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[Bibliothèque de l'archidiacre] Audience de la Mirandole
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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Mer Aoû 13, 2014 11:58 am    Sujet du message: [Bibliothèque de l'archidiacre] Audience de la Mirandole Répondre en citant

« - Mais quelle imbécile ! Elle ne mérite pas notre travail. Qu'elle aille quémander sa pénitence au Sans-Nom cette fois-ci ! »

Décachetant la dépêche lui notifiant la prise de la cathèdre de Nevers par l'armée commandée par Angelyque et l'instauration de l'excommuniée Verty dans la cathédrale, l'Azayes d'ordinaire d'apparence plutôt calme ne put contenir sa colère. L'assiette de son petit-déjeuner fut renversée sous les yeux médusés de son majordome. L'aveugle vitupéra plusieurs minutes, maudissant la Mirandole et sa mémoire, menaçant de rendre sa barrette et de se faire défroquer. Il ordonna ensuite sèchement qu'on l'accompagne dans sa chapelle privée. Là, il s'agenouilla et il pria.

Ce n'est qu'une heure plus tard qu'il se redressa enfin dans un craquement de vertèbres douloureux. Il leva les yeux vers le ciel et aperçut une lumière blanche mais douce. Une profonde inspiration fut suivie d'un immense soupir.


« - Ce qui rend l'Église si forte, c'est le pardon. Ce qui rend Dieu si beau, c'est Son amour. »

Une heure de prières intenses avait été nécessaire pour calmer l'Azayes bouillonnant. Il se signa et se rendit dans son bureau. Il y dicta une lettre qui allait être proposée, débattue et amendée par la curie puis par le collège des évêques. Quelques jours plus tard, elle paraissait enfin :

Citation:




    « Que votre fidélité soit celle des enfants envers leurs parents ou je serai aussi sévère que les parents envers leurs enfants. »
    I-1-VIII-7



    Au nom de la sainte curie romaine,
    Au nom de l'assemblée des évêques de France,
    Nous, SE Arnault d'Azayes, Grand-Inquisiteur et premier vice-primat de France,



      Condamnons avec la plus grande fermeté la prise de la cathédrale de Nevers par l'armée Bovem Demens IV ;

      Constatons qu'Angelyque de la Mirandole, déjà excommuniée, est désormais apostat, jetons l'opprobre sur cette femme coupable d'un acte d'une gravité dont elle ne mesure peut-être pas les conséquences ;

      Indiquons que la prétendue évêque de Nevers Verty est excommuniée par la volonté du pape ; tous les sacrements par elle administrés sont de facto illégitimes, illicites et infructueux ;

      Rappelons que Nevers dispose d'une évêque légitime, Lladrane de Hasselt, qui reste la seule évêque pouvant administrer les sacrements de manière licite, légale et fructueuse ;

      Appelons tous les fidèles aristotéliciens à se détourner de l'excommuniée usurpatrice Verty et à ne collaborer avec elle en aucune manière ;

      Exhortons les autorités bourguignonnes à reconsidérer l'utilité et la sagesse de l'instauration d'une excommuniée sur un trône épiscopal ;

      Restons à disposition de tout un chacun pour toute question ou souhait de médiation.


    En foi de quoi, afin que ce soit chose stable et ferme à toujours, nous avons fait mettre et apposer notre sceau à cette présente annonce par nous faite et passée et donnée à Rome le treizième jour du mois d'août de l'an d'Horace MCDLXII, sous le pontificat de SS Innocent VIII.
---------------------------------

Derechef, l'Azayes dicta une lettre plus courte qu'il scella de cire rouge :

Citation:




    De par le cardinal grand-inquisiteur.


      Votre Seigneurie,

      Je souhaiterais vous entendre personnellement au sujet de l'instauration de l'excommuniée Verty sur le trône épiscopal de Nevers par une armée que vous commandez. Je vous prie de partir pour Rome au plus tôt et de demander audience dans la bibliothèque de l'archidiacre.



    Rome, XIII8MCDLXII
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angelyque



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MessagePosté le: Mer Aoû 13, 2014 1:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Veuillez annoncer sa Seigneurie Angelyque de la Mirandole-Montestier je vous prie. Je suis attendue par Son Eminence Arnault d'Azayes.

La Mirandole n'avait pas tardé à se rendre à Rome sitôt après avoir pris connaissance de l'annonce et de la missive du cardinal qui la convoquait. Des "oh la la " avaient jailli dans les différentes pièces du château tandis qu'elle cherchait Crezus pour lui annoncer qu'elle partait pour Rome.

