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Apôtre Thanos

 
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Auteur Message
Sainte Wilgeforte



Inscrit le: 17 Juil 2009
Messages: 6071

MessagePosté le: Jeu Mai 20, 2010 9:26 pm    Sujet du message: Apôtre Thanos Répondre en citant

Citation:


    Saint Thanos, apôtre de Christos


    I : L’enfance de Thanos :
    Thanos fut l’un des nombreux enfants d’une famille méditerranéenne comme on en voyait tant en ce premier siècle entre Akko (Acre, rebaptisée Ptolémaïs à notre époque) et Tyr.
    Isolée sur un vaste domaine brûlant et broussailleux, relativement loin de la Mare Internum (Mer Méditerranée) la famille cultivait avec ardeur la figue, l’olive, et quelques céréales. Les chèvres, leur lait et les fromages qu’ils fabriquaient à l’ombre de caves creusées avec difficulté, dans cet endroit aride bien souvent, complétaient leur production.
    Si la profusion n’était pas au rendez-vous chaque année, jamais la famille ne connut la faim ni la soif.
    Un puits très ancien, rarement asséché, permettait l’abreuvée des animaux et des gens.

    L’étrangeté de cette demeure résidait par son pigeonnier, insolite en cet endroit.
    Le père appréciait que ses cinq ainés, alors qu’ils gardaient les troupeaux dans les collines avoisinantes, ne soient isolés en cas d’ennui : ils emportaient chaque matin un des volatiles.
    Ces oiseaux étaient de la meilleure race, fidèle et diligente ; c’était un riche marchand de Tyr qui en avait offert deux couples l’année où ce dernier avait versé son chargement précieux dans une crevasse ; la famille l’avait aidé à pratiquement tout récupérer.
    Cet évènement s’étant passé peu après la naissance de Thanos, il les avait toujours connus.

    Leur maison basse était cernée d’arbres de Judée, et sous cette ombre bienfaisante, le petit Thanos naquit en l’an VII. Ce fut le dernier d’une fratrie de sept garçons.
    L’amour et le travail étaient les seuls maîtres de cette famille simple, qui se retrouvait réunie chaque levers et couchers de soleil que Le Très-Haut envoyait.
    Ces paysans, aimaient la Terre avec la simplicité efficace des cueilleurs et éleveurs.

    La mère, Ayala, avait eu la chance d’apprendre à lire lorsqu’elle était enfant, car elle avait été élevée près des Romains.
    Ce savoir merveilleux, elle avait tenu à en instruire son époux, Gamliël, (dont le nom signifie " Dieu a été généreux avec moi") et par la suite à le partager avec tous ses enfants dès que leur attention le permettait.
    Un seul ne put jamais déchiffrer, l’avant dernier, car il était différent : il contemplait sans cesse son entourage sans le comprendre vraiment, et son jeune frère Thanos eut pour mission de l’assister dès que la réflexion lui vint, ce qui fût précoce.

    Ainsi, lorsque Ayala cuisait chaque semaine les miches de blé ou d’orge dans le four familial, elle pouvait sourire tranquillement en voyant ses deux jeunes derniers se tenir sereinement ensemble à l’ombre des oliviers, l’un aidant l’autre avec patience pour se vêtir ou se laver, ou lui moduler sur une flûte de bambou quelque douce mélopée qui enchantait le Simplet.
    Celui-ci avait à peine un an de plus que lui, mais en paraissait bien moins. L’un était robuste et bien bâti, l’autre malingre et légèrement difforme.
    Thanos lui apprenait également à tresser des paniers, ce qu’il arrivait à faire, laborieusement il est vrai, mais tous les fruits familiaux trouvaient place dans les paniers de Thanos et de son frère Guéchèm. (Qui signifie en Hébreu « pluie », bénédiction dans la région aride de Thanos.)

    Thanos restait des heures avec ce frère défavorisé par un accouchement difficile, ce qui l’avait sans doute privé de respiration quelques temps à sa naissance. C’est peut-être ce qui le prépara à sa vie future, ce qui le rendit à l’écoute des plus innocents, le fit le plus serviable des environs envers les plus démunis par la nature, lui apprit la lenteur de certains êtres, et le convainquit que le droit à la différence se devait d’exister.
    Mais Thanos, pour l’heure, riait de bon cœur avec son frère Guéchèm, car les voies Du Très-Haut sont impénétrables.

    II : Le vagabond.
    Ce qui différenciait Thanos de ses ainés, c’était sa facilité à repérer dans les écrits du Prophète Aristote, que toute la famille suivait au village voisin avec ferveur et assiduité chaque dimanche, les messages profonds qu’ils induisaient parfois.
    Mais lui se sentait souvent comme un vagabond errant au travers de ces écrits. Cependant, il en ressentait la puissance et la pertinence des mots.

    L’attachement des deux enfants dura longtemps, mais non indéfiniment : une nuit, Guéchèm ne s’éveilla pas et la douleur de Thanos l’étreint tant qu’il resta trois jours à réfléchir isolé dans un coin de la chèvrerie après l’ensevelissement. Le rite funéraire ne compta pas ses larmes… Mais la vie était si difficile et si constante à cette époque que nul ne pouvait stopper le labeur coutumier : la famille continua très rapidement les soins aux bêtes, aux arbres, et à la petite vigne qui courrait le long d’un des murs de leur demeure et s’élevait gaiement en treille.
    Ce n’était point indifférence, mais seulement besoin vital : la vie a toujours plus d’exigences que la mort.
    Seul Thanos restait figé, tenant tristement entre ses mains le dernier petit panier de Gioseh, non terminé…
    Sagement, ses parents, affligés eux aussi d’avoir perdu leur fils innocent, le laissèrent, tout en veillant toutefois à ce qu’il s’alimenta et but un peu.

    « - Mère ! » Dit-il enfin, sortant le quatrième matin de sa léthargie, le visage pâli par la souffrance du deuil. « - Mère, est-ce que Père et toi accepteriez de me laisser voyager ? Quelques amis doivent mener au-delà du village un troupeau de chèvres et quelques moutons au grand marché de la ville. »

    Avant que la mère effondrée ne puisse refuser, ne voulant point encore être séparée d’un autre de ses enfants, Gamliël le père arriva, et dit :
    « - Allons ma femme, il faut que la peine se tasse, Thanos ne peut vivre heureux là où son frère lui manque, comme nous tous du reste, mais pour lui il faut admettre que c’est encore plus douloureux.
    Laissons le aller, Ayama, et prépare lui un petit baluchon de fromage et de pain, de figues et d’olives. »

    Et, se tournant vers celui qui était à présent le plus jeune de ses six fils :
    « - Prends une gourde de peau de chèvre, Thanos, et remplis la de l’eau pure de notre puits.
    Je te donne mon manteau, imperméable, il te servira de couverture les nuits fraiches, et ces trois pigeons- soigne les bien. Tu nous les enverras s’il t’arrive quelque chose d’exceptionnel.
    N’oublie pas de leur parler chaque jour pour les rendre heureux. »

    Il tendait à son fils une cage ou trois des volatiles préférés de son père vivraient désormais…
    Gamliël ajouta, devant toute la fratrie réunie solennellement : « - Goûte à cet or délicieux et collant, mais ne t’y attache pas. »
    Il lui fit manger une cuillerée de ce miel sauvage et rustique que l’on découvre parfois au creux des collines…

    Et encore : « - Bois de ce sang qui renforce et désaltère, mais ne t’enivre pas. »
    Il lui fit boire une gorgée de ce vin âpre et sombre qui fleurait le terroir méditerranéen et les épices…

    Et aussi : « - Régale toi de ce qui t’a nourri lorsque tu étais enfantelet vêtu de lange, mais ouvre toi à d’autres nourritures et grandit. »
    Il lui offrit une bolée de lait, blanc et crémeux.


    Après les regards et étreintes chaleureuses circonstancielles, il annonça pour terminer les adieux : « - Que chacun fasse ce qu’il doit faire à présent. »

    Ainsi béni par le patriarche de la famille, Thanos se coupa un épais bâton d’olivier, puis s’en fut en jetant un dernier regard à la douceur de l’enfance.
    Il ramassa non loin de là un rameau de buis, qui lui rappellerait à perpétuité son lieu d’origine.
    Il eut la prescience fugace et indéniable qu’il ne reviendrait jamais. Il sentait que quelque part son destin le cherchait.
    Il vagabonderait avant de le trouver…
    Il venait d’avoir 17 ans.

    III : Sa rencontre avec Christos :
    RAPPEL Hagiographie Christos. La Vita de Christos, chapitre VIII. Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.
    Citation. « Ah, je me souviendrai toujours de ce jour mes amis. Après être sortis de la Basilique, nous nous sommes retrouvés face à un groupe de badauds qui s’invectivaient vertement. Nous avons essayé de retenir Jeshu, que l’on appelait Christos, mais celui-ci ne nous écouta pas et s’approcha de ce groupe de querelleurs.
    Il comprit bien vite la cause du conflit ; Face à lui, un mouton se trouvait perdu, terrorisé par les cris qui venaient de toutes parts. A sa gauche se trouvaient des adeptes des cultes païens, leur prêtre en tête, tenant à la main un long couteau. A sa droite, se tenaient quelques-unes de ces personnes déçues par le paganisme, et suivant les préceptes d’Aristote d’une manière moins détournée que les premiers, ils s’étaient massés pour dénoncer le sacrifice barbare qui se préparait en l’honneur des faux dieux. Chaque camp hurlait avec véhémence contre l’autre.

    Alors, Christos appela à lui, calmement, l’animal terrorisé, qui avança docilement vers lui. Christos le caressa, puis lui dit de s’en aller. Le mouton partit alors. Mais le prêtre païen était furieux de rage contre Christos et s’avança vers lui, le couteau levé. C’est alors que nous nous interposâmes, Titus, Paulos et moi, bientôt rejoints par neuf autres de ces déçus du paganisme qui s’étaient assemblés à droite. Mais Christos s’avança et fit face au prêtre. Celui-ci croisa alors le regard de l’être béni de Dieu, s’en détourna, et partit sans mot dire, la foule des infidèles le suivant d’un air penaud.
    Alors, nous autres, les douze qui avions voulu défendre Christos, hébétés par ce qui venait de se passer, nous nous tournâmes vers ce mystérieux homme.

    L’un de nous, quelqu’un que je ne connaissais pas encore, mais qui se nommait Thanos, lui dit :
    " Mais qui es-tu donc, toi dont le calme et la douceur ont raison de l'infamie païenne ? ".

    Alors, Christos lui répondit : " Mon nom est Christos, fils de Giosep et de Maria. Les gens qui me connaissent disent de moi que je suis le messie, car j’aime Dieu et j’aime mes semblables".

    Alors, nous nous écriâmes : " En vérité, aucun de nous ne doute de ce fait. Grâces soient rendues au Très Haut de t’avoir envoyé à nous, afin que Sa parole illumine nos vies et que la prophétie d’Aristote se concrétise. "

    Et Christos répondit enfin : " En vérité, il est bien triste que tant d’enfants de Dieu se détournent de Son amour. Il leur faut des guides afin que les erreurs passées soient effacées. Voulez-vous me suivre et vous faire apôtres de la parole de Dieu ? "

    … Les neuf qui ne connaissaient pas Christos se regardèrent, qui semblaient partagés entre la joie et l’angoisse. Ils demandèrent à celui qui se disait le Messie ce qu’il fallait faire pour le rejoindre. Et ses amis écoutaient et approuvaient Christos. Ils étaient désormais douze à le suivre.
    Les six femmes se nommaient Adonia, Calandra, Hélène, Kyrène, Ophelia et Uriana. Les six hommes se nommaient Daju, Nikolos, Paulos, Samoht, Thanos et Titus.

    « - Vous diffuserez la bonne nouvelle à toutes les nations en aidant Titus à créer mon Église. Alors, mes apôtres, mes clercs, à vous de suivre le chemin que j’ai tracé pour vous, à vous de baptiser ceux qui veulent entrer au sein de la communauté des fidèles de Dieu, à vous d’ordonner prêtres ceux qui souhaitent se consacrer tout entier à l’amour de Dieu, à vous d’entendre en confession ceux qui souhaitent être lavés de leurs péchés, à vous de punir ceux qui ne sauront pas se montrer dignes de l’amour de Dieu et de prêcher au moins chaque dimanche, afin que la volonté du Très Haut s’accomplisse. »

    IV : L'Apprenti.
    Durant les années suivantes, Thanos suivit Christos et ses Frères et Sœurs, écouta, observa, et donc apprit.
    S’il connaissait le Dogme, et Aristote, il en intégra toute la puissance au travers des actions et des paroles de Christos.
    S’il avait ressenti de tout temps en toute inconscience l’amour fraternel, filial et parental, l’amour du travail bien fait, l’amour contemplatif envers les Créations du Très-Haut, l’amour du Dogme, enfin et surtout l’amour envers Le Très-Haut, il en ajouta un de plus, l’amour envers Christos ; et plus il Le connaissait, plus il percevait la justice, la bonté, la haute spiritualité, l’intelligence et la sensibilité ferme de leur Maître à tous.
    Maître dans ce que ce mot implique de grandiose, de professoral et de bienveillance.

    Cette fois il avait conscience de ce qu’il recevait, et en remerciait Le Très-Haut par la prière et l’exemple. L’esprit de Thanos s’entrouvrait chaque jour un peu plus au contact des enseignements de Christos et à celui de la fraternelle amitié des autres Apôtres.

    Son âme se forgea, comme une lame d’épée devient étincelante après les diverses étapes qui soumettent sa matière vers la force et la beauté, sa forme et sa brillance.

    V : Le premier pigeon.

    Mais nul n’atteint la perfection chez les êtres humains.
    …En ce temps-là, Christos et les Apôtres étaient tous sereins - les flammes empourprées et dorées du couchant éclairaient encore une nuit juvénile.
    Sur la berge méditerranéenne, ils formaient tous un cercle dont le centre ne concurrençait point l’Astre Solaire, mais dorait tranquillement un agneau enveloppé de fenouil, fort abondant dans cette région ; être unis pour un repas commun n’empêchait nullement les discussions, et chaque soir un feu de camp les tenait éveillés un peu. Parfois même, d’autres voyageurs se joignaient à eux. Ainsi l’avait permis le précurseur incontesté des feux de camps de voyages, un certain Macgroar.

    Ils avaient quitté les bruits et l’agitation de Laodiceia (Laodicée, Latakia, Lattaquié ou Latakiyah), cette ancienne ville Séleucide, puis Romaine, à présent Judéenne, dont le faste et la richesse réjouissaient le cœur de ses habitants.
    Sur les flancs de collines en pente douce qui l’entouraient, et loin vers l’est, les vignes cultivées faisaient fructifier l’économie de la ville, et son port magnifique et admirablement construit desservait nombre d’autres cités et îles importantes.
    Les riches marchands ployaient sous l’or et les ornements précieux, déployaient leurs somptueux habits de soie douce comme une caresse, ou de lin teinté de couleurs vives et chaudes.
    Les demeures étaient bâties solides et belles, les animaux avaient pour la plupart un air dodu ou pansu, rarement vu dans nos bergeries ou écuries occidentales.
    Sur les étals des échoppes, les filets de pêcheurs et les paniers des cueilleurs regorgeaient de poissons excellents et de fruits et légumes superbes. Les sacs de chanvre étaient emplis d’épices rares et odorantes.
    Cela n’empêchait pas la pauvreté. Simplement celle-ci se cachait à l’extérieur de la ville.

    Thanos :« - Vois, Christos, comme les gens ont l’air heureux dans cette ville ! Excepté sans doute ce pauvre esclave dont l’échelle lui a littéralement explosé entre les mains ! Comme son propriétaire tempêtait ! »

    Tous se mirent à rire à cette évocation, car l’homme joufflu et furieux s’était montré ridicule et comique, et n’était pas à plaindre : il avait pu immédiatement en racheter une autre !

    Christos reprit après quelques instants, son visage émacié redevenu sérieux :
    Christos :« - Vois, Thanos, comme ceux qui habitent dans la périphérie sont tristes, et démunis d’écus !
    Thanos :« - Je ne sais pourquoi ils n’en demandent pas, regardent tous les écus que les marchands m’ont offert sans que je ne leur réclame rien ! »
    Christos :« - Ils t’ont donné cette bourse pleine car ils voulaient entendre notre histoire et des nouvelles de lointains horizons, durant leur repas. Ils t’ont acheté avec ces écus d’or qui ne sont rien pour eux. Ils voulaient se distraire, mais non réfléchir à un prêche.
    Mais… Tu as dû être assoiffé à parler ainsi de longues heures pour les satisfaire… T’ont-ils offert à boire ? »


    Christos souriait… Thanos soupira, il avait compris un peu tard. Il détenait encore en lui la naïveté de l’extrême jeunesse…

    Thanos :« - … Non… Ils m’ont jeté cette bourse à la fin de leur repas, puis m’ont ordonné de repartir.»
    Christos :« Et tu es venu me rejoindre pour entendre mon prêche, que je clamais non loin de l’entrée de la ville, près des masures des sans-emplois ou malades».
    Thanos :« - C’est vrai, j’ai même remarqué que ceux-ci étaient plus enclins à écouter ton prêche que les autres, fort occupés à leurs affaires. Et ils m’ont offert de l’eau de leurs pauvres jarres.»
    Christos :« - Vois-tu, lorsque l’or est abondant, on n’est pas certain de le posséder. C’est plutôt lui qui nous possède».
    Et Thanos se souvint de la première des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Goûte à cet or délicieux et collant, mais ne t’y attache pas. »

    Christos lui souriait, et Thanos eut la certitude qu’Il savait ce dont il se souvenait à ce moment précis.
    Alors Christos lui dit :

    « - La cage que tu transportes avec précaution te pèsera longtemps, car tes trois oiseaux messagers vivront heureux jusqu’à leur arrivée dans leur pigeonnier natal.
    Ainsi sera. »

    Et Christos se resservit d’une tranche de gigot sans plus de manière.

    Sans rien ajouter, Thanos se leva et choisit un des trois pigeons, duquel il préleva doucement une plume rectrice, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :


    L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.
    Le lendemain Thanos déposait discrètement les écus d’or au creux des paumes des mendiants, qui lui avaient donné à boire.
    Il garda la plume.

    VI : L’artisan.
    Thanos, comme ses compagnons, continuait se suivre l’enseignement prodigué chaque jour par Christos par l’échange, l’exemple, les actions et les paroles.
    Pendant sa prédication, Christos et ses apôtres se rendirent en Galilée, en Judée, en Samarie, en Phénicie.
    Ils descendirent les rives du Jourdain jusqu’à la mer Morte, remontèrent jusqu’aux rivages d’Antioche. Ils entrevirent même une fois au loin le Mont Sinaï…
    Ils traversèrent de nombreuses cités, toujours prêchant : Capharnaüm, Tibériade, Gennésareth, Sychar, Magdala, Césarée de Philippe, grimpèrent le Mont Thabor, retournèrent à Nazareth.
    Et toujours Christos commençait ainsi ses prêches :

    Citation : " Je suis Christos, de Nazareth, le Messie, guide et miroir de la divinité, habité par Dieu. Aristote le prophète avait annoncé ma venue, afin que je vous montre la voie à suivre pour vivre dans l’amour Du Très Haut. "
    Et beaucoup s’approchaient, et beaucoup l’écoutaient, et beaucoup l’entendaient…

    Ils arrivèrent enfin à Jérusalem, et le parcours de Christos s’arrêta car il y fût condamné dans d’inhumaines conditions, comme prévu par Le Très-Haut.
    Durant tout ce parcours, Thanos comme les autres apôtres avaient écouté, suivi, appris.
    Leurs corps étaient devenus robustes et souples, et dans leurs esprits, déjà éveillés à la spiritualité, s’était inscrits l’histoire et les messages Divins.
    Ils s’étaient transformés tout au long de ce périple, lentement mais inexorablement, de part la volonté Du Très-Haut et de Christos, ce qu’ils deviendraient bientôt pour le bien de l’humanité, en partageant avec quiconque le désirait une Foy simple, mais non sans exigences.

