez.

Regardant Estrella dans les yeux.

Mon acédie brise mon corps et mon âme. Je me fiche de ceux qui comptent pour moi, qui tiennent à moi, qui ont ma présence en leur vie plus belle ou toutes choses pareilles. Elle est une maîtresse exclusive. Je n'aime pas la vie en communauté. Je suis comme Syméon le Stylite, ou Saint Jeromius. Je hais le profane vulgaire.

En cela je trahis mon idéal, l'Amour du prochain comme moi meme.


Il baisse la tête, confus, en continuant un ton plus bas

Mes Anciens me manquent. Le monde Antique me manque. Ma vie d'avant me manque.
Jadis j'étais joyeux, drôle, taquin, je travaillais dur aux champs, je m'entrainait à bouturer, mes talents de numismate était reconnu.

Aujourd'hui...aujourd'hui je ne suis plus qu'un vieillard de vingt ans aigri, renfermé, grincheux, seul...et perclus de mal

Levant ses mains devant lui

Mal qui me dessèche, comme le caractère. Et ces démangeaisons qui ne s’arrêtent pas! Heureusement elles sont non prurigineuses! Mais la peau s'en va, par petits cuticules, j'ai même des taches qui apparaissent dessus! Non douloureuses pour l'instant, heureusement.

L'eveque revient vers Estrella, plonge son regard dans le sien un instant

Oui, vous savez froisser ma passion pour les Anciens. Mais je vous pardonne. Et vous écouterai...en temps que médicastre.

Les mains se serrent, les regards se croisent. Dieu qu'il déteste cette mantille! Au point de lui dire

Vous etes plus belle à regarder sans votre mantille. Je sais bien que cela rappelle le confessionnal, mais bon...faites le pour moi, otez là je vous prie. Que je conserve cette vision, comme le jour de votre arrivée à la chancellerie, ou vous m'avez déjà sauver une fois, et ou j'ai failli vous dire que...

Déglutissement, le corps se raidit, le regard fuit. Portalis ou l'obstacle infranchissable.
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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Sam Avr 14, 2018 3:11 am    Sujet du message: Répondre en citant

Le temps s'était suspendu dans cette confession. Quand Portalis se livrait à elle de ses mots qu'il avait la délicatesse de rendre uniques, la jeune infante brûlait du désir ardent de lui venir en aide et de lui être un soutien sans pareil. C'était ainsi depuis le premier jour, depuis ces vapeurs d'encens qui avaient semé un trouble qui ne la quittait plus, depuis qu'il l'avait sauvée de cette chute à la chancellerie, depuis qu'elle l'avait kidnappé pour les bords de l'Huveaune, depuis toujours en somme.

Les doigts fins vinrent donc se résoudre à s'attacher au bas de la mantille pour la relever et la rabattre sur sa chevelure de jais, laissant apparaître le visage pâle au regard brûlant d'inquiétude pour son señor. Heureusement, celui du brun avait fui et il ne vit pas de suite la si fragile empathie, la délicatesse de son attention et les craintes qui rongeaient à petit feu Estrella.

Car les symptômes de ce dernier, elle avait la peur au ventre d'y mettre le nom incontournable et fatidique. Elle savait que pour le soigner de ce mal pernicieux, il lui faudra bien plus que des remèdes, une hygiène de vie et des onctions d'huile de chaulmoogra venue des lointaines contrées orientales à prix d'or. Il lui faudrait la grâce du Très Haut, son écoute pour ses prières les plus humbles et qui sait, promettre de payer le prix de sa vie de femme en échange de sa survie d'homme.

Car elle était prête à tout offrir à Dieu pour le sauver d'un tel destin. Elle ferait s'il le fallait, le don de son avenir pour qu'il lui en soit accordé un. Fermant un instant les yeux, elle réalisa en cet instant qu'elle ferait tous les sacrifices du monde pour le voir revenir de ce chemin de souffrance. Et étrangement, cette révélation apaisa le visage tendu d'appréhension de la brune, quelques secondes auparavant. Alors les pupilles réapparurent, pleines de douceur et de renonciation, de confiance et de résolution : elle le sauverait, quel qu'en soit le prix, et elle le ferait la paix au cœur et à l'âme.

