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L'Eglise Aristotelicienne Romaine The Roman and Aristotelic Church Forum RP de l'Eglise Aristotelicienne du jeu en ligne RR Forum RP for the Aristotelic Church of the RK online game 
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Ferecide

Inscrit le: 02 Mai 2016 Messages: 377 Localisation: Firenze Palazzo Arcivescovile / Rome - Villa Lante
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Posté le: Jeu Aoû 06, 2026 6:31 pm Sujet du message: [Iudicium] [FR] [90] Dissolution Beeky - Slystaline |
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| Citation: |
Rotae Romanae Tribunal
Saisine directe pour dissolution du mariage entre [Beeky] et [Slystaline]
Nous, [Yobteivos], en notre qualité de Préfet du Tribunal de la Rote Romaine,
Considérant la demande de dissolution du sacrement du mariage entre [Beeky] et [Slystaline] déposée le 04 Aoû 1474;
Considérant la recevabilité et la pertinence de la susmentionnée demande de dissolution du sacrement du mariage ;
Considérant que la question soulevée n'est pas particulièrement complexe et ne nécessite pas des investigations pour l'instruction du procès ;
Vu les canons 33, 42, 43 et 44 de la Section C, Partie IV, Livre IV du Code de Droit Canon ;
Saisissons directement le Tribunal de la Rote Romaine pour statuer sur la susmentionnée demande de dissolution du sacrement du mariage ;
Désignons comme composantes du Tribunal pour le procès [Puta_z_ryzmberka] en qualité de Président et les Auditeurs [layla.d.arkana] et [Gonzalo_valmont] ;
Fixons la date de la première audience au 10 Aoû 1474, avec un délai de 7 jours à compter de la date d'ouverture du procès pour la comparution des parties ;
Chargeons le Rapporteur [Ferecide] de convoquer les époux et les témoins au procès, leur transmettant une copie de cette ordonnance et leur indiquant le délai de comparution ;
Rappelons qu'en cas de défaut de comparution dans le délai imparti, le procès poursuivra par contumace et que seule dans ce délai les parties peuvent opposer une demande de récusation d'un des membres désignés du Tribunal.
Per Rotam Iustitia
Fait à Rome le 04 du mois de Aoû, de l’an de grâce MCDLXXIV, sous le Pontificat de Sa Sainteté Sixte IV.
Ettore Asburgo d'Argovia
Préfet du Tribunal de la Rote Romaine
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Dernière édition par Ferecide le Jeu Aoû 06, 2026 6:37 pm; édité 1 fois |
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Puta_z_ryzmberka

Inscrit le: 06 Sep 2022 Messages: 328 Localisation: Brno, Margraviate of Moravia
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Posté le: Jeu Aoû 06, 2026 6:35 pm Sujet du message: |
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Půta entra dans la salle d'audience. Il s'assit à sa place et prépara son nécessaire d'écriture. _________________
+ Půta Švihovský z Rýzmberka
Bishop of Litomyšl (Sine Cura)
First Auditor and Vice-Prefect of the Roman Rota
Liturgist of the Holy Office
Writer of the Holy Office
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Gonzalo_valmont....

Inscrit le: 20 Aoû 2021 Messages: 339 Localisation: aragon
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Posté le: Jeu Aoû 06, 2026 6:39 pm Sujet du message: |
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Gonzalo est entré dans la salle du tribunal et a attendu le début du procès. _________________
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Ferecide

Inscrit le: 02 Mai 2016 Messages: 377 Localisation: Firenze Palazzo Arcivescovile / Rome - Villa Lante
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Posté le: Jeu Aoû 06, 2026 6:45 pm Sujet du message: |
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Après s'être assuré que les convocations avaient bien été envoyées, Mgr Ferecide entra dans la salle d'audience et salua les juges déjà présents. _________________
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Beeky d'Apperault

Inscrit le: 22 Sep 2008 Messages: 133 Localisation: Flandres
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Posté le: Jeu Aoû 06, 2026 7:18 pm Sujet du message: |
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Sitôt la convocation reçue, la dame se présenta dans la salle où se tiendrait l'audience. Elle savait quoi faire et quoi dire car il n'y a pas si longtemps, elle avait fait la même démarche mais avait finalement laissé une seconde chance à son époux.
Cette fois, il n'y en aurait pas une troisième aussi, c'est d'un pas déterminé mais l'esprit tranquille et sourire aux lippes qu'elle se présenta devant la cour.
Lorsque l'amour est mort, les enjeux ne sont plus qu'administratifs.
Éminents membres du Tribunal de la Rote romaine, que le bon jour vous soit donné.
Elle enchaîna sans attendre.
Je suis la vicomtesse d'Attigny, Beeky d'Orlach de Kastell et je comparais devant vous à fin de mettre un terme définitif à l'union qui me lie encore au comte d'Ypres, dict Slystaline. _________________  |
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slystaline
Inscrit le: 16 Sep 2015 Messages: 6
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Posté le: Jeu Aoû 06, 2026 9:33 pm Sujet du message: |
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| Arrive comme convenu. Salue les membres de la Rota. Prend place. |
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Puta_z_ryzmberka

Inscrit le: 06 Sep 2022 Messages: 328 Localisation: Brno, Margraviate of Moravia
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 7:45 am Sujet du message: |
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Půta rapprocha de lui son nécessaire d’écriture et regarda les personnes présentes.
"Avant le début de cette audience, je voudrais vous demander de prêter serment sur le Livre des Vertus dans les termes suivants : "
| Citation: |
Moi, X, je jure solennellement sur le Livre des Vertus devant ce tribunal, devant le Dogme Sacré de l’Église Aristotélicienne, et devant le Très-Haut qui veille sur moi et me juge, que tout ce que je dirai est la vérité et rien que la vérité, sans aucun mensonge ni réticence, et que je ne cacherai rien à ce tribunal afin qu’il fasse triompher la Sainte Vérité. Si je contreviens à ce serment, que mon âme soit éternellement damnée dans l’enfer lunaire.
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_________________
+ Půta Švihovský z Rýzmberka
Bishop of Litomyšl (Sine Cura)
First Auditor and Vice-Prefect of the Roman Rota
Liturgist of the Holy Office
Writer of the Holy Office
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Beeky d'Apperault

Inscrit le: 22 Sep 2008 Messages: 133 Localisation: Flandres
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 10:11 am Sujet du message: |
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La vicomtesse ne se fit pas prier pour jurer sur le livre saint. Elle tendit la main et la posa délicatement sur le recueil des saintes écritures, un doux sourire illuminant son visage.
Moi, monseigneur Beeky d'Orlach de Kastell, je jure solennellement sur le Livre des Vertus devant ce tribunal, devant le Dogme Sacré de l’Église Aristotélicienne, et devant le Très-Haut qui veille sur moi et me juge, que tout ce que je dirai est la vérité et rien que la vérité, sans aucun mensonge ni réticence, et que je ne cacherai rien à ce tribunal afin qu’il fasse triompher la Sainte Vérité. Si je contreviens à ce serment, que mon âme soit éternellement damnée dans l’enfer lunaire. _________________  |
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slystaline
Inscrit le: 16 Sep 2015 Messages: 6
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 3:19 pm Sujet du message: |
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Marmoréen, il fit de même. Paume de la dextre posée sur le Livre des Vertus.