    Ils devenaient les futurs Artisans de l’Église, « Unique, Sainte, Aristotélicienne et Apostolique ».

    VII : Le deuxième pigeon.
    Las !
    Nul ne peut revenir sur le passé, qui fait du grand peuple Du Créateur ce qu’il est aujourd’hui…
    Le si chèrement désiré Libre Arbitre spécifique aux humains les conduit ou du moins les entraîne souvent dans les voies inextricables du malheur.
    Les horreurs commises au nom de valeurs personnelles et bestiales, menées sans contexte par la Créature Sans Nom, se résument à une seule phrase :
    Christos fût « jugé », torturé puis crucifié, jusqu’à ce que Sa mort s’en suive.

    Durant tout le temps de son martyre puis de son agonie, il resta confiant envers Son Père, et supporta avec force, intelligence et charisme tout ce qu’Il devait supporter : il priait. Sa réputation en grandit encore.
    Son visage illuminait, et irradiait d’or pur les nombreuses personnes qui le soutenaient de leur Foy et de leur attachement à la Parole Sacrée.

    1) Vita de Christos, chapitre XVI
    Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.
    Citation
    « On cloua Christos sur une grande croix de bois que l’on hissa ensuite sur la colline. Et Christos se retrouva là haut, dominant les autres humains… Tel un agneau, il avait été sacrifié sur l’autel de l’ordre établi parce qu’il remettait en cause la société de l’époque et ses fausses valeurs. »

    Tous comme les autres apôtres, Thanos était anéanti… Il s’éloigna du lieu du supplice.
    Pleurant du fond de son âme, hébété et ne pouvant en supporter davantage, il suivit un admirateur de Boulasse et s’enivra de désespoir.
    Le Ciel lançait la foudre et le tonnerre sur les païens.

    2) Vita de Christos, chapitre XVI. Souvenirs de Samoth, racontés en 87 après Christos, par Trufaldini.

    Citation « … Mais après un moment, la nature s’apaisa, la pluie cessa, les éclairs s’arrêtèrent, les grondements du tonnerre se turent et les nuages s’écartèrent, vaincus par le rayon de lumière, grandissant, dont le flot inondait maintenant la colline.

    C’est alors que nous vîmes apparaître, dans ce halo bienfaiteur, une nuée d’anges célestes. Tous descendaient du ciel avec grâce, volant au dessus de l’éminence. Ils prirent le corps du messie, guide et miroir de la divinité, et le hissèrent jusqu’aux cieux, l’emmenant rejoindre le trône de Dieu. »

    3) Hagiographie de l’apôtre Titus. Traduit par les Frères Maisse Arsouye, Nsaymar et Pons d'Agoult.

    Citation « …Rapidement, les apôtres se séparèrent. Chacun se choisit une voie, une façon bien particulière de servir Christos et son message. Juste avant la séparation, Titus distribua à chaque apôtre une bague portant une pierre pourpre, un rubis, en souvenir de leur amitié et de leur mission. La bague de Daju fut remise à Anaclet, un jeune homme qui était devenu l'ami de Titus et Samoht. »


    … Thanos, soulé et abruti par trop de vin, profondément abattu par un chagrin plus profond qu’un puits artésien Tyrien, retrouva enfin l’espérance et le courage au petit matin du troisième jour.
    Une nausée subite le vida littéralement de sa vinasse, qui l’avait empêchée de se mouvoir trois jours.
    Tremblant et pleurant, il se releva difficilement, mais finit par se tenir droit. Son âme se releva également.
    Un rubis à son doigt scintillait autant que le sang versé à la gloire Du Très-Haut.

    Et Thanos se souvint de la deuxième des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Bois de ce sang qui renforce et désaltère, mais ne t’enivre pas. »
    Il prit son deuxième pigeon, duquel il préleva doucement une plume rémige, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :


    L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.

    Non sans lui rappeler une situation déjà vécue au départ de sa petite maison natale, il étreignit une dernière fois ses compagnons, et partit en direction de la Mare Internum (méditerranée), au-delà des frontières connues.
    Il avait vingt-sept ans.
    Il garda la plume.

    VIII : L’érudit.
    Le quotidien devint plus solitaire, mais point dans l’acédie, car Thanos prêchait avec ferveur la bonne Parole tout au long de son avancée vers la mer, et le souvenir de Christos et de ses anciens compagnons le soutenait.
    Il arriva ainsi après plusieurs mois dans la ville portuaire de Byblos, en Pays de Canaan.

    Une foule s’y agitait dans ce qui paraissait être une joyeuse pagaye, mais tout y était organisé : les ports étaient immenses, car les bateaux s’y construisaient à l’endroit même.
    De nombreux habitants arrivaient des environs pour aider au charpentage, aux tissages des grandes voiles, aux maçonneries diverses. Des chefs de chantier y mettaient bon ordre.
    La ville, entre autres, exportait ses bois précieux, (cèdres du Liban) et ses textiles travaillés avec finesse, certains coquillages des parages permettaient aussi la fabrication de pigments, très prisés à toute époque. Byblos était dynamique et riche.

    Thanos décida alors de mettre de côté un petit pécule pour subsister à ses besoins nouveaux d’études, il était devenu fort avec le temps, son intelligence servait ses prêches et il avait bonne mine à force de se nourrir de lait et de fruits. Ainsi il était rapidement embauché chaque jour, pour des salaires conséquents.
    Avant de s’embarquer pour un très long voyage, il s’inscrivit à l’Université du coin, pour suivre quelques cours d’astronomie, cette très ancienne matière avait pris quelques essor et nouveautés.
    Cela lui devrait lui servir un jour…
    Il progressa dans son écriture sensiblement, et fit provision de petits vélins.
    Cela devrait lui servir également un jour…

    Il partit enfin, et ses escales furent nombreuses, ponctuées d’orages ou de temps clair, de soleil ou de vents.
    Il passa par les îles de Cyprus (Chypre) et de Rhodes, avec un arrêt à Xanthos. Puis un autre navire l’emporta en Peloponnésus Créta (Crète), puis entre la Sicile et l’Hesperia (l’Italie), et enfin il reprit la mer Tyrrhénienne en se dirigeant vers l’île d’Elba.
    Durant toute la navigation, Thanos prêchait chaque soir une heure, lorsque le temps le permettait, et nombre de marins transmirent ce qu’ils apprirent en ces longs mois de navigation dans leurs ports de rattache lorsqu’ils y rentraient.
    Les tavernes eurent moins d’hommes avinés, et plus de Croyants.
    Mais il y eut toujours autant de débats…

    Thanos utilisait le reste de son temps à écrire sur ses feuillets, arrangés en carnets, son itinéraire de prêches, ses sermons ou homélies, sa vie passée avec Christos et les apôtres, et y ajoutait ses iconographies. Il tenait ce journal avec soin, et ténacité.
    Il était aimé des équipages, et rendait de grands services grâce à ses connaissances en astronomie :
    il suivait la bonne étoile. Il était profondément respecté de tous.
    La Parole Divine voguait au travers des eaux, et les ondes écumeuses l’envoyaient loin vers des peuplades reculées.
    Mais un naufrage failli changer le cours de son destin, alors qu’il s’était rembarqué pour La Gaule, par la mer de Ligurie, où pourtant la plupart des jours étaient calmes et ensoleillés.
    Il avait presque la quarantaine.

    IX : Le troisième pigeon.

    Cette nuit-là, les nues épaisses recouvraient les cieux embarrassés de tourmente, et cela nuisait à sa bonne lecture. Même Thanos ne savait en déchiffrer le sens pour bien diriger le navire.
    Celui-ci était secoué dangereusement par des lames coupantes comme rasoir, et le bateau fût vite drossé sur une déferlante qui l’emporta sur un minuscule îlot non répertorié qui saillait à cet endroit.
    Couché sur son flanc comme un taureau abattu, et déchiqueté à fond, le bâtiment gisait éventré, irréparable, sur un rivage froid et gorgé de pluie.
    Ceux qui restaient de l’équipage et Thanos se relevèrent toutefois et remercièrent Le Très-Haut de leur avoir laissé la vie sauve…

    Le lendemain, sous des cieux plus cléments, quoique encore très venteux, ils examinèrent la petite île.
    Ils s’étaient naufragés sur « l’île des goélands » comme leur expliquèrent plus tard les habitants.
    (Gallinara, est un îlot situé près de la côte de Ligurie dans la Rivière du Ponant face à la commune d'Albenga.)
    En effet, ces gros oiseaux y nichaient fort nombreux, mais leurs fientes servaient les feux, et leurs œufs étaient appréciés.
    Un seul village y siégeait, et les habitants les reçurent bien, les soignèrent et leur servirent du lait, du poisson et du pain, des baies succulentes et sombres, qu’ils préservaient remarquablement dans des amphores de leur fabrication.
    Les aliments n’étaient point trop variés, peu de choses poussaient dans cet endroit, l’île était si petite qu’elle était pauvre en céréales, et si cernée de gros rocs hérissés et saillants qu’aucun navire ne se donnait la peine d’y accoster.

    Les Îliens, au nombre d’une vingtaine de tous âges, ne connaissaient pas Christos, et leur paganisme était apparent : ils adoraient une idole représentant une chèvre, animal qui leur fournissait le lait et le fromage, les peaux et la colle. La statue trônait près de l’unique source, elle était construite en terre cuite.
    Ils étaient innocents et courtois, tranquilles et souriants, peu curieux et extrêmement doux. La vie coulait sur eux comme la crème bise du lait glisse lentement sur une galette d’orge.
    Thanos n’eut aucun mal à les enrichir par le Dogme, ni de leur faire vivre la réalité de la Foy Aristotélicienne.

    Plusieurs années passèrent, et certains des compagnons marins de Thanos désespéraient de pouvoir repartir vers des rivages plus larges et plus habités.
    Mais la plupart, et Thanos fut un de ceux là, se fondaient doucement et inexorablement dans la douceur de vivre quotidienne, et cédaient à la l’infinie quiétude des saisons et l’inhabituelle mansuétude des habitants…
    Il prêchait toujours, et sa Foy n’avait pas baissé, il avait même arrangé quelques rites adaptés à l’endroit et à la passivité des habitants, un culte était dit chaque semaine, autrement fécondant que le passage rapide et aléatoire des habitants devant leur ancienne idole, enfouie au fond de la mer depuis longtemps.

    Entre la douceur extrême des villageois et la routine sans surprise des saisons, Thanos s’embourbait dans un destin paisible mais figé.
    Il y prenait plaisir, mais un manque incommensurable le rongeait de l’intérieur, car il ne se renouvelait point, n’ayant en face de lui que gens affables et jours identiques. Sa vie était sans peine, mais peu colorée : il transmettait la Parole du Très-Haut toujours au même lieu, aux mêmes personnes, ce qui était n’était pas contraire à l’enseignement que Christos avait offert aux apôtres, mais bien incomplet.

    Ce fut lors d’un terrible orage, le deuxième en fait qu’il subissait sur cette île en quinze ans, que Thanos sortit de sa léthargie intellectuelle.
    Les éléments se déchainaient, le vent hurlait, la pluie frappait le sol avec véhémence, et la tempête rageait autant que lors de leur naufrage.
    Un éclair en croisa un autre dans le ciel nocturne et tonitruant, et la lumière se fit en lui.

    Il fit construire dès le lendemain avec les poutres de bois restant du navire échoué une haute croix, et la fit planter sur tertre le plus élevé de l’île.
    D’assez loin, elle désignait autant la Religion Aristotélicienne de l’îlet, qu’elle signalait la présence humaine aux navires qui passaient. Ceux-ci trouvèrent enfin la motivation et le moyen de s’y arrêter.

    Quelques marins et Thanos repartirent vers la Gaule, l’île désormais ne devait plus jamais être isolée.
    Les villageois commercialisèrent avec honneur leurs amphores de qualité, car ils avaient le secret de la bonne cuisson de leur terre.

    Et Thanos se souvint de la troisième des phrases que son père Gamliël lui avait murmurées lors de son départ. « - Régale toi de ce qui t’a nourri lorsque tu étais enfantelet vêtu de lange, mais ouvre-toi à d’autres nourritures et grandit. »

    Il prit son dernier pigeon, duquel il préleva doucement une plume tectrice, pour inscrire sur un minuscule papyrus les mots suivants :


    L’animal libéré s’envola immédiatement vers son lieu originel.
    Thanos n’avait plus aucun moyen de communiquer son avancée spirituelle et physique à sa lointaine famille…
    Il approchait de ses cinquante-six ans, il réfléchit que ses parents pouvaient avoir rejoint leur fils Guéchèm.
    Il garda la plume.

    X La mort de Thanos :
    Le Vieil Homme, le Sage, le Bon apôtre Thanos vécut si longtemps que la barbe, neigeuse depuis des lustres, lui tombait jusqu’au milieu du poitrail. Ses cheveux étaient pourtant devenus rares, mais son érudition, sa prestance et son charisme étaient de loin tout ce que chacun pouvait espérer apercevoir de meilleur durant sa vie.
    Il était devenu avec le temps presque aveugle, mais il pouvait encore discerner la lumière crue du Soleil lorsqu’il offre à la terre ses rayons brûlants.
    La veille de son départ vers le Soleil, il prêchait encore pour l’amour de Christos et Du Très-Haut, et propageait toujours avec succès la Foy et l’amitié Aristotéliciennes.
    Mais à son contact, le paganisme avait depuis bien des saisons reflué de sa région d’adoption, et l’athéisme reculait.
    Cependant, chaque jour amenait son lot nouveau de pèlerins, de petits brigands, d’arrivants et de voyageurs.

    Peu avant son dernier souffle, il referma tranquillement son troisième carnet. Le jeune diacre mandaté pour l’assister en ces derniers instants le rangea ainsi qu’il lui avait demandé de le faire quelques jours auparavant.
    Dans chacun d’eux une plume de pigeon mordorée servait de marque-page.
    Le jeune diacre, dont l’histoire n’a pas retenu le nom, y joint une iconographie tracée par lui-même.
    Même si les pigments pâlirent avec le temps, on y voit encore le portrait particulièrement bien conservé de l’apôtre.

    Le Soleil se couchait. Les chants d’oiseaux s’étaient tus, et le parfum des discrètes violettes embaumait encore…
    Alors Thanos, serein et tenant avec tendresse son petit rameau de buis entre les mains, car il n’oublia jamais la tiédeur de son enfance, murmura doucement :
    « - Christos, oh Christos…
    Je croyais que je suivais mon destin, mais je suivais l’Appel Du Très-Haut et ma vocation.
    Ce fut ma plus grande liberté sur Terre.»


    Un sourire extatique reflétait au centuple tout l’amour Aristotélicien engrangé depuis des années sur son visage blême et libéré des entraves de la vie terrestre.
    C’était le XXVIII mars de l’an LXXXVII.

    Reliques : Trois plumes, trois carnets.
    Fête : Aucune date encore reconnue.
    Dictons :
    - « Ce sont les rites et les rythmes qui nous font vivre au mieux. »
    - « La rectrice pour avancer sur son chemin, la rémige pour se diriger sur son chemin, la tectrice pour écrire son chemin.
    - « Il faut « péculer » sans spéculer. »
    - « Quand la raison ne peut expliquer un évènement, on parle d’enchantement, de phénomène inconnu. Mais nos sens ont déjà intégré le Divin. »


    Walla.* (Laval) Tous les Historiens ne sont pas d’accord avec ce nom de Walla pour Laval ; mais il est fortement envisagé.

Traduit par sœur Feuilllle

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Sainte Wilgeforte



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MessagePosté le: Jeu Mai 20, 2010 9:28 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Annexe a écrit:


"Voici le parcours le Thanos, en recherche spirituelle avec Christos, puis en apprenti Apôtre, et enfin en Solitaire mais non ascète- transmetteur de la Foy Aristotélicienne.

On peut dire que cet apôtre aura fait du chemin, tant sur le point spirituel que sur le plan physique.
S'il a eu des défaillances, on peut aussi affirmer qu'il a su en retirer la force de voir de plus loin, et de voir plus haut.

Son périple a commencé à la mort de son frère déficient, seul vers la ville où il rencontra Christos et quelques Apôtres.
Son voyage avec le Prophète et les autres apôtres lui auront appris la rigueur de la Foy, et ses exigences. (Transmettre, évoluer, vie en commun, etc.)
La mort de Christos le choqua profondément, et sa peine se transforma en faiblesse. Il fuit donc les lieux. C'est là sa différence avec les autres apôtres, il part comme eux transmettre la bonne parole, mais les autres le font dans la continuité de ce que leur a appris Christos. Lui prêche, mais par fuite d'un évènement qui le sidère par sa barbarie.

Insensiblement, la force spirituelle lui revint.
Mais un naufrage le déposa sur une île qui devait le piéger par sa douceur de vivre.
Thanos n'a jamais renié sa Foy, ni rien fait contre elle, au contraire : partout où il est passé, il a prêché avec bénéfice pour l’épanouissement de l’Église l'Aristotélisme avec ferveur et recueillement.
Mais il avait besoin d'apprendre que prêcher ne suffisait pas et qu'il fallait aussi aller de l'avant, aller au devant des autres, se donner davantage.
Ainsi Le Très-Haut a t-il décidé de lui faire passer cette épreuve.

Gallinara fut cette île presque déserte où il fut chaudement accueilli pendant de longues années, durant lesquelles Thanos réalisa tardivement que "la vie était douce et facile, mais qu'elle amenait à la stagnation spirituelle si elle demeurait fermée du reste du monde", et que "de même le jeune enfant ne peut boire que du lait, en grandissant il doit apprendre à varier ce qui le sustente et connaitre d'autres nourritures.

C'est après bien des jours et des jours qu'il arriva enfin à Walla (LAVAL), après avoir marché sur les chemin de Provence et longé le Languedoc et le Lyonnais Dauphiné, pénétré légèrement le Bourbonnais Auvergne et bifurqué chez les Burgondes, prêché jusqu'en Champagne et à Lutécia, puis visité l'Orléanais et être passé les Turons qu'il se posa enfin par la force des choses dans le Maine.
Bien qu'immobilisé, Thanos alors s'était alors affranchi de sa"stagnation spirituelle" depuis bien longtemps...


Son voyage terrestre aura préparé toute sa vie celui vers le Soleil, et comme tout voyage terrestre, n'aura été ni définitif, ni éternel.
Il se terminera par un autre Voyage, plus déterminant pour son avenir céleste, et au moment de franchir la porte, il aura compris l'immensité du Don de Vocation que lui avait offert Le Très-Haut. "


Histoire Ecclésiastique de Francie occidentale.
Jandul Penq Wabflat, Moine historien. Avril MCDLVIII

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MessagePosté le: Jeu Avr 28, 2011 1:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:


    San Tanos, Apostolo di Christos


    I: L'infanzia di Tanos

    Tanos fu uno dei numerosi figli di una famiglia mediterranea come se ne vedevano tante in questo primo secolo in Akko (Acri, ribattezzata Tolemaide a quel tempo) e Tiro.
    Isolata in un vasto territorio brullo e macchiato qua e là di cespugli, relativamente lontano dal Mare Internum (Mar Mediterraneo), la famiglia coltivava alacremente fichi, ulivi, e alcuni cereali. Le capre, il loro latte e i formaggi che preparavano all'ombra di grotte scavate a fatica, in questo luogo spesso arido, completavano la produzione.
    Se anche non c'era l'abbondanza ogni anno, la famiglia non aveva mai conosciuto la fame o la sete.
    Un pozzo molto vecchio, raramente asciutto, permetteva l'abbeveramento degli animali e delle persone.