Votre Grâce, je dois me rendre à Rome. Je ne sais trop pourquoi mais son Eminence a l'air furieux. C'est terrible! Je vais tâcher de le calmer et je reviens au plus vite. Soyez sage.

Sans plus attendre, elle s'était préparée rapidement, parfumée, et avait pris soin de remplir un panier empli de choses qui adouciraient peut être l'humeur de l'Azayes qu' elle devinait un poil chagrine au vu du ton employé.

Devant la porte du bureau, elle patienta, le coeur battant, appréhendant la rencontre avec l'inquisiteur.

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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Lun Aoû 18, 2014 10:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La Mirandole eut tôt fait d'être introduite par un garde qui, conformément aux instructions, se plaça dos à la porte de la bibliothèque afin d'empêcher quiconque d'entrer et de subvenir aux besoins de son maître. Ledit maître, entendant l'excommuniée entrer, tendit d'un geste brusque son anneau cardinalice à l'impétrante. S'ensuivit un long silence que vint briser la voix implacable de l'aveugle :

« - Asseyez-vous. »

Il s'était promis de ne pas dévoiler son ébullition intérieure et cherchait comment débuter la conversation autrement qu'en invectivant la Mirandole. En vain. Il dit donc, en prenant soin de détacher les syllabes afin de ne pas se laisser emporter :

« - J'aurais dû prendre plus garde au soleil romain qui a tapé sur votre crâne durant votre procès place d'Aristote. Il vous a fait perdre ce que j'ai pu considérer comme quelques parcelles de raison en vous. Car on ne peut agir comme vous l'avez fait en ayant toutes ses facultés. »

Satisfait de son calme jusque là, il poursuivit sur le même ton :

« - Je ne sais pas si vous avez quelque chose à dire pour votre défense ou votre justification. J'aimerais au moins savoir si vous vous rendez compte de ce que vous avez fait et de ses conséquences. Dois-je dire à quel point vous m'avez déçu ? J'ai l'impression que nous ne nous sommes jamais compris. »
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angelyque



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MessagePosté le: Lun Aoû 18, 2014 11:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ca sentait le pâté. La Charolaise avait le nez pour ce genre de choses. Le Cardinal était furieux, bien plus furieux qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Elle avait attendu que la porte soit bien refermée pour se rapprocher du cardinal inquisiteur, posa son panier sur le bureau et se jeta à ses pieds afin de baiser l'anneau cardinalice. Elle garda la main du cardinal contre sa joue et prit la parole.

Votre Eminence, bonjour!

Comment pouvez vous penser un seul instant que j'ai agi pour nuire?

Bien au contraire! C'est bel et bien un pas vers ma redemption que j'ai voulu faire.

Je n'ai cessé de prier et d'aller me repentir dans les églises et cathèdes depuis la fin de mon procès.

J'ai prié à Nevers, dans la cathédrale, qui était pleine de poussière, j'ai d'ailleurs trouvé ça tellement honteux que j'étais prête à soulever mes jupons pour faire un brin de ménage. Moi qui n'ai pas tenu un balai depuis des lustres!

Je pensais à vous, Votre Eminence, et n'avais qu'un seul désir : vous satisfaire et faire plaisir au Très Haut.

J'ai donc demandé au Très Haut un signe, et le signe est venu en la présence d'un homme qui m'a fait sortir de la Cathèdre pour m'accompagner à une messe célébrée par son Eminence Verty.

Je n'ai pas cherché à comprendre, les voies du Très Haut sont impénétrables, ça je l'ai bien compris vous savez. En taverne la population grondait contre celle qu'ils surnommait "la Moule", car elle ne célébrait ni mariages ni baptèmes, n'a donné aucune messe Res Parendo depuis son arrivée. De son côté la mère Verty était disposée à le faire et mon duc voulait que les cloches tintent à nouveau dans toutes les villes de Bourgogne!!


Elle appuya un peu plus sa joue contre la main du prélat.

j'espère que cela vous fait plaisir Votre Eminence.

J'étais si emballée que je ne me suis pas arrêtée en si bon chemin. J'ai fait la même chose à Autun où Monseigneur Henriques a pu investir l'évéché, le père Alexandre qui est un brave romain, s'occupe de la cure d'Autun.

J'espère que vous êtes pleinement rassuré sur mes intentions et que grâce à ces actions ma pénitence sera moins lourde.