- Monseñor, vous allez vous remettre de ce qui vous consume ainsi, soyez sur que je ferai tout pour cela. Vous ne devez pas vous laisser aller, promettez le moi. Je serai là, à chaque pas pour vous aider à combattre vos blessures du corps et de l'âme et si vous me faites confiance, que vous acceptez de m'écouter et de vous en remettre à moi, corps et âme, alors nous avancerons ensemble sur cette route, cote à cote, jusqu'à vous ramener dans ce monde que vous laissez vous échapper.

Si j'ai raison, je sais pouvoir dire ce qui vous affaiblit ainsi. Sinon, et bien, c'est qu'il s'agit de l'autre possibilité et dans ce cas, je vous rejoindrai sous peu dans votre état. Promettez moi simplement de ne jamais retirer vos gants au contact des gens tant que nous n'aurons pas vu l'évolution des symptômes. J'ai dans mes réserves une huile rare qui devrait soulager et faire reculer les souffrances de votre peau. Cela prendra de longues semaines, mais votre peau devrait se remettre. Il faudra l'associer à des traitements et une hygiène de vie. Mais je serai là à chaque étape, et je vous promets de ne jamais abandonner tant que vous n'irez pas mieux. Rappelez vous, vous m'aviez promis de me faire visiter votre belle Provence. Vous ne voudriez pas briser le cœur d'une jeune princesse?

Essayant de se faire ainsi plus légère par la dernière boutade, l'infante prit les mains de Portalis dans les siennes, et décida de faire confiance au destin en liant ses doigts à ceux, desquamés du brun. Si elle s'était trompée, ce simple geste signait sa mort. Mais que serait un monde sans lui de toute façon? Oui, elle le sauverait, elle le devait, sinon refusant d'y songer, elle observa leurs doigts entrelacés puis releva un visage au sourire doux et résolu vers Portalis.

- nous y arriverons, ensemble. La Créature du Sans Nom ne vous arrachera pas à moi. Compris?


[HRP]Désolée pour le délai, un IRL compliqué [/HRP]
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Portalis



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MessagePosté le: Sam Avr 14, 2018 11:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Dans les prunelles de la Castille, se reflétaient diverses images pour le brun. il y voyait de la pitié pour son état souffreteux. Il y lisait de la compassion, de cette bonne âme charitable. De la peur aussi, face à une situation qui empirait toujours plus.
Les yeux de Luna disaient tout cela et meme plus. Mais pouvait il lui en demander plus? Ne faisait il pas oeuvre égoiste?
Dire que tout avait commencé dans un nuage d'encens. Un simple nuage à un mariage. Un coup d’ostensoir avait fait le reste. Depuis lors, le noir corbeau n'avait quitter les pensées du brun. Pas meme lors du fameux "enlèvement de l'Huveaune", ou l'Altesse Royale avait kidnappé le prélat l'office dominical à peine fini pour un déjeuner sur l'herbe. Depuis, leur chemin se croisaient, s'entrelaçaient, jusqu'au point de non-retour. Mais le Rubicon serait il franchi?

Lentement, il se tira de ses pensées, sentant de douces et menues mimines prendre possession de ses grosses mains de p(r)écheur. Point alerte niveau médical, il prit le geste pour un geste d'amitié, n'en percevant pas le sens sanitaire. L'eveque se contenta de sourire, d'un sourire doux et bon, mais fatigué


Altesse, je vous promets de ne pas me laisser dépérir. Je promets de vous obéir en tout, et en tout point. Je promets de ne jamais retirer mes gants au contact des gens tant que nous n'aurons pas vu l'évolution des symptômes que vous traitez. Et je payerai le traitement, si on ne peut le faire venir à nous autrement que d'Orient. Si seulement ça poussait à Sainte Marguerite!
Enfin...bon, vous connaissez mon caractère de chien. Je suis un mauvais patient, mais vous m'apprendrez patience. Cela vous plaira, vous si ardente.


Sourire en coin cette fois, taquin, et complice, le temps de porter ces mains au teint mat à ses lèvres pour les baiser.

Nous avancerons de front, car à deux, nous sommes plus forts. Aimons nous les uns les autres, disait Christos. Nous avancerons ensemble sur cette route, cote à cote, pour le meilleur pour vous, et le pire pour moi. Et tant pis pour le Sans Nom! Je le conchie, comme la Marquise qui me donne de l'urticaire! Voilà le mal!

