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L'Eglise Aristotelicienne Romaine The Roman and Aristotelic Church Forum RP de l'Eglise Aristotelicienne du jeu en ligne RR Forum RP for the Aristotelic Church of the RK online game 
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Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 3001 Localisation: Villa Catena
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 3:35 pm Sujet du message: [RP] Baptême de Roderac de Kermabon |
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CÉLÉBRATION DU BAPTÊME DE RODERAC DE KERMABON
ÉGLISE ABBATIALE DE SECLIN
PAR S.E. ADELÈNE DE KERMABON
La petite église abbatiale prenait des couleurs après un long hiver, aux premiers jours d’un printemps réconfortant. Après un long pèlerinage, le recteur des grégoriens avait hâte de pouvoir enfin célébrer de nouveau un baptême, une entrée en foi et en communauté, et il s’en réjouissait à plusieurs titres ; pour un pasteur, il était toujours bienvenu d’accueillir une nouvelle brebis dans son troupeau. Mais cette brebis n’était pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait d’un parent proche du cardinal : son oncle, l’ultime frère vivant de feu son père.
Pour l’occasion, on fit sonner longuement les cloches de l’église afin que chacun fût averti et pût venir assister au baptême. Le cardinal, vêtu de blanc dans la plus grande sobriété, avait tenu à être le premier sur place pour pouvoir accueillir son oncle.
Le frère Escabèche avait préparé tout le nécessaire liturgique pour cette cérémonie. Il avait veillé à remplir le baptistère d’une eau claire, qu’il avait bénite la veille au soir. Sur l’autel, il avait disposé avec soin le linge d’autel fraîchement blanchi, les cierges encore neufs, ainsi que le missel ouvert aux pages du rite baptismal. À portée de main reposait un petit vase d’argent destiné à verser l’eau sur le front du baptisé.
Non loin, sur un pupitre, était posé le registre de l’ordre, prêt à recevoir le nom du nouveau fidèle, tandis qu’un cierge baptismal attendait d’être allumé. Une étole blanche avait été pliée avec précision, et un linge fin, destiné à essuyer le front après l’ablution, complétait l’ensemble. Tout avait été ordonné avec attention, selon les recommandations du cardinal.
L’heure était venue… _________________
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Roderac.

Inscrit le: 19 Mar 2026 Messages: 8
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 4:27 pm Sujet du message: |
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Le voilà, l’ours flamand, avançant d’un pas irrégulier, appuyé sur cette troisième jambe de bois dont il ne se séparait plus. La canne frappait le sol avec une régularité presque obstinée, comme pour rappeler à chaque pas que le corps suivait encore, malgré les années. Depuis quelques jours déjà, le grizzly de Bruges avait gagné Seclin, répondant à l’invitation de son cardinal de neveu ; et s’il n’était pas homme à courir les retrouvailles, il devait bien reconnaître qu’il n’avait jamais eu l’occasion de le voir ainsi revêtu de pourpre, ni même de le revoir tout court depuis un temps qui lui paraissait plus long qu’il ne voulait l’admettre.
Ils n’avaient jamais été proches, à proprement parler. Le sang les liait, mais la vie les avait séparés, chacun suivant ses routes sans se retourner outre mesure. Et pourtant, voilà que la foi, cette chose à laquelle il n’avait jamais accordé plus que ce qu’il fallait, les réunissait aujourd’hui sous les voûtes d’une abbaye. Miracle ou simple détour du destin, il n’aurait su le dire ; mais il y avait là quelque chose qu’il ne pouvait ignorer. De la main de ce même sang, il allait recevoir une onction qu’aucun des siens n’avait jamais espérée, trop occupés qu’ils avaient été à survivre pour prétendre à autre chose.
Les cloches sonnaient à tout rompre, emplissant l’air d’une rumeur grave qui semblait descendre des pierres elles-mêmes. Le son ne l’impressionnait pas tant qu’il le contenait, comme une pression lente, insistante, qui s’imposait sans éclat. Roderac n’était pas homme à se laisser saisir par le spectacle, et pourtant, en ces lieux, quelque chose différait. Ce n’était ni Bruges, ni ses fêtes, ni ses excès ; ici, tout paraissait plus tenu, plus chargé, comme si chaque geste, chaque silence même, portait un poids qu’il ne connaissait pas encore. Il leva un instant les yeux vers les hauteurs, suivant la course invisible du son dans les voûtes. Peut-être, en effet, que quelque chose venait de tomber du ciel. Ou peut-être était-ce simplement lui qui se trouvait, pour la première fois, là où il n’avait jamais cherché à aller.