    La stranezza di questa casa risiedeva nella sua piccionaia, cosa insolita in questo luogo.
    Il padre era contento del fatto che i suoi cinque figli maggiori, mentre sorvegliavano il gregge nelle colline circostanti, non fossero isolati in caso di problemi: essi si portavano dietro uno di quei volatili ogni mattina.
    Questi uccelli erano della razza migliore, leale e diligente.
    Ci era un ricco mercante di Tiro, che regalava due coppie logni anno, perché egli aveva fatto accidentalmente cadere un suo prezioso carico in un crepaccio e questa famiglia l'aveva aiutato a recuperare praticamente tutto.
    Questo evento, che era accaduto poco dopo la nascita di Tanos, egli l'aveva sempre saputo.


    La casa della famiglia era bassa, circondata da alberi di Giudea, e in questa piacevole ombra il piccolo Tanos era nato nel corso dell'anno VII. Egli fu l'ultimo di una nidiata di sette fratelli.
    Amore e lavoro erano gli unici comandamenti di questa famiglia semplice, che si ritrovava unita ad ogni alba e tramonto del sole che l'Onnipotente mandava.
    Questi agricoltori amavano la terra con la laboriosa semplicità dei raccoglitori e dei pastori.

    La madre, Ayala, aveva avuto la possibilità di imparare a leggere da bambina, poiché era stata allevata dai Romani.
    Questa meravigliosa conoscenza la dispose per istruire il marito, Gamaliele, (il cui nome significa "Dio è stato generoso con me"), per condividerla poi con tutti i suoi figli...quando il loro interesse l'avesse permesso...
    Uno solo non riusciva mai a comprendere, il penultimo nato, perché era diverso: egli si guardava intorno senza posa, senza mai veramente capire, e il suo fratello minore Tanos si prese come missione di aiutarlo non appena concepì il suo primo pensiero, cosa che avvenne precocemente.

    Così, mentre Ayala cucinava ogni settimana pani di frumento o di orzo nel forno di famiglia, poteva tranquillamente sorridere vedendo i suoi due figli più giovani stare serenamente insieme all'ombra di alberi di olivo, con Tanos che aiutava con pazienza l'altro a vestirsi o lavarsi, o modulava su un flauto di bambù alcune dolci melodie che incantavano il grullo.
    Quest'ultimo aveva appena un anno più di lui, ma ne dimostrava molto meno. Il primo era robusto e ben piantato, l'altro malato, e leggermente deforme.
    Tanos gli insegnò anche ad intrecciare canestri, cosa che è riuscì a fare, - a gran fatica, è vero - ma tutti i prodotti della famiglia trovavano ora posto nei panieri di Tanos e di suo fratello Guéchèm. (Che in giudaico significa "pioggia", una benedizione nella regione arida di Tanos.)


    Tanos trascorrreva ore con questo fratello, sfortunato a causa di un parto difficile, ciò che probabilmente aveva impedito la respirazione per qualche istante alla nascita. Questa sua cura per il fratello può essere stato ciò che lo preparò alla sua vita futura, che lo portò ad ascoltare sempre l'innocente, ed a trasformare nell'essere più utile chi, al contrario, la natura aveva reso incapace, che lo aprì alla comprensione della lentezza di certi individui, e che lo convinse che il diritto alla differenza deve esistere.
    Ma Tanos, per ora, rideva di buon cuore con suo fratello Guéchèm, perché le vie dell'Altissimo sono imperscrutabili.



    II: Il vagabondo

    Ciò che differenziava Tanos dai suoi fratelli maggiori, era la sua capacità di individuare negli scritti del Profeta Aristotele, che tutta la famiglia seguiva costantemente e con fervore ogni Domenica al villaggio vicino, i messaggi profondi che essi talvolta recano con sè.
    Ma spesso egli si sentiva come un vagabondo errante per mezzo di questi scritti. Tuttavia, percepiva la forza e la coerenza di quelle parole.

    Il forte legame d'affetto tra i due bambini durò a lungo, ma non fu per sempre: una notte, Guéchèm non si svegliò più, e il dolore prese così prepotentemente il cuore di Tanos, che questi rimase tre giorni a riflettere solo in un angolo della stalla dopo la sepoltura. Il rito funebre non teneva conto delle sue lacrime... La vita era così difficile e così costante in quest'epoca in cui nessuno poteva sottrarsi a lungo alla fatica quotidiana: la famiglia tornò in fretta a prendersi cura delle bestie, degli alberi, e del piccolo vitigno che correva lungo una parete della loro casa e si arrampicava allegramente al traliccio.
    Non era indifferenza, ma solo necessità legate alla sopravvivenza: la vita è sempre più esigente della morte.
    Tanos solo rimase immobile, tenendo tristemente in mano l'ultimo piccolo paniere di Guéchèm, incompiuto...
    Saggiamente, i suoi genitori, afflitti anch'essi per la perdita del figlioletto innocente, lo lasciarono in pace, assicurandosi, al tempo stesso, che mangiasse e bevesse almeno un poco.

    "- Madre!" Disse infine, uscendo la quarta mattina dal suo letargo, pallido in volto per il dolore del lutto. "- Madre, tu e papà sareste disposti a lasciarmi viaggiare? Alcuni amici devono condurre al di là del villaggio alcune capre e pecore nel grande mercato della città."

    Prima che la madre avesse il tempo di rifiutare, non volendo essere di nuovo separata da un altro dei suoi figli, il padre Gamaliele venne e disse:
    "- Su moglie mia, è necessario che la sofferenza si plachi, Tanos non può vivere felice dal momento che suo fratello gli manca, come noi tutti del resto, ma si deve ammettere per lui è ancora più doloroso.
    Lascialo andare, Ayala, e preparagli un piccolo fagotto di pane e formaggio, fichi e olive."


    E, rivolgendosi a lui, che adesso era il figlio più giovane dei suoi sei:
    "- Prendi una bisaccia di pelle di capra, Tanos, e riempila con l'acqua pura del nostro pozzo.
    Ti regalo il mio mantello, impermeabile, ti tornerà utile come ripare nelle notti fredde, e questi tre piccioni. Trattali bene. Ce li manderai se ti accadrà qualcosa di eccezionale.
    Non dimenticare di parlare con loro ogni giorno, per renderli felici."


    Consegnò al figlio una gabbia, dove erano costretti a vivere i tre di uccelli preferiti di suo padre...
    Gamaliele aggiunse, davanti a tutti i fratelli riuniti solennemente:"- Assaggia questo oro delizioso ed appiccicoso, ma non fartene invischiare."
    Gli fece mangiare un cucchiaio di quel miele selvatico e rustico, che si può trovare talvolta negli anfratti delle colline...

    E ancora:"- Bevi questo sangue che rafforza e rinfresca, ma attento a non inebriartene."
    Gli fece bere un sorso di quel vino dal sapore amaro e scuro, che profumava di terre mediterranee e spezie...

    E ancora:"- Ti faccio dono di una cosa che ti ha nutrito quando eri un bambino in fasce, ma che ti prepara anche ad altri alimenti e ti fa crescere."
    Gli offrì una ciotola di latte, bianco e cremoso.

    Dopo gli sguardi e gli abbracci calorosi di circostanza, gli disse infine addio: -"Che ognuno faccia quello che deve fare ora."

    Così benedetto dal patriarca della famiglia, Tanos tagliò un grosso bastone d'ulivo, poi volse un ultimo sguardo alla dolcezza dell'infanzia.
    Prese un ramo di bosco non lontano, che gli ricordasse per sempre il suo luogo di origine.
    Ebbe il presentimento fugace e indubitabile che non avrebbe mai fatto ritorno. Sentiva che da qualche parte il suo destino lo stava cercando.

    Vagabonderà assai prima di compirlo...
    Aveva appena compiuto 17 anni.



    III: L'incontro con Christos: PROMEMORIA agiografia di Christos. La vita di Christos, Capitolo VIII. Memorie di Samot, raccolte nell'87 dopo Christos, curate da Trufaldini.


    Citazione: Ah, mi ricorderò sempre quel giorno, amici miei. Dopo aver lasciato la Basilica, ci trovammo faccia a faccia con un gruppo di oziosi che litigavano animatamente gli uni contro gli altri. Provammo a trattenere Christos, ma non ci ascoltò e si avvicinò al gruppo rissoso.

    Capì immediatamente la causa di quel conflitto; davanti a lui una pecora era smarrita, terrorizzata dalle urla che arrivavano da ogni parte. Alla sua sinistra c'erano dei seguaci delle religioni pagane, il loro sacerdote in testa, tenendo in mano un lungo coltello. Alla sua destra alcune persone deluse dal paganesimo e che si erano allontanate di meno dai precetti di Aristotele rispetto agli altri, che si erano radunati per denunciare i barbari sacrifici che si preparavano in onore di falsi dei. Ogni fazione urlava con veemenza contro l’altra.

    Allora Christos, con calma, chiamò verso di lui l’animale terrorizzato, che avanzava docilmente verso di lui. Christos lo accarezzò e gli disse di andare per la sua strada. La pecora se ne andò. Ma il sacerdote pagano pieno di rabbia contro Christos avanzò verso di lui, con il coltello alzato. In quel momento ci mettemmo in mezzo io, Tito e Paolo, seguiti ben presto da altri nove di coloro che erano delusi dal paganesimo che erano riuniti a destra. Ma Christos avanzò e affrontò il sacerdote da solo. Questo incrociò allora lo sguardo con l'uomo benedetto da Dio, si voltò, e se ne andò senza parole, seguito dalla folla di pagani con aria imbarazzata.

    Quindi, noi altri, i dodici che volevamo difendere Christos, stupiti da ciò che era appena accaduto, ci girammo verso questo misterioso uomo.

    Uno di noi, un uomo che non conoscevo ancora, ma che era chiamato Tanos, gli disse:
    "Ma chi sei tu, la cui calma e la dolcezza hanno avuto ragione dell'infame pagano?"

    E Christos gli rispose: "Il mio nome è Christos, figlio di Joseph e di Miriam. Chi mi conosce dice che io sono il messia, poiché io amo Dio e gli altri esseri umani."

    E noi esclamammo:"In verità, nessuno di noi ne dubita. Rendiamo grazie all’Altissimo per averti mandato a noi, così che la Sue parola illumini le nostre vite e la profezia di Aristotele si concretizzi."

    E infine Christos rispose:"In verità vi dico, è abbastanza triste che così tanti figli di Dio siano allontanati dal Suo amore. E' necessario guidarli così che i loro errori passati siano corretti. Mi seguirete e diventerete apostoli della parola di Dio?"

    I nove che non conoscevano ancora Christos si guardarono tra loro, sembravano un gruppo diviso tra la gioia e l'angoscia. Chiesero al Messia cosa era necessario fare per unirsi a lui.

    E noi, suoi amici, ascoltammo e fummo d'accordo con Christos. Da quel momento eravamo in dodici a seguirlo.
    Le sei donne si chiamavano Adonia, Calandra, Elena, Chirene, Ofelia e Uriana. I sei uomini si chiamavano Dagiu, Niccolò, Paolo, Samot, Tanos e Tito.

    "- Voi annuncerete la buona novella a tutte le nazioni, aiutando Tito a costruire la mia Chiesa. Quindi, miei apostoli, i miei chierici, sta a voi seguire il sentiero che ho tracciato per voi, a voi battezzare coloro che vogliono entrare nella comunità dei fedeli di Dio, a voi ordinare sacerdoti coloro che desiderano consacrarsi interamente all'amore di Dio, a voi ascoltare la confessione di coloro che desiderano essere purificati dai peccati, a voi punire coloro che non sono capaci di mostrarsi degni dell'amore di Dio e sempre a voi predicare almeno ogni Domenica, in modo che si compia la volontà dell'Altissimo."



    IV: L'Apprendistato.

    Negli anni seguenti, Tanos seguì Christos e i suoi nuovi Fratelli e Sorelle, ascoltò, guardò, e così apprese.
    Sebbene già conoscesse il Dogma, e Aristotele, integrò tutto con la forza che scaturiva dalle azioni e dalle parole di Christos.
    Sebbene già avesse provato, senza esserne consapevole, l'amore fraterno, e dei figli per i genitori, l'amore verso un lavoro ben fatto, l'amore contemplativo per la Creazione dell'Altissimo, l'amore per il Dogma, e infine e soprattutto, l'amore verso l'Onnipotente, ne aggiunse un altro, l'amore per Christos; e più Lo conosceva, più si avvicinava alla percezione della giustizia, della bontà, della profonda spiritualità, dell'intelligenza e della sensibilità del loro Maestro verso tutti.
    Era un Maestro in ogni senso che questa parola possiede: grandioso, saggio, benevolente.

    Questa volta egli era consapevole di quanto aveva ricevuto, e ne ringraziava l'Onnipotente attraverso la preghiera e con l'esempio. Lo spirito di Tanos si trovava ogni giorno un po' più a contatto con gli insegnamenti di Christos e a quelli provenienti dall'amicizia fraterna con gli altri Apostoli.

    La sua anima si forgiava, come una lama di spada diviene lucente dopo i vari passaggi che sottomettono la sua materia grezza alla forza e alla bellezza, sua forma e lucentezza.


    V: Il primo piccione.

    Ma nessuno tra gli esseri umani raggiunge la perfezione.
    In quei giorni, Christos e gli apostoli erano tutti sereni.
    Le fiamme porpora e l'oro del tramonto illuminavano di nuovo una notte giovane.
    Sulla riva del Mediterraneo, formavano un cerchio il cui centro era in concorrenza con il Sole, dove facevano dorare tranquillamente un agnello avvolto con del finocchio, molto abbondante in questa regione.
    Il loro trovarsi riuniti per un pasto in comune non impediva affatto le discussioni, e ogni sera un falò li teneva svegli per un po'. A volte, altri viandanti si univano a loro. Ciò avrebbe permesso l'invenzione del fuoco da campo per i pellegrini all'indiscusso precursore, un tale Mcgroar.

    Avevano lasciato il rumore e il caos di Laodiceia (Laodicea, Latakia, Lattaquié o Latakiyah), antica città seleucide, poi romana, ora della Giudea, dove lo sfarzo e la ricchezza rallegravano il cuore degli abitanti.
    Sulle pendici di dolci colline intorno a lui, e più a est, la coltura delle vigne faceva crescere l'economia della città, e il suo magnifico porto, costruito in modo ammirabile, serviva molte altre grandi città e isole importanti.
    I ricchi mercanti erano chini sotto il peso di ornamenti in oro e preziosi, ostentavano i loro abiti di seta, morbidi come una carezza, o di lino, tinti con colori caldi e brillanti.
    Le case erano state costruite ben solide e belle, gli animali avevano per lo più un aspetto grassoccio o panciuto, come se ne vedono raramente nei nostri ovili o stalle occidentali.
    Sugli scaffali dei negozi, le reti da pesca e le ceste dei raccoglitori erano ricolme di pescato eccellente e di frutta e verdura superbe. I sacchi di canapa traboccavano di spezie rare e profumate.
    Questo non impediva la povertà. Semplicemente essa si nascondeva fuori città.

    Tanos: "- Guarda, Christos, che aspetto felice ha la gente in questa città! Tranne certamente il povero schiavo la cui scala gli è letteralmente esplosa in mano! Come l'ha preso d'assalto il suo padrone! "

    Tutti si misero a ridere a questa battuta, perchè l'uomo paffuto e furioso si stava coprendo di ridicolo, era comico, e non aveva nulla da lamentarsi: poteva comprarne subito un altro!

    Christos replicò dopo qualche istante, il suo viso scarno ridivenuto serio:
    Christos: "- Guarda, Tanos, come quelli che vivono nella periferia sono tristi e senza ducati!
    Tanos: "-Non so perché non li elemosinano, considerando tutti i ducati che i mercanti mi hanno offerto, quando io non avevo chiesto loro niente!"
    Christos: "- Ti hanno donato questa borsa ricolma perché volevano sentire la nostra storia e le notizie di luoghi lontani durante il loro pasto. Ti hanno comprato con questi ducati d'oro, che sono nulla per loro. Volevano divertirsi, ma non pensare a una predica.
    Ma...Dovevi essere assetato dopo aver parlato così lunghe ore per soddisfarli...Non ti hanno offerto da bere?"


    Christos sorrise...Tanos sospirò, aveva realizzato un po 'tardi. Aveva ancora in lui l'ingenuità dell'estrema giovinezza...

    Tanos: "-...No...Mi hanno gettato questa borsa alla fine del loro pasto e poi mi hanno ordinato di andarmene"
    Christos: "E sei venuto a unirti a me per sentire la mia predica, che levo a voce alta non lontano dall'ingresso della città, vicino ai tuguri dei disoccupati e dei malati".
    Tanos: "- E' vero, ho anche notato che costoro erano più propensi ad ascoltare la tua predica rispetto agli altri, preoccupati solo dei loro commerci. E mi hanno offerto le loro povere giare".
    Christos "- Vedi, quando l'oro è abbondante, non si è mai certi di possederlo. Piuttosto, è lui che ci possiede. "
    E Tanos si ricordò la prima frase che suo padre Gamaliele aveva sussurrato alla sua partenza. "Assaggia questo oro delizioso e colloso, ma non fartene invischiare."

    Christos gli sorrise, e Tanos ebbe la certezza che Egli sapeva ciò che stava ricordando in quel momento.
    Allora Christos gli disse:

    "- La gabbia che porti con te con mille attenzioni ti peserà per molto tempo, perchè i tuoi tre uccelli messaggeri vivranno felicemente fin quando non arriveranno alla loro piccionaia natale.
    Così sarà."

    E Christos si servì una fetta di carne di montone, senza più parlare.

    Senza aggiungere altro, Tanos si alzò in piedi e scelse uno dei tre piccioni, dal quale prelevò dolcemente una piuma della coda, per poi scrivere su un piccolo papiro le seguenti parole:

    "Padre, madre, fratelli miei, ora conosco il mio destino, si chiama Christos. Ho assaggiato l'oro, l'ho adorato e me ne sono distaccato.
    Tanos."



    L'animale liberato volò immediatamente verso il suo luogo d'origine.
    Il giorno dopo Tanos depositò senza farsi vedere i ducati d'oro nelle mani vuote dei mendicanti che gli avevano offerto da bere.
    Tenne per sè la piuma.


    VI: L'artefice.

    Tanos, come i suoi compagni, continuava a seguire gli insegnamenti forniti da Christos ogni giorno con gli scambi di vedute, l'esempio, i gesti e le parole.
    Durante la sua predicazione, Christos e i suoi apostoli andarono in Galilea, in Giudea, in Samaria, nella Fenicia.
    Discesero il fiume Giordano fino al Mar Morto, navigarono alla volta delle rive di Antiochia. Intravidere una volta in lontananza anche il Monte Sinai...
    Passarono attraverso numerose città, sempre predicarono: Cafarnao, Tiberiade, Genesaret, Sicar, Magdala, Cesarea di Filippo, scalarono il Monte Tabor, tornarono a Nazaret.
    E ogni volta Christos iniziava così i suoi discorsi:

    Citazione:"Io sono Christos di Nazaret, il Messia, guida e specchio della divinità, Dio è in me. Il profeta Aristotele ha annunciato la mia venuta, affinchè vi mostrassi la via da seguire per vivere nell'amore dell'Altissimo."
    E molti si avvicinavano, e molti ascoltavano, e molti lo comprendevano...

    Finalmente arrivarono a Gerusalemme, e il percorso di Christos si arrestò perché fu condannato e giustiziato in condizioni disumane, come previsto dall'Altissimo.
    Durante questo viaggio, Tanos come gli altri apostoli aveva ascoltato, seguito e imparato.
    I loro corpi erano diventati robusti e flessibili, e nelle loro menti, già risvegliate alla spiritualità, si erano scolpiti la storia e i messaggi divini.
    Essi si erano trasformati durante questo viaggio, lentamente ma inesorabilmente, per volontà dell'Altissimo e di Christos, così da divenire per il bene dell'umanità maestri nella Condivisione con tutti coloro che desideravano un Fede frugale, ma non senza esigenze.

    Erano divenuti i futuri Artefici della Chiesa, "Una, santa, Aristotelica e Apostolica".