Moi, Sly Staline d'Ypres, je jure solennellement sur le Livre des Vertus devant ce tribunal, devant le Dogme Sacré de l’Église Aristotélicienne, et devant le Très-Haut qui veille sur moi et me juge, que tout ce que je dirai est la vérité et rien que la vérité, sans aucun mensonge ni réticence, et que je ne cacherai rien à ce tribunal afin qu’il fasse triompher la Sainte Vérité. Si je contreviens à ce serment, que mon âme soit éternellement damnée dans l’enfer lunaire. |
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Puta_z_ryzmberka

Inscrit le: 06 Sep 2022 Messages: 328 Localisation: Brno, Margraviate of Moravia
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 3:40 pm Sujet du message: |
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Půta attendit que les deux époux aient prêté serment, puis porta son attention sur eux.
"Lors de la précédente procédure, vous aviez décidé de retirer votre demande de dissolution du mariage et de tenter de poursuivre votre vie commune. Je vous prie d'exposer au Tribunal ce qui s'est passé entre vous depuis lors, de quelle manière vous avez tenté de préserver votre mariage et ce qui vous a finalement conduits à présenter cette nouvelle demande." _________________
+ Půta Švihovský z Rýzmberka
Bishop of Litomyšl (Sine Cura)
First Auditor and Vice-Prefect of the Roman Rota
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Beeky d'Apperault

Inscrit le: 22 Sep 2008 Messages: 133 Localisation: Flandres
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 5:02 pm Sujet du message: |
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La vicomtesse écoute le cardinal et son sourire s'efface lorsqu'il évoque sa précédente démarche qu'elle avait fini par suspendre. C'était une décision forte qu'elle avait prise parce que son époux était en fâcheuse posture à l'époque, accusé de faits graves qui auraient pu lui coûter ses titres. Elle avait pris ce risque pour sauver leur mariage au moment où son époux avait le plus besoin de soutien. Aujourd'hui, elle ne ferait plus marche arrière même si la tourmente était loin derrière eux.
Avant toute chose, je tiens à préciser que cette fois je suis résolue à aller jusqu’au bout de ma démarche de dissolution. Le dict Slystaline a dépassé les limites de l’acceptable dans le cadre d’une union où le respect de son conjoint doit être une composante fondamentale. Lors de ma première venue devant la Rote romaine en mai dernier, j’avais accordé une dernière chance à cet homme, afin qu’il reste mon époux mais il n’a pas fallu longtemps pour que je déchante.
Voici ce qui motive désormais irrévocablement ma démarche.
Je l’avais informé que je serai en retraite durant les deux mois d’été pour me reposer après avoir siégé deux mandats de suite au sein du conseil comtal. Cependant, je passais de temps à autre dans notre résidence commune et il pouvait me contacter aisément s’il souhaitait me voir - ce qu’il n’a pas fait -.
Ouvre une parenthèse afin de replacer les choses dans leur contexte.
Ce qu’il faut savoir c’est que trois années auparavant et durant l’une de mes retraites, il a entretenu une relation extra conjugale pendant plus d’un mois avec une femme mariée. Cependant lorsque je suis revenue au monde, il m’a avoué sa faute, il a rompu le jour même et j’ai fini par pardonner et même oublier cet épisode navrant. Je pensais sincèrement que le renouvellement de nos vœux de mariage marquerait la renaissance de notre union, qu’une seconde chance de vivre un amour absolu s’offrait à nous et le 21 avril 1473, la naissance de notre petite Hermina fut le fruit de ce nouveau départ.
Il a rompu cette liaison mais depuis, il a toujours farouchement pris le parti de cette épouse infidèle alors même qu’elle menait une vie dissolue, semait le trouble et la discorde partout où elle passait et tenait à mon égard des propos peu aimables et terriblement agressifs en place publique. Elle révéla ainsi mon infortune dont le royaume entier fut au courant par le biais d’un journal édité à grande échelle. Sans doute le résultat d’une rancœur tenace d’une femme éconduite par son amant et que j’ai dû supporter plusieurs mois sans pouvoir compter sur le soutien moral de mon époux, hélas... Fort heureusement, j’ai la chance de n’avoir de mémoire que pour les choses essentielles et comme nous ne parlions plus d’elle au sein de notre couple, qu’elle et son mari furent finalement chassés de Flandres, notre cher comté fut débarrassé de ces indésirables et la vie put reprendre son cours.
Malgré tout, j’avais constaté qu’à mon retour de cette retraite le caractère du dict Sylstaline avait foncièrement changé. Je m’en étais expliqué devant la Rote romaine, début juin de cette année. Pour résumer, il avait perdu son humour, sa drôlerie qui faisait son charme, car naguère il savait être mordant avec ses adversaires politiques tout en restant sympathique. Depuis trois ans, il est souvent de méchante humeur en public, vindicatif, sombre et empli de colère, d’une colère obsessionnelle qui le ronge, le domine et l’aveugle. Finalement, ce ressentiment exacerbé s’est peu à peu immiscé dans notre couple, dans notre entourage proche et cette nouvelle facette de sa personnalité a littéralement pourri notre relation au poinct que j’avais entrepris de dissoudre notre union.
Voilà pour le rappel du passif qui expliquera le pourquoi de ma deuxième démarche alors que j’avais encore laissé une nouvelle chance à notre mariage.
La vicomtesse ferme ainsi la parenthèse et le décor étant planté, elle reprend le fil de son récit.
Aujourd’hui ce sont d’autres faits que je déplore...
Cette fois-ci ; il a fallut moins de trois semaines après mon départ en retraite pour que la briseuse de ménage revienne en Flandres, avec son mari. Le dict Slystaline est le chancelier flamand (responsable de la diplomatie) et cette femme s’est fait nommer par la Bretagne comme ambassadrice auprès de notre comté, malgré son statut de Persona Non Grata chez nous - ce qui rend cette nomination pour le moins incongrue -. Outre cela, sa nationalité bretonne dans un contexte de guerre avec la France et la mise en garde du comte de Flandres lui-même, lui mandant de ne pas venir, étaient trois obstacles majeurs qui auraient dû arrêter cette amante éconduite. Peu importe, obstinée, elle et son mari ont quand même franchi nos frontières.
J’évoque ces faits pour dire que cela troubla nos proches mais fut diversement ressenti au sein du conseil comtal. Ce qui choqua le plus, c’est le manque de réserve du dict Slystaline dans le cadre de ses fonctions de chancelier, nouant une correspondance diplomatique avec cette femme qui n’aurait pas dû glisser vers l’évocation de leur « intimité ». Ce fut aussi sa déposition comme témoin lors du procès du comté versus cette femme où, hors sujet, il passa plus de temps à la défendre désespérément plutôt qu’à argumenter sur le fond du dossier.
