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Méditations de Saint Barnabé

 
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Zabouvski



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Messages: 2703
Localisation: Bourges - Duché de Berry

MessagePosté le: Jeu Juil 10, 2008 4:02 pm    Sujet du message: Méditations de Saint Barnabé Répondre en citant

Citation:


    « Les méditations de Barnabé, ou l’Odyssée du prêcheur-pélerin
    des malheureux »



    C’est durant de nombreuses années que nous avons parcouru les chemins à travers le royaume de France. Lors de nos études en tant que séminariste au monastère Saint-Benoît en Normandie où nous vécûmes toute notre jeunesse, nous sommes tombé sur plusieurs manuscrits vieux d’environs un siècle. Ceux-ci racontaient la vie d’un homme, un certain Barnabé qui avait arpenté le royaume des Lys afin d’y prêcher une parole particulière, mais tellement chargé de sens.

    Le moine Pierre-Marie, décédé quarte-vingt-neuf ans plus tôt au monastère où nous vivions, avait suivit ce personnage hors normes durant une partie de son périple. Il avait pris soins de mettre par écrit toutes les pérégrinations du jeune prêcheur, et le reste, il se l’était fait envoyer par Barnabé lui-même.

    Tout n’était que brouillons, et nous eûmes le plaisir de découvrir au milieu de ces documents quelques lettres de « l’ami des malheureux ». C’est alors que nous décidâmes de continuer l’œuvre de Pierre-Marie. A partir des nombreux fragments du moine, nous avons pris soin de retracer le parcours de Barnabé. Son histoire réécrite, nous nous mirent en chemin, non point pour vérifier les dires du cistercien, mais pour ressentire les émotions du prêcheur pèlerin. Jour après jours, village après village, nous nous émerveillâmes de retrouver le chemin et les différents lieux qu’avait décrit le moine et Barnabé.

    Ebloui, et ressentant ce qu’il avait vécu, nous prîmes la liberté de compléter les fragments de Pierre-Marie. Ô, bien sur, nous n’en changeâmes point le sens ni la nature, mais nous y apportâmes cette touche qui rendit le texte si vivant, que même nous, nous nous sommes émus en le relisant au détour d’un arbre au bord du chemin, ce genre d’arbre qui trône en pleine campagne, calme, au milieu des champs, qui dispense si agréablement de son houppier quelque ombre et fraîcheur qui soit si utile par temps de grand beau, et qui comme naturellement, nous aide à trouver la présence de Dieu…

    Nous appréciâmes ce périple qui prenait petit à petit le goût d’un pèlerinage. Et lorsque nous revînmes au monastère Saint-Benoît, nous décidâmes d’appeler ce recueil « Les méditations de Barnabé, ou l’Odyssée du prêcheur-pélerin des malheureux ». Un jour peut-être, quand nous aurons le temps de terminer ce que nous avons entreprit, nous chercherons à faire de cet homme un bienheureux, sinon un saint : celui des pèlerins…


    Aaron de Nagan, évêque de Lisieux
    Le VI février de l’an de grâce MCDLIV de notre Seigneur.


    Citation:

      Première Méditation

      Lors d'un pélerinage à travers la France, Barnabé s'arrêta un jour dans un petit village en campagne Bourguignone. Arrivé sur la place il invita les habitants de la bourgade à se rapprocher de lui :

      « Venez chers amis, venez ! »
      Les gens commencèrent à s'approcher et à s'agglutiner autour de lui. Avant de commencer son prêches, il tint bien haut une pièce d'un écu d’or. Alors il demanda :
      « Qui aimeraient avoir cet écu ? »
      Les mains commencèrent alors à se lever. Il dit :
      « Je vais donner cet écu à l'un d'entre vous, mais avant laisser moi faire quelque chose ».
      Il mordit et cracha sur la pièce. Ensuite, il demanda :
      « Est-ce que quelqu’un veut toujours cet écu ? »
      Les mains restèrent levées.
      « Très bien, mais la désirerez-vous toujours si je fais ceci ? »
      Il jeta alors l’écu paterre sauta à pieds joints dessus, l'écrasants autant que possible, le recouvrant de poussière, de terre et de crotin de cheval. Il demanda :
      « Qui veut encore cet écu ? »
      Évidemment, les mains continuèrent de se lever, malgré l’aspect et l'odeur que pouvait maintenant avoir cet écu traîné sur le sol.
      « Mais amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec cet écu, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé, il vaut toujours 1 écu. »
      « Alors pensez à vous, aux autres, à votre vie, à leurs vies. Plusieurs fois dans votre existence vous serez froissés, rejetés, souillés par des gens par des événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment ! »
      « La valeur d'une personne ne tient pas à ce que l'on a fait pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte ».




    Citation:

      Seconde Méditation

      C’était un jour particulièrement ensoleillé. Barnabé marchait sur les routes depuis deux jour. Il arriva à Niort, et sentit l’atmosphère joyeuse. La place et les rues du village fourmillaient de monde, c’était la kermesse ! Une course, opposant tous les hommes forts du village, venait de se terminer, et le vainqueur était plébiscité et adulé par la foule. Les vaincus le portait sur leurs épaules sans amertume aucune. Barnabé fut littéralement happé et entraîné par la foule dans les farandoles qui se mettaient à tourner autour de la place. Quelques heures plus tard, en fin d’après-midi, quand les esprits se sont un peu calmés, Barnabé pris la parole, comme il le fit tant d’autres fois.

      Mes amis, je dois dire que cette journée sera inoubliable pour moi, vous ne me connaissiez pas, pourtant, vous m’avez invité à partager votre joie, comme si j’avais toujours habité votre village, mais laissez moi, maintenant, vous conter une histoire :

      Il était une fois une course de jeunes orphelins, dans un village, dans le sud du royaume.
      L'objectif était d'arriver en haut d'une haute colline.
      Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir.
      La course commença.
      En fait, les gens ne croyaient pas possible que des orphelins, amaigris et chétifs, puissent atteindre la cime, et toutes les interventions que l'on entendait étaient de ce genre :
      "Quelle peine, ils n'y arriveront jamais !"

      Les enfants commencèrent à se résigner, sauf un qui continua de grimper.
      Et les gens continuaient :
      "Quelle peine, ils n'y arriveront jamais !"
      Et les enfants s'avouèrent vaincus, sauf un, toujours le même, qui continuait à insister.

      A la fin, tous se désistèrent, sauf un, qui, seul et avec un énorme effort, rejoignit le haut de la colline. La foule et les autres orphelins voulurent savoir comment il avait fait.
      Un homme s'approcha pour le lui demander, et découvrit… …que l’enfant était sourd !

      Barnabé s’arrêta et regarda son public rassemblé autour de lui. Certains, intrigués par ce prêche, s’étaient approchés, puis assis autour de l’orateur à la lueur des lampions. Il reprit :

      Moralité, n'écoutez pas les personnes qui ont la mauvaise habitude d'être négatives, car elles volent les meilleurs espoirs de votre cœur !
      Rappelez-vous toujours le pouvoir qu'ont les mots que vous entendez ou que vous dites.
      Soyez toujours positifs !
      Soyez toujours sourd quand quelqu'un vous dit que vous ne pouvez pas réaliser vos rêves.