    VII: Il secondo piccione.

    Ahimè!
    Nessuno può soffermarsi sul passato, che rende il grande popolo del Creatore quello che è oggi ...
    Il libero arbitrio così caramente desiderato conduce gli esseri umani, o almeno li avvia spesso, sugli inestricabili sentieri del male.
    Gli orrori perpetrati in nome di valori egoistici e bestiali, tralasciando i riferimenti alla Creatura Senza Nome, si riducono ad una sola frase:
    Christos fu "giudicato", torturato e crocifisso, fino alla morte.

    Per tutto il tempo del suo martirio e poi della sua agonia, Egli rimase fiducioso verso Suo Padre, e sopportò con forza, intelligenza e carisma Tutto quello che doveva sopportare: pregava. La Sua fama crebbe ancora.
    Il suo volto si illuminava e irradiava d'oro puro le molte persone che lo sostenevano con la loro Fede e con la loro devozione alle Sacre Parole.

    1) Vita di Christos, capitolo XVI
    Memorie di Samot, raccolte nell'87 dopo Christos, curate da Trufaldini.
    Citazione
    "Inchiodarono Christos a una grande croce di legno, che poi issarono sulla cima della collina. E così Christos si trovò là in alto, dominando tutti gli altri esseri umani... Come un agnello, era stato sacrificato sull'altare dell'ordine stabilito, poichè aveva messo in discussione la società del tempo e i suoi falsi valori."


    Come tutti gli altri apostoli, Tanos si sentì annientato ... si allontanò dal luogo del supplizio.
    Piangendo dal profondo della sua anima, intontito e incapace di sopportare di più, seguì un ammiratore di Boulasse e si ubriacò di disperazione.
    Il Cielo lanciava tuoni e fulmini sopra i pagani.

    2) Vita di Christos, capitolo XVI.
    Memorie di Samot, raccolte nell'87 dopo Christos, curate da Trufaldini.

    Citazione"Ma dopo un istante la natura si calmò, la pioggià smise di cadere, i fulmini cessarono, i tuoni rimbomanti si fecero silenziosi e le nuvole sparirono, vinte da un raggio di luce sempre più grande che ora innondava la collina.

    Fu allora che vedemmo apparire, in questo alone benigno, una nube di angeli celestiali. Discesero tutti dal cielo con grazia, volando sopra alla collina. Raccolsero il corpo del messia, guida e specchio della divinità, e lo assunsero in cielo, portandolo con loro per unirsi al trono di Dio."

    3) Agiografia di San Tito Apostolo. Tradotto dai Fratelli Maisse Arsouye, Nsaymar e Pons d'Agoult.

    Citazione"Presto gli apostoli si separarono. Ciascuno scelse una via,
    in modo da servire Christos e il suo messaggio. Poco prima della
    separazione, egli distribuì a ciascun apostolo un anello con una pietra
    di color porpora, un rubino, in memoria della loro amicizia e della loro missione. L’anello di Dagiu fu consegnato ad Anacleto, un giovane uomo che era
    divenuto amico di Tito e Samot."


    ...Tanos, rimasto solo e abbrutito per il troppo vino, profondamente abbattuto da un dolore più profondo di un pozzo artesiano di Tiro, ritrovò finalmente speranza e coraggio nel primo mattino del terzo giorno.
    Una nausea improvvisa lo svuotò letteralmente della sua sbronza, che gli aveva impedito di muoversi tre giorni.
    Tremando e piangendo, si alzò con difficoltà, ma finì per stare in piedi. La sua anima si riebbe ugualmente, elevandosi nuovamente.
    Un rubino al dito brillava quanto tutto il sangue versato per la gloria dell'Altissimo.

    E Tanos ricordò la seconda frase che suo padre Gamaliele gli aveva sussurrato alla sua partenza. "- Bevi questo sangue che rafforza e rinfresca, ma non inebriartene."
    Prese il suo secondo piccione, dal quale prelevò delicatamente una piuma remigante per scrivere su un piccolo papiro le seguenti parole:

    "Padre, madre, fratelli miei, conosco ancora il mio destino, si chiama Amore, Fede, Pellegrinaggio e Preghiera. Ho assaggiato del vino, l'ho adorato e me ne sono liberato. Ne conservo il color rubino al dito.
    Tanos"



    L'animale liberato volò immediatamente verso il suo luogo d'origine.

    Memore di una situazione già sperimentata nella partenza dalla sua piccola casa natale, abbracciò un'ultima volta suoi compagni, e andò verso il Mare Internum (Mediterraneo), oltre i confini conosciuti.
    Aveva 27 anni.
    Conservò la piuma.


    VIII: Lo studioso.

    La vita di tutti i giorni divenne più solitaria, ma non cadde mai nell'accidia perché Tanos predicava con fervore la buona Parola lungo tutto il suo avvicinamento al mare, e la memoria di Christos e suoi ex compagni lo sosteneva.
    Arrivò così dopo diversi mesi nella città portuale di Biblos, nel Paese di Canaan.

    Una folla si agitava in quello che sembrava essere un gioiso trambusto, ma tutto era ben organizzato: i porti erano immensi, perchè le barche venivano costruite sul posto.
    Molte persone erano giunte in città dal circondario per aiutare con vari lavori di falegnameria, di tessitura di vele di grandi dimensioni, di muratura. I capi del cantiere si occupavano di mantenere un buon ordine.
    La città, tra le altre cose, esportava il suo legno pregiato (cedro del Libano) e i suoi tessuti finemente lavorati, alcune conchiglie dei dintorni permettevano anche di produrre pigmenti, assai pregiati in qualsiasi epoca. Biblos era dinamica e ricca.

    Tanos decise quindi di mettere da parte un po' di soldi per sopravvivere nelle sue nuove esigenze di formazione, e divenne col tempo più forte, adoperava la sua intelligenza per la predicazione e a forza di nutrirsi di latte e frutta aveva sviluppato un buon aspetto. Così fu da subito assunto ogni giorno con paghe sostanziose.
    Prima di intraprendere un lungo viaggio, si iscrisse all'Università locale, al fine di seguire alcuni corsi di astronomia, questa disciplina molto antica aveva avuto una certa crescita e dei nuovi sviluppi.
    Cose che un giorno gli saranno utili...
    Progedì notevolmente nella scrittura, e fece scorta di pergamene di piccole dimensioni.
    Anche questo un giorno gli tornerà utile...

    Alla fine partì, e le sue soste furono numerose, intervallate da temporali o bel tempo, sole o vento.
    Passò per le isole di Cyprus (Cipro) e Rodi, con una sosta a Xanthos. Poi un'altra nave lo portò a Creta Peloponnesiaca (Creta), e poi tra la Sicilia e l'Esperia (Italia), e, infine, raggiunse il Mar Tirreno e si diresse verso l'isola d'Elba.
    Per tutta la navigazione, Tanos predicava un'ora ogni sera, quando i tempi lo consentivano, e molti marinai trasmessero ciò che avevano imparato in quei lunghi mesi in mare nei loro porti d'attracco, al loro ritorno.
    Le taverne erano meno dimora di uomini ubriachi, e più di Credenti.
    Ma c'erano ancora molti dibattiti...

    Tanos adoperava il resto del suo tempo a scrivere sui suoi fogli, riordinati in libri, i suoi itinerari di preghiera, i suoi sermoni e le omelie, la sua vita passata con Christos e gli apostoli, e aggiungeva delle sue icone e miniature. Tenne questo diario con cura e tenacia.
    Era amato dall'equipaggio, e grazie alla sua conoscenza rendeva un ottimo servizio all'astronomia: seguiva la stella giusta. Egli era profondamente rispettato da tutti.
    Il Verbo divino stava navigando attraverso le acque e le onde spumeggianti lo inviavano verso remote popolazioni.
    Ma un naufragio cambiò il corso del suo destino, quando si era reimbarcato per la Gallia, durante la navigazione nel Mar Ligure, dove perlopiù quasi tutti i giorni erano calmi e soleggiati.
    Aveva quasi quarant'anni.


    IX: Il terzo piccione.

    Quella notte, nuvole spesse coprivano il cielo sconvolto dalla tempesta, e questo disturbava la sua buona lettura delle condizioni di navigazione. Persino Tanos non sapeva decifrarne il significato per dirigere al meglio la nave.
    Questa era pericolosamente percossa da scogli taglienti come lame di rasoio; la barca fu rapidamente spinta da un'onda che la portò su un piccolo isolotto sporgente che non compariva sulla mappa.
    Sdraiato su un fianco come un toro ucciso, e tagliuzzato a fondo, la giaceva sventrata in modo irreparabile, sulla riva bagnata di pioggia e fredda.
    I superstiti dell'equipaggio e Tanos tuttavia si rimisero in piedi e ringraziarono l'Altissimo di aver loro salvato la vita ...

    Il giorno dopo, sotto un cielo più mite, anche se molto ventoso, esplorarono la piccola isola.
    Erano naufragati sull'Isola dei gabbiani, come spiegarono loro più tardi gli abitanti.
    (Gallinara, è un'isola situata vicino alla costa della Liguria nella Riviera di Ponente, di fronte alla città di Albenga.)
    In effetti, questi grandi uccelli vi costruivano il nido numerosi, i loro escrementi erano utilizzati per i falò e le loro uova erano apprezzate.
    In quel luogo si trovava un solo villaggio, e gli abitanti li avevano ben accolti, rifocillati e condiviso con loro latte, pesce e del pane, frutti succulenti e scuri, che conservavano con cura in vasetti di loro fabbricazione.
    L'alimentazione non era molto varia, gli abitanti della zona possedevano ben poco, l'isola era così piccola che erano poveri di grano, e a tal punto circondata da grandi rocce appuntite che nessuna imbarcazione si assumeva il rischio di attraccare lì.

    Gli isolani, circa una ventina di persone di tutte le età, non conoscevano affatto Christos, e il paganesimo era evidente: essi adoravano un idolo dalle fattezze di una capra, animale che forniva loro il latte e il formaggio, le pelli e la colla. La statua troneggiava nei pressi dell'unica fonte, fatta di terracotta.
    Erano innocenti e amichevoli, calmi e sorridenti, un poco curiosi ed estremamente dolci. La vita scorreva su di loro come il bacio del fiordilatte scivola lentamente su di una torta d'orzo.
    Tanos non ebbe difficoltà ad arricchirli con il e nemmeno a far loro vivere la realtà della Fede Aristotelica.

    Diversi anni passarono, e alcuni marinai compagni di Tanos disperavano di poter ripartire alla volta di sponde più vaste e più popolate.
    Ma la maggior parte, e Tanos era una di loro, si integravano dolcemente e inesorabilmente nella dolcezza del vivere quotidiano, e cedevano all'infinita tranquillità delle stagioni e all'insolita mitezza degli abitanti...
    Egli predicava ogni giorno, e la sua Fede non era diminuita, aveva anche adattato alcuni riti al luogo e alla passività della gente, introduceva un culto ogni settimana, in un modo più fertile di conseguenze che non la transizione rapida e casuale della gente dal loro vecchio idolo, sepolto dopo lungo tempo nelle profondità del mare.

    Tra l'estrema dolcezza degli abitanti del villaggio e la routine senza sorprese delle stagioni, Tanos si impantanò in un destino tranquillo ma fisso.
    Egli ne gioiva, ma una mancanza incommensurabile lo rodeva dall'interno, perché non si rinnova mai, non avendo davanti a sé altro che persone affabili e giorni identici. La sua vita era senza dolore, ma poco colorata: trasmetteva la parola dell'Altissimo sempre nello stesso posto, alla stessa gente, cosa che non era in contrasto con l'insegnamento che Christos aveva offerto agli apostoli, tuttavia lo rendeva incompleto.

    Fu durante una terribile tempesta, la seconda in realtà che aveva imperversato sull'isola in quindici anni, che Tanos uscì dal suo stato di torpore intellettuale.
    Gli elementi si stavano scatenando, il vento ululava, la pioggia colpiva la terra con forza, e la tempesta infuriava tanto quanto durante il loro naufragio.
    Un lampo ne incrociò un altro attraversò il cielo notturno e tonante, e in lui si fece luce.

    Il giorno seguente si fece costruire con le travi restanti della nave affondata una grande croce, e la fece piantare sulla collina più alta dell'isola.
    Essa annunciava da molto lontano la religione Aristotelica dell'Isola, e segnalava la presenza umana alle navi di passaggio. Così queste avrebbero finalmente trovato la motivazione e le modalità per attraccare.

    Passate alcune maree, Tanos ripartì alla volta della Gallia, l'isola non sarebbe mai più stata abbandonata a se stessa.
    Gli abitanti dei villaggi commerciarono con onestà anfore di qualità, poichè conoscevano il segreto per cuocere al meglio la loro argilla.

    E Tanos ricordò la terza frase che suo padre Gamaliele aveva gli sussurrato alla sua partenza. "- Ti faccio dono di una cosa che ti ha nutrito quando eri un bambino in fasce, ma che ti prepara anche ad altri alimenti e ti fa crescere."

    Prese il suo ultimo piccione, dal quale prelevò con dolcezza una piuma dell'ala per scrivere su un piccolo papiro le seguenti parole:

    Padre, madre, fratelli miei, io conosco sempre il mio destino, ed esso si chiama Chiesa Aristotelica. Ho assaggiato il latte, e me ne sono separato.
    Tanos


    L'animale liberato volò immediatamente al suo luogo d'origine.
    Tanos non aveva più alcun mezzo per comunicare la sua crescita spirituale e fisica alla famiglia lontana ...
    Si stava avvicinando al suo 56esimo anno, pensò che i suoi genitori potrebbero aver ormai raggiunto il loro figliuolo Guéchèm.
    Conservò la piuma.


    X La morte di Tanos:

    Il Vecchio, il Saggio, il Buon Apostolo Tanos visse così a lungo che la barba, dopo lustri ormai color della neve, gli scendeva fino al centro del petto. I suoi capelli andavano diradandosi, ma la sua erudizione, il suo equilibrio e carisma erano di gran lunga al di là di quanto di meglio ciascuno potesse sperare di provare durante la propria vita.
    Era diventato quasi cieco con il tempo, ma poteva ancora scorgere la luce cruda del sole, quando offre alla terra i suoi raggi ardenti.
    Alla vigilia della sua dipartita alla volta del Sole, egli predicava ancora l'amore di Christos e dell'Altissimo, e diffondeva ogni giorno con successo la Fede e l'amicizia Aristotelica.
    A contatto con lui, il paganesimo si era ritirato per molte stagioni della sua regione d'adozione, e l'ateismo si era ridotto a nulla.
    Tuttavia, ogni giorno portava il suo numero di nuovi pellegrini, di piccoli ladri, di visitatori e di vagabondi.

    Poco prima del suo ultimo respiro, chiuse serenamente il suo terzo libro. Il giovane diacono mandato per assisterlo in questi ultimi istanti lo ripose così come gli era stato chiesto di fare qualche giornio prima.
    In ciascuno di essi una piuma di piccione marrone-dorata serviva da segnalibro.
    Il giovane diacono, di cui storia non ha tramandato il nome, ci aggiunse un ritratto disegnato da lui stesso.
    Anche se i pigmenti impallidiscono con il tempo, possiamo ancora vedere il ritratto ben conservato dell'apostolo.

    Il sole stava tramontando. I canti degli uccelli tacevano, e il profumo discreto delle viole era ancora fragrante ...
    Allora Tanos, sereno e stringendo nelle mani con tenerezza il suo piccolo rametto di bosso, perché nulla gli aveva mai fatto dimenticare il calore della propria infanzia, sussurrò sottovoce:
    "- Christos, oh Christos...
    Pensavo di seguire il mio destino, ma ho seguito la Chiamata dell'Altissimo e la mia vocazione.
    Questa fu la mia più grande libertà sulla Terra".


    Le sue labbra si aprirono in un sorriso estatico che restituì moltiplicato di cento volte l'amore Aristotelico che dopo tanti anni si era raccolto sul suo viso benedetto e ora libero dalle pastoie della vita terrena.
    Era il XXVIII marzo dell'anno LXXXVII.

    Reliquie: Tre piume, tre libri.
    Festa: Nessuna data ancora riconosciuta
    Proverbi:
    - "Questi sono i riti e i ritmi che ci fanno vivere al meglio."
    - "La piuma della coda per avanzare nel suo cammino, la piuma remigante per dirigere il suo percorso, la piuma dell'ala per scrivere il suo cammino.
    - "Dobbiamo "far soldi" senza speculare. "
    - "Quando la ragione non può spiegare un evento, si parla di magia, di fenomeno sconosciuto. Ma i nostri sensi hanno già incorporato il Divino."

    Trascrive da Feuilllle
    Tradotto da Padre Ariberto, Scriptor Domenicano, Aprile MCDLIX



Citation:
Allegato:


Questo è il percorso di Tanos, in ricerca spirituale in compagnia di Christos, poi apprendista Apostolo, ed infine Solitario (ma non ascetico) propagandatore della Fede Aristotelica.

Possiamo dire che questo Apostolo percorrerà un lungo cammino, tanto sul piano spirituale quanto su quello fisico.
Se pure ha avuto dei momenti di debolezza, possiamo comunque affermare che egli fu in grado di sfoderare la forza necessaria per vedere più lontano, e per sollevare lo sguardo più in alto.

Il suo periplo ha avuto inizio alla morte del fratello disabile, in solitaria, fino alla città dove incontrò Christos e alcuni Apostoli.
Il suo succesivo viaggio in compagnia del Profeta e degli altri Apostoli gli permise di apprendere il rigore della Fede, e le sue esigenze (la trasmissione degli insegnamenti, la necessità di cambiare radicalmente, la vita basata sulla condivisione...).
La morte di Christos lo scosse profondamente, e il suo dolore si trasformò in debolezza dello spirito. Egli abbandonò poi la scena.
Questa è la differenza tra lui e gli altri Apostoli: Tanos prosegue come loro la trasmissione della Buona Novella, ma gli altri lo fanno senza soluzione di continuità con quello che avevano appreso da Christos.
Tanos predicava, ma per fuggire da un avvenimento che lo ha atterrito per la sua barbarie.

Impercettibilmente, la forza spirituale tornò in lui.
Ma un naufragio lo scaglia su un'isola che lo avrebbe intrappolato nella dolcezza della sua vita quotidiana.
Tanos non ha mai rinnegato la Fede, ne fatto nulla contro di essa, al contrario: per ogni luogo in cui si trovò a passare, egli predicò con fervore e devozione con grandi risultati per la diffusione della Chiesa Aristotelica su tutta la Terra.
Ma aveva bisogno di comprendere che la predicazione non è sufficiente in se sola, e che doveva anche andare oltre, sopravanzare agli altri, donarsi con più generosità.
Così l'Altissimo decise di fargli affrontare questa prova.

Gallinara fu quell'isola quasi deserta dove Tanos fu calorosamente accolto e ospitato per lunghi anni, durante i quali l'Apostolo realizzò pian piano che "la vita era dolce e facile, e questo rischia di portare all'intorpidimento dello spirito, se ci si accontenta di vivere separati dal resto del mondo" e che "anche i bambini non possono bere solo latte, crescendo devono imparare a variare ciò che li sostenta e a conoscere diversi nutrimenti."

Fu dopo giorni e giorni di viaggio che arrivò finalmente a Walla (Laval), dopo un lungo cammino che lo aveva portato a camminare sulle strade della Provenza, in lungo e in largo in Linguadoca e nel Lionese-Delfinato, con una rapida puntata in Borbonese-Alvernia, una svolta in Borgogna, una predicazione dalle parti della Sciampagna e in Lutezia, una visita nelle Terre d'Orléans e un passaggio per Turons che si posa infine, per forza di cose, in Maine.
Ben deciso a fermarsi, Tanos si era tuttavia affrancato dal suo "intorpidimento spirituale" da lungo tempo...

