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Hagiographie de Saint Théodule

 
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dariush
Cardinal
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MessagePosté le: Jeu Mar 17, 2011 11:13 am    Sujet du message: Hagiographie de Saint Théodule Répondre en citant



Citation:
Théodule


Sa Naissance :

Théodule naquit dans les premières décennies du quatrième siècle, bien avant les grandes invasions Vandales puis des innombrables attaques Wisigoths du Vème siècle. On ne connaît pas la date exacte de sa naissance, peu de registres référentiels existant jadis, ou s’étant irrémédiablement perdus.
Il fut élevé dans la foi et la piété Aristotélicienne dès son enfance, louant Christos et le Très-Haut, dans la campagne environnante d’Alais (Alès à notre époque) village édifié dans une boucle du Gardon, dans une plaine située au pied des Cévennes, à une petite dizaine de lieues au Nord-Ouest de Nîmes.

Ses parents :
Comme il arrive parfois des hasards considérés par les Humains comme étant « extra-ordinaire », (en réalité des évènements commandités par Le Très-Haut) ses parents se rencontrèrent sur le même lieu qui plus tard, verrait s’endormir un certain Célestin, au prénom déjà révélateur de la Présence Céleste.
Un aigle se posa près d’eux, il venait d’un pays du nord-ouest de l'Afrique, de la région de Maghreb el-Aqça, nommée de nos jours « Mérinides » (Maroc.)
L’oiseau avait sans interruption volé haut et longtemps.
Il déféqua un noyau d’olive, indigeste, dont il avait assimilé la pulpe, différent des autres noyaux d’olives du voisinage.
Se souvenant de l’importance de l’Aquila dans les représentations symboliques sculptées dans les églises, les parents de Théodule plantèrent respectueusement le noyau qu’il avait rejeté en haut de la plaine d’Alais.
… Ils ne savaient évidemment pas que l’olivier d’Ouazzane vit plusieurs siècles sans dépérir…

Sa jeunesse :

Un peu plus tard, le Petit Théodule sema quelques plants de cucurbitacées autour de l’arbre, pour en faire condiments ou l’accorder avec des herbes sauvages et le fromage frais de leurs chèvres, que ses proches dégustaient avec plaisir.
(Nos têtes couronnées en raffolent depuis peu, mais depuis plusieurs millénaires les cornichons sont connus -et fort prisés, des Égyptiens, des Grecs et de pas mal d’Italiens.)
Contre toute attente, ils s’implantèrent bien.
Grâce à cela, sans être dans l’opulence, la famille ne manquait de rien, et si beaucoup de temps était consacré au travail et à l’étude, Le Petit Théodule en avait de reste pour prier et recevoir les enseignements complémentaires de l’époque, bercé par le doux chant du Gardon.
Il grandit donc dans la Foi et l’érudition, connaissant en plus tout ou presque sur la culture des cucurbitacées de cette ère.
Il passait avec constance et ténacité, porté par sa Ferveur et par une joie profonde, beaucoup de son énergie et de moments à transmettre la Bonne Parole, et cela dès qu’il sut s’exprimer.

Cultures :

… Comme toutes les cucurbitacées, les cornichons poussent mieux dans un sol riche en humus.
Pour remédier à cela, chaque année, et dès qu’il fût en âge, le jeune homme importait de la sphaigne pour son sol argilo-calcaire, comblé de cailloux concassés : cette espèce de mousse, très spongieuse, (une spécificité des tourbières et zones humides du Haut Languedoc), morte mais maintenue humide, protégeait parfaitement du vent d’Autan, vigoureux et asséchant, les cultures de cornichons.
Celles-ci s’implantèrent de plus en plus solidement dans ce coin du Languedoc.
Ce furent ces premiers déplacements, durant lesquels il peaufina l’art d’écrire et son étude du Dogme, tout en améliorant encore ses plantations. Il prit alors conscience du pouvoir et de la force du prêche et de l’Aristotélisation.
Il combattait en tout lieu le manque de piété et l’acédie par son exemple, toujours penché sur un plant ou à l’oreille d’un camarade en manque de foi ou de vertu, dans la peine ou bien malade, mais s’approchait avec la même affabilité et autant de calme des Violents et des païens, qu’il tentait, avec plus ou moins de succès mais toujours avec ténacité, de remettre sereinement dans le chemin de la vertu.
Il prit quelques cours de stratégie militaire auprès de la soldatesque de son village, à la suite de plusieurs envahissements auquel le village dut faire face de nombreuses années d’affilée.
C’est par la suite qu’il se rendit compte que Le Très-Haut le préparait alors à son avenir.
Celui-Ci, en vertu de ses dons pour la vie spirituelle l’appela enfin au sacerdoce.
Théodule confia ses plantations de Cucumis Sativus aux villageois, car on ne lui connaissait ni frère ni sœurs, et ses parents avaient déjà rejoint le Soleil.