      Il laissa la foule pensive, referma son baluchon, et emporta les quelques fruits que les villageois lui avaient donné.




    Citation:

      Troisième Méditation

      Lors d’un de ses voyage, Barnabé s’arreta dans un petit village champenois, tout près d’Argonne. Il n’y avait pas d’église, juste une petite chapelle dans la rue principale. Barnabé s’agenouilla devant et pria plusieurs heures. Les habitants curieux s’approchèrent et l’invitèrent à boire un verre à la taverne du village. Barnabé accepta, et les conversations allèrent bon train jusqu’en début de soirée quand il décida de s’adresser aux villageois juste avant de les quitter.
      S’adressant à eux, il posa un bocal à large ouverture sur la table devant lui.
      Ensuite il sortit une douzaine de pierres grosses comme le poing et les plaça soigneusement, une par une, dans le bocal.
      Quand celui-ci fut rempli jusqu’au bord, il demanda :


      « Ce bocal est il plein ? »
      Tout le groupe répondit :
      « Oui ! »
      « Vraiment ? »
      Il sortit de sous la table un seau de gravier qu’il versa dans le bocal.
      Il secoua ce dernier, et les graviers tombèrent dans les interstices entre les pierres. Souriant, il demanda au groupe :

      « Et maintenant, ce bocal est il plein ? »
      « Probablement pas » dit quelqu’un.
      Il sortit alors un seau de sable et le versa dans les espaces laissés par les pierres et le gravier.
      Et de nouveau, il demanda :

      « Ce bocal est il plein ? »
      « Non, dit en coeur le groupe de villageois. »
      « Bien ! » dit il à nouveau en sortant une carafe d’eau.
      Quand il eut versé de l’eau jusqu’au bord, il regarda le groupe et demanda :
      « A quoi sert cette démonstration ? »
      L’aubergiste leva le doigt et dit d’une voix forte et rugeuse :
      « Cela signifie qu’aussi bien rempli soit notre journée, si on travaille dur, on peut toujours en faire un peu plus »
      « Non, la vérité qu’illustre cette histoire c’est que si vous ne mettez pas les grosses pierres d’abord, vous ne pourrez pas les mettre du tout. Si le sable est mis en premier, il n’y aura de place pour rien d’autre. Quelles sont les grosses pierres de votre vie ? Le projet que vous voulez réaliser ? Du temps passé avec ceux que vous aimez ? Votre travail ? Vos écus ? Une cause ? Accompagner d’autres gens ?
      Demandez vous quelles sont les grosses pierres de votre vie de paysan et de famille puis remplissez le bocal. Rappelez vous que si vous ne mettez pas ces grosses pierres en premier, elles ne tiendront pas du tout.

      Barnabé salua alors les villageois et repartit sur les routes du royaume vers de nouveaux villages.




    Citation:

      Quatrième Méditation

      Marchant sur les chemins entre Autun et Chalon, en Bourgogne, Barnabé aperçu dans un verger deux enfants qui se battaient. Il observa la scène, puis décida de descendre du chemin pour les rejoindre. L’un semblait plus fort que l’autre, et l’autre semblait se laisser faire, par peur, par crainte. Barnabé les sépara et les invita à s’expliquer. Il apparut qu’ils étaient de bons amis, mais qu’une bêtise les avaient fâchés, ou en tout cas, en avait fâché l’un des deux. Devant l’autorité du plus fort sur le craintif, Barnabé décida de leur raconter une histoire pour apaiser l’animosité régnante.

      Il était une fois un garçon avec un mauvais caractère. Son père lui donna un pot rempli de clous et lui dit d’en planter un dans la barrière du jardin chaque fois qu’il perdrait patience et se disputerait avec quelqu’un. Le premier jour il en planta 17 dans la barrière.
      Les semaines suivantes, il apprit à se contrôler, et le nombre de clous plantés dans la barrière diminua jour après jour : il avait découvert que c’était plus facile de se contrôler que de planter des clous.

      Finalement, arriva un jour où le garçon ne planta plus aucun clou dans la barrière. Alors il alla voir son père et il lui dit que pour ce jour il n’avait planté aucun clou. Son père lui dit alors d’enlever un clou dans la barrière pour chaque jour où il n’aurait pas perdu patience.
      Les jours passèrent et finalement le garçon put dire à son père qu’il avait enlevé tous les clous de la barrière.

      Le père conduisit son fils devant la barrière et lui dit :
      "Mon fils, tu t’es bien comporté mais regarde tous les trous qu’il y a dans la barrière. Elle ne sera jamais comme avant. Quand tu te disputes avec quelqu’un et que tu lui dis quelque chose de blessant, tu lui laisses une blessure comme celle là. Tu peux planter un couteau dans un homme et après le lui retirer, mais il restera toujours une blessure. Peu importe combien de fois tu t’excuseras, la blessure restera ; et une blessure verbale fait aussi mal qu’une blessure physique. Les amis sont des bijoux rares, ils te font sourire et t’encouragent. Ils sont prêts à t’écouter quand tu en as besoin, ils te soutiennent et t’ouvrent leur cœur."

      Le bagarreur se mit à pleurer, et celui avec qui il venait de se battre le pris dans ses bras pour le réconforter. Barnabé leur pris la main et les raccompagna jusqu’au village. L’amitié venait de triompher, encore une fois…




    Citation:

      Cinquième Méditation

      Après être passé par Bayeux, Barnabé continua à marcher jusqu’au soir tombé, et s’arrêta dans une auberge pour y passer la nuit. Il médita longuement, avant de s’endormir, sur ce qu’il avait vécu ce jour à Bayeux lors des noces d’un jeune couple. L’époux, issu d’une bonne famille avait épousé par amour une fille de fermier. Cependant, son éducation avait rendu son cœur plus dur qu’il n’aurait dû l’être : il traitait sa nouvelle épouse comme une moins-que-rien, et lui faisait sans cesse remarquer, par son attitude, que l’argent ne venait pas de sa famille, mais bien de la sienne. Pourtant, il l’aimait vraiment, mais ne savait le montrer. Barnabé ne trouvait pas le sommeil. Il se releva et se mit à écrit une lettre, une lettre pour cet homme :

      Cher ami,

      Il fait nuit, pourtant je suis debout. Je tenais à vous écrire ces quelques mots suite à votre mariage auquel j’ai assisté à Bayeux car il m’a semblé que vous ignoriez certains préceptes qui découlent de l’union sacrée réalisée devant Dieu et les hommes.

      Le mariage n'est pas l'effet du hasard ou un produit de l'évolution de forces naturelles inconscientes: c'est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l'humanité son dessein d'amour. Par le moyen de la donation personnelle réciproque, qui leur est propre et exclusive, les époux tendent à la communion de leurs êtres en vue d'un mutuel perfectionnement personnel pour collaborer avec Dieu à la génération et à l'éducation de nouvelles vies.