« Goedemorgen, mon cher neveu. Vous voilà donc tel que je ne vous avais encore jamais vu… et je dois dire que cela vous sied mieux que je ne l’aurais cru. Je ne suis pas homme à m’attarder sur les apparences, mais il faut reconnaître que tout cela… » il désigna vaguement les lieux d’un mouvement de la canne, « …a plus de tenue que bien des choses que j’ai connues. »
Marquant un pause, il ajoute simplement.
« Je suis prêt dès que vous le serez » _________________
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Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 3001 Localisation: Villa Catena
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 5:10 pm Sujet du message: |
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Il avait salué son oncle avant que celui-ci ne lui complimente sur le lieu.
Lorsque je suis arrivé à Seclin, après que m’eut été confiée cette terre, tout ceci n’était alors qu’un embryon de ce que c’est aujourd’hui. J’ai hérité d’un prieuré vieillissant ; j’en ai fait cette abbaye.
Il balaya l’environnement du regard, comme pour profiter lui aussi de ce charme et de cette réussite, avant d’être rappelé à son devoir.
Bien… Approchons-nous du baptistère.
Il entraîna le vieux Roderac vers la cuve, taillée dans la pierre.
Nous sommes ici, vous et moi, pour la plus grande gloire de Dieu, ce Dieu qui offre réconfort et salut à tant d’âmes. Car c’est rendre grâce à sa gloire que de s’incliner devant lui et sa toute-puissance, en demandant humblement le pardon des péchés, l’absolution et la protection infinie de son amour au sein de la communauté des fidèles.
C’est un moment de jubilation pour moi, ainsi que pour chaque fidèle du monde entier, que d’accueillir dans cette grande famille un nouvel enfant de la Création sur la route de la Vertu.
Il marqua une pause avant de poursuivre.
Débutons cet office par la confession de vos péchés, car vous êtes coupable et il convient de le reconnaître.
Le ton était ferme, mais toujours bienveillant.
Je vous invite à implorer la grâce du pardon miséricordieux en récitant la prière du Confiteor. _________________
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Roderac.

Inscrit le: 19 Mar 2026 Messages: 8
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 5:35 pm Sujet du message: |
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Roderac écouta sans interrompre, laissant les paroles de son neveu se déployer dans l’espace comme elles le devaient, sans chercher à les hâter ni à les commenter. Le regard qu’il porta autour de lui, lorsque celui-ci évoqua l’abbaye, n’était ni admiratif ni distant, mais mesuré, comme celui d’un homme qui reconnaît le travail accompli sans pour autant s’y attarder davantage qu’il n’est nécessaire.
« Wel… vous avez bien fait les choses. Cela tient. »
La remarque tomba simplement, sans flatterie inutile. Il se laissa ensuite guider vers le baptistère, sa canne résonnant plus sourdement à mesure qu’ils s’approchaient de la cuve de pierre. Là, il s’arrêta, le regard posé un instant sur l’eau, comme s’il cherchait à y voir autre chose que son propre reflet. Les paroles qui suivirent — celles de la foi, du pardon, de la communauté — il les entendit toutes, sans en perdre le fil, mais sans y répondre autrement que par une attention inhabituelle, presque tendue. Lorsque vint l’invitation à la confession, il demeura immobile un court instant encore, puis redressa légèrement les épaules, comme un homme qui s’apprête à porter quelque chose qu’il ne peut plus éviter.
« Vous ne m’apprenez rien en me disant que je suis coupable… nee. »
Puis, pénitent, il vint réciter ce qu'il avait déjà entendu. Un peu maladroitement, il est vrai, il cherchait les mots.
« Je confesse à Dieu tout-puissant,
Je reconnais devant mes frères,
Que j'ai péché en pensée, en parole,
Par action et par omission,
Oui, j'ai vraiment péché.
C'est pourquoi je supplie Aristote et Christos,
Les archanges et tous les Saints,
Et vous aussi mes frères,
De prier pour moi le Créateur.
Que le Tout Puissant nous fasse miséricorde,
Qu'il nous pardonne nos péchés,
Et nous conduise à la vie éternelle,
Dans le paradis solaire.
Amen » _________________
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Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 3001 Localisation: Villa Catena
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 6:19 pm Sujet du message: |
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Le cardinal Adelène ne quitta pas son oncle du regard durant toute la prière. Il mesura chaque inflexion un peu rugueuse, comme si, au-delà de la formule, c’était l’homme tout entier qui se présentait là, dépouillé et humble.