Son sacerdoce :
Devenu prêtre d'Alais vers 339, comme en atteste certain registre archivé, il fut le premier curé de cette ville véritablement connu.
Sous son ministère et par son influence bénéfique, les rites païens disparurent et les mœurs barbares et superstitieuses des habitants du lieu changèrent pour faire place à une vie aristotélicienne plus conforme au Livre des Vertus.
Le prêtre ne fut pas seulement curé d'Alais, il fut aussi un missionnaire pour tout le Languedoc. Rien ne l’arrêtait dans sa mission sacrée de propagation de la foi.
On faisait même mention de son nom dans la crypte de l'archevêché de Narbonne.
Mais sa vie fut surtout marquée par un évènement qu’il ne sut expliquer autrement que par la confiance qu’il avait envers Le Très-Haut et la puissance de l’amour qu’Il confère à Ses Enfants.
Bien des siècles plus tard, cet épisode eut des retombées Célestes sur toute la région…
Ce fut ce que l’on nomma pieusement par la suite : Le Miracle d’Alais.

Le Miracle d’Alais :
Parmi les habitants de son village, certains devenaient prospecteurs aurifères dans les rivières du Languedoc, riches aussi en plomb argentifère et en fer.
Lors d’un de ses périples languedocien, il découvrit un groupe de ces personnes qu’il amena à l’Aristotélicisme, après bien des jours et des échanges.
Ceux-ci le remercièrent par la suite en lui faisant porter quelques pépites de minerai précieux.
Il les tenait toujours dans une poche de son mantel, pour se souvenir de ces entretiens avec ceux qui avec le temps étaient devenus des amis.
Un soir qu’il se reposait au pied de l’Olivier, devenu plus grand, le Cers, un vent violent froid et humide venant de l’ouest, se leva. Des nuées moutonnaient à l’horizon, sombres et denses, et le comportement parfois violent du climat pouvait laisser présager quelques montées des eaux en cas de gros orage.
Oubliant son mantel déposé un peu plus tôt près d’un plant de cornichons, il courut s’abriter dans une anfractuosité naturelle pierreuse, sachant que l’unique arbre serait sans doute piqué par la foudre si elle tombait.
L’olivier s’embrasa…

Théodule revint plus tard, la pluie diluvienne avait éteint rapidement le brasier qui avait empourpré la colline un peu plus tôt. Mais il ne restait rien de son mantel, consumé.
Il observa l’olivier, qui avait peu souffert. Baissant les yeux, il tomba à genoux devant un objet brillant et incroyable : à sa grande surprise, les pépites avaient entièrement fondu, et ciselé en le recouvrant intégralement un petit cornichon enfermé hermétiquement et pour toujours dans sa gangue minérale. Les nuances argentées ou dorées marbraient l'objet avec beauté.
Il ne doutait pas de la Main Divine qui avait travaillé à la manière d’un grand orfèvre le fruit devenu imputrescible : dans sa prescience et quelque sagesse, il pensa que Le Très-Haut avait une vue particulière sur un tel ouvrage et décida de le protéger jusqu’à sa mort.
Il comprenait l’importance parfois d’illustrer Le Dogme localement par un symbole régional.
Il le porterait dorénavant en pendentif discrètement sous sa toge.