      Dans cette lumière apparaissent clairement les notes et les exigences caractéristiques de l'amour conjugal, dont il est souverainement important d'avoir une idée exacte.
      C'est avant tout un amour pleinement humain, c'est-à-dire à la fois sensible et spirituel. Ce n'est donc pas un simple transport d'instinct et de sentiment, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.

      C'est ensuite un amour total, c'est-à-dire une forme toute spéciale d'amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l'aime pas seulement pour ce qu'il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l'enrichir du don de soi.

      C'est encore un amour fidèle et exclusif jusqu'à la mort. C'est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l'époux et l'épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l'engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L'exemple de tant d'époux à travers les siècles prouve non seulement qu'elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu'elle est source de bonheur profond et durable.

      C'est enfin un amour fécond, qui ne s'épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. " Le mariage et l'amour conjugal sont ordonnés par leur nature à la procréation et à l'éducation des enfants. De fait, les enfants sont le don le plus excellent du
      mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes.

      Barnabé

      Il posa sa plume, plia la lettre et se coucha. L’aube pointait à l’horizon, le coq chanta…



    Citation:

      Sixième Méditation

      Barnabé, toujours sur le chemin, ne savait plus où il était. Il était rare qu’il se perde, mais aujourd’hui, son sixième sens semblais l’avoir trompé. Il continua son chemin, jusqu'à ce qu’il arriva à Aurillac, en Auvergne. Le village était assez animé, c’était le marché. Barnabé en profita pour faire quelques provisions, puis alla méditer quelques instant près d’une petite chapelle au coin de la place, un peu reculé de toute cette agitation. La chapelle était dédiée à Saint François, et une demi-douzaine de personnes se recueillaient en ce moment. Barnabé fut étonné et questionna une vielle dame. Il appris ainsi qu’aujourd’hui, c’était la fête du saint. Il profita de cette petite assemblée pour entamer un prêche.

      Mes amis, J’ai été fort étonné en arrivant en votre village de l’honnêteté des villageois. En effet, j’ai acheté tout à l’heure quelques miches de pain, et m’étant trompé dans ma monnaie, le boulanger m’a gentiment fait remarquer que je lui avais donné bien trop. Ensuite, chez le maraîcher, un aveugle achetait des légumes, et là non plus, pas de vol ou de tromperie, pas d’un seul dixième de denier. Croyez-bien que cela est devenu rare l’honnêteté ! Mais laissez moi vous compter une histoire, cela c’est sans doute passé à Aurillac il y a bien longtemps…

      Un jour, un bûcheron était occupé à couper une branche qui s'élevait au-dessus de la rivière. Soudain la hache lui échappa des mains et tomba dans la rivière. L'homme pleura si amèrement que Dieu lui apparût et lui demanda la raison de son désespoir.
      Le bûcheron lui expliqua alors que sa hache était tombée dans la rivière et qu'étant fort pauvre, il n'avait pas les moyens de s'en acheter une autre. A sa grande surprise, il vit Dieu plonger dans la rivière et remonter une hache d'or à la main :
      - Est-ce là ta hache, lui demanda-t-il ?
      Le bûcheron lui répondit : "Non".
      Aussitôt Dieu retourna dans l'eau et revint cette fois avec une hache en argent :
      - Est-ce là ta hache, lui demanda-t-il à nouveau ?
      A nouveau le bûcheron lui dit : "Non".
      A la troisième tentative, Dieu revint avec une hache en fer, et lui demanda à nouveau :
      - Est-ce là ta hache ?
      - Oui, lui répondit cette fois le bûcheron.
      Dieu, touché par l'honnêteté de l'homme, lui donna les trois haches et le bûcheron rentra tout heureux à la maison, contant d’avoir rencontré Dieu, d’avoir été honnête et d’avoir gagner 2 haches.

      Ainsi, votre honnêteté vous ferra plus riche que vous n’êtes. Pas en espèce sonnante et trébuchante, mais en amour, en amitié, en vertu, car l’honnêteté est la base de la vie en société. Le mensonge est la pire des choses, se mentire à soi même ou mentire aux autres peut détruire non seulement une vie, mais aussi un ami, un époux… Dieu reconnaîtra parmi vous les plus vertueux et leur ouvrira grand les portes du Soleil.

      Barnabé fit une génuflexion devant la petite chapelle, les yeux des habitants rivés sur lui, médusés par ses paroles, puis il repartit, comme il était venu…



    Citation:

      Septième Méditation

      Se promenant entre Saintes et La Rochelle, Barnabé rencontra un homme, sur le bord du chemin, assit sur un tronc couché sur le sol, il pleurait. Barnabé s’arrêta et s’assit à côté de lui. L’homme ne se fit pas prier, à peine assit, il raconta tous ses malheurs à Barnabé, il avait vraiment besoin de parler. Sa femme était partie, sa récolte avait été miséreuse, deux de ses quatre vaches étaient mortes, ses amis lui avaient tourné le dos, bref, ces derniers temps n'avaient pas été rose pour cet homme. Alors Barnabé lui raconta cette histoire :

      Un jour, l’âne d’un fermier tomba dans un puits.
      L’animal gémit pitoyablement pendant des heures et le fermier se demandait bien ce qu’il allait faire. Finalement, il se rappela que l’animal était vieux et que, de toutes façons, le puits devait disparaître. Il en conclut donc qu'il n’était pas rentable de tenter de récupérer l’âne.

      Il appela tous ses voisins et leur demanda de venir l’aider. Chacun saisit une pelle et ils commencèrent à combler le puits. Au début, l’âne, réalisant ce qui se produisait, se mit à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de tout le monde, il se tût.

      Quelques pelletées plus tard, poussé par la curiosité, le fermier regarda finalement dans le fond du puits et fut étonné...

      A chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne réagissait aussitôt : il se secouait pour enlever la terre de son dos et piétinait ensuite le sol sous ses sabots. Pendant que les voisins du fermier continuaient à jeter de la terre sur l’animal, il se secouait et montait toujours plus haut. Bientôt, tous furent stupéfaits de voir l’âne sortir du puits et se mettre à trotter !

      La vie va essayer de vous engloutir sous toutes sortes d’ordures et de décombres. Pour se sortir du trou ? Se secouer pour avancer ; chacun de nos ennuis est une pierre qui permet de progresser. Nous pouvons sortir des puits les plus profonds en n’arrêtant jamais de nous battre.