Per tutta la vita aveva rivolto il suo cammino terreno verso il Sole, e così come tutti i viaggi terreni, non fu né definitivo, né per sempre. Esso troverà compimento in un altro Viaggio, più importante per il suo destino celeste, e al momento di aprire la porta Tanos comprenderà l'immensità del Dono della Vocazione che l'Altissimo gli aveva offerto.

Storia Ecclesiastica della Francia occidentale.
Jandul Penq Wabflat, Monaco storiografo. Aprile MCDLVIII
Feuilllle,
Tradotto FR- IT da Padre Ariberto, Scriptor Domenicano, Aprile MCDLIX

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Ignius



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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2011 10:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:


Hagiografia de l’Apòstol Thanos.




La infantesa de Thanos.

Thanos va ser un dels nombrosos nens d’una família mediterrània de tantes com se’n veien al primer segle de la nostra era entre Akko (Acre, rebatejada Ptolemaïs al nostre temps) i Tir.
Aïllada en un extens clima extrem i cobert de malesa, relativament lluny de la Mare Internum (Mar Mediterrània) la família cultivava, amb la calor, figues, oliveres i algun cereal. Les cabres, la seva llet i els formatges que fabricaven a l’ombra de les bodegues excavades amb dificultat, en aquest lloc aïllat, sovint completaven la seva producció.
Tot i que la riquesa no els abundava, aquella família mai no va conèixer la fam ni la set.
Un antic pou, que rarament s’assecava, permetia abeurar als animals i beure a la gent.

La particularitat d’aquesta casa era un colomar, força estrany en aquell lloc. Al pare li agradava que els seus cinc fills grans, mentre treien a péixer les ovelles a les muntanyes circumdants, no se sentissin sols en cas de tenir algun problema; així doncs, cada matí s’enduien un dels ocells.
Aquests ocells eren de la millor raça, fidels i diligents; va ser un ric mercader de Tir qui els va oferir dues parelles l’any en que va patir una pèrdua de la seva mercaderia i la família va ajudar-lo a recuperar-ho gairebé tot.
Aquest esdeveniment, va succeir poc després del naixement de Thanos, que coneixia els animals des de sempre.

La seva casa estava delimitada, per la part baixa, per arbres de Judea; i va ser sota aquesta beneficiosa ombra que va néixer el petit Thanos l’any VII. Va ser l’últim fill de set germans.
L’amor i la feina eren els únics amos d’aquella humil família, que es reunien a cada albada i a cada posta de sol que l’Altíssim els enviava.
Aquests camperols estimaven la terra amb la simplicitat eficaç dels camperols i ramaders.


La mare, Ayala, havia tingut l’oportunitat d’aprendre a llegir quan era una nena, car havia crescut a la vora dels romans.
Aquest meravellós coneixement va emprar-lo per a ensenyar al seu espòs, Gamliël, (el nom del qual significa “Déu ha estat generós amb mi”) i, més tard, a tots els seus fills, tan aviat com l’enteniment ho va permetre.
L’únic que no va poder aprendre-ho va ser el penúltim, ja que era diferent: contemplava tot el seu voltant sense parar i sense comprendre res i va ser el seu germà petit Thanos qui va prendre per missió assistir-lo en quant va ser assistit per la raó, la qual va venir precoçment.


Així doncs, quan Ayala cuinava, cada setmana, pa d’ordi o de civada, podia somriure tranquil•la veient els seus dos fills petits a l’ombra de les oliveres, un ajudant a l’altre, amb molta paciència, a vestir-se o rentar-se, o modulant alguna suau melopea amb una flauta de bambú que encantava al ximple.
Aquest no tenia ni un any més que ell, però semblava que en tenia més aviat menys. Un era robust i fornit, mentre que l’altre era malaltís i lleugerament contrafet.

Thanos va ensenyar-li, també, a teixir cistelles, la qual cosa va arribar a aprendre’n, certament amb dificultat, per a què totes les fruites de la família trobessin lloc a les cistelles de Thanos i Guéchèm (que significa “pluja” en hebreu, una benedicció a la àrida regió de Thanos).


Thanos romania hores amb el seu germà desfavorit per un part difícil, el qual, molt possiblement, havia estat privat de respirar quan naixia. Potser és això el que el va preparar en la seva vida futura, el que el va tornar un excel•lent oïdor dels innocents, el que el va fer més servicial als més vulnerables de la natura, el que el feia ensenyar amb paciència a la resta i el que el va convèncer de què el dret a ser diferent existia.
Però Thanos, de moment, reia de bon cor amb el seu germà Guéchèm, car els camins de l’Altíssim són inescrutables.



El vagabund.

El que diferenciava a Thanos dels seus germans era la seva facilitat en entendre els escrits del Profeta Aristòtil, car tota la família anava al poble veí a escoltar amb entusiasme i assiduïtat cada diumenge els missatges profunds que de vegades incloïen. Però sovint se sentia com un rodamón errant a través d'aquests escrits. No obstant això, en sentia el poder i la rellevància de les paraules.

La unió dels dos nens va durar molt de temps, però no indefinidament: una nit, Guéchèm no va despertar i el dolor de Thanos el va fer romandre tres dies, abraçant-se, a un racó de l’estable, després de l’enterrament. El ritual funerari no va fer que vessés les seves llàgrimes...però la vida era tan difícil i tant constant en aquesta època que ningú no podia parar la feina habitual: la família va seguir, de seguit, amb la cura dels animals, arbres i de la petita vinya que creixia al llarg de les parets de casa seva i s’elevava alegrement a l’emparrat.

No és que restessin indiferents, sinó que tenien una necessitat vital: la vida sempre tenia més exigències que la mort.
Només Thanos seguia sense fer res, aferrat tristament entre les seves mans la última cistelleta de Guéchèm, que no va acabar...
Sàviament, els seus pares, afligits també per haver perdut el seu innocent fill, van deixar-lo estar, vetllant alhora per tal què anés menjant i bevent de tant en tant.


- Mare!- Va dir, finalment, al quart matí de la seva letàrgia, amb la cara emblanquida pel patiment del dol- Mare, pare, em permetríeu marxar de viatge? Uns amics duran més enllà del poble un ramat de cabres i ovelles a l’únic mercat de la ciutat.

Abans que la mare, abatuda, s’hi pogués negar, ja que no volia separar-se d’un altre dels seus fills, Gamliël va avançar-se i digué:

-Au va, dona; cal que el dolor s’alleugi i Thanos no podrà viure feliç allà on li manca el seu germà, com per a nosaltres la resta, però cal que admetem que per a ell és encara més dolorós.
Deixem-lo marxar, Ayama, i preparem-li un farcell amb formatge i pa, figues i olives.


I, girant-se cap el que era el més jove dels seus, ara, sis fills, digué:

- Pren una bota de pell de cabra, Thanos, i omple-la amb l’aigua neta del nostre pou.
Et donaré el meu abric, impermeable, que et servirà de flassada per les nits fredes i aquests tres coloms ben entrenats. Envia’ns-els si passa alguna cosa.
No oblidis mai aquest discurs per ser feliç.


Va estendre al seu fill una gàbia amb els tres ocells preferits del seu pare, que viurien d’ara en endavant amb ell...
Gamliël va afegir, davant de tots els germans, reunits solemnement:


- Tasta aquest or deliciós i enganxifós, però no t’hi acostumis.

Va fer-li tastar una cullerada d’una mel salvatge i rústica que de tant en tant descobrien a alguns forats dels pujols...

I va afegir:


-Aquesta sang de la fusta enforteix sense embriagar.
I li va donar a beure un glop d’un vi aspre i obscur que floria a la terra mediterrània i els assaonava...[/color]

I va afegir:


- Et regalo d’allò amb que hom et va alimentar quan erets un nen de bolquers, però ara rega-ho sobre altres aliments i creix.

Va oferir-li una tassa de llet, blanca i cremosa.

Després de les mirades i dels calorosos comiats circumstancials, va anunciar, per acabar amb aquests:


- Que cada un torni a la seva feina, ara.

Així, beneït pel patriarca de la família, Thanos va tallar un bastó gruixut d’olivera i va anar-se’n donant un últim cop d’ull a la dolçor de la seva infantesa.

Va recollir, no lluny d’allà, un ram de boix, que li recordaria perpètuament el seu lloc d’origen.

Va tenir la percepció fugaç i innegable de que no tornaria mai més. Sentia que en algun lloc, el seu destí el cercava.

Va vagabundejar fins a trobar-lo... Acabava de complir disset anys.



La trobada amb Christós.


Cita: La Vida de Christós, capítol VII. Records de Samoth, redactat al 87 després de Christós; traduït per Trufaldini.

“Oh, recordaré sempre aquests dies, amics meus. Després d’haver sortit de la basílica, ens vam trobar cara a cara amb un grup de curiosos que s’increpava severament. Vam tractar de retenir a Christós, però aquests no ens va escoltar i es va apropar a aquell grup de busca bregues.

Va entendre ràpidament el motiu del conflicte. Davant seu, un xai estava perdut, aterrit pels crits que venien de tot arreu. A la seva esquerra es trobaven adeptes dels cultes pagans, amb el seu sacerdot al davant, amb un ganivet llarg a la mà. A la seva dreta, hi havia algunes d’aquelles persones decebudes amb el paganisme i, seguidors dels preceptes d’Aristòtil, una mica més allunyats dels primers. S’havien agrupat per a denunciar el bàrbar sacrifici que es preparava en honor dels falsos déus. Cada grup cridava amb vehemència contra l’altre.

Aleshores, Christós va cridar, amb calma, l’animal aterrit, el qual va avançar dòcilment cap a ell. Christós va acariciar-lo i li va dir que marxés. Aleshores, el xai va marxar. Però el sacerdot pagà, ple de ràbia contra Christós, va avançar el ganivet cap a ell, amb el ganivet alçat. Nosaltres, Titus, Paulos, i jo, juntament amb uns altres nou d’aquells decebuts pel paganisme que s’estaven a la dreta, vam interrompre al sacerdot. Però Christós va avançar-se i es va posar davant del sacerdot. Aquest va creuar la mirada del beneït per Déu, va girar-li l’esquena i va anar-se’n sense dir ni una paraula. La multitud dels infidels van seguir-lo, amb aire avergonyit.

Aleshores, nosaltres dotze que havíem pretès defensar a Christós, astorats pel que acabava de passar, vam girar-nos cap a aquest misteriós home.

Un de nosaltres, algú a qui encara no coneixia, però que sabia que es deia Thanos, va dir-li:


"Però qui ets tu, la dolçor i la calma del qual imposen a la infàmia pagana?”

Aleshores Christós li respongué:

"El meu nom és Christós, fill de Giosep i Maria. La gent que em coneix diu de mi que sóc el Messies, per què estimo a Déu i estimo els meus iguals.”

Aleshores, vam exclamar:

"Certament, cap de nosaltres ho dubtem. Donem gràcies a l’Altíssim per haver-te enviat a nosaltres, amb la finalitat que la Seva paraula il•lumini les nostres vides i que la profecia d’Aristòtil es materialitzi.”

I Christós va respondre, finalment:

"Realment, és força trist que tants Fills de Déu ignorin Llur amor. Us envia guies amb la finalitat què els errors siguin esborrats. Voleu seguir-me i convertir-vos en apòstols de la paraula de Déu?”

Els nou que no coneixien a Christós van mirar-se; semblaven dividits per l’alegria i l’angoixa. Van demanar al qui es deia Messies el que calia fer per a seguir-lo.”

*I els seus amics escoltaven i aprovaven a Christós. En endavant serien dotze a seguir-lo. Les sis dones es deien Adònia, Calandra, Helena, Kyrène, Ofèlia i Uriana. Els sis homes es deien Dajú, Nikolos, Paulus, Samoth, Thanos i Titus


-Difondreu la Bona Nova a totes les nacions ajudant a Titus a crear la meva Església. Aleshores, apòstols meus, clergues meus, seguireu el camí que vaig traçar per vosaltres; vosaltres batejareu els qui vulguin entrar a la comunitat dels fidels de Déu, ordenareu els sacerdots que desitgin consagrar-se per complet a l’amor de Déu, escoltaren en confessió els qui vulguin lliurar-se dels seus pecats, castigareu aquells que no sàpiguen ser dignes de l’amor de Déu i predicareu, com a mínim, cada diumenge, per tal que la voluntat de l’Altíssim es faci.

L’aprenent.

Durant els anys següents, Thanos va seguir a Christós i als seus germans i germanes, escoltant, observant i, en conseqüència, aprenent.
Si bé coneixia el Dogma i Aristòtil, va integrar tot el seu potencial a través de les accions i les paraules de Christós.

Si bé havia experimentat sempre, de manera incondicional, l’amor fraternal, filial i parental, l’amor per la feina ben feta, l’amor contemplatiu vers la Creació de l’Altíssim, l’amor al Dogma i, finalment, l’amor a l’Altíssim, va afegir un més: l’amor a Christós; i com més el coneixia, més percebia la justícia, la bondat, l’alta espiritualitat, la intel•ligència i la sensibilitat davant del seu Mestre amb tothom.

Mestre en tot el que aquesta paraula implica de grandiós, professoral i benvolent.

Aquest cop tenia consciència del que rebia, i agraïa a l’Altíssim per l’oració i l’exemple. L’esperit de Thanos s’obria cada dia una mica més davant del contacte de les ensenyances de Chrstós i al de la fraternal amistat de la resta d’Apòstols.

La seva ànima va forjar-se com la fulla d’una espasa, que passa a ser enlluernadora després de les diferents etapes que sotmeten a la seva matèria cap a la força i la bellesa, la forma i la brillantor.


El primer colom

Però res no és perfecte, en els éssers humans.

En aquell temps, Christós i els Apòstols estaven tranquils- les flames envermellides i daurades que s’adormien en una nit juvenil encara encesa. Sobre la ribera mediterrània, formaven tots un cercle el centre del qual no competia amb l’Astre Solar, però rostia tranquil•lament un xai assaonat amb fonoll, molt abundant a la regió. Reunir-se per a un àpat comú no impedia, de cap manera, els debats i, cada nit, un foc els tenia desperts una estona. A vegades, inclús, altres viatjants s’ajuntaven a ells. Així ho havia permès el precursor indiscutible de les fogueres de camp, un tal McGroar.


Havien deixat el soroll i la disbauxa de Laodicea, antiga ciutat de la Selèucida, posteriorment romana, i ara de Judea, el faust i la riquesa de la qual alegrava el cor dels seus habitants.

A les faldes dels pujols que els rodejaven, en direcció est, les vinyes feien fructificar l’economia de la ciutat, i el seu port, esplèndid i admirablement construït, feia de connexió amb altres ciutats i illes importants.

Els rics comerciants, doblegats sota l’or i les pedres precioses, desplegaven les seves robes sumptuoses de seda suau com una carícia o de lli tintat de colors vius i càlids.

Les residències es construïen sòlides i imponents, els animals tenien, majoritàriament, un aire de ben alimentats i de mansos, rarament vist als nostres estables occidentals. Sobre les tendes dels mercats, les rets dels pescadors i les cistelles dels recol•lectors abundaven excel•lents peixos i fruites i hortalisses magnífiques. Les bosses de cànem s’omplien d’espècies estranyes i oloroses.

No obstant, això no impedia la pobresa. Aquesta, simplement, s’ocultava a les afores de la ciutat.


Thanos: “Vegeu, Christós, com la gent té un aire feliç en aquesta ciutat! Excepte, segurament, aquest pobre esclau l’escala del qual li se li ha trencat, literalment, a les mans! Tan li cridava el seu amo!”

Tots van posar-se a riure davant d’aquell comentari, car l’home grassonet i furiós s’havia sentit ridícul i còmic, i no se’n podien compadir d’ell: hagués pogut comprar immediatament una altra escala!

Christós, després de riure breument, va tornar a posar seriosa la seva cara esprimatxada.


Christós: “Vine Thanos; anem a veure com viuen de tristos que viuen a la perifèria, els que estan privats dels diners!”

Thanos: “No entenc per què no pidolen! Mireu tots els escuts que els negociants m’han donat sense demanar-me res a canvi!”

Christós: [color=black] “T’han donat aquesta bossa plena per què volien sentir la nostra història i notícies d’horitzons llunyans, durant el seu àpat. T’han comprat amb aquests escuts d’or que per a ells no signifiquen res. Volien distreure’s, però no reflexionar el que prediquem.
Però...Has degut acabar assedegat de parlar tantes hores per a satisfer-los...T’han ofert quelcom per a beure?”


Christós somreia...Thanos va sospirar, ja que se n’havia adonat massa tard. Encara tenia la ingenuïtat de l’extrema jovenesa...

Thanos: “ ...No...m’han donat aquesta bossa quan han acabat de menjar, i m’han dit que marxés.”

Christós: “I has vingut per tal d’escoltar les meves prèdiques, que feia a prop de l’entrada, a les barriades dels qui no treballen i dels malalts.”.

Thanos: “És cert; inclús he observat que aquests eren més propensos a escoltar les vostres prèdiques que els altres, molt ocupats en els seus assumptes. I m’han ofert aigua de les gerres més pobres.”

Christós: “Mira, quan l’or és abundant, no és cert que se’l posseeixi. Més aviat, és ell qui ens posseeix.”

I Thanos va recordar-se’n de les primeres frases que el seu pare Gamliël l’hi havia dit a la sortida: “Tasta aquest or deliciós i enganxifós, però no t’hi acostumis.”

Christós va somriure i Thanos va tenir la certesa que sabia de què se’n recordava en aquell mateix instant.

Aleshores Christós digué:


La gàbia que transportes amb precaució et pesarà durant molt de temps, ja que els teus tres ocells missatgers viuran feliços fins que no tornin al seu colomar natal. Així serà.”

I Christós va servir-se, de nou, una llesca de pota de xai sense més tardar.

Sense dir res més, Thanos va aixecar-se i va escollir un dels tres coloms, del qual va prendre, suaument, una ploma per a inscriure un minúscul paper les següents paraules:

Pare, mare, germans; estic al meu destí, el qual s’anomena Christós.

He tastat l’or; m’agrada i n’estic destinat a ell. Thanos.


L’animal, alliberat, va volar immediatament al seu lloc d’origen. Al dia següent, Thanos va dipositar, discretament, els escuts d’or a les mans d’un pidolaire, al qual li havien donat de beure. Va guardar la ploma.


L’artesà.

Thanos, amb els seus camarades, continuaven seguint l’ensenyança prodigada cada dia per Christós en pro de l’intercanvi, l’exemple, les accions i les paraules.

Durant les seves prèdiques, Christós i els seus apòstols van tornar a Galilea, a Judea, Semaria, Fenícia.

Van descendir la riba del riu Jordà fins el Mar Mort i van remuntar les riberes d’Antiòquia. Inclús van entreveure el Mont Sinaí...
Van creuar nombroses ciutats, sempre predicant: Cafarnaüm, Tiberíades, Genesareth, Sequem, Magdala, Cesarea de Filip, van pujar el Mont Tabor, i van donar la volta a Nazaret.

I sempre Christós començava així les seves prèdiques:


Sóc Christós, de Nazaret, el Messies, guia i mirall de la divinitat, habitat per Déu. Aristòtil, el Profeta, va anunciar la meva arribada, per tal que us mostrés la via que ha de seguir-se per a viure en l’amor de l’Altíssim.”

I molts s’acostaven i l’escoltaven, i el sentien...

Van arribar, finalment, a Jerusalem i les prèdiques de Christós es van detenir, ja que el van condemnar allà en condicions inhumanes, tal i com va preveure l’Altíssim.

Durant aquell temps, Thanos, com la resta d’Apòstols, l’havien escoltat, seguit i n’havien après.
Els seus cossos s’havien tornat robustos i flexibles, i en els seus esperits s’havia despertat a l’espiritualitat, havien quedat inscrits en la història i en el missatge Diví.
S’havien transformat, al llarg del viatge, lentament però inexorable, en part de la voluntat de l’Altíssim i de Christós, la qual cosa passarien a ser aviat, per al bé de la humanitat, tot compartint amb qualsevol que desitgés una Fe molt simple i sense exigències.