Son combat contre les hérétiques et ses premiers miracles :

Bien plus tard, une autre hérésie menaça le Languedoc. Un ancien moine ayant quitté son monastère commença à prêcher une morale relâchée. Des hérétiques se mirent à son service et entreprirent de faire trépasser tous ceux qui ne pensaient pas comme eux.
Théodule organisa une résistance active contre ces colonnes infernales d'hommes barbares qui brûlaient tout ce qui représentait l'Église Aristotélicienne.
Théodule fut un chef militaire remarquable, commandant les armées de fidèles et repoussant l'hérésie jusqu'en Provence. Une grande bataille sur le Gardon rassembla plus de cinq mille hommes : elle fut marquée par un certain nombre de miracles où Théodule guérit par imposition de son pendentif beaucoup de blessures sanguinolentes.
Les armées aristotéliciennes tracèrent alors sur leurs boucliers et leurs drapeaux un cornichon et l'initiale T.
Lorsque l'on crut que la terreur était passée, Théodule tomba dans un piège bassement fomenté pour lui faire payer sa gloire à vaincre les hérétiques.

Son martyr :
Il fut amené jusqu'à Alais où les hérétiques l'enfermèrent dans son église et sa résistance dura plus de deux cents jours.
Théodule fut enfermé avec deux cents autres villageois, choisis pour leur piété.
Les hérétiques y mirent le feu. Cachés on ne sait où, (peut-être une crypte secrète?) trente trois paroissiens furent sauvés.
Théodule était parmi eux.
On relâcha enfin les survivants, hormis Théodule, toujours prisonnier, qui fut conduit sur la place du marché d'Alais pour être jugé sommairement.
La commandante des armées hérétiques en mission à Alais, Jeanne Cauchonne, le fit condamner à la question.
Théodule ne blêmit pas, ne renonça pas à sa Foi.

Aussi il fut décidé de l'empoisonner :
Par pur perversité, on lui fit boire une décoction de jus de cornichon mêlé d'arsenic . Mais au moment où Jeanne Cauchonne lança :

« - Tu es né grâce au cornichon, tu succomberas par lui ! »


Une pluie de grêlons s'abattit sur Alais. Chacun se réfugia où il put. Théodule fût sauvé, une nouvelle fois.
Furieux, les hérétiques voulurent continuer son martyr de plus belle : on voulut lui couper la langue et les poignets. Les couteaux se brisèrent.
De guerre lasse, on l'attacha à un tronc d'arbre que l'on fit tourner dans le Gardon.
Cette fois, Le Très-Haut avait sans nul doute décidé de le recevoir en Son Sein :Théodule mourut noyé un jour de mars 389. Sa fin avait duré cinq horribles heures.
Les deux troncs (arbre et corps) furent stoppés par une dénivellation d’un petit méandre du Gardon, alors des cavaliers sans foi et sans cœur les embrochèrent mutuellement, pour » faire exemple ».
Le lendemain matin rien ne subsistait de cette barbarie : le Gardon avait tout recouvert de ses eaux rivages et maisons alentours : une inondation comme il s’en produit encore aujourd’hui parfois avait maîtrisé toute colère humaine et lavé toute trace sanglante du martyr.
Débarrassé par les eaux du tronc d'arbre, Théodule reposait dans la crypte de l'église d'Alais, là où le Gardon l'avait amené en démantelant des lourds vantaux de l'entrée de la demeure Du Très-Haut, recouvrant l'endroit même où il avait enfoui son pendentif lors de son emprisonnement.

Chacun put y voir l'œuvre et de désir Du Très-Haut : il avait toujours été un exemple de foi et de rectitude toute sa vie, il avait prouvé que la défense du Dogme par l'épée, malheureusement nécessaire, n'ôtait en rien, sous certaines conditions, au respect de non violence et d'amitié de l'Aristotélisme.

Son pèlerinage :
La tradition rapporte que beaucoup d’habitants du lieu vinrent apporter une pierre pour la construction d'un tombeau. Théodule reposa auprès des premiers habitants d'Alais, jusqu'à ce que des hérétiques vident l'ensemble de la Sainte Crypte plusieurs siècles après son trépas.
Le lieu fut l'objet de nombreux pèlerinages venant de toutes les parties de la Gaule. Le Bienheureux Pierre-Morgan de Lusignan, premier archevêque de Narbonne installa plus tard une icône de la relique qui était devenue celle du martyr, un cornichon, (celui-là même que la foudre avait sculpté du temps de Théodule, dont la description avait défié les temps, et retrouvé par Célestin) dans l'église d'Alais.
C'est à présent la Relique elle-même qui fait toujours la fierté d'Alais et de tout le Languedoc, car elle est le symbole de la résistance et de la Foi.