J'aimerai éviter si possible d'avoir le visage barbouillé de cendre comme le duc Niall. Il était si hideux qu'il faisait peur aux enfants.


Elle baissa un peu la voix.

Je vous ai porté de mon meilleur vin et du lait charolais votre Eminence. Je vous sens un peu remonté. Et aimerai tant aussi que nous comprenions mieux vous et moi!
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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Mer Aoû 20, 2014 12:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ça partit tout seul. Sans qu'il ne comprenne pourquoi. Vraiment, cela ne lui ressemblait pas. Sauf dans le mode d'exécution. Ce fut sec, soudain et propre. La gifle fut administrée avec une facilité enfantine, l'excommuniée ayant placé sa joue à quelques centimètres de la main de l'aveugle. Un silence suivi le sifflement du coup. Arnault aurait aimé contempler la main qui venait de frapper une pair de France mais dut renoncer à cet exercice, se concentrant sur ce qu'il convenait de dire à présent.

« - Relevez-vous et asseyez-vous. »

Invitation déjà formulée plus tôt et qui, si elle avait été suivie, aurait rendu la gifle impossible.

« - Ne pensez pas que j'y ai pris le moindre plaisir », mentit-il. « - Vous souvenez-vous de la phrase que j'ai citée dans la condamnation de votre acte ? » Lui-même la connaissait par cœur : « - “Que votre fidélité soit celle des enfants envers leurs parents ou je serai aussi sévère que les parents envers leurs enfants.” Vous auriez été mieux inspirée en la relisant encore et encore et en méditant là-dessus. Je n'aurai pas l'orgueil de me comparer à Dieu mais je me reconnais beaucoup dans Sa phrase adressée aux premiers hommes. Je trouve qu'elle décrirait fort bien ce que j'aurais pu vouloir vous dire après votre procès. Car, je ne sais si vous le saviez, mais j'ai entamé un argumentaire à destination de la curie afin que votre réintégration soit votée. Tout ce que vous aviez à faire, c'était de me laisser faire en vous faisant oublier tranquillement. Mais au lieu de traire vos vaches dans le calme, vous placez une excommuniée sur un trône occupé par une évêque romaine. Vous avez totalement failli à la fidélité que j'attendais de vous. Je suis comme un père et dont vous seriez l'enfant désobéissant. »

Il se sentait de nouveau bouillir mais se promit de se contenir jusqu'au bout.

« - Votre justification est désastreuse. Non contente de déconsidérer les heures de travail que je vous ai consacrées, vous vous moquez de moi. Je ne parviens même pas à trouver quelle pénitence pourrait bien vous être infligée pour que Dieu vous pardonne cette énième incartade. Que ne m'avez-vous pas dit que vous avez obéi à un ordre dicté par votre duc plutôt que de me raconter ces calembredaines ? Que n'aviez-vous pas pleuré en me jurant que vous avez regretté votre acte la seconde même où vous l'accomplissiez ? Je ne parviens pas à trouver les mots pour vous dire à quel point vous me décevez. »

Et pourtant il voulait encore y croire. Sans vraiment savoir pourquoi.
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MessagePosté le: Jeu Aoû 21, 2014 12:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Aouchhhh!!!

S'il y a bien une chose à laquelle elle ne s'attendait pas, c'était bien de recevoir une telle gifle. Dans une envolée de jupons, la Mirandole chuta au sol et resta une moment étourdie. Elle qui avait eu quatre armées sous ses ordres, et avait appris à se montrer méfiante venait de se faire mettre à terre par un prélat aveugle et malingre.

Une fois le moment de surprise passé, elle se releva et toisa le cardinal.


J'ose espérer que vous n'y avez pris aucun plaisir votre Eminence. Il n'y a aucune gloire non plus à retirer de lever la main sur une femme qui était à vos pieds et vous calinait.

Vous ne seriez pas un homme d'église, je vous aurai rendu le coup.

Vous auriez préféré -à l'image d'Aryanha- que je rejette toute la faute sur une autre personne? En l'occurence mon suzerain?

L'Eglise aime t'elle les flagorneurs et les personnes qui n'assument aucun de leurs actes?

L'Evêque de Nevers ne fichait strictement rien depuis sa nomination et délaissait complètement les fidèles bourguignons.


La Charolaise reprit son panier et regarda le Cardinal tout en frottant sa joue rougie, encore un peu sonnée par le coup reçu.