Ce sont nos amis qui m’ont fortement conseillé de quitter le monastère pour constater par moi-même le comportement de l’homme qui m’a épousée devant le Très-Haut et les hommes. Il ne m’a pas fallu plus de deux jours pour prendre connaissance de moult éléments allant tous dans le même sens.
En effet :
• J’ai découvert que sa posture, ses écrits et ses prises de paroles étaient totalement inappropriés pour un homme marié.
• J’ai découvert qu’il avait choisi de défendre publiquement les intérêts de cette femme infidèle lors de son procès alors qu’il avait été appelé à la barre par l’accusation, au titre de chancelier de Flandres.
• Mais j’ai constaté qu’il la défendit aussi et surtout en rappelant sa liaison avec elle et pour comble d’indélicatesse, les minutes furent affichées en gargote par les soins de la dicte femme. S’il restait encore des gens à ignorer cette liaison scandaleuse, il n’y en a plus en Flandres...
• Ensuite, il a choisi de la fréquenter assidûment en taverne, en tête-à-tête, et bien évidemment cela s’est su et fut colporté avec moult commentaires.
• Il a aussi choisi d’entretenir une correspondance « diplomatique » très déplacée et sans équivoque avec elle dont j’aye eu connaissance, comme beaucoup de gens.
Était venu le moment d'exprimer son ressenti, de dire combien elle avait été déçue et de résumer tout ce qui l'avait menée à mettre un terme à son mariage.
Cet homme a donc délibérément fait le choix de privilégier ce qui comptait le plus à ses yeux et à mon détriment, à savoir ; prendre parti pour servir les intérêts de cette femme avec laquelle il a fauté. S’afficher publiquement de la sorte est tout bonnement inacceptable de la part d’un homme marié dont l’épouse se tue à sauver leur union depuis trois ans, alors que d’autres dans cette situation auraient renoncé depuis longtemps.
Lorsqu’un conjoint ne montre aucun respect vis-à-vis de celle qu’il a épousé, sitôt qu’elle a le dos tourné, en faisant publiquement état de sa liaison coupable alors que rien ne l’y obligeait, lorsqu’en plus il défend ouvertement celle avec qui il a fauté alors qu’elle est indéfendable, lorsqu’il s’affiche seul avec elle en taverne, lorsque ses écrits sont sans équivoque, j’estime légitime de mettre un terme à cette mascarade de mariage où l’amour est absent, le respect inexistant et l’engagement marital lamentablement piétiné. Choisir délibérément au profit d’une femme mariée avec laquelle il a eu une liaison qui a fait grand scandale, de sacrifier la dignité, l’honneur et la fierté de celle qui est son épouse, qui lui est fidèle depuis 10 ans, qui a porté ses enfants et les a mis au monde dans la douleur, c’est insultant, indigne d’un mari et équivaut à une nouvelle trahison de sa part.
Je vous en conjure, vos Éminences, délivrez-moi de cette union. J’ai épuisé mes dernières forces pour la sauver durant ces trois dernières années. J’ai fort naïvement pensé qu’en donnant une deuxième chance à notre mariage, nous débuterions une nouvelle vie où l’on prendrait enfin soin l’un de l’autre, mais le résultat est un lamentable échec. L’on me dit que j’ai été bien trop patiente tout ce temps mais je l’aimais, piètre défense de ma part, me direz-vous... Mais à force de trahison, je n’ai plus aucun sentiment amoureux pour cet homme. Dorénavant, je ne ressens pour le dict Slystaline que du mépris et je ne lui accorde plus aucune confiance, tout comme nos proches qui ont su me soutenir dans cette épreuve, déçus eux aussi par son attitude inexcusable.
Voilà, poinct elle ne s’était appesantie plus que nécessaire dans sa déposition mais l’essentiel y était. Il ne s’agissait poinct d’énumérer moult griefs par le menu - ce qui aurait été fort désagréable - mais juste de faire comprendre à la cour à quel poinct ce mariage n’avait plus vocation à perdurer. Une fois la dissolution prononcée, cet homme ferait ce qu’il voudrait de sa vie et elle n’aurait plus à en subir le poids.
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slystaline
Inscrit le: 16 Sep 2015 Messages: 6
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 9:30 pm Sujet du message: |
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Il ne laisse transparaître aucune émotion pendant l'exposé d'Attigny, puis se lève et donne son point de vue.
Avant toute chose, je signale à la Rota que j'accepte cette dissolution, et que j'en prends les torts.
Je suis conscient d'avoir blessé la Vicomtesse Beeky.
Je regrette juste… Qu'à son retour de retraite, les quelques fois où j'ai pu la voir et que je lui ai proposé de parler en tête à tête… Elle m'ait ignoré. À aucun moment elle n'a évoqué le sujet avec moi. Elle a continué une conversation superfétatoire avec des tiers, allant même jusqu'à affirmer devant ces tiers « qu'elle m'aimait ». Alors que d'après ce qu'elle vient d'expliquer…
Elle est sortie de retraite pour me convoquer devant vous. Pour enquêter de son côté. À charge. Sans prendre le temps d'écouter ma version.
C'est ainsi… Elle a accordé plus d'importance à ses amis bien intentionnés qui lui ont écrit pour la faire sortir de retraite et pour lui raconter mes agissements, que de temps à chercher à comprendre pourquoi j'ai agi de la sorte.
C'est dans sa façon de fonctionner.
La Vicomtesse Beeky est en effet très attachée à sa position dans l'ordre social, à son image au sein de l'environnement du Royaume. Elle considère que cette image a été écornée par ma faute.
En effet, elle a souffert publiquement de cette liaison ancienne. Elle l'a vécue comme une humiliation… Et pourtant, elle a eu la force et l'amour à l'époque… De pardonner.
Et là… Elle me voit reparler à cette femme. La défendre… Et en public qui plus est.
Si elle avait pris le temps de m'accorder autant de temps qu'elle en a accordé à ses amis qui l'ont sortie de retraite pour lui rapporter mes mauvais agissements… De ses amis qui la soutiennent à présent, et partagent avec elle ce sentiment de mépris à mon égard… Ce que je lui aurais dit peut se résumer en la phrase suivante.
Je refuse le sacrifice d'un bouc émissaire pour des cas de rivalité mimétique.
Je vais toutefois développer un peu plus mon point de vue.
Je refuse que des gens soient voués aux gémonies, condamnés à mort, exclus, pour des choses qu'ils auraient commises, dont nous n'avons de preuves… Que la rumeur. Que la réputation.
À l'époque, la Vicomtesse Beeky a fait partie du Conseil qui a mis la femme en question et son époux en Persona Non Grata. Qui a coulé leur navire. Qui les a poutrés avec une armée.
À ce moment-là… Elle pouvait être de bonne foi… Croire en leur culpabilité.
Oui, mais voilà…
Il a été démontré que les informations qu'ils auraient livrées… Pour les accuser… Avaient été livrées par d'autres. Par Alix du Vivier, feue la Reine Zulma avait apporté ces faits à la connaissance de tout un chacun.
Et cela… La Vicomtesse Beeky le sait.