      Barnabé se releva, pris l’homme par l’épaule, pris la corde attachée aux deux vaches du fermier, et ramena tout le petit monde à Saintes…




    Citation:

      Huitième Méditation

      En fin de matinée, Barnabé arriva à Pontarlier où une fête en l’honneur de l’élection du maire se déroulait. C’était le maire lui-même qui avait convié le village à un banquet. Arrivé devant la maison du village, Barnabé fut invité à participer au repas. Il entra dans la salle, mais ce n’était pas sans remarquer les vagabonds, vêtu de haillons qui erraient dans les rues alors que tout le monde s’amusaient à la petite fête. Dans la salle, ce n’était que joie et bonheur, le maire avait été élu à une écrasante majorité, et même les adversaires étaient présents, c’était une ambiance bonne enfant. Il y avait même deux riches marchands étrangers, Paul Esidor et Juda d’Izcarie, conviés à la table. A la fin du repas, Barnabé se leva, et pris la parole. Il félicita le nouveau maire, et demanda s’il pouvait raconter une petite histoire. Tous les convives acceptèrent avec joie, ce n’était qu’un divertissement de plus…. Il commença :

      Un roi ayant entendu parler d’un Sage dont l’enseignement était réputé dans la région, l’invita à un banquet qui durait plusieurs jours. La veille de l’invitation, le grand maître se présenta au palais dans l’habit de mendiant qu’il portait parmi ces disciples. Personne ne fit attention à lui. Il entra, mais n’eut pas même le temps d’arriver à la salle à manger : les pages du Roi, voyant ce mendiant souiller de sa présence le sol royal, le menèrent vers les cuisines ou on lui offrit quelques restes presque avariés. Le Sage ne dit rien et s’en alla comme il était venu.

      Le lendemain, il revint chez le Roi, cette fois-ci vêtu de son plus bel habit : on lui réserva une place d’honneur au milieu des convives de haut rang.

      Mais dès que les pages apportèrent les plats, la réaction du Sage surpris tout le monde : il prit la nourriture dans ses mains et en fit une boule qu’il mit dans ses poches.

      Le Roi choisit de ne rien dire mais alors qu’on apportait le dernier plat, le grand maître plongea la main à l’intérieur et en retira une pleine poignée de ragoût qu’il répandit sur son manteau en disant :

      « Tiens, c’est pour toi ».
      Le Roi, n’y tenant plus lui lança :
      « Serais-tu devenu fou, toi que l’on dit si sage ? »
      Apres un long silence le maître répondit :
      « Je me suis présenté chez toi hier dans mon habit de mendiant et l’on ma donné les restes
      comme à si j’étais un chien. Aujourd’hui, j’arrive richement vêtu et on m’honore. C’est donc mon manteau que l’on invite, il est normal que ce soit lui qui se nourrisse. »

      Les convives de Pontarlier restèrent interloqués. Quelle drôle d’histoire pour un jour de fête ! Le maire resta bouche bée. Alors, Barnabé repris…

      Vous vous demandez sans doute où je veux en venir ! Vous n’avez qu’à sortir dans la rue, et vous comprendrez mon histoire. De simples vagabonds, n’ayant pas le droit de vote n’ont pas été convié à cette fête villageoise, pourquoi ? Pourtant, deux riches marchands, à qui je ne reproche rien bien sûr, l’ont été, pourquoi ?

      Barnabé fini son verre, ouvrit son baluchon, vida le panier de pain qui se trouvait devant lui, toujours sous les regards médusés et le silence des convives, le referma, sorti, et jusqu’à la sortie du village les donna au passants…



    Citation:

      Neuvième Méditation

      C’était un beau jour d’été, ou de printemps,…qu’importe de toute façon. Barnabé, pour ne pas changer, était encore sur les chemins, parcourant la France. Il devait être entre Saumur et Angers, très belle région d’ailleurs sur laquelle il a beaucoup écrit. Le long du chemin, il y avait des fermettes entourées de vergers et de champs, juste avant d’arrivée en vue de la ville. Devant l’une d’elle, sur un banc, assise, une femme pleurait dans les bras de son mari. Barnabé, ému par cette scène, s’approcha et réconforta le couple en lui demandant ce qu’il lui arrivait. Leur fille, à peine âgée de seize ans était partie durant la nuit avec un jeune garçon dont elle était passionnément amoureuse. Les parents trouvaient ce comportement inconsidéré à son âge, avec un homme, ou plutôt un garçon à peine âgé d’un an de plus, perdu dans la campagne angevine. Alors, pour les réconforter, Barnabé pensa à une histoire un peu hors normes et formidable, car tellement révélatrice… Il commença :

      Un beau jour de printemps, la Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un verre chez elle. Tous les invités y allèrent. Après le goûter, la Folie proposa :
      - On joue à cache-cache ?
      - Cache-cache ? Qu'est-ce que c'est ? demanda la Curiosité.
      - Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez. Quand j'ai fini de compter, je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.
      Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.
      La Folie commença à compter : 1, 2, 3...

      L'Empressement se cacha le premier, n'importe où. La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre. La Joie courut au milieu du jardin. La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher. L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher.
      La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient. Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie en était déjà à 99...
      - CENT ! cria la Folie. Je vais commencer à chercher...

      La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert. En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait le mieux caché. Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité... Quand ils furent tous réunis, la Curiosité demanda :
      - Où est l'Amour ?

      Personne ne l'avait vu. La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l'Amour. Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches lorsqu'elle entendit soudain un cri. C'était l'Amour, qui hurlait parce que les épines lui avaient crevés les yeux. La Folie ne sachant pas quoi faire, elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours. Et l'Amour accepta.

      Aujourd'hui encore, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours...

      Un large sourit s’afficha sur le visage de la mère. Le père se mit à rire aux éclats. Ils rentrèrent tous trois dans la maison, et Barnabé fut invité à dîner.



    Citation:

      Dixième Méditation

      Une mère était désespérée, son unique enfant était atteint d’une tuberculose et l’arrivée de la mort n’était qu’une question de jours. Barnabé qui faisait le tour d’un hospice en Berry remarqua cette femme et son enfant. Il s’approcha de la mère et s’assit à côté d’elle. Il pris la main du gamin, puis s’adressant à la mère il lui dit :

      Connaissez-vous l’histoire de deux hommes, tous deux sérieusement malades, qui occupaient la même chambre d’un petit hôpital reimois ?

      Elle fit signe de la tête négativement. Alors, Il repris…

      Un des deux hommes pouvait s'asseoir dans son lit pendant une heure chaque après-midi afin de dégager ses poumons. Son lit était à côté de la seule fenêtre de la chambre. L'autre homme devait passer ses journées couché sur son dos. Les hommes parlaient pendant des heures. Ils parlaient de leurs épouses, de leurs familles, leurs maisons, leurs métiers, leur participation dans le service militaire, ...

      Et chaque après-midi, quand l'homme dans le lit près de la fenêtre pouvait s'asseoir, il passait ce temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce qu'il pouvait voir dehors. L'homme dans l'autre lit commença à vivre pour ces périodes d'une heure où son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du monde extérieur.