Havien esdevingut els futurs artesans de l’Església, “Única, Santa, Aristotèlica i Apostòlica.”



El segon colom

Cansament!

Ningú no podia tornar de nou al passat, i menys qui feia més i més gran el poble del Creador que és avui...
Així, afectuosament, predicava el Lliure Albir específic dels humans en el seu conducte o, com a mínim, el que implica en les vies inexplicables de la dissort.
Els horrors comesos en nom dels valors personals i bestials, duts sense motiu per la Criatura sense nom, es resumien en una sola frase:
Christós va ser “jutjat”, torturat i crucificat, fins que la Seva mort va sobrevenir.

Durant tot el temps, el so del martiri allargava la seva agonia, i romania confinat al Seu Pare, suportant amb força, intel•ligència i carisma tot el que havia de suportar; i pregava. I fent això, la seva reputació creixia encara més.

La seva cara s’il•luminava i irradiava or pur a les nombroses persones que sostenien la seva Fe i el seu compromís en pro de la Paraula consagrada.



1) Vida de Christós, capítol XVI
Recordo¡s de Samoth, dit el 87 després de Christós, per Trufaldini.

“Van clavar a Christós sobre una gran creu de fusta que, a continuació, van alçar sobre el pujol. I Christós es trobava allà dalt, dominant a la resta d’humans...Com un xai, s’havia sacrificat sobre l’altar de l’ordre establert per què posava en entredit la societat d’aquells temps i els seus falsos valors.”


Com la resta dels apòstols, Thanos va quedar destruït...Va allunyar-se del lloc del suplici.
Plorant des del fons del seu cor, ensopegant i no podent suportar-ho més, va seguir a un admirador ple de joia i va embriagar-se de la desesperació.
El Cel llançava llamps i trons sobre el pagà.

2) Vida de Christós, capítol XVI. Records de Samoth, dit al 87 després de Christós, per Trufaldini.

“Però després d’un moment, la naturalesa va calmar-se, la pluja va cessar, els llampecs es van detenir, els rugits dels trons van callar i els núvols desaparegueren, sumits per un raig de llum, creixent, la brillantor del qual inundava, ara, el pujol.

Aleshores vam veure aparèixer, entre aquests halos benefactors, un estol d’àngels celestials. Tots descendien del cel amb gràcia, volant sobre l’eminència. Van prendre el cos del Messies, guia i mirall de la divinitat, i el van alçar als cels, duent-lo per tal que s’incorporés al tron de Déu.”

3) Hagiografia de l’Apòstol Titus. Traduït pels germanns Maisse Arsouye, Nsaymar i Pons d'Agoult.

“…Ràpidament, els apòstols se separaren. Cada un va escollir una via, una manera particular de servir a Christós i al seu missatge. Davant la separació, Titus va donar un anell a cada apòstol que duia enclastada una pedra púrpura, un robí, com a record de la seva amistat i com a record de la seva missió. L’anell de Dajú va ser retornada a Anaclet, un jove home que s’havia fet amic de Titus i Samoth. ”


… Thanos, sol i embrutat pel vi, profundament dolgut per una pena més profundament que un pou artesà tiri, va trobar, finalment, l’esperança i el valor al matí del tercer dia.

Una nàusea imprevista va buidar-lo, literalment, de la borratxera que l’havia impedit moure’s durant tres dies.

Tremolant i plorant, va aixecar-se amb dificultat, però va acabar quedant-se de peu. La seva ànima també es va aixecar.

Un robí, al seu dit, refulgia tant com la sang pagada a la glòria de l’Altíssim.

I Thanos va recordar-se’n de la segona frase que el seu pare Gamliël l’hi havia dit quan marxava: “Aquesta sang de la fusta enforteix sense embriagar.”

Va prendre el segon colom, de la qual van arrencar suaument una ploma de l’ala, per a inscriure en un minúscul papir les següents paraules:


“Pare, mare, germans, encara sóc al meu destí; aquest es diu Amor, Fe, Guia i Prèdica.
He tastat el vi i m’ha agradat. Guardo el seu color en un robí al dit. Thanos.”


L’animal, alliberat, va volar immediatament al seu lloc d’origen.
No sense recordar una situació ja viscuda al principi, a la seva petita casa nativa, va abraçar per últim cop els seus col•legues i va anar en direcció al Mare Internum, més enllà de les fronteres conegudes.

Tenia vint-i-set anys.
Va guardar la ploma.


L’erudit

El dia a dia es va convertir en una rutina solitaria, però no amb desídia, ja que Thanos predicava amb entusiasme la Bona Nova al llarg del seu camí cap al mar, i el record de Christós i el seus antics col•legues el sostenien.
Va arribar, d’aquesta manera, després de força mesos, a la ciutat portuària de Biblos, al país de Canaan.

Una multitud s’agitava en el que semblava una alegre remada amb uns rems curts, però tot i això s’organitzava: els ports eren immensos, ja que els vaixells que s’hi construien allà mateix.

Els nombrosos habitants arribaven de les rodalies per ajudar al casc del vaixell, a teixir les grans veles, als diferents tipus de maçoneria. Hi havia mestres picapedrers i tot.
La ciutat, entre d’altres coses, exportava fusta preuada (cedre del Líban) i les seves indústries tèxtils treballaven amb finor; algunes collites d’alcorina permetien, també, la fabricació de pigments, molt valorats al llarg del temps. Biblos era dinàmica i rica.

Thanos va decidir, aleshores, deixar de banda els petits estalvis per a subsistir a les seves noves necessitats d’aprenentatge, que havien passat a ser molt grans amb el temps; la seva intel•ligència servia per a la prèdica i tenia una bona mina alimentant-se amb llet i fruita. Així, era contractat cada dia ràpidament, amb el seu bon salari consegüent.
Abans d’embarcar-se a un llarg viatge, va inscriure’s a la Universitat de la cantonada, per tal de seguir alguns cursos d’astronomia, una matèria molt antiga que havia estat desenvolupada i tenia novetats.
Allò hauria de servir-li, algun dia...
Va progressar sensiblement en la seva escriptura, i es va proveir de petites vitel•les.
Allò també li serviria algun dia...

Va embarcar-se, per fi, i va fer nombroses escales, marcades per tempestes o clarianes, pel sol o pels vents.
Va passar per illes com Xipre i Rodes, amb una parada a Xanthos. Després un altre buc va salpar cap a Peleponesus Creta (Creta), després a Sicília i l’Hespèria (Itàlia), i finalment va reprendre cap al mar Tirrè, dirigint-se a l’illa d’Elba.

Durant tota la navegació, Thanos predicava cada nit durant una hora, quan el temps ho permetia, i nombrosos mariners transmeteren allò que havien après en aquells llargs mesos de navegació als seus ports de parada, quan els hi havia.
Les tavernes van tenir menys homes beguts i més de creients.
Però sempre hi havia tants debats...

Thanos emprava la resta del temps sobre els seus fulls, arranjats en quaderns, marcant el seu itinerari de predica, els seus sermons o homilies, la seva vida passada amb Christós i els apòstols, i hi afegia les seves iconografies. Guardava aquell diari amb cura i tenacitat.
Era estimat per la tripulació, i prestava grans serveis gràcies als seus coneixements d’astronomia: Seguir la bona estrella.

Era respectat profundament per tots. La Paraula Divina navegava a través de les aigües, i les onades escumoses l’enviaven lluny, cap a tribus remotes.
Però un naufragi fatídic va canviar el curs del seu destí fins que va tornar a embarcar a la Gàl•lia, pel mar de Ligúria, on la majoria dels dies eren tranquils i solejats.

Tenia gairebé quaranta anys.



El tercer colom

Aquella nit, els núvols espessos recobrien el cel, anunciant tempesta, i allò enterbolia la seva bona lectura. Inclús Thanos no sabia desxifrar el rumb per a dirigir bé el buc.
Aquest va sacsejar-se perillosament entre uns esculls mordaços com la fulla d’una navalla, i el vaixell ràpidament va embarrancar-se sobre un minúscul illot que sobresortia tan poc que el dit índex hagués esborrat aquell lloc del mapa.

Adormit al seu costat, com un brau decapitat i destrossat, l’embarcació romania partida, irreparable, sobre una ribera d’aigua freda per la pluja.

Els que encara restaven de la tripulació, i Thanos, van senyar-se, no obstant, i van agraïr a l’Altíssim haver-los deixat en un lloc segur...

Al dia següent, amb el cel més clement, tot i que encara ventós, van examinar la petita illa.
Havien naufragat sobre “l’illa de les gavines”, com els explicarien més tard els habitants. (Gallinaria, un illot situat davant la costa de Ligúria a la Ribera Oest, davant d’Albenga)

Efectivament, n’hi havia nombroses, d’aquelles aus, i els seus excrements servien pel foc, juntament amb els seus ous, els quals eren molt preuats.

Només hi havia una vila, i els habitants els van rebre bé, se’n van encarregar d’ells i els van oferir llet, peix i pa, de les cales profundes i obscures, que conservaven extraordinàriament en àmfores fabricades per ells.
Els aliments no eren gaire vairats, i eren poques poques les coses que empenyien aquell lloc, una illa tan petita, pobre en cereals, i delimitada per grans roques. No semblava que cap buc hi anés per atracar.

Els illencs, una vintena de totes les edats, no coneixien a Christós i el seu paganisme era palpable: adoraven un ídol representat per una cabra, l’animal que els proveïa de llet i formatge, de pells i de cola per a enganxar. L’estàtua ho dominava tot, prop de l’única font, feta de fang cuit.

Eren innocents i cortesans, tranquils i somrients, poc curiosos i extremadament cortesos. La vida passava per a ells com un glop de crema de llet, que es deixa caure lentament sobre una galeta d’ordi.
Thanos no va veure cap mal en enriquir-los amb el Dogma, ni fer-los viure la realitat de la Fe Aristotèlica.

Van passar diversos anys, i alguns dels col•legues mariners de Thanos es desesperaven per no poder sortir cap a platges més amples i més habitades.

Però la majoria, i Thanos entre ells, es fonien suaument i inexorable en la tranquil•litat del dia a dia, i cedien a la pau del temps i la inusual tranquil•litat dels seus habitants...

Sempre predicava, i la seva Fe no va disminuir, havia construït alguns llocs de culte adaptats al lloc i la tranquil•litat dels habitants; s’oïa missa un cop per setmana, fent créixer la fe als habitants de manera ràpida davant el seu antic ídol, el qual feia temps que estava ja al fons del mar.

Entre la tranquil•litat dels camperols i la rutina de les estacions, Thanos s’acomodava a un destí pacífic però fix.

Hi havia plaer, però una falta incommensurable el corroïa per dins, ja que no es renovava, només tenint gent afable i dies idèntics davant seu. La seva vida transcorria sense dolor, però de manera apagada: transmetia la Paraula de l’Altíssim sempre al mateix lloc, a les mateixes persones, la qual cosa no era contrària a l’ensenyança que Christós havia donat als seus apòstols, però si incompleta.

Va ser una terrible tempesta, la segona, realment, que patia la illa en quinze anys, que Thanos va sortir de la seva letargia intel•lectual.
Els elements van desencadenar-se, el vent cridava, la pluja colpejava el terra amb violència i vociferava de ràbia com el dia del seu naufragi.
Un llampec va creuar el cel nocturn i un tro, i es va fer la llum en ell.

Va fer construir al dia següent, amb les bigues que quedaven del buc, una gran creu i la va fer establir al punt més elevat de l’illa. Des de bastant lluny, designava tant la religió aristotèlica de l’illa com indicava la presència humana als bucs que passaven. Aquests van trobar, finalment, una motivació amb la qual entretenir-se.

Alguns mariners i Thanos van tornar a la Gàl•la, la illa ja mai més estaria aïllada.

Els camperols comercialitzaven, orgullosos, amb les seves àmfores de qualitat, ja que tenien el secret de la bona cocció de la seva terra.
I Thanos va recordar la tercera de les frases que el seu pare Gamliël li havia dit abans de la seva partida: “ Et regalo d’allò amb que hom et va alimentar quan erets un nen de bolquers, però ara rega-ho sobre altres aliments i creix.

Va prendre l’últim colom, del qual en va arrencar suaument una ploma, i va escriure en un minúscul pergamí les següents paraules:

Pare, mare, germans. Estic amb el meu destí, encara, i s’anomena Església Aristotèlica.
He tastat la llet i me n’he separat. Thanos.


L’animal, alliberat, va volar immediatament cap al seu lloc d’origen.
Thanos no tenia ja cap manera de comunicar la seva projecció espiritual i física a la seva allunyada família...S’acostava als seus cinquanta-sis anys i va pensar que els seus pares potser s’havien unit al seu fill Guéchèm. Va guardar la ploma.


La mort de Thanos.

El Vell Home, el Savi, el Bon Apòstol Thanos va viure així molt de temps, fins que la barba, nevada pels llustres, li queia per mig pit. El seu cabell, amb tot, s’havia tornat escàs, però la seva erudició, la seva prestesa i el seu carisma eren, amb molt, el que qualsevol podia esperar percebre millor durant la seva vida.

Havia esdevingut, amb el temps, gairebé cec, però encara podia distingir la llum del Sol, predicava encara l’amor per a Christós i de l’Altíssim i propagava sempre amb èxit la Fe i l’amistat aristotèlica.
Però amb el seu contacte, el paganisme havia esdevingut gairebé nul a las seva regió d’adopció i l’ateisme havia retrocedit.
No obstant això, cada dia atreia noves tongades de pelegrins, de petits donants, arribats i viatgers.

Poc abans de la seva última respiració, va tancar el seu tercer quadern. El jove diaca escollit per assistir-lo en aquells últims moments el va guardar com així li va demanar que ho fes feia pocs dies. A cada un d’ells una ploma de colom servia de marca.
El jove diaca, del qual la història no en va retenir el nom, va adjuntar allà la iconografia traçada per ell mateix.
Tot i que els pigments van descolorir-se amb el temps, encara es veu algun retrat ben conservat de l’apòstol.

El sol dormia. El cant dels ocells havia callat i el perfum de discretes violetes encara flotava en l’ambient...
Aleshores Thanos, seré, i retenint la tendresa en el seu petit ram de boix entre les mans, ja que no va oblidar mai la tendresa de la seva infantesa, va murmurar suaument:


- Oh, Christós...Cria que seguia el meu destí, que seguia la Crida de l’Altíssim i la meva vocació. Ha estat la meva major llibertat a la Terra.”

Un somriure extàtic reflectia al cèntuple tot l’amor aristotèlic que des de feia anys hi havia a la cara pàl•lida i alliberada dels obstacles de la vida terrestre de Thanos. Era el XXVIII de març de l’any LXXXVII.


Relíquies:
Tres plomes, tres quaderns.


Festa:
Cap data reconeguda encara


Cites:
- Són els ritus i els ritmes que el que ens fan viure el millor possible.
- Les directrius per avançar sobre el seu camí, la remera per dirigir-se sobre el seu camí, el tèctrices per escriure el seu camí.

-Cal “pecular” sense especular.

- Quan la raó no pot explicar un esdeveniment, es parla de fetilleria, de fenomen desconegut. Però els nostres sentits ja han percebut quelcom Diví.

*Nota del Traductor: La part senyalada a partir de l’asterisc i fins a la fi del capítol no apareix al Capítol VII de la Vida de Christós, i és molt probable que sigui un afegit d’un autor tardà que copiés aquell capítol, afegint la part indicada, i que la Germana Fauilllle, rigorosa en la seva feina, es trobés en l‘obligació de traduir el text segons l’original i no segons el vertader.


Traduït per la germana Feuilllle

Traduït al català pel Reverendíssim Pare Abat Ignius de Muntaner.

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MessagePosté le: Ven Nov 18, 2011 10:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

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“Aquí veiem el trajecte de Thanos, en recerca espiritual amb Christós, més tard com a aprenent d’Apòstol i, finalment, en solitari, que no asceta, transmetent la Fe Aristotèlica.

Hom pot dir que aquest apòstol ha fet molt de camí, tant de manera espiritual com a nivell físic.
Si va errar, hom també pot afirmar que va saber allunyar-se’n per tal de veure les coses amb perspectiva, i veure-les des de més amunt.

El seu viatge va començar amb la mort del seu únic germà malalt, cercant la ciutat on va entrevistar-se amb Christós i alguns Apòstols.
El seu viatge amb el Profeta i la resta d’apòstols va ensenyar-li el rigor de la Fe, i les exigències d’aquest (transmetre, evolucionar, la vida en comú, etc.).
La mort de Christós va ferir-lo profundament, i el seu dolor va esdevenir feblesa. Va fugir, doncs, dels camins. Aquí rau la diferència amb la resta d’apòstols: tot i que, com ells, transmet la bona nova, els altres ho fan en la continuïtat del que els va ensenyar Christós. Ell, en canvi, predica tot fugint d’un esdeveniment que resplendeix per la seva cruesa.

Insensiblement, la força espiritual va correspondre-li.
Però, un naufragi, va deixar-lo en una illa que havia de captivar-lo en la seva senzillesa de vida.
Thanos mai no va renegar de la seva Fe, ni va fer res en contra seva, ans al contrari: per arreu on passava, va predicar en benefici de l’expansió de l’Església Aristotèlica, amb entusiasme i recolliment
Però tenia necessitava adonar-se’n que predicar no era suficient, que era necessari també anar-hi, anar davant de la resta, donar encara més de si.
Així, l’Altíssim va decidir parar-li una prova.


Gallinaria va ser aquella illa, gairebé desèrtica, que va acollir-lo calorosament durant molts anys, on Thanos, una tarda, va exposar que : “la vida era suau i fàcil, però duia un estancament espiritual si romania tancada a la resta del món”, i que “així mateix el nadó no pot veure sinó llet, però al créixer ha d’aprendre a variar el seus sosteniment i conèixer altres menges.”

Després de molts i molts dies, va arribar a Walla (Laval), després d’haver anat pel camí de la Provença i haver rodejat el Llenguadoc i el Delfinat lionès, va penetrar el Borbonès i va bifurcar-se a Burgundis, predicant fins arribar al Comtat de Champagne i a Lutetia Parisiorum, anant, més endavant, el ducat De Orleans i Turons, fins que va arribar a Maine.

Tot i que immobilitzat, Thanos va saber aleshores que s’havia lliurat del seu “estancament espiritual” des de feia molt de temps...

El seu viatge terrestre va preparar tota la seva vida cap al Sol i, igual que el seu viatge terrestre, no seria definitiu, ni etern.
Va acabar amb un altre Viatge, més determinant, si s’escau; i en el moment de creuar la porta, va haver conclòs la immensitat de la seva prova de Vocació que li havia parat l’Altíssim.”


Historia Eclesiàstica de la França occidental.
Jandul Penq Wabflat, Monjo historiador. Abril MCDLVIII


Traduït pel Reverendíssim Pare Abat Ignius de Muntaner

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MessagePosté le: Ven Nov 23, 2012 7:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

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San Thanos, Apóstol de Christos:

I: La infancia de Thanos:

Thanos fue uno de los numerosos hijos de una familia mediterránea de las que abundaban en el primer siglo en Akko (Acre, rebautizada como Ptolemaida en aquel tiempo) y Tiro.
La ciudad estaba aislada y ocupaba un vasto territorio árido con arbustos diseminados y relativamente lejos del Mar Internum (Mar Mediterráneo). La familia se dedicaba al cultivo de higos, aceitunas y algunos cereales. Completaban la producción las cabras, su leche y los quesos que preparaban a la sombra de grutas excavadas con esfuerzo en este lugar árido.
Aunque las cosechas no eran siempre abundantes la familia no conoció nunca el hambre o la sed. Un pozo muy viejo, que estaba seco en rarísimas ocaciones, permitía saciar la sed de animales y de personas.