Malgré tout, elle persiste dans sa vision du monde comme quoi
| Citation: | | elle et son mari furent finalement chassés de Flandres, notre cher comté fut débarrassé de ces indésirables et la vie put reprendre son cours. |
Pour moi, cette décision… Était une faute morale à partir de ces nouveaux éléments. Pour la Vicomtesse Beeky… Elle demeurait une bénédiction. Paraît qu'il faut être capable de dîner avec le diable… Mais avec une longue cuillère… Que c'est une métaphore de certains rapports de la noblesse. Que parfois la fin "la paix sociale" justifie les moyens "dégager des fâcheux dont personne ne veut".
Il y a donc un conflit de valeurs. Le genre de conflit insoluble.
Car un homme doit avoir un code. Une ligne de conduite. Quoi qu'il m'en coûte, même si ça me détruit… Même si ça m'isole… Même si ça me transforme en bouc émissaire, en mouton noir, en brebis galeuse pour autrui.
Je ne peux renoncer aux principes qui sont les miens.
Voici mon témoignage fait récemment au tribunal de Flandres. Vous aurez ainsi l'élément incriminé.
| Citation: | Bonjour à tous. Je suis Sly d'Ypres, Chancelier des Flandres et je viens car j’ai été appelé à témoigner.
Comme j'ai été appelé à le faire… Je vais donc témoigner. Je ne prétends pas détenir la vérité. Il y a un proverbe des mystiques orientaux selon lequel la vérité est un miroir brisé, et chacun en possède un morceau. Paraît que ça vient des Soufis. Je les respecte profondément. Et comme j'ai été appelé à témoigner, voici mon témoignage. D’où je suis. Avec les valeurs qui sont les miennes et le morceau que je possède.
Le 21 juillet, à la Tour Sainte-Catherine, j'ai reçu un courrier de SE Maryah de la Libertad, Consul du Grand-Duché de Bretagne, chargée des Provinces du Nord, m'informant de son souhait de venir en Flandres, dans le cadre d'une visite d'ambassade.
J'en ai référé à notre Comte, Sa Grandeur Guéguen, responsable de la diplomatie de notre Province, et cela au sein du Conseil de Flandres. Car c’est la procédure normale. D’autant que SE Maryah et son époux Diego sont inscrits sur la liste « Persona Non Grata ». C’est une décision administrative, prise, ou plutôt rappelée, l'année dernière au mois d'avril sous le mandat d'Illi, alors Comte de Flandres. Aucun des quatre Comtes qui ont succédé à Illi n’est jamais revenu sur cette décision.
La toute première mise en statut PNG a été faite par la Comtesse Sidonie le 26 décembre 1472… Cette inscription faisait suite… Les Flandres étaient alors sous la loi martiale, au coulage du foncet du couple. Puis à leur poutrage par les armées flamandes. Ces décisions avaient été justifiées publiquement dans une annonce par la Comtesse Sidonie de la façon suivante :
| Citation: | | « Le propriétaire du bateau [Diego] est venu réclamer explications au Chêne Comtal le lendemain. Dans ses explications, et dans celles de sa femme, la mention aux navires flamands coulés fut faite, faisant là aveu de leur implication dans cet acte de piraterie, si ce n'est en prenant par eux-mêmes à la manœuvre, en divulguant des informations sensibles aux ennemis. Le lien était fait, sous leurs aveux. » |
J’étais l’armateur du Sleeky. L’un des deux bateaux coulés lors de cet acte de piraterie. C’est pour cela que j’ai été particulièrement attentif à tout cela…
Et il se trouve que dans une déclaration faite par feue Zulma, de mise en trahison d’Alix du Vivier, faite cette année, en février 1474, soit treize mois après les évènements, nous en apprenions plus sur la responsabilité réelle dans toute cette histoire. Pas les Corielo ; qui n’avaient aucun moyen de savoir ce qu’il se passait sur les mers. Mais des informations précises données par Alix du Vivier, preuve à l’appui.
La déclaration de la Reine est ici :
https://forum.renaissancekingdoms.com/viewtopic.php?t=2554169&_ga=2.132701902.1535206569.1784469146-43596427.1783353777
Alix a transmis les éléments suivants à Justinian de l’One :
| Citation: | Le Prince Noir : Try to get as much information from him as possible.
Especially the main question:
If we are going to be attacked on water where is the Royal fleet?
Alix transfère une discussion entre Azharr et Lysiane qu’Azharr lui a transmise parce qu’il avait la flemme de tout recopier.[…]
Azharr : Mais axe sur le fait qu'il va y avoir une attaque navale imminente de ONE contre notre flotte quoi
Lysianne: ma flottille tu veux dire. Je vais en prendre plein la tronche
Il faut que Alix sorte ses caraques de la Rochelle si elle pouvait escorter Gondicaire ça nous ferait gagner du temps et mes navires resteraient à surveiller la Manche il est à 3 jours de Brest donc proche du Poitou
Azharr : l'escorter dans les Flandres ? Mais ça prendrait trop de temps non ?
Lysianne : mais bon, ce qu'on fait en 48h il va leur falloir une semaine. Non si il attaque le 20 on est dans les temps et Gondicaire peut nous ravitailler je peux récupérer Armanda et Brandon qui font du pain.
Azharr : le fait de contourner toute la Bretagne m'inquiète un peu.
Lysianne : pour le moment je ne pense pas que ça craigne vraiment mais faut faire vite 3 caraques ce serait bien, elles nous rejoindraient dans la Manche tout en escortant l'amiral Gondicaire qui les aiderait (…)
On serait donc à 14 caraques de guerre 15 avec le Soleil Royal
Alix, transférant également à Justinian sa réponse faite à Azharr juste après que ce dernier lui ait partagé l'échange avec Lysianne : Ok mais ça ne va pas être possible ça |
Et
| Citation: | | Les conséquences de la trahison d'Alix du Vivier n'ont pas seulement eu de répercussions diplomatiques : le royaume de France a perdu nombre de navires de guerre et de plaisance, et plus encore de marins et de civils coulés, noyés. Alix du Vivier a sa part de responsabilité dans toutes ces vies perdues en livrant les stratégies et effectifs français, allant même jusqu'à juger ses propres hommes comme sacrifiables. |
Et
| Citation: | Citation:
(daté du 8 novembre 1472)
Citation de Merer (du même jour) : On serait entre 22 et 28 caraques de guerre en tout
Alix : Ça vient de Merer
j'ai une autre solution au pire
je mets Jordin dans le bateau de Zarmax il pourra vous donner la position et même si vous le coulez ça ne sera pas grave il n'aura pas grand chose sur lui
Le Prince Noir : It's a battle carrack?
Alix : oui bien sûr
Le Prince Noir : Talk with Merer who are these 22-28 battle carracks?
Do it. |
[b]Suite à ces informations, Alix du Vivier a été inscrite sur la liste des Traîtres, Ennemis et Félons à la Couronne de France. Les époux Corielo n’y figurent pas…
Et les preuves sont venues confirmer mes impressions de l’époque, impressions que j’avais données à la Comtesse Sidonie dans un courrier envoyé quelques jours avant le poutrage des Corielo … Le 10 décembre 1472, avant le coulage. Le poutrage. La mise en PNG.