      De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un bel étang. Les canards et les cygnes jouaient sur l'eau tandis que les enfants faisaient naviguer leurs bateaux modèles réduits. Les jeunes amoureux marchaient bras-dessus bras-dessous parmi des fleurs de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. De grands arbres décoraient le paysage et on pouvait voir la ville au plus loin.
      Pendant que l'homme près de la fenêtre décrivait tout ceci dans le détail, l'homme de l'autre côté de la chambre fermait ses yeux et imaginait les scènes pittoresques. Ainsi, lors d'un bel après-midi, l'homme près de la fenêtre décrivit une parade qui passait par là. Bien que l'autre homme ne pouvait pas entendre la musique des troubadours, il pouvait la voir avec l’œil de son imagination tellement son compagnon l'avait dépeint.

      Les jours et les semaines passèrent. Un matin, une soignante est arrivée pour apporter l'eau pour leurs bains et trouva le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre, qui était mort paisiblement dans son sommeil. Elle fut attristée et appela le fossoyeur pour prendre son corps.

      Dès qu'il sentit que le temps était approprié, l'autre homme demanda s'il pouvait être déplacé à côté de la fenêtre. Le soignante était heureuse de le transférer et après s'être assurée qu'il était confortablement installé, elle le laissa seul. Lentement, péniblement, il se hissa vers le haut, sur un coude, pour jeter son premier coup d’œil dehors depuis des semaines. Enfin il aurait la joie de voir par lui-même. Il s'étira pour se tourner lentement vers la fenêtre. Tout ce qu'il vit fut un mur !

      L'homme demanda à la soignante pourquoi son compagnon de chambre décédé avait décrit de si merveilleuses choses. L'infirmière répondit que l'homme était aveugle et ne pouvait même pas voir le mur. Elle dit : "Peut-être a-t-il voulu vous encourager".

      Il s’arrêta et regarda la mère, attentive. Puis il repris :

      Il y a un bonheur énorme à rendre les autres heureux, en dépit de nos propres situations. La peine partagée est la moitié de la douleur, mais le bonheur, une fois partagé, est doublé. Si vous voulez aider votre enfant, ne vous apitoyez pas sur sont sort, tout le monde le connaît. Vivez les derniers moments de sa vie avec lui, à ses côtés, mais pas dans le chagrin. Aujourd'hui est un cadeau, c'est pourquoi il s'appelle le présent.

      Barnabé se leva, fit une petite croix sur le front de l’enfant, et embrassa la mère sur les deux joues. Il passa près des autres malades, puis s’en alla vers d’autres lieux. La mère tenta de suivre ses conseils. Deux jours plus tard, l’enfant rouvrit les yeux, le neuvième jour, il aidait sa mère aux champs… Un miracle ? Peut-être ! Laissons la réponse à Dieu…


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Sainte Wilgeforte



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MessagePosté le: Sam Jan 16, 2010 3:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Arrow Onzième méditation de saint Barnabé
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MessagePosté le: Sam Avr 09, 2011 1:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Meditazioni di San Barnaba


« Le meditazioni di Barnaba, ovvero l’Odissea del predicatore-pellegrino degli infelici »


Molti anni abbiamo trascorso sui sentieri del reame di Francia. Durante gli studi da seminarista presso il monastero di San Benedetto, in Normandia, dove abbiamo passato tutta la nostra giovinezza, ci siamo imbattuti in numerosi manoscritti di circa un secolo fa; essi raccontano la vita di un uomo, di nome Barnaba, che ha percorso il reame di Lys per predicarvi una parola particolare e tuttavia pregna di significato.

Il monaco Pietro Maria, passato a miglior vita 89 anni prima presso il monastero in cui studiavamo, aveva seguito questo personaggio sui generis in una parte del suo viaggio: si era incaricato di mettere per iscritto ogni peregrinazione del giovane predicatore ed il resto se l’era fatto inviare da Barnaba stesso.

Si trattava semplicemente di bozze, ma avemmo il piacere di scoprire tra di esse alcune lettere dell’ “amico degli infelici”. Fu allora che decidemmo di continuare l’opera di Pietro Maria. A partire dai numerosi frammenti lasciati dal monaco, abbiamo cercato di tracciare il percorso compiuto da Barnaba. Dopo aver riscritto la sua storia ci mettemmo in cammino, non per verificare i dettami della regola cistercense, ma per provare nuovamente le emozioni del predicatore pellegrino. Giorno dopo giorno, villaggio dopo villaggio, ci meravigliavamo di ritrovare le tracce e di rivisitare i luoghi descritti dal monaco e da Barnaba.

Sconcertati di rivivere ciò che lui per primo aveva provato, ci siamo presi la libertà di completare i frammenti di Pietro Maria. Naturalmente, non ne abbiamo in alcun modo modificato né il senso né la natura, ma vi abbiamo apportato quel tocco che lo ha reso così vivo che noi stessi ci siamo commossi, nell’immaginarlo appoggiato ad un albero, in una sosta del cammino, quel genere di albero che troneggia, solido e calmo, al centro di un campo e che dispensa gradevolmente, dall’alto della sua chioma, ombra e frescura quando il tempo è caldo e che ci aiuta a ritrovare la presenza di Dio…

Abbiamo apprezzato quel viaggio, che diventava, poco a poco, un pellegrinaggio. E quando tornammo al monastero di San Benedetto, decidemmo di chiamare questo testo “Le meditazioni di Barnaba ovvero l’Odissea del predicatore-pellegrino degli infelici”. Un giorno, forse, quando avremo il tempo di terminare ciò che abbiamo intrapreso, cercheremo di far beatificare quest’uomo, se non addirittura di farlo diventare il santo dei pellegrini…

Aaron de Nagan, vescovo di Lisieux
VI febbraio nell’anno di grazia di nostro Signore MCDLIV



Citation:
Prima meditazione

Durante un pellegrinaggio che lo condusse a percorrere in lungo e in largo il suolo francese, Barnaba si fermò, un giorno, in un piccolo villaggio della campagna Borgognona. Appena giunto, egli invitò gli abitanti del borgo ad avvicinarsi:
“Venite, amici cari, venite!”
I fedeli cominciarono ad attorniarlo: prima di cominciare la predicazione, Barnaba sollevò uno scudo doro, in modo che tutti lo potessero vedere. Poi chiese:
“Chi desidererebbe avere questo scudo?”
Molte mani cominciarono a levarsi. Egli proseguì:
“Regalerò questo scudo ad uno tra di voi, ma prima devo fare una cosa”
Morse la moneta e vi sputò sopra. A questo punto, chiese:
“C’è ancora qualcuno che lo vuole?”
Le mani rimasero alzate.
“Molto bene. Ma lo desiderate ancora se faccio questo?”
E così dicendo, gettò lo scudo per terra, vi saltò sopra con i piedi, schiacciandolo il più possibile, ricoprendolo di polvere, di terra e di sterco di cavallo. Domandò, allora:
“Chi vuole ancora questo scudo?”
Ancora una volta, le mani continuarono ad alzarsi, malgrado l’aspetto e l’odore che provenivano dalla moneta, schiacciata al suolo.
“Amici, avete appena appreso un’importante lezione… Poco importa ciò che faccio con questa moneta. Voi la volete perché il suo valore non è cambiato: vale sempre uno scudo.
“Pensate a voi stessi, agli altri, alle vostre vite, alle loro vite. Più volte, nel corso dell’esistenza, sarete schiacciati, rifiutati, infangati dalle persone o dagli eventi. Avrete l’impressione di non valere niente, ma in realtà il vostro valore non sarà cambiato agli occhi di coloro che vi amano.
“Il valore di una persona non si misura da ciò che non ha fatto: potrete sempre ricominciare e cercare di raggiungere i vostri obbiettivi, poiché il vostro valore intrinseco rimarrà intatto per sempre.”