Lorsqu’il entendit le dernier « Amen », il inclina légèrement la tête comme pour recevoir.
Un court silence s’installa, dense sans être pesant. Puis il reprit, plus solennel encore.
Roderac, devant Dieu et devant cette assemblée, je t’invite à affirmer tes vœux.
Sa voix s’éleva avec assurance, portant sous les voûtes sans jamais les heurter.
Reconnais-tu en Dieu le moteur du monde, la pensée suprême, la cause efficiente et finale de toute chose ?
Il se tut, laissant à son oncle le temps nécessaire. Il ne le pressait pas ; il attendait, avec cette patience que donnent les rites aristotéliciens.
Reconnais-tu l’Église aristotélicienne comme ton guide dans la connaissance de Dieu, et jures-tu de lui rester fidèle ainsi qu’à son autorité, seule représentante sur terre de l’Être divin ?
Nouvelle pause. Adelène observait, attentif à ce qui se jouait au-delà des mots. Il savait son oncle un peu rude, d’un naturel plutôt distant avec lui, et pourtant, il percevait à présent une forme d’engagement qui ne passait ni par l’enthousiasme ni par la ferveur visible, mais par une acceptation plus grave, plus intérieure.
Acceptes-tu tout cela de ta propre volonté, pour le salut de ton âme, en vue de ta résurrection auprès de Dieu, dans la contemplation éternelle de Sa Beauté ?
Le cardinal laissa encore un instant s’écouler, mesuré, presque suspendu.
Désires-tu que ton nom soit inscrit parmi les baptisés et les serviteurs de Dieu tout-puissant ?
Un peu impatient, sans même avoir entendu encore toutes les réponses, il étendit le bras vers la vasque. Il saisit la timbale d’argent, la plongea dans l’eau bénite et la releva lentement, en attendant la confirmation du futur baptisé.
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Roderac.

Inscrit le: 19 Mar 2026 Messages: 8
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 6:30 pm Sujet du message: |
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Roderac ne répondit pas immédiatement. Les mots de son neveu ne s’étaient pas contentés de passer par lui ; ils s’étaient posés, un à un, comme des pierres que l’on aligne avec soin avant de bâtir quoi que ce soit de solide. Il demeura immobile devant la cuve, le regard fixé sur l’eau bénite dont la surface, à peine troublée par les mouvements récents, renvoyait une image déformée de lui-même. Les cloches, désormais plus lointaines, continuaient de vibrer dans la pierre, et cette rumeur sourde semblait tenir l’instant suspendu, comme si rien ne devait venir l’interrompre trop brusquement.
Sa main ne quitta pas sa canne, mais sa prise se relâcha légèrement, non par fatigue, mais comme si le poids qu’il portait n’était plus tout à fait le même. Il inspira lentement, sans chercher à donner plus d’importance à ce geste qu’il n’en avait, puis releva les yeux vers le cardinal, retrouvant cette fixité calme qui lui était propre. Il n’y avait ni doute visible, ni ferveur excessive ; seulement une acceptation pleine, dense, qui ne cherchait pas à se faire voir.
Lorsqu’il parla enfin, ce ne fut ni plus fort ni plus bas qu’à l’ordinaire, mais chaque mot trouva sa place sans hésitation.
« Je reconnais en Dieu le moteur du monde, la pensée suprême, la cause efficiente et finale de toute chose. »
Il marqua un temps, puis poursuivit avec la même constance.
« Je reconnais l’Église aristotélicienne comme mon guide dans la connaissance de Dieu, et je jure de lui rester fidèle ainsi qu’à son autorité, seule représentante sur terre de l’Être divin. »
Sa voix resta posée, sans emphase.
« J’accepte tout cela de ma propre volonté, pour le salut de mon âme, en vue de ma résurrection auprès de Dieu, dans la contemplation éternelle de Sa Beauté. »
Un bref silence, puis :
« Je désire que mon nom soit inscrit parmi les baptisés et les serviteurs de Dieu tout-puissant. »
Il releva légèrement le regard vers son neveu, sans bouger davantage.
« Goed. » _________________
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Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 3001 Localisation: Villa Catena
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 7:06 pm Sujet du message: |
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Adelène écouta les réponses de son oncle sans ciller. Elles vinrent, après un léger vacillement. Suffisamment bref et léger pour ne pas inquiéter le cardinal, mais tout de même perceptibles. Est-ce qu’un doute allait retenir cet engagement ? L’ombre d’un regret allait-elle pousser Roderac à finalement renoncer ?