Lo exótico de la casa era su palomar, algo raro en aquel lugar. El padre se alegraba porque sus cincos hijos mayores no estaban aislados, en caso de que surgiesen problemas, mientras vigilaban el rebaño en las colinas circundantes. Cada mañana iban acompañados de una paloma.
Estas aves eran de la mejor raza, leales y diligentes.
Un rico mercader de Tiro era quien les regalaba dos parejas cada año, ya que en una ocasión se había caído accidentalmente en una grieta uno de sus preciosos cargamentos y la familia le ayudó a recuperar prácticamente todo. Este suceso ocurrió poco después del nacimiento de Thanos.

La casa de la familia era baja y estaba rodeada por árboles de Judea, a cuya agradable sombra nació el pequeño Thanos en el año VII. Fue el menor de siete hermanos.
Amor y trabajo eran las únicas máximas de esta humilde familia, que permanecía unida en cada amanecer y ocaso del sol que el Omnipotente enviaba.
Estos agricultores amaban la tierra con la humildad y esfuerzo de los recolectores y de los pastores.

Su madre, Ayala, aprendió a leer de pequeña ya que fue criada por los romanos. Este maravilloso conocimiento la preparó para instruir a su esposo, Gamaliel (cuyo nombre significa “Dios ha sido generoso conmigo”) para compartirlo luego con todos sus hijos…Cuando su interés se lo permitía…El penúltimo hermano de Thanos tenía dificutades de comprensión, ya que era diferente. Miraba a su alrededor sin cesar sin acabar de entender nada, así que su hermano menor Thanos se propuso ayudarle apenas pudiese concebir su primer pensamiento, cosa que ocurrió precozmente.

Mientras Ayala cocinaba cada semana panes de trigo o de cebada en el horno de la familia, sonreía viendo a sus dos hijos más jóvenes sentados a la sombra de los árboles de olivo, con Thanos ayudando al otro con paciencia a vestirse o a lavarse, o tocando con su flauta de bambú algunas dulces melodías que encantaban al deficiente.
Este último apenas tenía un año más que él, pero parecía mucho menor. El primero era robusto y proporcionado, el otro enfermo y ligeramente deforme. Thanos también le enseñó a tejer canastas, cosa que logró hacer con gran esfuerzo, es cierto, pero todos los productos de la familia encontraron lugar en los cestos de Thanos y su hermano Guéchèm (que en hebreo significa “lluvia”, lo que significaba una bendición en la región árida donde vivían).

Thanos pasaba horas con este hermano desafortunado a causa de un parto difícil, ya que probablemente había estado impedido para respirar en algún momento durante el nacimiento. Para su hermano pequeño el objetivo de su vida era su curación, lo que lo llevó a escuchar siempre al inocente y a intentar transformar en útil a quien la naturaleza había hecho incapaz. Este hecho lo sensibilizó y aumentó su comprensión hacia la lentitud de ciertos individuos. Lo convenció de la necesidad del derecho a existir de quienes son diferentes.
Pero Thanos, por ahora, disfrutaba de corazón con su hermano Guéchèm. Los caminos del Altísimo son inescrutables.


II: El Vagabundo:

Lo que diferenciaba a Thanos de sus hermanos mayores era su capacidad de localizar en los escritos del Profeta Aristóteles (que toda la familia seguía constantemente y con fervor cada domingo en la aldea vecina) los profundos mensajes que a veces llevaban consigo.
A menudo se sentía como un vagabundo errante a través de estas escrituras, sin embargo, comprendía la fuerza y la coherencia de aquellas palabras.

El fuerte vínculo de afecto entre los dos niños duró mucho tiempo, pero no duró para siempre. Una noche Guéchèm no se despertó más. El dolor inundó de tal modo el corazón de Thanos que estuvo durante tres días después de haberlo sepultado pensando solo en una esquina del establo. El rito fúnebre no tuvo en cuenta sus lágrimas…La vida era tan difícil y tan dura en aquella época que nadie podía evitar la interminable rutina cotidiana. La familia volvió rápidamente a cuidar de los animales, de los árboles y del pequeño viñedo que se extendía a lo largo de una pared de la casa y trepaba alegremente por la torre.
No se trataba de indiferencia sino sólo de necesidad ligada a la supervivencia: La vida es siempre más exigente que la muerte. Thanos permanecía inmóvil y solo, sosteniendo con tristeza en la mano el último pequeño cesto de Guéchèm, incompleto…Sus sabios padres, afligidos también por la pérdida del hijito inocente, lo dejaron tranquilo asegurándose de que comiese y bebiese por lo menos un poco.


- ¡Madre!

Dijo saliendo de su letargo durante la cuarta mañana, con el rostro pálido por el dolor del luto:

- Madre, ¿padre y tú estaríais dispuestos a dejarme viajar? Unos amigos míos tienen que conducir a un rebaño cabras y ovejas más allá de la aldea, para el gran mercado de la Ciudad.

Antes que su madre tuviese tiempo de replicar, no queriendo verse de nuevo despojada de otro de sus hijos, se acercó Gamaliel, su padre, y dijo:


-Esposa mía, es necesario que el sufrimiento se calme. Thanos no puede vivir feliz puesto que echa de menos a su hermano, como el resto de nosotros, pero debes admitir que para él es aún más doloroso. Déjalo ir, Ayala, y prepárale un pequeño hatillo de pan y queso, higos y aceitunas.

Y dirigiéndose al que se había convertido en el más joven de sus hijos dijo:

- Toma una alforja de piel de cabra, Thanos, y llénala con el agua pura de nuestro pozo. Te regalo mi capa, es impermeable y te será útil para cubrirte en las noches frías. Y estas tres palomas, trátalas bien. Las enviarás si te sucede algo excepcional. No te olvides de hablar con ellas cada día para hacerlas felices.

Le entregó al hijo una jaula, donde estarían obligadas a vivir las tres aves preferidas de su padre…
Gamaliel añadió ante todos los hermanos allí reunidos solemnemente:


-Prueba este oro delicioso y pegajoso, pero no te dejes engatusar.

Le hizo comer una cucharada de aquella miel silvestre y casera que se podía encontrar a veces en las grietas de las colinas…
Y dijo:


-Bebe esta sangre que fortalece y refresca, pero ten cuidado de no embriagarte.

Le hizo beber un sorbo de aquel vino oscuro, perfumado de especias y amargo de tierras mediterráneas…
Y todavía dijo:


- Te regalaré una cosa que te alimentó cuando eras un niño que usaba pañales, que te preparé también con otros alimentos y te hizo crecer.

Le ofreció un tazón de leche, blanca y cremosa.
Después de las miradas y los abrazos cariñosos por la circunstancia, le dijo finalmente adios:


-Ahora que cada uno haga aquello que deba hacer.

Así, bendecido por el patriarca de la familia, Thanos cortó un grueso bastón de olivo y dirigió una última mirada a su dulce infancia.
Cogió una rama de un bosque no muy lejano que le recordase para siempre su lugar de origen.
Tuvo un fugaz e irrefutable presentimiento de que no volvería jamás. Sentía que en alguna parte su destino lo estaba buscando.
Anduvo errante mucho antes de lograrlo…
Apenas había cumplido 17 años.


III: El encuentro con Christos:

RECORDATORIO:
La vida de Christos. Memorias de Samoth recolectadas en el 87 después de Christos, revisadas por Trufaldini.

Capítulo 7:

Oh, me acordaré siempre de estos días, amigos míos. Después de haber salido de la basílica, nos encontramos cara a cara con un grupo de curiosos que se increpaban con severidad. Tratamos de retener a Christos pero éste no nos escuchó y se acercó al grupo de pendencieros.

Entendió muy rápidamente la causa del conflicto. Frente a él, un carnero estaba perdido, aterrorizado por gritos que venían de todas partes. A su izquierda se encontraban adeptos de los cultos paganos, su sacerdote a la cabeza armado con un cuchillo largo en la mano. A su derecha había alguna de esas personas decepcionadas por el paganismo y que seguían los preceptos de Aristotéles de un modo menos distante que los primeros. Se habían agrupado para denunciar el sacrificio bárbaro que se preparaba en honor de los dioses falsos. Cada campo gritaba con vehemencia contra el otro.

Entonces, Christos llamó a la calma. El animal aterrorizado avanzó dócilmente hacia él. Christos lo acarició y le dijo que se fuera. El carnero se marchó. Pero el sacerdote pagano se hinchó de rabia contra Christos y se adelantó hacia él, con el cuchillo levantado. Nosotros, Titus, Paulos y yo, pronto estuvimos rodeados por nueve de los decepcionados del paganismo que se colocaban a la derecha e interrumpimos al sacerdote. Pero Christos se adelantó y se puso frente al sacerdote. Este cruzó la mirada con el ser bendito por Dios, le dio la espalda y se fue sin decir una palabra, la muchedumbre de los infieles se llenó de un aire de vergüenza.

Entonces, nosotros, los doce que habíamos elegido defender a Cristos, absortos por lo que acababa de pasar, nos volvimos hacia el hombre misterioso.

Uno de nosotros, alguien a quien todavía no había conocido y que se llamaba Thanos, le dijo:


"¿Pero quién eres tú, que posees la calma y la dulzura que pone de manifiesto la infamia pagana?".

Entonces, Christos le respondió:


"Mi nombre es Christos, hijo de Giosep y de María. La gente que me conoce dice que soy el mesías, porque amo a Dios y a mis semejantes".

Entonces, exclamamos :

"Verdaderamente ninguno de nosotros duda este hecho. Gracias sean dadas al Señor por haberte enviado a nosotros, con el fin de que Su palabra ilumine nuestras vidas y de que la profecía de Aristotéles se materialice".

Y Christos respondió por fin:

"En verdad está muy triste porque tantos hijos de Dios ignoren Su amor. Les envia guías con el fin de que los errores pasados sean borrados. ¿Quereís seguirme y convertiros en apóstoles de la palabra de Dios?".

Los nueve que no conocían a Cristos se miraron, parecían divididos entre la alegría y la angustia. Preguntaron al llamado mesías lo que había que hacer para reunirse.

Capítulo 8:

¡Oh, hijos mios, lo que nos dijo entonces Cristos nos iluminó! Sus palabras quedaron grabadas en mi memoria.

"¡Amigos míos, no os equivoqueis! Los que no viven en la amistad que nos enseñó Aristóteles se quemarán en las mil llamas de la gehena.
Los que ceden demasiado rápido a las tentaciones de los pecados, los que no conocen la virtud, ésos acabarán en el sufrimiento y la soledad del infierno.
Los que ceden a la voz melosa del pecado, los que son seducidos por su discurso, esos irán a acompañarla en las tinieblas.
Los que, por fin, se arreglan sin el amor de Dios y de los Hombres, que se refugian en su unico egoísmo, en el abismo infernal acabaran.
¡Por eso, tened cuidado, hermanos, estad atentos y vigilantes! Porque nadie conoce el día en que las profecías se realizarán. Nadie conoce el día del fin de los tiempos".

Atentamente escuchábamos lo que decía, teniendo el presentimientode que ese día sería decisivo para nuestra vida futura. Y los nueve que se habían ofrecido se quedaban boquiabiertos ante tanta exactitud, delante de aquel hombre.

Christos prosiguió:


"¿Quereís reuniros conmigo? En ese caso tenéis mucho amor en vuestro corazón y me seguiréis, compartiréis un poco vuestro tiempo y vuestros bienes, el tiempo que vosotros podais. En cambio si vosotros elegís dedicaros a guiar a otros sobre la vía de la Iglesia hace falta entonces que estéis dispuesto a darle prioridad. En ese caso os distanciareis de vuestros bienes, de vuestro trabajo, de vuestras herramientas, diréis adios a vuestras familias … Preferiréis la sencillez y la instrucción a los ornamentos ricos y a los bellos adornos. Porque nuestra tarea necesitará sacrificar el bien personal para el bien colectivo y sereís consagrados entre los hijos de Dios".

Y continuó:

"Si vuestra familia no os comprende rezad por ella, porque en ese caso no es sensible al mensaje de Dios.
Si el que os contrata tiene algo en contra de vosotros no tengais nada contra él y rezad por él, porque no es sensible al mensaje de Dios.
Si vuestros amigos os retienen, entonces los arrastrareis con vosotros, con el fin de que descubran también el mensaje de Dios.
La carretera será larga y tortuosa, el camino escarpado, el horizonte lejano, la pendiente fuerte, pero el sol que brilla guiará nuestros pasos. Conoceremos dificultades, disputas, cóleras, pasiones, vacilaciones, pero el amor y la amistad nos unirán y Dios nos acogerá.
Si quereís vivir sólos, razonar sólos, comer sólos, marchar sólos, entonces nada os lo impide, seguid vuestro camino y refugiaos en vuestro propio amor. Pero si alguien os golpea y lo derribaís, entonces nadie os ayudará a poneros de pie.
Si queréis vivir en grupo, en el amor al prójimo y a la multitud, si queréis compartir vuestro pan con vuestro amigos, marchaos con vuestros hermanos, entonces venid a mi y seguidme.
En ese caso, si caéis en el camino, un hermano se parará y os pondrá de pie".

Y nosotros, sus amigos, escuchábamos y asentíamos a Christos. Éramos ahora doce para seguirlo. Las seis mujeres se llamaban Calandra, Adonia, Elena, Kyrena, Ophelia y Uriana. Los seis hombres se llamaban Daju, Thanos, Paulos, Nikolos, Titus y Samoth (el que suscribe).


IV: El aprendizaje:

Durante los años siguientes Thanos siguió a Christos y a sus nuevos hermanos y hermanas, escuchó, observó y así aprendió. Aunque ya conocía el Dogma y a Aristóteles lo integró todo con la fuerza que provenía de las acciones y de las palabras de Christos.
Había disfrutado, aunque sin ser consciente, del amor fraterno, del de los hijos por los padres, del amor hacia un trabajo bien hecho, del amor contemplativo por la Creación del Altísimo, del amor por el Dogma y finalmente y sobre todo, del amor hacia el Omnipotente, junto al amor por Christos. Cuanto más lo conocía más se acercaba a la percepción de la justicia, de la bondad, de la profunda espiritualidad, de la inteligencia y de la sensibilidad de su maestro hacia todos.
Era un Maestro en todo el sentido que esta palabra posee: Grandioso, sabio, benevolente.

Esta vez él era consciente de cuanto había recibido y mostraba su gratitud al Altísimo a través de la oración y el ejemplo. Cada día el espíritu de Thanos se encontraba un poco más en contacto con las enseñanzas de Christos y de aquellas procedentes de la amistad fraterna con los otros apóstoles.

Su espíritu forjaba su forma y brillo, como una hoja de espada que se vuelve brillante después de varios pasos que someten su materia tosca a la fuerza y a la belleza.


V: La primera paloma:

Pero ningún humano alcanza la perfección.
En aquellos días Christos y los apóstoles estaban tranquilos. Las llamas púrpura y el oro del ocaso iluminaban de nuevo una noche joven.
Sobre la ribera del Mediterráneo formaron un círculo cuyo centro estaba alineado con el sol, donde pusieron a dorar tranquilamente un cordero envuelto en hinojo, hierba muy abundante en esta región. El encontrarse reunidos alrededor de una comida no impedía de ningún modo las discusiones y cada tarde una hoguera los mantenía despiertos un rato. A veces, otros caminantes se unían a ellos. Esto habría permitido la invención del fuego de campamento por el indiscutible precursor de los peregrinos, un tal Mcgroar.

Abandonaron el ruido y el caos de Laodicea (Laodiceia, Latakia, Lattaquiè o Latakiyah), antigua ciudad seleúcida, después romana y ahora perteneciente a Judea, donde el lujo y la riqueza alegraba el corazón de los habitantes.
Sobre las laderas de las dulces colinas, hacia el este, el cultivo de la vid hacía crecer la economía de la ciudad y su magnífico puerto, construido de modo admirable, abastecía a muchas otras grandes ciudades e islas importantes.
Los ricos mercaderes se doblaban bajo el peso de adornos de oro y joyas, hacían ostentación de sus vestidos de seda, suaves como una caricia, o de lino, teñidos con colores cálidos y brillantes.
Las casas eran sólidas y bellas, los animales tenían en su mayoría un aspecto rollizo o barrigudo, como raramente se ve en nuestros rediles o establos occidentales.
Sobre los estantes de los negocios reposaban las redes de pesca y las cestas de los recolectores estaban colmadas de un excelente pescado y de frutas y verduras soberbias. Los sacos de cáñamo estaban repletas de especias raras y perfumadas.
Esto no impedía la pobreza. Simplemente esta se escondía fuera de la ciudad.

Thanos:
-Mira, Christos, ¡qué aspecto tan feliz tiene la gente en esta ciudad! ¡Excepto el pobre esclavo, cuyo estatus le ha estallado literalmente en las manos, del mismo modo que lo ha tomado su patrón, por asalto!

Todos se echaron a reír con la broma, porque el hombre gordinflón y furioso se estaba poniendo en ridículo, era cómico y no había nada de que lamentarse: ¡Podía comprarse otro rápidamente!

Christos respondió y su rostro delgado se tornó serio:


- ¡Mira, Thanos, aquellos que viven en las afueras están tristes y sin escudos!

Thanos:- ¡No sé por qué no piden limosnas, considerando que los mercaderes me han ofrecido escudos cuando yo no les había pedido nada!

Christos: -Te han dado esta bolsa llena porque querían oír nuestra historia y las noticias de lugares lejanos durante su comida. Te han comprado con estos escudos de oro que no son nada para ellos. Querían divertirse pero no pensaban en un sermón.
Pero…Debías estar sediento después de haber hablado tantas horas para satisfacerlos… ¿No te han ofrecido de beber?


Christos sonrió…Thanos suspiró ya que lo había descubierto un poco tarde. Aún tenía en él la ingenuidad de la extrema juventud…

Thanos:
- No…Me lanzaron esta bolsa al acabar su comida y me ordenaron que me marchara.

Christos:- Y has venido a unirte a mí para oír mi sermón, que se oye no lejos de la entrada de la ciudad, cerca de las chozas predico a los pobres y los enfermos.

Thanos: - Es cierto, también he notado que ellos estaban más predispuestos a escuchar tu prédica que el de otros que estaban preocupados solamente de su negocio. Y me han ofrecido sus pobres cántaros.

Christos:-Mira, cuando el oro es abundante no estés nunca seguro de poseerlo. Más bien es él el que nos posee.

Y Thanos se acordó de la primera frase que su padre Gamaliel le había susurrado cuando se marchó:

- Prueba este oro delicioso y pegajoso, pero no te dejes engatusar.

Christos le sonrió y Thanos tuvo la certeza de que sabía lo que estaba recordando en ese momento. Entonces Christos le dijo:

- La jaula que llevas contigo con mil atenciones te pesará por mucho tiempo, porque tus tres palomas mensajeras vivirán felices hasta que lleguen a su palomar natal. Así será.

Y Christos se sirvió un trozo de carne de cordero, sin hablar más.
Sin añadir más Thanos se puso de pie y eligió una de las tres palomas, de la cuál retiró dulcemente una pluma de la cola, para luego escribir sobre un pequeño papiro las siguientes palabras:


“Padre, madre, hermanos míos, ahora conozco mi destino, se llama Christos. He probado el oro, lo he adorado y me he distanciado.
Thanos”.


El animal liberado voló de inmediato hacia su lugar de origen.
Al día siguiente Thanos depositó de manera anónima los escudos de oro en las manos vacías de los mendigos que le habían ofrecido de beber.
Él guardó la pluma.


VI: El autor:

Thanos, como sus compañeros, siguieron las enseñanzas dadas por Christos cada día con intercambios de opiniones, el ejemplo, los gestos y las palabras.
Durante su etapa de predicador Christos y sus apóstoles fueron a Galilea, a Judea, a Samaria, a Fenicia.
Descendieron por el río Jordán hasta el Mar Muerto, navegaron hacia las riberas de Antioquía, divisaron una vez a lo lejos el Monte Sinaí…
Pasaron a través de numerosas ciudades y siempre predicaron: Cafarnaúm, Tiberiades, Genesaret, Sicar (Siquem), Magdala, Cesarea de Filipo escalaron el Monte Tabor, volvieron a Nazaret.
Y cada vez Christos iniciaba su discurso así:


- Yo soy Christos de Nazareth, el Mesías, guía y espejo de la divinidad, Dios está en mi. El profeta Aristóteles ha anunciado mi venida para mostraros el camino a seguir para vivir en el amor del Altísimo.