Citation:
Seconda meditazione

Era un giorno pieno di sole. Barnaba camminava già da due giorni. Arrivò a Niort e ne percepì l’atmosfera gioiosa. La piazza e le vie del villaggio ribollivano di gente: era un giorno di festa! Era appena terminata una corsa nella quale si erano misurati tutti gli uomini forti del villaggio ed il vincitore veniva festeggiato ed acclamato dalla folla. Gli sconfitti lo portavano in spalla senza alcuna invidia. Barnaba fu letteralmente catturato dalla folla, partecipando, suo malgrado, alle danze che i cittadini improvvisavano. Alcune ore più tardi, alla fine del pomeriggio, quando gli spiriti si furono calmati, Barnaba prese la parola, come aveva fatto tante altre volte.
“Amici miei, devo dirvi che questo giorno sarà per me indimenticabile: non mi conoscevate eppure mi avete invitato a condividere la vostra gioia, come se avessi sempre vissuto qui! Vorrei ora raccontarvi una storia:

Un giorno, in un villaggio nel sud della Francia, si tenne una corsa per giovani orfani.
L’obiettivo era arrivare in cima ad un’alta collina.
Molti spettatori si riunirono spontaneamente per seguirli e sostenerli.
La corsa partì.
La gente non credeva che degli orfani smagriti e deboli potessero raggiungere la cima ed i commenti più frequenti erano:
“Che pena, non arriveranno mai!”
Pian piano, alcuni bambini cominciarono a ritirarsi dalla corsa, tranne uno che continuò ad arrampicarsi.
La gente continuava a dire: “Che pena, non arriveranno mai!”
Ed I bambini si arrestarono, vinti, tranne uno, sempre lo stesso, che continuava ad insistere.
Alla fine, tutti desistettero, tranne uno, che, da solo e con sforzo enorme, raggiunse la cima della collina. La folla e gli altri orfani vollero sapere come aveva fatto.
Un uomo si avvicinò a lui per chiederglielo e… scoprì che il bambino era sordo!
Barnaba si fermò e guardò il pubblico riunito intorno a lui. Alcuni, interessati dalla predica, si erano prima avvicinati, poi seduti intorno all’oratore alla luce dei lampioni. Riprese:
“Morale, non ascoltate le persone che hanno la cattiva abitudine di essere negative, poiché vi rubano dal cuore le migliori speranze!
Ricordatevi sempre il potere delle parole che ascoltate o dite.
Siate sempre positivi!
Siate sempre sordi quando qualcuno vi dice che non potete realizzare i vostri sogni.

Lasciò riflettere la folla sulle sue parole, richiuse il fagotto nel quale aveva riposto i frutti che la gente gli aveva regalato, e partì.


Citation:
Terza meditazione

Durante uno dei suoi viaggi, Barnaba si fermò in un piccolo villaggio di campagna, nella zona dell’Argonne. Non vi era una chiesa, solo una piccola cappella nella via principale. Barnaba si inginocchiò lì davanti e pregò per diverse ore. Gli abitanti, curiosi, gli si avvicinarono e lo invitarono a bere un bicchiere alla taverna del villaggio. Barnaba accettò e si fermò volentieri a conversare, fino a che, all’inizio della serata, decise di rivolgersi direttamente agli abitanti, prima di lasciarli.
Indirizzandosi a loro, posò un boccale di grosso diametro sul tavolo davanti a sé.
Poi estrasse una dozzina di pietre grandi come un pugno e le posizionò con cura, una per una, nel boccale.
Quando fu pieno fino al bordo, domandò:
«Questo boccale è pieno?»
Tutti risposero: «Sì! »
«Davvero?»
Tirò fuori, da sotto il tavolo, un secchio di ghiaia, che versò nel boccale. Lo scosse e i granelli caddero negli interstizi, tra le pietre. Sorridendo, domandò al gruppo:
« Ed ora il boccale è pieno?»
«Forse no» disse qualcuno.
Tirò allora fuori un secchio di sabbia e lo verso negli spazi lasciati tra pietre e ghiaia.
E di nuovo, domandò:
«Questo boccale è pieno?»
« No” disse all’unisono il gruppo di cittadini.
« Bene!» disse di nuovo, tirando fuori una caraffa d’acqua.
Quando lo ebbe riempito di acqua fino al bordo, guardò il gruppo e domandò:
«A che serve questa dimostrazione?»
L’albergatore sollevò il dito e disse, con voce forte e rude:
«Significa che, per quanto possa essere piena la nostra giornata, se si lavora duro si può sempre fare qualcosa in più»
«No, la verità espressa da questa storia, è che se non avessi messo per prime le pietre più grosse, non avrei potuto inserire tutto il resto. Se avessi messo la sabbia per prima, non ci sarebbe stato posto per nient’altro. Quali sono le pietre nella vostra vita? Il progetto che desiderate realizzare? Il tempo passato con coloro che amate? Il vostro lavoro? I vostri scudi? Una causa? La compagnia degli amici?
Domandatevi quali sono le pietre della vostra vita di contadini o in famiglia, poi riempite il boccale. Ricordatevi che se non mettete per prime le pietre, esse non riusciranno a tenere fermo tutto il resto.

Barnaba salutò allora I cittadini e riprese il suo viaggio sulle strade del reame, verso nuovi villaggi.


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Quarta meditazione

Sul cammino tra Autun e Chalon, in Borgogna, Barnaba vide in un frutteto due ragazzi che litigavano animatamente, percuotendosi. Osservò la scena, poi decise di raggiungerli: uno sembrava più forte dell’altro, che sembrava lasciarlo fare per paura, per timore. Barnaba li separò e li invitò a spiegarsi. Da quanto raccontarono, si trattava di due buoni amici, che avevano discusso per una stupidaggine e uno dei due si era arrabbiato con l’altro. Considerata l’autorità del più forte sul più tirmoroso, Barnaba decise di raccontare loro una storia, per spegnere l’animosità.