Que nenni. À mesure que Roderac affirmait ses vœux, le cardinal sentit en lui se dissiper les dernières réserves silencieuses qu’il n’avait pas formulées. Ce n’était pas l’ardeur d’un converti enthousiaste qu’il recevait, mais quelque chose de plus solide peut-être : une décision.
Il inclina légèrement la tête, comme pour sceller intérieurement ce qui venait d’être dit.
Puis il reprit, d’une voix pleine, portée par la solennité de l’instant :
Que ta foi soit désormais un bloc de marbre, assez ferme pour venir s’unir à l’édifice de la Vérité et en soutenir la grandeur sur cette terre.
Il leva alors la timbale d’argent, emplie d’eau bénite, et la maintint un instant au-dessus du front de son oncle. Son regard se fixa brièvement sur cette eau claire, immobile dans sa coupe…
Regarde cette eau, symbole de vie et de pureté. Par elle, c’est une porte qui s’ouvre ; par elle, tu quittes ce que tu étais pour entrer dans la communauté des fidèles.
Sans précipitation, il inclina la timbale. L’eau s’écoula en un filet régulier sur le front de Roderac, glissant le long de ses traits marqués, traçant un chemin simple et irrévocable.
Je te baptise, Roderac, au nom de l’Église aristotélicienne et au nom du Très-Haut, pour l’amitié de tous les saints et pour l’amour du Créateur.
Il redressa lentement la timbale, laissant les dernières gouttes retomber dans la cuve. Puis il pousuivit.
Réjouis-toi désormais, car ta vie est offerte à la communauté, et la communauté devient ta famille. Dans la lumière qui t’est donnée, tu n’es plus seul : une multitude de fidèles marche à tes côtés. Ils sont tes frères, ils sont tes sœurs, et comme toi, ils ont franchi le seuil de la Vérité.
Il marqua une courte pause, posant sur son oncle un regard qui n’était plus seulement celui du pasteur, mais aussi, fugitivement, celui du parent.
Aujourd’hui, tu es accueilli dans cette lumière. Et nos prières t’accompagneront.
Se détournant légèrement, il saisit alors le petit nécessaire préparé à cet effet. Il l’ouvrit avec soin et en tira une médaille qu’il tint un instant entre ses doigts avant de la présenter.
Reçois cette médaille en mémoire de ce jour. Qu’elle demeure le signe visible de ton appartenance à l’Église, la marque de ta foi et de l’engagement que tu viens de prononcer. Garde-la comme un bien précieux, car elle atteste désormais de ce que tu es devenu.
Il la remit à Roderac. Puis il prit le cierge, encore éteint, et le rapprocha d’une flamme déjà vive. Le feu passa de l’un à l’autre.
Reçois aussi cette lumière. Elle t’est confiée, non pour être gardée, mais pour être transmise. Qu’elle éclaire ta route, et qu’à ton tour, tu la portes à travers le monde, selon tes forces et selon ta vie.
Il tendit le cierge allumé à son oncle.
Alors que le rite s’achevait, ce qui venait d’être scellé, lui, ne faisait que commencer.
Roderac, récite avec moi ta profession de foi, après quoi nous pourrons enregistrer ton baptême et célébrer cet heureux événement.
"Je crois en Dieu, le Trés-Haut tout puissant,
Créateur du Ciel et de la Terre,
Des Enfers et du Paradis,
Juge de notre âme à l'heure de la mort.
Et en Aristote, son prophète,
le fils de Nicomaque et de Phaetis,
envoyé pour enseigner la sagesse
et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.
Je crois aussi en Christos,
Né de Maria et de Giosep.
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis.
C'est ainsi qu'aprés avoir souffert sous Ponce,
Il est mort dans le martyr pour nous sauver.
Il a rejoint le Soleil où l'attendait Aristote à la droite du Trés-Haut.
Je crois en l'Action Divine;
En la Sainte Église Aristotélicienne Romaine, Une et Indivisible;
En la communion des Saints;
En la rémission des péchés
En la Vie Eternelle.
Amen"
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Roderac.

Inscrit le: 19 Mar 2026 Messages: 8
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 7:34 pm Sujet du message: |
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Roderac ne bougea pas lorsque la timbale s’éleva au-dessus de lui. Le regard, un instant attiré par l’eau claire suspendue dans sa coupe, se fixa sans s’y perdre, comme s’il cherchait moins à comprendre le geste qu’à en accepter la portée. Il ne recula pas davantage lorsque l’eau vint toucher son front ; elle glissa lentement sur sa peau marquée, suivant les lignes creusées par les années, traçant un chemin simple, sans détour, qui n’avait rien de spectaculaire et pourtant ne laissait aucune place au retour.
