 |
L'Eglise Aristotelicienne Romaine The Roman and Aristotelic Church Forum RP de l'Eglise Aristotelicienne du jeu en ligne RR Forum RP for the Aristotelic Church of the RK online game 
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Melo03

Inscrit le: 11 Sep 2020 Messages: 2905 Localisation: Castillon
|
Posté le: Dim Mar 01, 2026 11:55 am Sujet du message: [RP] Des retrouvailles violentes |
|
|
Nous partons à l'aube !
L'ordre avait été scrupuleusement suivi. A peine le soleil perçait il que tout le monde était en voiture.
Melo n'avait pas mise sa bure de crainte de l'abimer pendant le voyage. Fille de paysanne, puis noble puis clerc... Toutes les tenues lui convenaient en vérité. Ainsi, s'habilla-t-elle de sorte à se sentir à l'aise, prête à affronter les évènements de la journée. Choix judicieux au vu du stresse qui augmentait. Très rapidement, son dos lui fit mal. L'inconfort de la voiture sans nul doute.
Durant une bonne partie du voyage, l'évêque caressa le pli d'Adelene, hésitant à l'ouvrir. Mais chaque fois, ses doigts refusaient d'obéir. Comment le pourraient-ils alors même que son cœur hurlait de n'en rien faire ?
Dans sa tête, les évènements des dernières années tournoyaient, revisitant ses souvenirs comme l'on visite un musée.
Le travail acharné qu'ils avaient fourni à la Primatie, les nuits blanches partagées lors des prises des diocèses, les rires au coin du feu lors de leurs nombreux voyages... Tant d'innocences qui avaient vu leur amour s'épanouir en silence.
Puis la crainte finalement de se perdre conduisant à cet aveu inavouable. L'aveu que les cœurs parfois outrepassaient les vœux. L'éloignement suivit leurs paroles. Choix logique, choix inévitable... Choix extrêmement difficile à respecter : la Primatie n'était pas assez grande pour que cela soit réaliste. Adelene partit en retraite, du jour au lendemain, pendant de longs mois.
En sortant, il la retrouva. Ils se retrouvèrent. L'amour ne peut mourir quand il est vrai et c'est ainsi que leurs vœux furent piétiner.
Après quelques mois à jouer avec le jeu, à se cacher, à s'aimer, Adelene partit pour la seconde fois.
La première fois qu'il disparut, Melo avait été dévasté. Sûre de ne plus jamais pouvoir aimer, l'ordination sacerdotale lui sembla la meilleure des voies. Quand il revint, elle ignorait si elle lui en voulait ou non, jusqu'à ce qu'ils retrouvent en tête à tête.
Pour cette seconde fois, elle savait qu'il reviendrait. Ainsi, continua-t-elle à vivre. A présent, le doute la saisissait à nouveau. Etait-elle furieuse ? Etait-elle triste ? Etait-elle guérie de cette folie ?
En tout cas, elle refusait que des écrits viennent rompre cette nouvelle épreuve, peu importe l'issu.
Le coursier d'Adelene les conduisit à Seclin, lieu privilégié d'Adelene.
En sortant de la calèche, la rousse s'étira. Son dos la faisait terriblement souffrir. La douleur s'étendait et c'était extrêmement désagréable.
Allez-vous bien, Ma Dame ?
Son teint pâle trahissait sa gêne. Elle opina rapidement de la tête, comme pour chasser ce sujet.
Faites savoir à son Excellence que je suis là.
Melo pénétra dans l'abbaye d'un pas bien plus sûr qu'il ne l'était en vérité.
Dans le cloître, elle s'arrêta, les yeux tournés vers l'église. D'habitude, c'était le premier endroit où ses pieds se rendaient quand elle arrivait à destination... Comment pourrait-elle pénétrer en ce lieu saint en sachant qu'elle ignorait encore le choix de son cœur ? Comment le pourrait-elle alors qu'il était si près ?