Et Portalis parti d'un grand éclat de rire, espérant par là cacher son émotion et son malaise. Mais Estrella était devenu son Tout, et pour elle, il devait lutter. Et la lutte serait dure, entre maladie, fourberie marquisale, hypocrisie séminariale, hérétiques de tous bords et interdits à tout va dans les mois à venir. Mais ceci est une autre histoire, que le petit corbeau et son affreux patient vous conterons...ou pas....


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Estrella.Luna



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MessagePosté le: Mer Avr 18, 2018 7:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les mois s'en étaient allés, s'égrainant un à un. Monseñor était sans un doute possible, le pire patient qu'il soit au monde. Travaillant trop, ne se ménageant guère, il suivait cependant le traitement imposé par l'hispanique avec application : onctions d'huile de chaulmoogra, régime alimentaire... Le seul souci de l'infante était de tenir le pénitent à l'oeil qui gardait la facheuse habitude de s'imposer des nuits de jeun, allongé à même le sol de l'église de Marseille pour "expier ses pensées". Dans ces instants là, la cité phocéenne tremblait des ires de la Castillane, qui n'hésitait pas à laisser échapper des mélopées hispaniques que la pudeur et la sainteté de Rome, interdisait de retranscrire en ces lieux.

Mais, même si le traitement était épuisant, et si beaucoup pensaient qu'il faudrait un miracle et l'aide d'un saint pour enrayer le mal qui rongeait le Vandimion, Estrella avait cru déceler enfin les premiers signes d'une amélioration de l'état du prélat. Ses mouchoirs ne se tachaient plus autant de sang que quelques mois auparavant et si sa peau restait rêche et fragile, elle avait la sensation que les desquamations se faisaient moins intenses. Profitant de l'avoir croisé à la Pénitencerie sur un dossier épineux, celle qui était devenue vice commissionnaire l'avait donc "invité" à venir lui rendre visite à la Villa dans le but de faire un point de fond sur son état médical et émotionnel. Car oui, Portalis traversait nombre de situations difficiles ces derniers temps, et au delà de son médecin, il était pour elle une personne capitale pour qui elle tenait à être toujours disponible.

Il faut dire que le printemps s'était enfin invité à Rome. Les premières abeilles butinait les bourgeons éclos, l'air prenait des odeurs délicates d'herbe fauchée et le jardin de la villa résonnait des chants des oiseaux appelant leurs compagnes. Installée sous un jeune chêne, l'infante brodait tranquillement en attendant l'arrivée du provençal. Elle avait fait préparé une collation et espérait qu'il serait là bientôt.

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Portalis



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MessagePosté le: Lun Avr 23, 2018 5:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Monseigneur était las. Las de se trainer, las de n'etre qu'un fardeau, las de vivre, tout simplement. Et le travail ne faisait qu'augmenter! Le nouvel archevêque d'Arles n'avait meme pas eu le temps de descendre dans sa province, prit dans des affaires à Rome de procès, de jugement, de gros sous, de barbouzes....
Monseigneur se traînait lors de son bureau à la Pénitencerie à son bureau à la Bibliomélie, pour revenir aux assemblées épiscopales de Francie et d'Empire. Le brun était si éreinté qu'il ne rentrait même plus dans son palais romain, mais avait pris ses quartiers d'hiver à la Villa Farnèse, siège de la représentation castillane dans la Cité Eternelle, auprès de son médicastre, la charmante et douce Estrella. Ceci avait de bon que la jeune fille était aussi sa Vice Commissionaire, aussi les trajets jusqu'aux bureaux de l'Inquisition se faisait toujours en son carrosse. Car Monseigneur n'avait pas de carrosse, trop pingre pour cela. Avantage qui compensait les noirs courroux de la brune, lorsque son supérieur de patient filait à la marseillaise faire pénitence dans une chapelle de nuit, à meme le froid sol, et ou l'Altesse éructait de colère contre le brun, à juste raison.

Avec le printemps, Monseigneur avait ré-émigré dans son palais, toujours en travaux, aussi gardait il des appartements à la Villa. C'est là que nous le retrouvons, arrivant pour la collation que la castillane avait fait préparer pour discuter et faire des points

Le pas trainant, un pale sourire aux lèvres, il se présenta, passant le nubien qui le connaissait bien maintenant avec facilité


Bonjourn à vous, Altesse mon médecin. Me voici donc, plus en os qu'en chair!

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