Voici une copie de cette lettre :
| Citation: | […]À Sidie Date d'envoi Le 10 Décembre 1472 à 07h47
Objet Re: Pour la Justice
Le bonjour à vous, Votre Grandeur,
[…]
Les propos tenus par Diego sous le chêne m'ont été rapportés. Le chêne... Un endroit d’expression autant qu’un endroit théâtral. Expression et théâtre sont profondément liés, « la comedia del arte ». En tout cas au chêne comme dans la vie en général, chacun joue un rôle. On joue pour soi-même, pour faire passer un message à un protagoniste ou un antagoniste pour le convaincre ou le confronter. On joue aussi pour les tiers « spectateurs », une façon de prendre à partie. On joue avec plus ou moins d'affectation, plus ou moins de sincérité.
Finalement le chêne est la réification de la société du spectacle qu’est devenu le monde. Et dans la société spectaculaire, le vrai est un moment du faux. Les différents acteurs de cette pièce, Diego, Maryah, vous-mêmes avez dit des vérités, des interprétations de faits, des propos erronés par un filtre. Tout le monde y est biaisé.
Je vais vous donner ma vision des choses. Forcément une vision biaisée également. Je suis navré de faire aussi long alors que vous avez tant à faire, mais je crois que tout cela mérite un développement pour que vous puissiez vous faire votre propre avis, en ayant plus d’informations avant de prendre une décision.
En février dernier, j’ai entretenu une liaison avec Maryah qui était juge des Flandres. Sa capacité d’analyse, sa vivacité d’esprit, son intelligence, sa maîtrise de la stratégie m’ont subjugué. Une idylle est née.
Elle n’aurait pas dû naître cette idylle. Elle a fait du mal à Diego qui était alors un soldat de l’armée flamande, donc mon frère d’armes. Elle a fait du mal à mon épouse. Elle a fait du mal à Maryah. Elle m’a fait du mal. Nous avons mis un terme à cette relation pour ne pas en faire encore plus… Du mal.
Parce qu’on aimait nos conjoints même si la vie, cette salope, nous en avait pendant des mois éloignés, que ce soit physiquement ou mentalement. « Love will tear us apart »*
Nous avons décidé de mettre fin à cette relation pour ne pas faire plus de mal encore, et de le dire à nos conjoints car nous estimions que c’est ce qui est honnête de faire par respect pour eux. Les Corielo sont partis suite à cela. Avec Beeky alors que je pensais nous perdre, nous nous sommes retrouvés… et avons eu d’autres projets. D’autres horizons. Dont la construction d’un nave.
J’en viens « enfin » à ce qui vous intéresse : à l’attentat que nous avons subi.
Quelques temps après celui-ci, Diego m’a en effet écrit pour le revendiquer… Expliquant que la vengeance était un plat qui se mangeait froid… Que j’avais qu’à pas avoir fait du mal à tout le monde… Que j’avais qu’à pas le trahir alors que nous étions frères d’armes.
Diego a écrit cela. Je n’ai pas archivé ce courrier, je ne l’ai plus, le courrier a disparu. Mais s’il devait ressortir parce que quelqu’un l’a subtilisé, je serais à même de confirmer son authenticité ou de l’infirmer si des éléments devaient avoir changé.
Il a écrit être le commanditaire de l’attentat. Mais l’était-il vraiment ?
Ou a-t-il saisi une opportunité pour « enfoncer le couteau dans la plaie » pour me faire du mal ? Si Diego est un type roué, madré comme peu, s’il sait cultiver des réseaux avec des gens peu recommandables, il n’est pas omniscient.
Ce n’est pas Poséidon le dieu des mers et il était sur terre au moment M, à des centaines de lieues.
Avant notre départ de Valladolid, mes compagnons et moi-même ne donnions nos positions exactes à personne. Je n’avais pour ma part même informé personne que le bateau était terminé, que nous avions repris les flots, on avait même tenté de faire accroire qu’on allait finalement rentrer par la terre pour éviter tout souci.
Je ne vois pas comment c’était matériellement possible pour Diego, si loin de là, de connaître nos positions.
Par contre, ce que je sais capable de faire… Car il est madré et créatif dans la connerie, c’est de raconter un énorme bobard pour me faire du mal. Et de l’inventer très rapidement ce bobard, car il est… « créatif dans la connerie », et assez aveuglé par sa haine pour croire que c’était une bonne idée de s’amuser de cette façon-là en temps de guerre.
Car le courrier vengeur… Je l’ai reçu après l’attentat. Quand cet attentat était connu de l’Amirauté française, de la Royauté…
Pour moi la vérité quant à cet évènement, nous la connaissons vous comme moi. Une partie d’échec entre Justinian et Lysianne les deux rois. Gondicaire est - il n’aimerait pas cette comparaison - « la dame » de Lysianne alors que Justinian pensait qu’il était hors du jeu par rapport à d’anciens accords qu’ils avaient ensemble. Quand Justinian a appris qu’il était dans la partie, chez les blancs et pas chez les noirs… Il a essayé de tuer la dame. Il n’y est pas parvenu. Il s’est vengé sur nous… Un pion proche de la dame pour passer un message à celle-ci.
Diego n’a rien à voir dans cette partie. Est-il lui aussi dans la partie une pièce, un pion, un fou, mais des noirs ? Peut-être. Peut-être pas. Mais si la seule raison et l’unique pour le croire est cette triste histoire… Nope. En ce cas il est innocent. Le désigner comme bouc émissaire serait une faute morale.
Force et courage à vous dans tout cela.
Sly |
Depuis, Alix du Vivier a été inscrite sur la liste des Traîtres, Ennemis et Félons à la Couronne. Les époux Corielo, eux, n'y figurent toujours pas.
*un silence, il regarde Maryah*
Mais revenons au présent.
Le statut de Persona Non Grata, dans un "Arrêt de règlement concernant le bannissement et les personae non gratae", est défini ainsi :
| Citation: | | Le statut de Persona Non Grata n'est pas un jugement. Il ne peut donc être assimilé à une peine de bannissement ni à une peine d'inéligibilité. C'est pourquoi ce statut n'est pas un fait suffisant pour mener à l'ouverture d'un procès. |
A lui seul il est insuffisant pour condamner les prévenus.
L’élément le plus important justifiant la décision de refus d’entrée sur le territoire a été rappelé par le Comte Guéguen. Maryah et Diego Corielo sont des Bretons. Et depuis une annonce de feue Sa Majesté Zulma en date du 08/01/1474, confirmée et précisée par une annonce de Sa Majesté Inès, les Bretons ne sont pas autorisés à circuler sur les terres de France, sauf s’ils ont un sauf-conduit.
Un débat a été mené au sein du Conseil des Flandres quant à la décision à prendre, compte tenu de ces éléments.
Et le Comte a pris une décision prenant en compte l’ensemble des éléments : refuser l’accès au territoire.
Es qualités de Chancelier des Flandres, j'ai ainsi rédigé et envoyé un courrier le 25 juillet pour informer Son Excellence de cette décision que j'ai synthétisée de cette façon : "du fait de l'annonce de feue Zulma, confirmée par la Reine Inès, les Bretons ne peuvent pas venir sur le territoire français. Le commerce est interdit. Le Comte estime que, de ce fait, les traités avec la Bretagne sont également suspendus."