Prière à Théodule :
O, Théodule, ami du miracle et de la résistance.
O toi, fraicheur envoyée par Le Tout-Puissant.
Garde nous de l'hérésie et donne-nous la force de combattre.

La relique :
Un cornichon d'or porté en sautoir par le martyr retrouvé par Célestin.


Dictons populaires :
Cornichon, si je te dore, je t’adore.
Courageux comme Théodule !
Si tu ne vas pas à Théodule, Théodule te trouvera.
Aide-toi et le cornichon poussera.



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Livre des vertus, Annexe ?



Célestin, l’Humble parmi les humbles :



...Le temps fit un grand pas, L’histoire avança…

Celestin vit près d'Alais, en Languedoc, à notre époque.
Son patois et son accent ne diffèrent en rien de celui de ses « co-régionnaires. »
C’est un simple paysan aimant Le Très-Haut avec confiance et joie simple, écoutant sans se lasser l’histoire, les actes et pensées de Christos et d’Aristote narrées très souvent lors des veillées villageoises par les Religieux Aristotéliciens.
À notre époque, entre landes et forêts, les oliviers et la vigne foisonnent sur presque toute la région. Les ceps plus ou moins taillés s’étalent en majorité dans le Languedoc, de Nice à à Anduze, où du reste la première Viguerie Royale avait vu le jour il a déjà bien longtemps.
Contrairement au restant des habitants de sa province, qui produisent le vin de Saint-Chignant depuis des siècles, ou procèdent à l’artisanat de verreries, Célestin doit s’occuper à lui seul d’une grande surface de terre réservée aux cucurbitacées. Il s’agit d’une variété rustique et très ancienne de cornichon, le Gherkin, (prononcez gueurquin) dont la taille naturelle atteint quelques centimètres seulement.
Celui-ci est communément confit dans du vin aigre ou consommé cru et frais, mais les plus gros savent se montrer délicieux également chauds, fricassés dans de l’huile d’olive.
Les Alaisiens en font une forte consommation, car il est léger à transporter, solide et rafraichissant.
Notre Célestin, peu enclin à la discussion, et il faut le dire, guère éveillé aux mots, arts, et manières érudites, aime Le Très-Haut, ses semblables et la terre de toutes ses forces, et, comme tout bon paysan appréciant son travail et ses cultures, il est très observateur : n’était-ce point lui qui avait découvert un jour que la liane rampante pouvait aussi bien s’élever vers les cieux pour devenir grimpante à son avantage?
Plus de moisissures provoquées par l’arrosage au sol lorsque par quatre branches reliées à leur sommet vous les voyez écheler vaillamment ! De plus cela permet une économie de mouvement satisfaisante et une récolte propre !
Le jeune homme, frustre mais au cœur d’or, avait su améliorer cette bonne manne pour le bien de tous.
Il y avait si longtemps que cet endroit voyait pousser des cornichons!
Depuis un certain Théodule, bien connu de tous ici.
Aussi les habitants du village l’ont-ils en toute confiance nommé Grand Responsable des cornichons puis Conseiller dans la Culture de Cucurbitacées. Au moment où je vous parle, il reste très ami avec Pierroléon et quantité d'autres gens. ( il a même été élu un moment Maire d’Alais.)

Les cucurbitacées étaient connues depuis plus de trois mille ans, et chacun savait entre autre que ce légume préservait de certaines maladies liées aux fonctions du cœur et aux inconvénients de la vieillesse…
Les jeunes femmes Alaisiennes n'avaient-elles point pris pour habitude, aux lendemains de leurs épousailles, d'en poser délicatement quelques tranches fraîches sur leurs visages pour préserver la tonicité de leur teint?

Au pied d’un arbre noueux et millénaire, notre Célestin méditait sur l’avenir du monde, observant les rameaux puissants dont les drupes noires sont pressées pour apporter d'incommensurables bienfaits.
Il pensait aussi à ses cucurbitacées.
Ce qui l’endormait parfois.
Bien qu’il fut en charge de champs, il s’était assis un moment, puis le sommeil l’avait prit tout entier, la chaleur et la fatigue étant fortes dans cette partie du Haut Languedoc en cette saison estivale.
Peut-être avait-il aussi ce jour là bu de son petit rouge plus que la sagesse ne l’aurait voulu : cela lui arrivait parfois, la modération n’étant pas une vertu toujours suivie.