Y Muchos se acercaban, muchos escuchaban y muchos lo entendían.
Finalmente llegaron a Jerusalén y el periplo de Christos se detuvo porque fue condenado y ejecutado en condiciones infrahumanas, según lo dispuesto por el Altísimo.
Durante este viaje, Thanos escuchó, igual que los otros apóstoles a quien habían escuchado, seguido y de quien habían aprendido. Sus cuerpos se volvieron fuertes y flexibles y en sus mentes despertaba ya la espiritualidad y se esculpían la historia y los mensajes divinos.
Ellos se habían transformado durante este viaje, lenta pero inexorablemente, por voluntad del Altísimo y de Christos, de manera que se convirtieron por el bien de la humanidad en maestros de la generosidad con todos los que deseaban una fe frugal, pero no sin exigencias.

Se habían convertido en los futuros autores de la iglesia: Una, Santa, Aristotélica y Apostólica…


VII: La segunda paloma:


¡Ay! Nadie puede detenerse en el pasado que hace al gran pueblo del Creador lo que es hoy…
El libre albedrío tan deseado conduce a los seres humanos, o al menos a menudo los encamina, sobre los intrincados caminos del mal.
Los horrores perpetrados en nombre de valores egoístas y salvajes, omitiendo las referencias a la Criatura Sin Nombre, se reducen a una sola frase: Christos fue ajusticiado, torturado hasta la muerte y crucificado.
Todo el tiempo de su martirio y durante su agonía permaneció confiado a su Padre y soportó con fuerza, inteligencia y carisma todo aquello que debía soportar: Reazab. Su fama todavía crecía más.
Su rostro se iluminaba e irradiaba un color de oro puro a la muchas personas que lo apoyaban con su fe y con devoción a las palabras sagradas.


1)Vida de Christos, capítulo XVI
Memorias de Samoth, recopiladas en el 87 después de Christos.

Clavaron a Christos sobre una gran cruz de madera que, a continuación, levantaron sobre la colina. Y Christos se encontraba allí arriba, dominando al resto de humanos... Como un cordero se había sacrificado sobre el altar del orden establecido porque ponía en entredicho la sociedad de aquellos tiempos y sus falsos valores.


Como todos los otros apóstoles, Thanos se sintió destruido…Se alejó del lugar del suplicio. Llorando en el fondo de su alma, aturdido e incapaz de soportar más, siguió a un admirador de las melopeas y se emborrachó de desesperación. El cielo lanzaba truenos y rayos sobre los paganos.

2)Vida de Christos, Capítulo XVI
Memorias de Samoth, recopiladas en el 87 después de Christos.

Pero después de un momento, la naturaleza se calmó, la lluvia cesó, los relámpagos se detuvieron, los rugidos de los truenos callaron y las nubes desaparecieron sumidas en un rayo de luz, que hizo aumentar el brillo que inundaba ahora la colina.
Entonces vimos aparecer entre los resplandores a una gran nube de ángeles celestiales. Todos descendían del cielo con gracia, volando sobre la colina. Tomaron el cuerpo del Mesías, guía y espejo de la divinidad, y lo elevaron a los cielos, llevándolo para que se uniera al trono de Dios.



3.- Hagiografía del Apostol Tito, traducido por los Hermanos Maisse Arsouye, Nsaymar y Pons de Agoult.

Los apóstoles pronto se separaron. Cada uno eligió una vía con el fin de servir a Christos y extender su mensaje. Poco antes de la separación, él dio a cada apóstol un anillo con una piedra de color púrpura, un rubí, en memoria de su amistad y de su misión. El anillo de Dajú fue entregado a Anacleto, un hombre joven que se hizo amigo de Tito y Samot.


…Thanos se quedó solo y embrutecido por el exceso de vino, profundamente abatido por un dolor más profundo que un pozo artesiano de Tiro, pero finalmente encontró la esperanza y el coraje en la primera mañana del tercer día.
Una náusea repentina lo vació literalmente de su borrachera, que le había impedido moverse tres días.
Temblando y llorando, se levantó con dificultad, pero finalmente se puso en pie. Igualmente su alma se recuperó, elevándose de nuevo.
Un rubí en el dedo brillaba como toda la sangre derramada para la gloria del Altísimo.
Y Thanos recordó la segunda frase que su padre Gamaliel le había susurrado en su partida:

-Bebe esta sangre que fortalece y refresca, pero ten cuidado de no embriagarte.

Tomó su segunda paloma, retiró delicadamente de esta una pluma para escribir sobre un pequeño papiro las siguientes palabras:

"Padre, madre, hermanos míos, conozco otra vez mi destino, se llama amor, fe, peregrinación y oración. He probado el vino, lo he adorado y me he liberado de él. Conservo el color rubí en el dedo.
Thanos".


El animal liberado voló de inmediato hacia su lugar de origen.
Recordando la situación ya vivida a la salida de su pequeña casa natal, abrazó por última vez a sus compañeros y partió hacia el Mar Internum (Mediterráneo), más allá de los confines conocidos.
Tenía 27 años.
Guardó la pluma.


VIII: El Sabio:

La vida diaria se volvía más solitaria, pero no cayó nunca en la pereza porque Thanos predicaba con fervor la buena palabra mientras se acercaba a la orilla del mar y los recuerdos de Christos y de sus antiguos compañeros lo sostenían. Así llegó después de meses a la ciudad portuaria de Biblos, en el paso de Canaán.

Una muchedumbre se agitaba en lo que parecía ser un alegre alboroto, pero todo estaba bien organizado. Los puertos eran inmensos, porque los barcos eran construidos allí.
Muchas personas llegaban a la ciudad del distrito para ayudar en trabajos de carpintería, de tejido de velas de grandes dimensiones, de albañilería. Los supervisores de la obra se ocupaban del mantener el buen orden.
La ciudad, entre otras cosas, exportaba su madera preciosa (Cedro del Líbano) y sus tejidos finamente trabajados, algunas conchas de los alrededores permitían también producir pigmentos, muy preciados en cualquier época. Biblos era dinámica y próspera.

Thanos decidió poner de su parte un poco de dinero para sobrevivir bajo sus nuevas exigencias de formación y con el tiempo se volvió más fuerte. Empleaba su inteligencia para los sermones y a fuerza de alimentarse de leche y fruta había adquirido un buen aspecto. Era contratado cada día con pagas abundantes.
Antes de emprender un largo viaje se matriculó en la universidad local, con el fin de seguir algunos cursos de astronomía, disciplina muy antigua que había experimentado un cierto crecimiento y nuevos desarrollos, cosas que algún día le serían útiles.
Progresó notablemente en la escritura y se equipó de pergaminos de pequeñas dimensiones. También esto un día le sería útil.

Al fin partió y sus paradas fueron numerosas, alternadas con tormentas o buen tiempo, sol o viento. Pasó por la isla de Cyprus (Chipre) y Rodas, haciendo una parada en Xanthos. Luego otro barco lo llevó a Creta Peloponesiaca (Creta) y luego entre la Sicilia y la Esperia (Italia), y finalmente, llegó al Mar Tirreno y se dirigió hacia la Isla de Elba.

Durante toda la navegación, Thanos predicaba una hora cada tarde, cuando el tiempo lo permitía y muchos marineros transmitieron lo que habían aprendido durante aquellos largos meses en el mar en sus puertos de amarre, a su regreso. Pero aún había muchas controversias…

Thanos empleaba el resto de su tiempo en escribir en sus pergaminos, reorganizados en libros, sus itinerarios de oración, sus sermones y las homilías, su vida pasada con Christos y los apóstoles y añadió sus iconografías. Conservó este diario con cuidado y tenacidad.
Fue amado por la tripulación y gracias a sus conocimientos en astronomía prestó un gran servicio siguiendo a la estrella justa. Era profundamente respetado por todos.
El verbo divino navegó a través del agua y las olas espumeantes que lo enviaron hacia poblaciones distantes. Pero un naufragio cambió el curso de su destino cuando estaba reembarcando para la Galia, durante la travesía por el Mar de Liguria, donde por lo general casi todos los días eran tranquilos y soleados. Tenía casi cuarenta años.

IX: La tercera paloma:

Aquella noche las nubes espesas cubrían el cielo agitado por la tempestad, lo que contradecía su buena lectura de las condiciones de navegación. Thanos aún no sabía descifrar su significado para dirigir de la mejor manera posible el barco. Este era atizado peligrosamente por riscos afilados como hojas de afeitar y fue rápidamente golpeado por una ola que lo llevó sobre un pequeño islote saliente que no aparecía sobre el mapa.
Recostado a un lado como un toro muerto y destrozado en el fondo, yacía destripado de modo irreparable, en la ribera bañada por la lluvia y el frío.
Los supervivientes de la tripulación y Thanos sin embargo se pusieron de pie y agradecieron al Altísimo haberles salvado la vida…
Al día siguiente, bajo un cielo más templado aunque muy ventoso, exploraron la pequeña isla. Naufragaron sobre la Isla de las Gaviotas, como les explicaron sus habitantes más tarde.
Gallinara, es una isla situada cerca de la costa de Liguria en la Ribera de Poniente, frente a la ciudad de Albenga.
En efecto, estas grandes aves construían numerosos nidos, sus excrementos eran utilizados para las hogueras y sus huevos eran muy apreciados.
En aquel lugar había una sola aldea y sus habitantes los acogieron bien, se alimentaban y compartían su leche, pescado y pan, frutas suculentas y oscuras, que conservaban cuidadosamente en frascos.
La alimentación no era muy variada ya que los habitantes de la zona poseían muy poco, la isla era tan pequeña que tenía poco trigo y estaba rodeada de tantas rocas puntiagudas y grandes que ninguna embarcación asumía el riesgo de atracar allí.

Los isleños, aproximadamente una veintena de personas de todas las edades, no conocían a Christos y el paganismo era evidente. Adoraban a un ídolo con los rasgos de una cabra, animal que les proporcionaba su leche y el queso, las pieles y la cola. La estatua dominaba cerca de la única fuente hecha de arcilla que había.
Eran inocentes y amigables, tranquilos y sonrientes, un poco curiosos y extremadamente dulces. La vida transcurría sobre ellos como el beso de la crema agria que resbala lentamente sobre una tarta de cebada.
Thanos no tuvo dificultad para enriquecerlos y tampoco para hacerles vivir la realidad de la fe Aristotélica.
Pasaron muchos años y algunos marineros compañeros de Tanos perdieron la esperanza de partir hacia orillas más grandes y más pobladas.
Pero la mayor parte, y Thanos era uno de ellos, se integraron dulce e inexorablemente en la bondad del vivir cotidiano y cedieron ante la infinita tranquilidad de las estaciones y la insólita mansedumbre de sus habitantes…
Predicaba cada día y su fe no disminuía. También había adaptado algunos ritos al lugar y a la pasividad de la gente, introdujo un culto cada semana, que fue más productivo que las consecuencias de una rápida transición de la gente de su viejo ídolo que fue sepultado después de algún tiempo en la profundidad del mar.

Entre la extrema mansedumbre de los habitantes de la aldea y la rutina sin sorpresas de las estaciones, Thanos se embarcó en un destino tranquilo pero inmutable.
Disfrutaba, pero un vacío inconmensurable le roía el interior, porque no se renovaba nunca, ya que solo tenía ante él personas afables y días idénticos. Su vida transcurría sin dolor, pero con poco color: Transmitía la palabra del Altísimo siempre en el mismo lugar, a la misma gente, cosa que no era incompatible con la enseñanza que Christos había ofrecido a los apóstoles, sin embargo era incompleta.

Fue durante una terrible tempestad, en realidad la segunda que había hecho estragos sobre la isla en quince años, cuando Thanos salió de su estado de letargo intelectual.
Los elementos se estaban desatando, el viento rugía, la lluvia golpeaba la tierra con fuerza y la tormenta arreciaba igual que durante su naufragio. Un relámpago cruzó a otro a través del cielo nocturno y atronador y en él se hizo la luz.

Al día siguiente, se hizo construir con las vigas restantes del barco hundido una gran cruz y mandó alzarla sobre la colina más alta de la isla.
Con ella anunciaban desde la lejanía la religión Aristotélica de la isla y señalaban la presencia humana a los barcos de paso. Así ellos encontrarían el motivo y la forma de atracar.

Pasadas algunas mareas y Thanos partió hacia Galia. La isla ya no quedaría nunca más abandonada a su suerte.
Los habitantes de la aldea comerciaron con honestidad ánforas de calidad, ya que conocían el secreto para cocer de la mejor manera su arcilla.

Y Thanos recordó la tercera frase que su padre Gamaliel le había susurrado cuando partió:


- Te regalaré una cosa que te alimentó cuando eras un niño que usaba pañales, que te preparé también con otros alimentos y te hizo crecer.

Tomó su última paloma, de la que retiró con dulzura una pluma del ala para escribir sobre un pequeño papiro las siguientes palabras:

"Padre, madre, hermanos míos, conozco siempre mi destino, y ella se llama Iglesia Aristotélica. He probado la leche, y me he liberado de ella.
Thanos".


El animal liberado voló de inmediato a su lugar de origen.
Thanos no tenía ningún otro medio para comunicar su crecimiento espiritual y físico a la lejana familia…
Se estaba acercando a sus 56 años y pensó que quizás sus padres ya podían haber alcanzado a su hijo Guéchèm.
Conservó la pluma…


X: La muerte de Thanos:

El Viejo, el Sabio, el Buen Apóstol Thanos vivió así tanto tiempo que su barba, después de 5 años o más, tenía el color de la nieve y le caía hasta el centro del pecho. Sus cabellos estaban adelgazando, pero su erudición, su equilibrio y carisma fueron mucho más allá de lo que se podía esperar que ocurriese durante la propia vida.
Se quedó casi ciego, pero todavía podía divisar la dura luz del sol cuando ofrecía a la tierra sus rayos ardientes.
La víspera de su fallecimiento, mirando hacia el sol, aún predicaba el amor de Christos y del Altísimo y difundía cada día con éxito la fe y la amistad Aristotélica.
El paganismo se había retirado por muchas estaciones de su región de adopción al entrar en contacto con él, y el ateísmo se redujo a nada.
Sin embargo, cada día lo acompañaba un grupo de nuevos peregrinos, de pequeños ladrones, de visitantes y vagabundos.

Poco antes de exhalar su último suspiro cerró serenamente su tercer libro. El joven diácono enviado para asistirlo en estos últimos momentos lo repuso tal como le había pedido hacer algunos días antes.
En cada uno de ellos una pluma de paloma marrón-dorada servía de marcapáginas.
El joven diácono, de cuya historia no se ha transmitido el nombre, nos agregó un retrato dibujado por él mismo.
Aunque los pigmentos se decoloraron con el paso del tiempo todavía podemos ver el retrato bien conservado del apóstol.

El sol estaba poniéndose. Los cantos de las aves se detuvieron y el olor discreto de las violetas todavía era perfumado…
Thanos sereno y apretando en las manos con ternura su pequeña ramita de boj, porque nada le había hecho olvidar nunca el calor de su familia, susurró en voz baja:


-Christos, ¡oh! Christos…
Pensaba seguir mi destino, pero he seguido la llamada del Altísimo y mi vocación.
Esta fue mi más libertad más grande sobre la Tierra.


Sus labios se abrieron en una sonrisa estática que devolvía multiplicada por cien veces el amor Aristotélico que después de tantos años se había recogido sobre su rostro bendito, y ahora libre de las trabas de la vida terrenal.
Era el XXVIII de marzo del año LXXXVII.


Reliquias:

Tres plumas y tres libros.

Fiesta:

Hasta ahora ninguna reconocida.

Proverbios:

- Estos son los ritos y los ritmos que nos hacen vivir de la mejor manera.
- La pluma de la cola para avanzar en su camino, la pluma de vuelo para dirigir su recorrido, la pluma del ala para escribir su camino.
- Debemos ganar dinero sin especular.
- Cuando la razón no puede explicar un evento, se habla de magia, de fenómenos desconocidos. Pero nuestros sentidos ya han incorporado lo Divino.








Traducido por Padre Prior Jesús Alfonso Froissart del Camp.
Revisado por Casiopea.



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MessagePosté le: Ven Nov 23, 2012 7:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:


Anexo:

Éste es el recorrido de Thanos y su búsqueda espiritual en compañía de Christos, después Apóstol, aprendiz y finalmente solitario (pero no ascético) y propagador de la Fe Aristotélica.

Podemos decir que este Apóstol recorrió un largo camino, tanto en el plano espiritual como en el físico.
Aunque tuvo momentos de debilidad, podemos afirmar en todo caso que él fue capaz de sacar la fuerza necesaria para ver más allá y más alto.

Su periplo lo inició en solitario inspirado por la muerte de su hermano minusválido, y llegó a la ciudad dónde encontró a Christos y algunos de sus Apóstoles.
Su viaje posterior lo hizo en compañía del Profeta y de los otros Apóstoles y le permitió aprender el rigor de la fe y sus exigencias (la transmisión de las enseñanzas, la necesidad de cambiar radicalmente, la vida basada en el compartir …).
La muerte de Christos lo sacudió profundamente y su dolor se transformó en debilidad del espíritu. Luego él abandonó la escena.
Esta es la diferencia entre él y los otros Apóstoles: Thanos continúa como ellos la transmisión de la Buena Nueva, pero los otros lo hicieron en continuidad con aquello que habían aprendido de Christos.
Thanos predicaba, pero para huir de un acontecimiento que lo aterrorizó por su alto grado de barbarie.

Imperceptiblemente, la fuerza espiritual volvió a él.
Pero un naufragio lo arrojó a una isla que lo habría atrapado en la dulzura de su vida cotidiana.
Thanos nunca renegó de la fe, no hizo nada en contra de ella, al contrario, por cada lugar que pasó, predicó con fervor y devoción obteniendo grandes resultados para la difusión de la Iglesia Aristotélica sobre toda la Tierra.
Pero necesitaba comprender que los sermones no eran suficientes en sí mismos y que debía ir más allá, ir delante de otros, darse con más generosidad.
Así el Altísimo decidió hacerle afrontar esta prueba.

Gallinara fue aquella isla casi desierta donde Thanos fue calurosamente recibido y alojado durante muchos años, durante los cuales el Apóstol descubrió poco a poco que allí la vida era dulce y fácil, pero esto amenazaba con llevar al entumecimiento del espíritu si se conformaba con vivir aislado del resto del mundo y que tampoco los niños pueden beber sólo leche, deben aprender a variar lo que los sustenta y a conocer diversos alimentos.

Fue después de días y días de viaje cuando llegó finalmente a Walla (Laval) tras un largo camino que lo había llevado a caminar por las calles de la Provenza y a lo largo y ancho de Languedoc y en el Delfinado Lionés, con un breve episodio en Borbonés-Auvernia, una vuelta en Borgoña, un sermón hasta en Champaña y en Lutecia, una visita a las tierras de Orleans y un paseo por Turons y llegó finalmente, por fuerza del destino, a Maine. Estaba decidido a quedarse, pero Thanos se había liberado de su entumecimiento espiritual de larga evolución…
Durante toda su vida dirigió su camino terrenal hacia el Sol, y así como todos los viajes terrenales, no fue ni definitivo, ni para siempre. Eso encontrará cumplimiento en otro viaje, más importante para su destino celestial y en el momento de abrir la puerta Thanos comprendió la inmensidad del Regalo de la Vocación que el Altísimo le ofreció.





Traducido por Padre Prior Jesús Alfonso Froissart del Camp.
Revisado por Casiopea.



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