Notre entretien se termine ici, vous venez de démontrer à nouveau que l'Eglise de Rome est plus prompte à lever son poing qu'à ouvrir ses bras.

Dommage.

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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Jeu Aoû 21, 2014 11:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant



Alors que le geste lui avait procuré une satisfaction assez mesquine, la réaction de la Mirandole lui fit comprendre qu'il allait peut-être le regretter. L'Azayes était en effet dans une position assez inconfortable. Il fallait s'attendre à ce que l'excommuniée quitte la pièce — il était même surprenant qu'elle ait encore pris la peine de parler avant de tourner les talons : lui serait parti sans mot dire et sur-le-champ. Il était peut-être encore possible d'empêcher le départ impromptu de la Mirandole mais cela serait inévitablement un aveu de faiblesse. Or la laisser partir serait un échec et pourrait avoir de graves conséquences. Le fessier entre deux fauteuils, l'aveugle n'avait pourtant que peu de temps pour réfléchir. Ses récents déboires avec les insignes primatiaux lui avaient encore laissé l'amer goût de la défaite dans la bouche ; il choisit donc la stratégie :

« - Ne soyez pas stupide. Restez donc. »

Voilà une manière de lui intimer de rester sans s'abaisser plus bas que ce que sa sciatique le lui permettait.

« - Je suis sincèrement navré si je vous ai blessée physiquement. Mais je vous en prie, ne montez pas cela en épingle en présentant mon geste comme celui d'un tyran buté. Vous ne me ferez pas croire que c'est la première fois qu'un homme vous frappe. »

Sachant à quel point la Mirandole pouvait être insupportable, l'Azayes ne faisait pas un pari risqué.

« - Ne me prenez pas pour un imbécile, c'est tout ce que je vous demande. Je me doute bien que nous ne serons jamais amis. Mais nous pouvons être alliés, un pacte bien plus efficace. Nous avons une même volonté : votre réintégration à la communauté des fidèles. Peu importent les raisons pour lesquels nous poursuivons le même but, concentrons-nous uniquement là-dessus. Vous ne me facilitez absolument pas la tâche mais je suis un homme tenace ; aussi suis-je résolu à gagner ce pari extrêmement risqué. Mais j'ai besoin que vous m'aidiez à convaincre mes pairs. Et ce n'est pas en parlant de l'évêque de Nevers que vous m'aiderez : cette pauvre femme était malade comme une bête des mois durant. Et elle vient de revenir de chez les moines, plus active que jamais, d'ailleurs vous allez entendre parler d'elle. »
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angelyque



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MessagePosté le: Jeu Aoû 28, 2014 1:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Alors qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce, blessée dans sa chair, le cardinal reprit la parole.

Le regard méfiant, elle écouta ce qu'il avait à dire, tiquant lorsqu'il évoqua la possibilité qu'un autre ait pu lever la main sur elle.


Vous n'êtes pas le premier, non. Sa Majesté Jean a eu l'idée un jour de se défouler sur moi en me fessant. J'ai trouvé cela fort impoli et lui en ai beaucoup voulu. Je ne m'y attendais pas et ne m'étais donc pas tenue à bonne distance.

Elle ne comprenait pas d'ailleurs pourquoi il semblait si logique pour le cardinal que d'autres aient aussi voulu la corriger. Elle qui était si douce et si aimable! Les hommes étaient fous. Maintenant qu'elle y réfléchissait, Eusaias l'avait à de nombreuses reprises menacée aussi, tout comme son époux. Souvent elle n'avait dû son salut qu'à la vivacité de ses jambes. Chose qu'elle n'avait jamais compris. Ce désir qu'ils avaient tous de la voir soumise et obéissante.

La suite la surprit, après l'avoir declarée apostat, convoquée et maltraitée, voilà qu'il voulait discuter.

Votre Eminence, si je suis ici ce jour, et si j'ai demandé une réhabilitation, c'est que j'ai au fond de moi l'infime espoir de trouver un terrain d'entente avec Rome. Je ne souhaite pas continuer cette guerre fratricide, qui est encouragée par une poignée de fanatiques et qui ne sert au final ni Rome, ni les fidèles.
J'attends de Rome et des clercs qu'ils me guident, moi et les autres brebis sur le chemin de la foi.