La douleur la plia presque soudainement. Peut-être devrait-elle faire mander un médicastre ? Oh non, elle avait mieux à faire dans l'immédiat... Enfin s'il acceptait de la recevoir ! Sinon, elle irait en chercher un. En attendant, elle se contenta de se masser, comme elle pouvait à travers les épaisseurs de tissu, le bas du dos.
 _________________
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 2946 Localisation: Villa Catena
|
Posté le: Mar Mar 03, 2026 1:29 am Sujet du message: |
|
|
Les jours se succédaient dans une constance remarquable, sinon ennuyeuse. Heureusement que la prière occupait la majeure partie des journées d’Adelène, qui recouvrait chaque jour un peu plus d’énergie, grâce à son âge qui, quoiqu’il ne fût plus juvénile, lui assurait une certaine robustesse. En à peine une semaine, il avait pu soigner quelques infections, retrouver une verticalité exempte de vertige et, en prime, il avait repris quelques couleurs et quelques kilos. Pourtant, son visage restait bien émacié par rapport à ce qu’il avait été, et la peau de son visage n’était plus aussi laiteuse qu’auparavant. Le léger duvet qui dessinait les arêtes de sa mâchoire avait cédé la place à une pilosité plus marquée. Les yeux s’étaient un peu creusés, par en dessous, se cernant légèrement, mais suffisamment pour changer un regard.
Ce jour-là, lorsqu’il sortit de l’office, avant de se rendre au jardin où il avait coutume d’aller méditer et écrire, il traversa le cloître et… quelle ne fut pas sa surprise de faire une rencontre inattendue. Alors qu’il guettait chaque matin le courrier dans l’espoir d’une réponse de Mélo, voilà que c’était elle, en personne, qui venait d’arriver.
Le face-à-face fut brutal autant qu’inattendu. Tous deux s’observèrent un long moment, en silence. Adelène croyait à une nouvelle hallucination. Pourtant, ce qu’il voyait était encore plus vrai qu’un rêve. Tout était exactement comme il se l’était représenté chaque jour, chaque nuit, ces derniers mois, en mieux… À la seule différence d’un détail, minime, infime, qu’Adelène ne parvint pas à déterminer. Mais quelque chose avait changé, était différent.
Le suspense était si fort qu’Adelène aurait voulu ne point le briser et rester ainsi, à quelques pas, sans bouger, sans rien dire, juste à communier de la sorte, pour l’éternité, avec Mélo… Mais au bout d’un moment, craignant la gêne du silence et de l’immobilité, il s’approcha d’elle et ne sut que lui tendre les bras, généreusement, pour la serrer contre lui. Si elle était là, pensait-il, c’est qu’elle ne lui en voulait pas, du moins pas suffisamment pour ne plus vouloir le voir.
Pour autant, qu’adviendrait-il d’eux et de leur secret ? Accepterait-elle cette supplique, maintes fois prononcée par Adelène, de couper court à cette déraison ? Saurait-elle surmonter la passion pour reconstruire une nouvelle façon d’aimer, en toute pudeur ? À moins que ce ne soit lui qui cède à ses démons et à cette ivresse dont il avait tant abusé, par faiblesse et par amour… L’un saurait-il sauver les deux ? Les deux sauraient-ils se sauver ? Plongeraient-ils à nouveau, de concert, dans le lac de leurs perditions ?
Mélo…
Les lèvres d’Adelène ne surent que balbutier le prénom de cette visiteuse inattendue. Et, presque imperceptible, une petite larme succéda à ses paroles.
_________________
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Melo03

Inscrit le: 11 Sep 2020 Messages: 2905 Localisation: Castillon
|
Posté le: Mar Mar 03, 2026 12:08 pm Sujet du message: |
|
|
Quel choc !
Alors que son mental se préparait à le rejoindre, à rentrer en toute confiance dans une pièce privée et à lui montrer qu'elle tenait bon, Adelene débarqua sans crier gare face à elle. Le choc laissa rapidement place à la redécouverte.
Il avait fondu, ses traits... Par le Très Haut, le pêché lui créait tant de misères. Le cœur de Melo saignait de le voir ainsi.