Maryah et Diego étaient à Tournai le 27 juillet.
J’ai dit tout ce que j’avais à dire. |
La Vicomtesse Beeky voit en ce témoignage un homme qui défend encore sa maîtresse et j'en suis profondément désolé. Mon intention n'était pas de la blesser.
Je me suis exprimé en homme, attaché à ces principes qui refusent de laisser une femme servir de bouc émissaire parce que cela arrange tout le monde.
Mais aussi en Chancelier dans l'exercice de ses fonctions, en rappelant la décision du Comte de Flandres.
La Vicomtesse Beeky y voit dans mon comportement une posture inappropriée, j'y vois l'application de mon code. Je vis avec. Je mourrai avec.
Il se tourne vers sa future ex femme
J'ai fait quelque chose qui vous a blessée. Je l'assume. Je regrette cependant de vous avoir blessée. J'aurais préféré qu'il en soit autrement. Mais.. Avec le morceau du miroir soufi que j'avais en main, je n'aurais pas pu agir autrement. Comme vous ne pouvez faire autrement. Nous sommes chacun prisonniers de nos déterminismes
Dernière édition par slystaline le Lun Aoû 10, 2026 9:52 pm; édité 4 fois |
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Puta_z_ryzmberka

Inscrit le: 06 Sep 2022 Messages: 328 Localisation: Brno, Margraviate of Moravia
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Posté le: Lun Aoû 10, 2026 9:40 pm Sujet du message: |
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Půta prit quelques notes avant de reprendre la parole.
"Vous avez tous deux évoqué, chacun de votre point de vue, la période qui a suivi la précédente procédure.
Je souhaiterais toutefois que vous précisiez au Tribunal un point : quelles démarches concrètes avez-vous entreprises, l'un et l'autre, afin de tenter de préserver votre mariage après le retrait de votre précédente demande ?
Monsieur, vous avez notamment indiqué avoir souhaité vous entretenir en tête-à-tête avec votre épouse à son retour de retraite. Madame, pourriez-vous également nous préciser ce qu'il en a été de votre point de vue ? " _________________
+ Půta Švihovský z Rýzmberka
Bishop of Litomyšl (Sine Cura)
First Auditor and Vice-Prefect of the Roman Rota
Liturgist of the Holy Office
Writer of the Holy Office
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Beeky d'Apperault

Inscrit le: 22 Sep 2008 Messages: 133 Localisation: Flandres
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Posté le: Mar Aoû 11, 2026 10:18 am Sujet du message: |
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Elle écoute à son tour et ne peut s’empêcher d’arquer un sourcil de temps à autre, parce que ce qu’elle entend est loin d’être la réalité des faits. Cependant, elle reste stoïque et se contente de rectifier quelques points, pas tous, cela serait trop fastidieux…
Vos Éminences, j’ai juré de dire la vérité, toute la vérité et aucun mot sorti de ma bouche n’est mensonge. Il me semble donc important de rectifier ce qu’affirme le dict Slystaline qui semble interpréter les faits plutôt que les relater fidèlement.
Et la dame de prendre une grande inspiration et de remettre les points sur les I en racontant la scène dont elle avait encore un souvenir vif.
Lorsqu’il dit « Je regrette juste… Qu'à son retour de retraite, les quelques fois où j'ai pu la voir et que je lui ai proposé de parler en tête à tête… Elle m'ait ignoré ». Non, cela ne s’est absolument pas passé ainsi.
Un soir, alors que j’étais encore en retraite et que je n’avais aucune intention d’en sortir, je suis passée rapidement en taverne pour saluer le comte de Flandres, quelques uns de ses amis et le dict Slystaline. J’étais en train de papoter tranquillement quand soudain il a voulu me parler en privé. Ce qu’il avait à me dire avait l’air d’être peu agréable et j’ai refusé de m’isoler avec lui. Je n’ai d’ailleurs pas pu rester longtemps et lorsque j’ai quitté la taverne, j’ai dit « je vous aime, le reste on s’en fiche » ou quelque chose d’approchant. J’ai refusé parce que je n’avais aucune envie de passer un moment désagréable pour une fois que je sortais en ville et je sentais qu’il était de mauvaise humeur. C’est la seule et l’unique fois, la seule et l’unique fois où il a voulu me parler sans me dire pourquoi, ni de quoi… J’ai juste su qu’il voulait partir en Anjou et que je pouvais l’accompagner.
Plus tard, lorsque je suis effectivement sortie de retraite, il est parti à Bruges dans le cadre de sa mission et nous ne nous sommes donc jamais recroisés puisqu’il est toujours à Bruges et moi à Tournai.
Voyez qu’on est loin des nombreuses tentatives d’explications…
La vicomtesse répond donc à la question du cardinal qui lui demande son poinct de vue qu'elle n'aurait pas livré car cela reste subjectif et elle, elle se base sur les faits, rien que les faits. Mais soit...
Avec le recul et si vous me mandez mon point de vue, je dirais qu’il a voulu à cet instant se justifier, craignant que j’apprenne ce qu’il avait fait, écrit et dit alors que je n’avais aucun moyen de le vérifier, puisque que j'étais en retraite. Pris de panique, ce qui explique qu’il était nerveux, il a voulu me servir son grand discours d’homme avec des valeurs. Des valeurs qui foulent au pied l’honneur, la respectabilité de sa propre épouse, de la femme qui a porté ses enfants, au profit d’une femme adultère avec laquelle il m’a trahie. Voyez le poids que son amour pèse dans sa balance alors même que nous nous étions promis de faire des efforts pour sauver notre mariage ?
Pour faire plus concret, voilà un extrait choisi de sa correspondance officielle comme Chancelier de Flandres que j'ai découvert au conseil, comme les conseillers eux-mêmes. Vous apprécierez la teneur en sachant qu’ils furent amants et que loin de m’offusquer pour rien, pour défendre mon image, il y a matière à tourner le dos à cet homme.
Tend un feuillet au cardinal où est retranscrit la correspondance du dit Slystaline qu’il s’est bien gardé de produire.
| Slystaline a écrit: | [rp]Minewater, à Bruges, le 25 juillet 1474
À toi, Son Excellence Maryah de la Libertad, Consul du Grand-Duché de Bretagne, Chargée des Provinces du Nord.
De moi, Sly Staline d'Ypres, Chancelier des Flandres.
Le bonjour te va.
Je ne peux me résoudre à te vouvoyer. Tu dois trouver cette entame bien peu protocolaire.
J'ai appris que tu étais devenue Consul du GD de Bretagne. Toutes mes félicitations avant toute chose.
Les années ont passé, nos responsabilités ont changé, mais je n'ai rien oublié. Non. Rien oublié.