C’era una volta un ragazzo dal cattivo carattere. Suo padre gli regalò un vaso pieno di chiodi e gli disse di piantarne uno nel recinto del giardino, ogni volta che perdeva la pazienza e litigava con qualcuno. Il primo giorno, egli ne piantò 17 nel recinto.
Le settimane seguenti, imparò a controllarsi ed il numero di chiodi piantati nel recinto diminuiva, giorno per giorno: aveva scoperto che era più facile controllarsi che piantare chiodi.
Finalmente, arrivò un giorno in cui il ragazzo non piantò più un chiodo nel recinto. Allora andò a trovare suo padre e gli disse che, per quel giorno, non aveva ancora piantato alcun chiodo. Suo padre, allora, gli rispose di togliere un chiodo dal recinto per ogni giorno in cui non aveva perduto la pazienza.
I giorni passarono e, finalmente, il ragazzo disse a suo padre che aveva tolto tutti i chiodi dal recinto.
Il padre condusse suo figlio davanti al recinto e gli disse:
“Figlio mio, ti sei comportato bene, ma guarda quanti buchi ci sono nel recinto. Non sarà mai più come prima. Quando litighi con qualcuno e gli dici qualcosa di cattivo, gli lasci una ferita come quel buco. Puoi piantare un coltello nelle carni di un uomo e dopo toglierlo, ma gli resterà sempre una ferita. Poco importa quante volte ti scuserai: la ferita rimarrà. Una ferita verbale fa male quanto una ferita fisica. Gli amici sono gioielli rari, ti fanno sorridere e ti incoraggiano. Sono pronti ad ascoltarti quando ne hai bisogno, ti sostengono e ti aprono il cuore”.

I due ragazzi si misero a piangere e si abbracciarono, confortandosi. Barnaba prese loro le mani e li riaccompagnò fino al villaggio. L’amicizia aveva trionfato, ancora una volta.


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Quinta meditazione

Dopo aver soggiornato a Bayeux, Barnaba proseguì il suo cammino fino a sera inoltrata e si fermò in un albergo, per passarvi la notte. Meditò a lungo, prima di addormentarsi, su ciò che aveva vissuto a Bayeux, in occasione delle nozze di una giovane coppia. Il ragazzo, di buona famiglia, aveva sposato per amore la figlia di un contadino. Tuttavia, la sua educazione aveva indurito il suo cuore più di quanto non avrebbe dovuto: trattava la sua sposa come se non avesse alcun valore e le faceva costantemente notare che il denaro che possedevano non veniva dalla famiglia di lei, ma da quella di lui.Però l’amava davvero: solo che non sapeva dimostrarlo. Barnaba non riusciva a prendere sonno. Allora si alzò e scrisse una lettera, destinata a quel giovane:

Mio caro amico
È notte, e tuttavia io sono sveglio. Ci tenevo a scrivervi alcune parole riguardo al vostro matrimonio, a cui ho assistito a Bayeux, poiché mi è sembrato che voi ignoraste alcuni precetti derivanti dalla sacra unione compiuta davanti a Dio ed agli uomini.
Il matrimonio non è prodotto del caso o dell’evoluzione delle forze naturali: è una saggia istituzione voluta dal Creatore per realizzare tra gli uomini il suo disegno d’amore. Grazie al dono reciproco di sé che è proprio ed esclusivo di questa unione, gli sposi tendono alla comunione dell’essere per un mutuo perfezionamento personale, in connubio con Dio, che ha come scopo la generazione ed educazione di nuove vite.
Se lo si considera sotto questa luce, appaiono chiare le esigenze caratteristiche dell’amore coniugale, di cui è assolutamente necessario possedere un’idea quanto più esatta possibile.
In primo luogo, è un amore pienamente umano, cioè sia sensibile che spirituale: non è solo un trasporto di istinto e sentimento, ma soprattutto un atto di libera volontà destinato a mantenersi e crescere nel tempo, attraverso le gioie ed i dolori del quotidiano, grazie ai quali gli sposi diventano un cuor solo e un’anima sola, raggiungendo insieme la loro perfezione umana.
In secondo luogo, è un amore totale, ossia una forma specialissima di amicizia personale, attraverso la quale gli sposi condividono generosamente ogni cosa, senza riserve indotte né calcoli egoistici. Chi ama veramente il suo sposo non l’ama solo per ciò che ne riceve, ma per lui o lei, felice di poterlo arricchire del dono di sé.
Inoltre, è un amore fedele ed esclusivo fino alla morte. Ed è proprio così che lo concepiscono il marito e la moglie, nel giorno in cui assumono, liberamente ed in piena consapevolezza, l’impegno di un legame matrimoniale; è una fedeltà talvolta difficile, ma sempre possibile, sempre nobile e meritoria. Nessuno può negarlo. L’esempio di tanti sposi, nel corso dei secoli, prova non solo la sua conformità alla natura del matrimonio, ma la sua essenza di fonte di profonda e durevole felicità.
Infine, è un amore fecondo, che non si estingue nella comunione tra sposi, ma che è destinato a continuare, generando nuova vita. Il matrimonio e l’amore coniugale tendono, per loro natura, alla procreazione ed all’educazione dei figli, che sono il dono più eccezionale da esso derivato e contribuiscono grandemente al benessere dei genitori.
Barnaba

Posò la penna, piegò la lettera e andò a dormire. Fuori era quasi l’alba. Il gallo cantava…


Citation:
Sesta meditazione

Un giorno, durante il viaggio, Barnaba si accorse di essersi perso. Era una circostanza piuttosto rara, ma sembrava che il suo sesto senso l’avesse abbandonato. Continuò il cammino, fino a raggiungere Aurillac, in Alvernia. Il villaggio era piuttosto animato, per via del mercato. Barnaba ne approfittò per acquistare delle provviste, poi si recò a meditare qualche istante vicino ad una piccola cappella all’angolo della piazza, un po’ discosta ed al di fuori da tutta l’agitazione. La cappella era dedicata a San Francesco, ed in quel momento vi erano raccolti una mezza dozzina di fedeli. Barnaba ne fu stupito e chiese ad un’anziana signora: apprese, quindi, che era il giorno della festa del santo. Egli, allora, approfittò di questa piccola assemblea per predicare.

Amici miei, giunto nel vostro villaggio, sono stato fortemente colpito dall’onestà dei cittadini. In effetti, ho acquistato in fretta e furia alcuni panini e avevo fatto un errore nel pagarli; il panettiere mi ha gentilmente fatto notare che gli avevo dato troppo. In seguito, dal fruttivendolo, un cieco stava acquistando dei legumi e, anche in questo caso, non ci sono stati furti né inganni, neanche di un centesimo. Credetemi: l’onestà è diventata rara! Vi racconterò una storia, avvenuta ad Aurillac, molto tempo fa...

Un giorno, un taglialegna stava tagliando un ramo che sporgeva al di sopra di un fiume. Improvvisamente, l’ascia gli sfuggì dalle mani e cadde nell’acqua. L’uomo piangeva così amaramente che Dio gli apparve, chiedendogli il motivo della sua disperazione.
Il taglialegna gli spiegò che la sua ascia era caduta nel fiume e che, poiché era povero, non aveva i mezzi per acquistarne un’altra. Con sua grande sorpresa, l’uomo vide Dio immergersi nel fiume e riportare in superficie un’ascia d’oro:
- E’ questa la tua ascia? Gli domandò
Il taglialegna rispose “No”.
Allora Dio ritornò nell’acqua e, stavolta, tornò su con un’ascia d’argento:
- E’ questa la tua ascia? Gli chiese di nuovo.
E di nuovo il taglialegna rispose “No”.
Al terzo tentativo, Dio risalì con un’ascia di ferro e gli chiese nuovamente:
- E’ questa la tua ascia?
- Sì, gli rispose stavolta il taglialegna.
Dio, commosso dall’onestà dell’uomo, gli regalò tutte e tre le asce. Il taglialegna tornò felice a casa, contento di aver incontrato Dio, di essere stato onesto e di aver guadagnato due asce.