Tant mieux si l'évêque de Nevers se réveille enfin. Nul n'en a entendu parler avant que je la boute à coups de pieds aux fesses de son évêché. Savez vous que sa nomination a suscité une incompréhension chez de nombreux bourguignons? Lladrane est la fille de militaro-religieux qui ont combattu contre mon armée. Cela a été vécu chez nous comme un camouflet de la part de Rome. La cerise sur le gâteau a été son désintérêt total des fidèles, ce qui n'a pas arrangé les choses. Je suis obligée de parler d'elle votre Eminence, elle est la raison de ma présence en ces lieux.

Sachez seulement que j'aurai refusé d'obéir à mon duc si un prélat soucieux de ses ouailles avait été nommé à Nevers. Vous remarquerez que Monseigneur Pie n'a jamais eu de souci, et que le Père Alexandre a pu prendre possession de sa cure d'Autun.

Je souhaite que des messes soient dites, que nos enfants soient baptisés, que les gens amoureux puissent se marier.

Et non pas forniquer à tout va et engendrer des bâtards comme cela a été le cas sur tout le diocèse de Nevers durant l'année écoulée.

Si Monseigneur Lladrane était souffrante, il fallait que Rome la remplace. Vous conviendrez que son rétablissement soudain me laisse circonspecte, je n'ai qu'une chose à dire, pourvu que ça dure!


Un soupir s'exhala des lèvres de la duchesse, oui, elle espérait trouver un terrain d'entente avec Rome, et à terme une pacification. Si cela n'était pas possible, il lui faudrait prendre la décision lourde de tourner le dos à Rome qui n'aurait plus voulu d'elle.

J'ai la foi votre Eminence, une foi aristotélicienne inébranlable, celle qui m'a été inculquée par Monseigneur Arilan qui m'a baptisée et Monseigneur Guillaume de Lyseuil qui a été mon guide spirituel et mon confesseur durant des années. Sans lui, je ne serai pas là encore devant vous, et je n'aurai jamais demandé à ce que mon excommunication soit levée je pense. Je crois en l'amour plus qu'en la haine votre Eminence, et je crois au pardon et à l'amitié.

Elle se tût, elle lui avait ouvert son coeur. A lui à présent de prendre la balle au vol.
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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Ven Aoû 29, 2014 12:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Si l'Azayes ne fût point aveugle, il eût levé les yeux au ciel. Car, tout aveugle qu'il était, l'image nette de la Mirandole se faisant fesser par le roi de France lui semblait plus burlesque qu'horrible, mais il se serait pourtant bien passé de visualiser cette scène. Il écouta ensuite une des longues réponses dont Angelyque avait le secret, sans vraiment savoir si elle avait fini par s'asseoir ou pas. S'il avait un temps cru pour sa sécurité — la garce était capable de rendre coup pour coup —, il était à présent de plus en plus confiant sur l'issue positive de l'entretien.

« - J'entends fort bien votre incompréhension quant à l'absence de l'évêque Lladrane. Il est vrai qu'une meilleure communication aurait pu émaner de la primatie à ce sujet. Vous n'êtes cependant pas sans savoir que Verty a été excommuniée. Le fait de vouloir que la messe soit dite est louable, mais vous souciez-vous donc si peu de la main qui trace un signe de croix sur votre front, de la bouche qui vous absout pourvu que vous soyez bénie ? Ne vous concentrez-vous que sur le goupillon, oubliant qu'il est actionné par un bras humain ?

Ces métaphores vous l'auront fait comprendre : si déloger un évêque romain, même malade et absent, est un péché en soi, y installer une excommuniée est un acte très difficile à pardonner. Saviez-vous au moins que Verty était excommuniée ? Vous n'avez pas idée du mal que cette personne, ainsi que son amant Clodeweck, ont fait autour d'eux. Chez de nombreux clercs de Rome bien sûr, mais pas uniquement. N'y avez-vous pas songé un seul instant ? Si oui vous êtes vraiment inconsciente. Si non je serais heureux de savoir les arguments qui vous ont convaincu d'agir malgré ce que votre conscience a forcément dû vous dicter. D'ailleurs, regrettez-vous votre acte ? »


Beaucoup de questions fusèrent donc. L'aveugle savait parfaitement que la réponse serait longue, très longue, mais son esprit synthétique et cartésien lui permettrait de la synthétiser lorsqu'il s'agira de la transmettre.
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angelyque



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MessagePosté le: Lun Sep 08, 2014 4:29 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Le regard de la duchesse allait de la porte au siège proposé par le cardinal, Une petite voix lui intimait de partir de partir de Rome et de retourner en France, tandis que l'autre lui conseillait de prendre sur elle et de rester afin de s'expliquer devant le cardinal. Au bout d'un moment ses sourcils se froncèrent et elle prit la décision d'aller au bout des choses. Il était de toutes façons plus que temps de mettre cartes sur table. Elle se rapprocha de la chaise proposée et l'éloigna du cardinal, se mettant ainsi hors de portée de ses accès de violence. Puis veilla à éloigner les objets pouvant servir de projectile avant d'enfin s’asseoir dans un bruissement de jupons.