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Voyez, il n’y a plus rien à espérer, il n’y a plus d’efforts à faire et pourtant j’en ai fait tant et plus. Depuis ma démarche de dissolution, je l’ai soutenu lorsqu’il a été la cible d’accusations qui ont pesé lourd dans sa révocation des Grandes Ambassades et qui auraient pu très mal finir. J’aurais pu dissoudre à ce moment-là, lorsqu’il était le plus vulnérable mais contrairement à lui, moi je suis restée à ses côtés, je ne l’ai pas trahi à ce moment-là. J’ai assumé ma position d’épouse qui remplissait la promesse énoncée devant la Rote romaine, malgré les risques encourus.
Maintenant, je vais rectifier ses dires, non pas selon mon point de vue mais selon la vérité.
Quand la coupe est pleine, il faut la boire jusqu'à la lie. Cette lie, elle ne voulait pas la remuer mais il l'y oblige en déformant les faits.
Non, nos amis ne m’ont pas écrit pour me faire sortir de retraite.
Non, ils ne m’ont rien raconté de ses agissements.
J’ai juste su que cette femme était de retour avec son mari, que cela faisait du bruit et qu’il serait bien que je me rende compte par moi-même de ce qui se passait. Je ne vous cache pas que j’étais intriguée et j’ai voulu en avoir le cœur net. Donc, je suis sortie de retraite, j’ai commencé à chercher par mes propres moyens et je n’ai pas mis longtemps à trouver et me faire ma propre opinion. Ceci dit après cela, je vous confesse que je n’aurai eu aucune envie d’écouter sa version qui de toute manière ne changeait rien à ce qu’il avait fait ou dit. Cela ne changeait absolument rien.
Nous avons tous notre seuil de tolérance, le mien était largement dépassé et je suis bien décidée à ne plus me laisser berner. Vous savez, c’est comme s’il m’avait gavée et que je n’étais plus capable d’avaler quoi que ce soit sans vomir…
Quant au fait que je sois attachée à mon image, ce qui expliquerait ma réaction, c’est un propos qui me scandalise. Aucune femme, qu’elle soict gueuse, roturière ou noble ne peut se réjouir d’être trompée et que la nouvelle fasse le tour du Royaume, à cause du tapage d’une maitresse éconduite. Enfin, moi, je n’en connais pas et je doute que cela existe. Il serait plus viril d’assumer le fait que ce n’est pas mon attachement à mon image qui m’a gravement blessée mais bien sa trahison et le fait que maintenant tout le monde sait quel genre d’homme j’ai épousé. Un homme capable de me trahir au moment où j’étais le plus vulnérable... Vous me direz, il n’y a sans doute pas un bon moment pour être trompée et vous aurez raison.
Mais, à l’époque, je croyais encore au conte de fée, au prince charmant et sa belle qui se marient et ont beaucoup d’enfants alors, j’ai voulu y croire, naïvement… J’ai pardonné et j’ai continué d’aimer cet homme alors qu’il avait terriblement changé, en plus d’avoir failli à son serment conjugal.
Et la dame de poursuivre parce que lorsque le vin est tiré, il faut le boire, même si c'est du vinaigre...
« Je refuse le sacrifice d'un bouc émissaire pour des cas de rivalité mimétique ». Une grande phrase pour dire qu’en dépit de ce que je peux ressentir, de ce que nos amis et autres constatent de son indélicatesse, cela ne compte pas. Un mari doit protéger sa femme ? Eh bien le mien protège celle d’un autre avec laquelle il a eu une liaison. Le pire, c’est qu’il se prend pour un preux chevalier avec un code d’honneur… Voyez, c’est désespérant.
J’ai mis longtemps à comprendre que je ne comptais pas à ses yeux, que nos enfants devraient subir les quolibets de leurs petits camarades jusqu’à ce que je rompe mon union avec leur père. Je ne veux plus leur faire subir ça, plus jamais.
Pousse un long soupir puis se redresse et continue à reprendre les erreurs du récit de Sly.
Enfin, affirmer que je faisais partie du conseil qui a condamné ce couple au statut de Persona Non Grata est totalement faux. Je ne faisais pas partie de ce conseil puisque je me remettais d’un naufrage en Espagne, coulés par les ONE dont le mari de cette femme se vantait d’être pour quelque chose, par vengeance. Contrairement à ce qu’affirme le dict Slystalyne, il n’a jamais été armateur du Sleeky, et rien des éléments apportés à leur procès ne les disculpent.
Ceci étant, et pour mettre un point final à cette digression, le fond du procès est une chose, défendre l’indéfendable en est une autre. Il était appelé à la barre par l’accusation pour témoigner qu’il avait bien averti le couple de ne pas venir en Flandres. Le reste, c’est hors sujet, le reste c’est sa croisade personnelle pour tenter de la sauver… Le reste, c’est un manquement à sa fonction de diplomate qui mande que l’on adopte une attitude réservée concernant les décisions comtales. Un manquement à son serment marital.
Bref.
Dès que j’ai le dos tourné, il se commet avec cette femme alors qu’il sait que je le vis comme une trahison. Aurait-il cherché à me joindre pour m’avertir ? A-t-il cherché à me ménager ? Nenni ! Il avait le champ libre, j’étais en retraite et ne devais rentrer qu’au début septembre. Voilà son code d’honneur dans toute sa splendeur.
Si l’une de mes filles voulaient épouser un homme avec ce genre de « valeurs », je lui dirais « Ma fille, sauvez-vous ! Ne commettez pas la même erreur que votre mère, vous serez malheureuse comme les pierres avec un égoïste pas fait pour le mariage ».
La vicomtesse avait le teint pâle, sa voix était terne, sans relief, preuve qu’elle était accablée par la déposition de celui dont elle avait partagé la vie si longtemps, bien trop longtemps sans avoir conscience de qui il était vraiment. L'amour est aveugle, il parait…
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slystaline
Inscrit le: 16 Sep 2015 Messages: 6
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Posté le: Mar Aoû 11, 2026 3:34 pm Sujet du message: |
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Il l'écoute jusqu'au bout, sans l'interrompre. Lorsque la Vicomtesse achève sa réponse, il reste silencieux quelques instants. Puis il se lève.
Je ne vais pas répondre à tout, ni refaire devant vous le procès de cette affaire. Mais il y a quelques points que je ne peux pas laisser passer, parce qu'ils ne relèvent ni de mon interprétation, ni de mes valeurs. Ils relèvent simplement de la chronologie et de vos propres paroles.
Vous dites aujourd'hui :
| Citation: | « Non, nos amis ne m'ont pas écrit pour me faire sortir de retraite.
Non, ils ne m'ont rien raconté de ses agissements. » |
Je ne prétends pas qu'ils vous ont raconté les faits eux-mêmes. Ce n'est pas exactement ce que j'ai dit.
Mais devant cette même Rota, vous aviez auparavant déclaré :
| Citation: | | « Ce sont nos amis qui m'ont fortement conseillé de quitter le monastère pour constater par moi-même le comportement de l'homme qui m'a épousée devant le Très-Haut et les hommes. Il ne m'a pas fallu plus de deux jours pour prendre connaissance de moult éléments allant tous dans le même sens. » |
Je ne vais pas qualifier cela de mensonge. Je ne vais pas chercher à deviner pourquoi votre formulation a changé.
Je constate simplement que ces deux récits ne sont pas identiques.