Il ferma brièvement les yeux, non par habitude du rite, mais comme on reçoit quelque chose que l’on ne peut ni arrêter ni retenir autrement.
Lorsque la voix du cardinal retomba, et que les derniers mots du baptême eurent trouvé leur place dans l’air immobile, Roderac resta un instant ainsi, droit, la canne toujours ancrée au sol, comme si le geste avait plus d’effet en lui qu’il ne voulait bien le montrer. Puis il rouvrit les yeux.
La médaille, lorsqu’elle lui fut présentée, ne suscita ni surprise ni commentaire ; il la prit avec cette même simplicité qu’il mettait à tout, la tenant un bref instant entre ses doigts avant de la refermer dans sa paume, comme pour en éprouver le poids réel. Il en alla de même pour le cierge, dont la flamme vacilla légèrement avant de se stabiliser, projetant sur son visage une lumière plus douce, qui adoucissait sans les effacer les traits tirés par l’âge.
Il observa cette flamme un court instant, sans s’y attarder davantage.
Lorsque vint la profession de foi, il ne chercha pas à précéder ni à ralentir son neveu. Il écouta les premiers mots, puis reprit à son tour, d’une voix égale, sans emphase, mais sans faiblesse.
« Je crois en Dieu, le Très-Haut tout puissant,
Créateur du Ciel et de la Terre,
Des Enfers et du Paradis,
Juge de notre âme à l'heure de la mort.
Et en Aristote, son prophète,
le fils de Nicomaque et de Phaetis,
envoyé pour enseigner la sagesse
et les lois divines de l'Univers aux hommes égarés.
Je crois aussi en Christos,
Né de Maria et de Giosep.
Il a voué sa vie à nous montrer le chemin du Paradis.
C'est ainsi qu'après avoir souffert sous Ponce,
Il est mort dans le martyr pour nous sauver.
Il a rejoint le Soleil où l'attendait Aristote à la droite du Très-Haut.
Je crois en l'Action Divine ;
En la Sainte Église Aristotélicienne Romaine, Une et Indivisible ;
En la communion des Saints ;
En la rémission des péchés ;
En la Vie Éternelle.
Amen. »
Les mots furent dits sans trembler, sans chercher à les habiter plus qu’il ne le pouvait, mais sans s’en détacher non plus. Lorsqu’il eut terminé, il ne baissa pas immédiatement la tête, ne chercha pas non plus le regard du cardinal ; il resta simplement là, immobile, comme un homme qui ne sait pas encore ce que cela change, mais qui sait déjà que cela change quelque chose. _________________
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Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 3001 Localisation: Villa Catena
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Posté le: Sam Mar 28, 2026 8:30 pm Sujet du message: |
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Il était temps de sceller le précieux document, sésame parmi les sésames. Adelène invita son oncle à le suivre jusqu’au pupitre où trônait le registre. Une page avait été préparée. Il ne manquait plus qu’à la remplir et à la signer.
Puis un certificat fut rédigé, pareillement, pour faire valoir cette naissance spirituelle au sein de la communauté des fidèles.
Tendant le certificat à Roderac, Adelène posa une main sur l'épaule.
| Citation: |
Certificat de baptême
Abbaye de Seclin, le 28 mars 1474
Nous, Adelene de Kermabon [Adelene], Cardinal, recteur de l’Ordre Grégorien et Père abbé de l’abbaye de Seclin, certifions avoir procédé à la célébration du baptême de Roderac de Kermabon [Roderac.] selon les rites aristotéliciens en vigueur, en l’église abbatiale de Seclin, ce vingt-huitième jour de mars mille quatre cent soixante-quatorze. Sur ma foi j’accorde mon parrainage à Roderac et m’engage à assumer de rôle de guide au sein de la communauté des fidèles.
Puisse le Très Haut l’accompagner de Son Amour éternel.
Rédigé et scellé pour faire valoir ce que de droit le vingt-huitième jour de mars mille quatre cent soixante-quatorze.
Cardinal
Recteur de l’Ordre Grégorien
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Puisse ce jour rester vif tout au long de ton parcours, mon oncle, que j'espère long et prospère. Notre Église a besoin de pasteurs. Et je serais heureux de te compter parmi ceux-là.
Il est désormais temps de veiller à ton intégration de l'Ordre en qualité de membre à part entière. Nous organiserons cela au sein du châpitre. _________________
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