Votre Eminence. J'ignore quel mal Son Eminence Verty a bien pu faire, je ne tiens pas à le savoir d'ailleurs. J'étais présente à son procès et n'ai pas compris les raisons de sa mise à pied, cela me dépasse je dois dire. Ce que je sais est qu'elle a accepté de réintégrer feu Eusaias après qu'il se soit repenti en ma présence. Je ne souhaite pas prendre parti d'une quelconque guerre interne romaine. Seul la foi et ma croyance m'interesse.

Concernant les excommunications votre Eminence, je suis désolée de prendre le risque de vous fâcher à nouveau, mais je suis moi-même excommuniée, comme une très grande partie de la France. A savoir tous ceux qui ont prêté allégeance à Eusaias, ceux qui l'ont servi, ceux qui se sont rendus à son sacre, ceux qui ont fait partie des ordres royaux et de leurs armées, tous les membres des armées ayant fait l'objet d'une excommunication, sans compter tous ceux qui ont eux-même prêté allégeance à des personnes excommuniées.

Nul ne s'y retrouve votre Eminence, j'ai entendu de la bouche de prélats tout et n'importe quoi, nul ne sait s'il faut suivre ou pas les annonces de Rome et j'ai cessé pour ma part de chercher à comprendre.

Pour exactement les mêmes actes, certains sont considérés comme excommuniés, d'autres pas. Certains se considèrent excommuniés alors qu'ils ne le sont pas, d'autres se disent non excommuniés alors qu'ils le sont. C'est à ne rien y comprendre.

Son Eminence Verty aurait du je crois faire l'objet d'une annonce de sa Sainteté pour se voir excommuniée. Je me trompe peut être, n'étant pas très au fait du dogme et de ses interprétations.

J'ai cru que mon mariage avec Enguerrand de la Mirandole était dissous, annonce romaine à l'appui, et il s'est finalement avéré que non.

Pardonnez moi donc Votre Eminence d'être si ignorante, j'ai viré monseigneur Lladrane sans le moindre remords -a t'elle seulement pris la peine de s'occuper de ses fidèles?- et elle n'était pas si mal en point, je l'ai aperçue avec sa mère à mon procès.

La Bourgogne manquait cruellement de personnes capables de célébrer des messes. Son Eminence Verty -excommuniée ou pas- est devenue cardinale, soit une des plus hautes fonctions au sein de l'Eglise romaine. J'ai assisté à une de ses messes à Nevers, une messe de paix. J'avais simplement l'assurance que la vraie foi allait être diffusée à Nevers, chose qu'aurait pu faire Monseigneur Lladrane, cela faisait de nombreux mois qu'elle était nommée à Nevers. Elle aurait pu commencer avant même d'être investie dans la cathèdre. Je ne la juge pas, je n'ai pas à le faire. Seul la paix des âmes m'importe. Je ne pensais pas mal faire. Mon suzerain m'a demandé de faire en sorte que des messes aristotéliciennes soient dites en Bourgogne. Je n'ai rien vu de mal.

Votre Eminence, malgré toutes les apparences, je suis une femme de paix. Je fais des erreurs, car je suis un être humain et mon domaine est la politique plus que la religion. Cela fait longtemps que je n'ai plus eu de guide religieux pour me montrer le chemin. Je ne peux que prier et demander au Très Haut de me montrer la voie.

Je ne sais pour quelle raison je dois me repentir alors que je ne vois pas ce que j'ai fait de mal. J'aimerai seulement que chacune puisse profiter des enseignements d'Aristote, comme moi j'ai pu en bénéficier. Je désire que les enfants soient conçus alors que leurs parents sont mariés sous le regard du Très Haut. L'acte d'amour ne doit se faire qu'avec la bienveillance du Très haut.