Vous dites aujourd'hui qu'ils ne vous ont rien raconté et que vous avez cherché seule. Très bien.
Mais vous aviez auparavant dit que ce sont eux qui vous avaient fortement conseillé de quitter votre retraite pour aller constater par vous-même mon comportement.
C'est précisément ce que je voulais dire lorsque j'évoquais l'influence de personnes extérieures dans votre décision de sortir de retraite et de vous renseigner sur ce qui se passait.
Je n'invente donc pas leur intervention.
En revanche, je ne prétendrai pas savoir ce qu'ils vous ont dit, ce qu'ils savaient ou ce qu'ils pensaient savoir. Je ne le sais pas.
Il marque une pause.
Et puisqu'il est question de vérité et de fidélité aux faits, je dois également corriger un autre point.
Vous dites que le 1er août fut la seule et l'unique fois où j'ai voulu vous parler.
Le 1er août, oui, j'ai cherché à vous parler seul à seule. Vous étiez avec le Comte et ses amis. Vous avez refusé de vous isoler avec moi. Je n'ai pas insisté.
Je ne vous reproche pas ce refus.
Mais ce ne fut pas la seule fois.
Le 4 août, j'ai de nouveau tenté de vous joindre à Ypres, où vous étiez visible la journée, précisément pour pouvoir discuter avec vous. Cela et le matin, et en début d'après-midi. Vous n'étiez pas disponible Res Parendo pour discuter avec moi.
Je ne vous reproche pas davantage cette indisponibilité. Vous aviez parfaitement le droit de ne pas être disponible.
Mais je ne peux pas accepter que l'on transforme ces circonstances en « il n'a essayé qu'une seule fois de me parler ».
J'ai essayé de vous parler le 1er août.
J'ai essayé de vous parler à nouveau le 4 août.
Et je n'ai pas été prévenu en amont de ma convocation devant la Rota.
Je ne dis pas cela pour vous reprocher d'avoir saisi la Rota. Vous en aviez le droit.
Je le dis simplement parce que cela change la réalité de ce qui s'est passé.
Vous dites que je n'ai pas cherché à vous expliquer ce que j'avais fait.
Moi, je dis que j'ai cherché à vous parler et que cette conversation n'a pas eu lieu.
Ce sont deux choses différentes.
Il laisse passer quelques secondes avant de reprendre.
Vous avez également dit que je n'avais jamais été armateur du Sleeky.
Là encore, je ne vais pas laisser cette affirmation passer comme si elle était un détail.
Lorsque je me suis présenté comme l'armateur du Sleeky, je ne prétendais pas être son capitaine, ni nécessairement son propriétaire au sens où vous semblez l'entendre.
J'ai financé une grande partie de sa construction. C'est en ce sens que j'en étais l'armateur.
Et c'est précisément pour cette raison que le coulage de ce navire me concernait directement et que j'ai été particulièrement attentif à toute cette affaire.
Je ne demande pas à la Rota de tirer de cette qualité une conclusion sur la culpabilité ou l'innocence des Corielo.
Je demande simplement que mes propres paroles soient rapportées pour ce qu'elles signifiaient, et non pour ce qu'on voudrait leur faire dire.
Les Royaumes souffrent d'assez de procès d'intention comme cela.
Il baisse un instant les yeux, puis relève le regard vers elle.
Pour le reste, je pourrais répondre point par point.
Je pourrais discuter de la date du naufrage, de mon rôle dans cette affaire, du Conseil de Flandres, de ce qui a été démontré depuis, de ce qui ne l'a pas été, de ma fonction de Chancelier, de cette correspondance et de chacun des mots que vous venez de citer.
Et nous pourrions continuer ainsi pendant des heures.
Mais ce serait précisément passer à côté de l'essentiel.
Un silence.
Vous me reprochez d'interpréter les faits plutôt que de les relater fidèlement.
Alors je vais faire exactement l'inverse.
Je vais distinguer ce que je sais de ce que j'interprète.
Je sais que je vous ai trahie.
Je sais que je vous ai blessée.
Je sais que vous avez pardonné une première fois.
Je sais que vous avez continué à m'aimer.
Je sais que vous estimez aujourd'hui que votre seuil de tolérance est dépassé.
Et je sais que ce que j'ai fait ensuite a rendu cette blessure plus profonde.
Je n'ai pas à vous expliquer pourquoi vous souffrez.
C'est votre douleur. Pas la mienne.
Je n'ai donc pas à vous dire qu'elle vient de votre image, de votre position, de votre entourage ou de je ne sais quelle mécanique sociale.
En cela, j'ai été grossier. Injuste. Je vous ai fait un procès d'intention, et je vous présente mes excuses pour cela.
Il reste silencieux un instant.
Mais il y a une chose que je ne peux pas vous donner.
Je ne peux pas vous donner une version de moi qui serait plus facile à aimer. Plus malléable. Plus conforme à vos attentes.
Vous dites que je me prends pour un preux chevalier avec un code d'honneur.
Peut-être est-ce ainsi que vous le voyez.
Je ne vais pas vous demander de voir autrement.
Mais je ne vais pas non plus vous mentir maintenant pour rendre cette séparation plus acceptable.
Oui, cette femme compte dans mon histoire.
Oui, je n'ai pas tout oublié.
Oui, lorsque j'ai témoigné, je défendais un principe auquel je crois.
Et oui… ces deux choses peuvent être vraies en même temps.
Il regarde un instant vers la Rota, puis revient vers Beeky.
Je ne prétends pas que mes principes me rendent innocent.
Ils ne m'ont pas empêché de vous trahir.
Ils ne m'ont pas empêché de vous faire souffrir.
Ils ne m'ont pas empêché de commettre des fautes.
Ils disent seulement ce que je fais lorsque je dois choisir entre ce que je crois juste et ce qui serait plus confortable.
Vous appelez cela de l'égoïsme.
J'appelle cela mon code.
Et peut-être est-ce précisément là que nous sommes devenus irréconciliables.
Sa voix reste calme.
Vous vouliez peut-être un homme qui protège d'abord ce qui lui est le plus proche.
Moi, j'ai voulu être un homme qui ne renonce pas à ce qu'il croit juste lorsque cela devient difficile, lorsqu'il risque d'être incompris, lorsqu'il risque même d'y perdre ceux qu'il aime.
Je ne dis pas que l'un vaut mieux que l'autre.
Je dis simplement que nous avons découvert trop tard que ces deux conceptions de la vie ne pouvaient plus vivre ensemble.
Il se tourne vers sa future ex-femme.
J'ai fait quelque chose qui vous a blessée. Je l'assume.
Je regrette de vous avoir blessée.
J'aurais préféré qu'il en soit autrement.
Je ne vous demanderai pas de me pardonner.
Mais je ne retirerai pas ce que je suis pour rendre cette séparation plus facile à supporter.
Vous avez votre morceau du miroir.
J'ai le mien.
Et peut-être que le plus triste, c'est que nous avons longtemps regardé ensemble dans la même direction.
Dernière édition par slystaline le Mar Aoû 11, 2026 3:52 pm; édité 1 fois |
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