L'immobilité, le silence, leurs regards brulants... c'était juste parfait. Mais chaque instant délectable doit avoir une fin.
Il le rompit donc en s'avançant de quelques pas, tendant les bras. Une invitation impossible à ignorer.
Qu'importe ce qu'elle aurait aimé dire, qu'importe ce qu'elle aurait aimé faire... Tout disparut à cet élan spontané. Ses mains tombèrent le long de son corps pour le rejoindre. Elle posa sa tête sur son torse émacié, respirant son odeur qui lui avait tant manqué.
C'était une étreinte douce, sans précipitation, amicale. Avec le piaillement des oiseaux, Melo n'entendait que son propre souffle.
Mon ami, comment vous semblez avoir souffert...
Une observation murmurée tandis qu'elle levait les yeux vers lui. Du bout du doigt, elle caressa sa joue émaciée et recouverte de poils indomptés. Eux aussi se demandaient ce qu'ils faisaient ici. La larme fut essuyée, geste maternelle, geste d'amour inconditionnel.
A cet instant, les interrogations et les décisions à venir la laissaient indifférente. Ils se retrouvaient, en toute simplicité.
Que se passera-t-il ensuite ? Personne n'en saura rien car, à ce moment là, la douleur arracha une grimace à l'évêque. L'impression qu'on la découpait lui coupa le souffle.
Elle se courba un peu, cherchant à atténuer l'élan dévastateur, s'agrippant à la bure d'Adelene comme à une bouée de sauvetage. Sourde au reste du monde, elle attendit que celui-ci passe, avant de se redresser en expliquant gênée :
Navrée, je ne me sens pas très en forme depuis quelques jours... J'espérai que cela passe... mais...
Quelques jours ? Ou quelques mois ? _________________
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 2946 Localisation: Villa Catena
|
Posté le: Jeu Mar 05, 2026 12:57 am Sujet du message: |
|
|
À peine avait-elle fait remarquer qu'il avait visiblement souffert qu'elle se tordit dans une sorte de douleur qui vint crisper jusqu'au moindre centimètre carré de son visage.
Parbleu, c'est vous qui souffrez à présent ! se contenta-t-il de rétorquer.
Il la saisit pour la tenir debout. Il pensa un instant, mais très brièvement, que cette réaction était peut-être émotionnelle. Mais il réalisa qu'il s'agissait d'un symptôme plus violent encore, et que Melo disposait de toute sa lucidité. Non, ce n'était pas son esprit qui était embrumé par une émotion, mais bien son corps qui était frappé d'une fièvre profonde et violente.
Mon amie, ne restez pas debout.
Il l'accompagna vers le banc le plus proche, où il l'assit. Puis il tira d'un ourlet de sa tenue un tissu de coton, brodé de ses initiales en lettres d'or, qu'il passa sur son front pour éponger quelques perles de sueur.
Vous avez le teint si pâle… Par pitié, dites-moi que ce n'est pas le fait de me revoir qui vous inspire un tel malaise…
Il aurait bien sonné pour qu'on vînt à la rescousse, mais l'abbaye était assez silencieuse et il craignait que personne ne vînt. Peut-être le trouble finirait-il par passer, du moins assez longtemps pour que Melo reprît ses esprits et suffisamment de force pour aller jusqu'aux cuisines prendre un verre et avaler un fruit, afin de se remettre en état.
Et puisque le temps leur était étrangement offert de jouir d'une telle proximité, inenvisagée, inespérée et, pour l'heure, inexpliquée, Adelène se laissa aller à quelques rêveries, dans un silence doux et apaisé. Son esprit s'évada tant qu'il ne réalisa même pas que sa main, qui tenait jusque-là Melo pour l'empêcher de s'évanouir, avait fini par ne plus soutenir son épaule : elle y dessinait désormais quelques arabesques tendres, qui devinrent une forme de caresse.
Il finit par effleurer son front, en dégageant quelques mèches qui, dans la situation, s'étaient décrochées et venaient encombrer les yeux de Melo. Et comme elle semblait avoir repris des couleurs, il sortit de sa rêverie, soulagé, pour s'enquérir de son état.