Le coeur battant, elle attendit la réponse du cardinal. Allait-il lui crier à nouveau dessus?
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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Jeu Sep 11, 2014 5:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La Mirandole finit donc par s'asseoir à une bonne distance de l'Azayes, qui comprit les manœuvres grâce aux sons qu'il entendait. La réponse fournie fut une digne tirade mirandolienne que l'aveugle se garda d'interrompre. Il répondit à la fin :

« - Verty est bel et bien excommuniée, tout comme Clodeweck. Tout cardinal peut prononcer une excommunication si la curie a donné son accord, le pape ne s'occupe pas de cela. Vous devriez bien le savoir, vous qui avez été excommuniée par feu SE Diftain. Évitez de croire ce que l'on raconte : posez la question à un clerc romain. Je ne pense pas avoir un jour refusé de répondre à quelqu'un. Même si je comprends bien que le flou et les contradictions de ces derniers temps ne vous ont pas aidée. »

Un silence s'installa. L'aveugle réfléchissait.


« - Reconnaissez-vous donc bel et bien que vous avez commis une erreur, et la regrettez-vous ? »
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MessagePosté le: Ven Sep 12, 2014 3:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Elle se retint à grand peine de posser un très profond soupir. La Bourguignonne avait passé une grande partie de sa vie dans les églises à prier, mais depuis sonexvommunication elle avait l'impression d'avoir élu domicile à Rome. Sans le vouloir ni même s'en rendre compte, elle murmura.

Sa Sainteté devrait songer à me canoniser, je suis une martyr en fait.

Un autre n'aurait pas entendu les baragouinements de la Mirandole. Lorsqu'on perdait un sens, il paraissait que les autres étaient de fait plus développés. Chose que la Mirandole ignorait. Qu'en était-il de l'ouïe de l'aveugle?

Votre Eminence, je suis loin d'être une experte du dogme, celui ci change plus rapidement que je ne parviens à l'apprendre. Mais j'ai toujours entendu dire qu'un roi et un cardinal ne pouvaient être excommuniés que par un pape. C'est d'ailleurs le sé....euh Sa Sainteté qui a anathémisé feu mon bien-aimé roi Eusaias, entre deux croisières. faillit-elle rajouter.

Je ne suis qu'une humble païenne, Votre Eminence. Mais si vous dites que la Curie peut excommunier à sa guise l'un des siens je vous crois.

Elle tenta de se mordre la langue à plusieurs reprises mais une question la taraudait néanmoins, donc elle la posa.

A part distribuer des terrres à tout va, que fait le Pape, votre Eminence?

C'est vrai ça, à quoi servait -il au final? Se rendant compte qu'elle s'éloignait du sujet initial, la Mirandole croisa ses mains sur sa poitrine dans une attitude de madone qui lui seyait à merveille et reprit, la voix vibrante d'une émotion sincère.

Je reconnais avoir une nouvelle fois -à l'insu de mon plein gré- navré Rome, et je demande humblement pardon pour cela.

Je ne le referai plus, je le promets. Je pense avoir compris la leçon Votre gracieuse Eminence.

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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Dim Sep 14, 2014 11:06 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La mauvaise volonté de la Bouguignonne était évidente, et l'Azayes la réprouvait d'autant plus qu'il se considérait lui aussi comme un martyr. En réalité, bien qu'aucun d'entre eux n'en aient nullement conscience, il y avait plus de points communs que de différences entre ces deux compagnons d'infortune. L'aveugle était à des années-lumières de pouvoir se l'avouer. Il se contenta de répondre d'une voix froide :

« - “Oui” aurait été une réponse plus simple. Quant à Sa Sainteté, elle est extrêmement malade. Heureusement, tel Levan III, le Saint-Père peut compter sur des hommes d'exception pour le suppléer dans la gestion des affaires. Il n'en est pas moins informé quotidiennement des faits majeurs de notre Église. Certains sujets l'intéressent tellement qu'il combat la maladie et la douleur pour s'y investir personnellement. Que suggéreriez-vous ? Qu'on le mette dans un placard ou qu'on l'envoie par le fond dans les eaux du Tibre car sa santé n'est plus ce qu'elle était ? Seriez-vous intéressée par l'emploi si la place se libérait ? »

Un ricanement sournois vint clôturer cette prise de parole.
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angelyque



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MessagePosté le: Lun Sep 22, 2014 1:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Se moquait-il d'elle? La Mirandole avait du mal à connaître les pensées profondes du cardinal, ne pouvant lire dans ses yeux. La peste soit des aveugles! n'aurait-il pu être simplement borgne? elle aurait alors pu sonder son oeil de son regard mirandolien. Quel sens pouvait donc elle titiller? Elle ne se risquerait plus à le toucher, sa joue était encore cuisante, elle put le vérifier en sortant son petit miroir tandis qu'elle prenait le temps de la réflexion. Son regard se posa alors sur le panier qui était toujours près d'elle et elle eut une illumination. Du vin! voilà qui pourrait peut être amadouer l'inquisiteur. Elle sortit prestement une bouteille de Montrecul et veilla à se pencher vers lui, sans toutefois le toucher. Autant tester aussi son odorat par la même occasion et ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier s'il n'appréciait pas le vin.