Notre CCC avait sous ses ordres quelques jouvenceaux et jouvencelles à qui, à défaut de latin, il enseignait les astuces et les obligations de la culture du cornichon. Il savait qu’il pouvait leur faire confiance, et qu’ils continueraient tous de bien recouvrir les fleurs et bulbes naissants des plants de leurs propres feuilles, larges et épaisses, pour protéger les futurs légumes-fruits d’un soleil ardent.
Un ronronnement régulier avertissait quiconque aurait passé dans cet endroit désertique parsemé de lianes velues aux multiples bulbes renflés et longitudinaux qu’un homme rêvassait...
Avant de sombrer dans les limbes salvatrices du sommeil, entre les branches du vieil olivier qui bruissait doucement, tout là-haut dans l’azur, il entrevit le vol d’un aigle royal, (reconnaissable à ses ailes bien particulières) semblant crever le ciel et venir de nulle part -ou du moins de loin ! Et surgir tout de noir vêtu.
Majestueux, il passa au dessus de Célestin., puis se posa non loin du dormeur.
Rêve ou réalité ? Hallucination due à la chaleur ou à l’alcool ?
Toujours est-il qu’il entendit distinctement une voix gutturale retentir, la traduction qu’en donna Célestin au Père Pierroléon ensuite donnant ceci ou à peu près :

« - Célestin ! Célestin ! Célestin ! (avé l'assent...)
Arrête de regarder dans tous les sens, je suis là. Et mouche ton nez tu ronfles ! Je viens te confier un message et faire de toi l’Annonciateur de l’Alliance que Le Très-Haut veut établir avec les Alaisiens.
Je parle en Son Nom, Sa perfection m'ayant donné même langage que le tien!

Tu te demandes sûrement pourquoi tu es choisi, toi. D’abord parce que tu es le premier qui m’est tombé sous la main. Puis car j’ai pour commande de prendre un gars bien paysan. Ensuite parce que j’adore tes rouflaquettes , oui! Tes pattes de cheveux descendant sur les joues!
Je trouve ça très viril ! Enfin et surtout, je sais parler comme tu causes, ce me sera plus facile, et pour toi aussi : la traduction sera simultanée.
Célestin, arrête de glousser, je ne suis pas venu uniquement pour te complimenter sur ta pilosité faciale… »


L’aigle glatit, un cri bref et perçant. Puis l’énorme volatile sembla soupirer longuement.

« - Célestin, tu n’es pas sans savoir que les Alaisiens ne sont pas très portés sur la Foi et ça, ça vexe un peu… Alors, je dois donner quelques coups de pouce, enfin d’ailes, pour aider à convaincre. Tu as pour mission de retrouver et d’exposer au grand jour une relique qui repose ici, en terre Alaisienne. Il y a maintenant plusieurs siècles, Saint Théodule était dans le coin, non pas simplement pour faire un pique-nique, mais bien pour y installer la Foi Aristotélicienne.
Bon il a été torturé, une sombre histoire vois-tu… De temps en temps faut malheureusement un Martyr.
Bref, toujours est-il que la totalité des biens qu’il a enfoui ici se résume à un cornichon, et pas bien gros encore. Le dit cucurbitacée a cela de sacré qu’il a été imprégné de la Foi galopante du Saint en pleine Extase. Du coup, c’est une relique…
Pose pas de questions, c’est comme ça et pas autrement, je fais avec ce qu’on me donne !


Du coup, tu retrouves le cornichon. Il est enterré dans l’église d’Alais, là-bas, retrouve tes esprits… Je sais que tu y vas prier. Dans l' ancienne ... crypte!

Pour t’aider à trouver, c’est pas dur, un halo de lumière se formera sur les dalles de ce tombeau et gagnera en intensité quand tu t’en approcheras. Si tu ne vois pas bien, je te filerai un coup de trompette, c’est mon cri, alors je sais faire ! Comme ça tu entendras aussi.