Vous sentez-vous un peu mieux ? Qu'est-ce donc que ce trouble qui vous assaille ? _________________
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Melo03

Inscrit le: 11 Sep 2020 Messages: 2905 Localisation: Castillon
|
Posté le: Jeu Mar 05, 2026 12:11 pm Sujet du message: |
|
|
Je souffre d'un mal qui passera très vite, après avoir vu un médicastre, tandis que votre âme, des mois durant, souffre des tourments que je vous inflige...
Déjà Melo se sentait mieux en marchant vers le banc. Cependant, depuis quelques heures, la douleur la tourmentait par vague, ainsi ne doutait-elle pas qu'elle reviendrait.
Son tissu lui essuya le front, ses doigts s'égaraient contre son épaule et ses yeux s'abandonnaient dans les siens. Que dire ? Que faire ? Soudainement, les mots lui manquaient. Soudainement, le temps semblait arrêter. Dans le cloître silencieux, au milieu d'une végétation bien entretenue, dans les murs reposants, elle se sentait bien mieux que nul part ailleurs.
Vous ne m'inspirez aucun malaise. Je n'avais qu'une crainte à votre retour, que vous refusiez de me voir, de converser... Si tout de notre...
Melo baissa la voix :
... affection ne peut être conserver, selon vos désirs, perdre votre amitié me serait fatale...
Franche, elle attendait sa réponse, effrayée.
Là encore, elle s'ignorait, ne donnait pas - pire : refusait - de donner son avis sur toute cette histoire. Que pourrait-elle dire de toute manière ? Qu'elle l'aimait ? C'était un euphémisme. Qu'attendait-elle finalement ? Qu'ils reprennent ? Qu'ils arrêtent ? Son cerveau, beaucoup plus sage que son cœur, lui criait de s'éloigner de lui, de prier et de se confesser face à toutes les pensées impures qui soudainement l'assaillaient rien qu'en le regardant. Et cette main qui exécutait une douce valse sur son épaule en parlait-on ? _________________
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Adelene Cardinal


Inscrit le: 08 Juil 2020 Messages: 2946 Localisation: Villa Catena
|
Posté le: Ven Mar 06, 2026 6:29 pm Sujet du message: |
|
|
Le cloître semblait suspendu autour d’eux, comme si même les oiseaux avaient retenu leur souffle. Les mots qu’elle venait de prononcer touchaient au point le plus fragile de son âme. Il baissa légèrement la tête, et ses doigts cessèrent un instant leur mouvement sur l’épaule, comme si la conscience de ce geste lui revenait soudain.
Mélo… jamais. Jamais je ne pourrais vous refuser mon amitié. Si je me suis éloigné… ce n’était point pour vous punir, ni pour vous fuir. C’était pour nous sauver. Ou du moins pour tenter de le faire.
Il esquissa un sourire triste.
Je craignais que nous ne soyons plus capables de discerner la voix du Très-Haut au milieu du tumulte de nos cœurs.
Ses yeux revinrent se poser dans ceux de Mélo. Ce regard qu’il avait fui pendant des mois lui semblait à présent aussi familier que dangereux.
Mais votre amitié… votre présence… sont des dons que je ne saurais rejeter. Si nous devons apprendre à nous aimer autrement, alors je vous en supplie… ne m’abandonnez pas non plus.
Au moment même où ces mots étaient prononcés, une nouvelle contraction sembla saisir Mélo. Adelène le vit aussitôt. Cette fois la douleur ne ressemblait plus à un simple malaise. Adelène fronça les sourcils. Quelque chose n’allait pas, c’était évident. Une idée, d’abord absurde, traversa son esprit. Il la repoussa aussitôt. Impossible.
Mélo… depuis quand souffrez-vous ainsi ? Ceci n’est point une simple indisposition. Mélo… dites-moi… cela vous arrive-t-il par intervalles ? Comme des vagues ?
Il ignorait encore la vérité.
_________________
 |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|