Tandis qu'elle remplissait deux coupes, elle reprit la parole de sa voix la plus douce
.

Ce que vous me racontez sur le Saint Père me déchire le cœur. Mais je comprends mieux les difficultés de Rome à présent, non seulement les cardinaux sont surchargés de travail mais ils doivent en outre se faire beaucoup de soucis pour sa Sainteté. Pauvre vieux!!! J'ai donc une proposition à vous faire.

Elle rapprocha le verre de la main du prélat en faisant attention que ses propres doigts n'entrent pas en contact avec les siens.

Avant cela, je vous propose de déguster du Montrecul, directement venu de mes chais, si vous le désirez je vous expliquerai l'origine de son appellation. Il n'est pas empoisonné, ce serait un crime de gâcher un cru si excellent.
Plutôt que de répondre à votre proposition de remplacer sa Sainteté, même si cela me touche beaucoup, de même que je ne suis pas non plus favorable à l'enfermer dans un placard, ni de le noyer dans le Tibre. J'ai du coeur, et j'espère que les clercs aussi....

Je vous propose de prendre soin de Sa Sainteté et de le remettre sur pied. Je lui ferai la lecture, le nourrirai de mon lait -je suis fournisseur royal-, je lui tiendrai le crachoir s'il a besoin et veillerai sur lui. Je lui raconterai de multiples histoires et anecdotes afin d'éveiller à nouveau son esprit, je le borderai au coucher et lui chanterai d'adorables berceuses, je m'occuperai également de sa garde robe, et ferai tout mon possible pour lui donner à nouveau envie de sortir. Vous verrez, il n'aura même plus envie de partir en croisière ni de se laisser aller.

Rome sera sauvé.


Elle lui sourit.

Et mon âme aussi. Le Très Haut ne pourra que me pardonner si je prends soin du Saint Père.

Les Cardinaux n'auront plus le souci de Sa Sainteté puisqu'il sera en de bonnes mains.


S'arrêtant de parler, elle fit lentement tournoyer le vin dans le vin et huma avec dévotion les arômes qui s'en exhalaient.

Qu'en pensez-vous Votre Eminence?

Un simple oui aurait pu suffire avait-il dit.
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Arnault d'Azayes



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MessagePosté le: Lun Sep 22, 2014 10:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Était-ce bien le bruit d'un bouchon retiré d'une bouteille qu'il venait d'entendre ? Et n'était-ce pas une odeur de vin rouge qu'il sentait ? L'espace d'un instant, il aurait presque oublié d'écouter ce que le Mirandole avait à lui raconter. La coupe enfin en main, il l'approcha de sa bouche… et rabaissa la coude, chose rarissime, en entendant le nom du cépage proposé par l'excommuniée. Il n'y avait décidément qu'elle pour proposer à un cardinal de boire du Montrecul. Contre toute attente, le vin était excellent, et l'Azayes eut tout le temps de vider sa coupe, Angelyque n'ayant pas oublié sa tradition de la réponse-fleuve. L'aveugle, lui, était on ne peut plus las. Il fut donc laconique :

« - C'est entendu. »

Un « oui » suffisait, avait-il effectivement dit. Mais un élément capital venait d'entrer dans le jeu, et l'aveugle ne put passer outre une précision supplémentaire :

« - Merci pour votre bouteille, Votre Seigneurie. Je vous souhaite un bon voyage de retour. »

Perdu au milieu des vins piquants typiques de l'Italie, l'Azayes n'allait tout de même pas laisser passer une occasion de se saisir d'une bonne bouteille. Il frappa deux fois dans ses mains et demanda au garde suisse qui était apparu de raccompagner l'excommuniée. Dès que la Mirandole eut le dos tourné, il appela un valet et demanda à être resservi. Il resta ainsi une heure seul dans sa bibliothèque, sa réflexion interrompue par le seul ballet régulier d'un page venant le resservir.
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