Voilà, le Cornichon de Saint Théodule devra être présenté aux Alaisiens et devenir le symbole de l’évolution religieuse Aristotélicienne à Alais. Il éclairera de temps à autres quelque Âme spirituellement avancée pour affermir la foi de ces gros benêts de languedociens.

Je te confie la mission de faire triompher l’Aristotélisme !
Soyons clair : à la base, j’ai rien contre les cathares, phookaïstes et autres. Ils ont un peu la croyance qu’ils veulent, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Mais ce qui m’exaspère, c’est de les entendre toujours pleurnicher comme des demoiselles. « Gnagnagna, respectez ma croyance, gnagnagna le Languedoc est terre de tolérance, gnagnagna ne me brûlez pas ». J’en ai les oreilles qui bourdonnent ! Entre les pères-la-pudeur qui embaument l’encens et les pleureuses « hérétiques », je commence à en avoir marre !


L'aigle eut un ricanement, et lui susurra, l'œil coquin :

Quand je traînais mes guêtres, enfin mes pattes, en Grèce, on avait des p’tites déesses à plume, des hécatombes de larves succulentes… Et puis les raids à quelques mâles lors de soirées chaudes et fiévreuses sur des femelles pas farouches… En ce temps là, on savait s’amuser."

Un long soupir nostalgique agite ses plumes ; le vent fait frémir les feuilles du vieil olivier.

"- Tu m’as compris, je veux qu’Alais se débarrasse de tous cas casse-pieds. Débrouille toi comme tu veux mais Alais devra rester vierge de tout courant religieux déviant et/ou « cafardogène ».
Mais attention ! T’as intérêt à te remuer ! Si j’en vois un qui s’approche du Cornichon Sacré pour le honnir, c’est pluie de souffre et de feu pour tout le monde, compris ? La foudre s’abattra sur les lieux ! Elle a déjà fait dans le passé, à des fins plus constructives.

Célestin, tu dors encore ! Finis ta sieste ! Et si je te gonfle, dis-le tout de suite !

Bon… Puisque tu es le Messager, je vais te filer une ou deux commissions pour les Alaisiens, je sens que le Dogme Aristotélicien part un peu en vrille de cornichon dans le coin…
Je sais que vous n’êtes pas « fufutte » et, vrai, vous partez de loin mais je vous demande de respecter UNE de mes valeurs, UNE SEULE, et je vous foutrai la paix : la Foi !
Ça vous donnera l’abnégation à la cause de la cité. »


Devant l’incompréhension évidente qui se lit sur le grand front un peu niais de Célestin, la voix volatile s’énerve un peu.

« - Mais fais un effort ! Je vais te repasser le message avec des mots simples : je veux une vie sociale dynamique, je veux que vous vous entraidiez, je veux que vous communiquiez dans une bonne ambiance, je veux que vous vous souteniez les uns les autres et que vous restiez unis pour la progression de tous, et surtout que vous vous réunissiez chaque semaine dans l’église.

Voila, c’est le sens de notre Alliance ! Va porter ce Message et n’en oublie pas en route. Ah, j’oubliais, occupe-toi un peu plus de ta femme, Acrébonsouèr ! C’est quoi ces manières ?

Bon, je te laisse mais fais gaffe, j’surveille. »


L’Aquila glatit, puis siffla étrangement.

Il se tut enfin.
Célestin s’éveilla, curieusement abasourdi.
L’aigle noir l’attendait déjà sur le parvis de l’église…
Il chercha, suivit les glapissements de l'oiseau et les éclairs de soleil, et trouva : le pendentif scintillant de mille feux était posé sur les souvenirs de Théodule, bien conservés à l'abri de la lumière.


...........................................................................................................................

Ajout :
L’origine de cette traduction a pour nom Pierroléon, résident à Alais. Sans lui rien n’aurait été possible, car il a retrouvé les origines de l’histoire de Saint Théodule par le biais de Célestin, dont on a retrouvé les textes.

Tous ont travaillé dur pour obtenir cet écrit.
Cet éclair qui foudroya Théodule un soir d’orage leur transmit par delà le Temps la Connaissance, et les éclaira, pour rendre à ce texte sa limpidité originelle.

Père Pierroléon, Scriptorium, Feuilllle.

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