Perciò, la vostra onestà vi renderà più ricchi di quanto non siate: non ricchi di monete e preziosi, ma di amore, amicizia e virtù, poiché l’onestà è la base della vita sociale. La menzogna è la peggior cosa: mentire a se stessi o agli altri può distruggere non solo una vita, ma anche un amico, uno sposo. Dio riconoscerà tra di voi i più virtuosi e aprirà loro le porte del Sole.

Barnaba si inginocchiò davanti alla piccola cappella, mentre gli abitanti lo osservavano con ammirazione, rapiti dalle sue parole; poi ripartì, esattamente com’era arrivato…


Citation:
Settima meditazione


In viaggio tra Saintes e La Rochelle, Barnaba incontrò un uomo, sul bordo della strada: egli sedeva su un tronco e piangeva. Barnaba si fermò e si sedette accanto a lui. L’uomo non si fece pregare e, appena Barnaba si fu seduto, gli raccontò tutte le sue disgrazie, poiché aveva davvero bisogno di parlare. Sua moglie era andata via, il suo raccolto era stato misero, due delle sue quattro vacche erano morte, i suoi amici gli avevano voltato le spalle: in breve, era un periodo veramente difficile per il pover’uomo. Allora, Barnaba gli raccontò questa storia:

Un giorno, l’asino di un fattore cadde in un pozzo.
L’animale gemeva ormai da ore ed il fattore si chiedeva cosa poteva fare per salvarlo. Alla fine, considerò che l’animale era vecchio e che, in fin dei conti, il pozzo doveva essere dismesso. Concluse, perciò, che non era utile tentare di recuperare l’asino.
Chiamò i suoi vicini e chiese loro di venire ad aiutarlo. Ognuno portò una pala, e cominciarono a riempire il pozzo di terra. All’inizio l’asino, rendendosi conto di quello che stava succedendo, si mise a ragliare furiosamente. Poi, meravigliando tutti, tacque.
Dopo alcune palate di terra, spinto dalla curiosità, il fattore guardò finalmente il fondo del pozzo e ne fu sbalordito...
Ad ogni palata di terra che gli cadeva addosso, l’asino reagiva immediatamente: si scuoteva la terra di dosso e calpestava, poi, il suolo sotto i suoi zoccoli. Mentre i vicini del fattore continuavano a gettare la terra sull’animale, l’asino se la scuoteva di dosso e saliva sempre più in alto. Presto videro l’asino uscire dal pozzo e trotterellare via!

La vita cercherà di inghiottirvi sotto ogni tipo di lordura e macerie. Come fare ad uscire dal pozzo? Scuotersele di dosso per poter avanzare. Ognuna delle difficoltà che incontriamo è una pietra che ci permette di progredire. Possiamo uscire dal pozzo più profondo solo se non cessiamo mai di combattere.

Barnaba si alzò, mise un braccio attorno alle spalle dell’uomo, prese la corda che legava le due vacche del fattore e riportò tutti a Saintes…


Citation:
Ottava meditazione

Verso mezzogiorno, Barnaba giunse a Ponterlier, dove si teneva una festa per l’elezione del sindaco: era stato quest’ultimo, infatti, ad organizzare un banchetto per tutto il paese. Arrivato davanti al municipio, anche Barnaba fu invitato a prendervi parte. Entrò nella sala, ma non poté fare a meno di notare i vagabondi vestiti di stracci che vagavano per le strade mentre tutti si divertivano, alla piccola festa. In sala vi erano solo gioia e felicità: il sindaco era stato eletto con una maggioranza schiacciante ed anche gli avversari erano presenti: c’era un’atmosfera di grande bontà. Erano presenti anche due ricchi mercanti stranieri,, Paolo Isidoro e Giuda d’Iscaria, invitati alla mensa. Alla fine del pranzo, Barnaba si alzò e prese la parola. Si congratulò con il nuovo sindaco e chiese se poteva narrare un breve aneddoto. Tutti gli invitati accettarono con gioia, si trattava di un ulteriore divertimento… Cominciò:

Avendo sentito parlare delle sue doti di eccellente insegnante, un re invitò un saggio a prendere parte ad un banchetto che sarebbe durato diversi giorni. Alla vigilia dell’invito, il grande maestro si presento a palazzo con l’abito da mendicante che indossava tra i suoi discepoli. Nessuno fece attenzione a lui: entrò ma non riuscì a raggiungere la sala da pranzo poiché i paggi del Re, pensando che con la sua presenza potesse insozzare il suolo reale, lo condussero verso le cucine, dove gli offrirono degli avanzi, probabilmente avariati. Il saggio non disse nulla e se ne andò, così com’era venuto.
Il giorno dopo, tornò a casa del Re, stavolta vestito del suo abito più bello: gli riservarono un posto d’onore tra i convitati d’alto rango.
Ma quando i paggi portarono i piatti, la reazione del Saggio sorprese tutti: prese il cibo con le mani, ne fece una palla e lo mise in tasca.
Il Re scelse di non dire niente ma, appena arrivò l’ultima portata, il grande maestro vi immerse la mano e sollevo il pugno, pieno di ragù, che sparse sul suo mantello, dicendo:
“Ecco, è per te”.
Il Re, non riuscendo a trattenersi, gli disse:
“Dunque, hai perso la ragione, tu che sei considerato così saggio?”
Dopo un lungo silenzio il maestro rispose:
“Mi sono presentato a casa tua, ieri, con l’abito da mendicante, e ho ricevuto degli avanzi, come se fossi un cane. Oggi, vengo riccamente vestito e vengo colmato di onori. Dunque, è il mio mantello che avete invitato: è normale che sia lui a nutrirsi”.

I convitati di Pontarlier rimasero interdetti: che strana storia per un giorno di festa! Il sindaco rimase a bocca aperta. Allora Barnaba riprese…

Vi starete certamente chiedendo dove intendo arrivare! Dovete solo uscire per strada e comprenderete la mia storia. Dei semplici vagabondi, che non hanno diritto di voto e non sono stati invitati a questa festa.. Io mi chiedo, perché? Invece, due ricchi mercanti, a cui naturalmente non rimprovero nulla, lo sono stati… perché?

Barnaba finì il suo vino, aprì il suo fagotto, vi versò il contenuto del cesto di pane che era di fronte a lui sotto gli sguardi attenti ed il silenzio imbarazzato dei convitati, lo richiuse, uscì e distribuì il pane ai passanti…

Citation:

Nona Meditazione

Era una bella giornata, estiva o primaverile… la stagione conta poco. Barnaba, tanto per cambiare, era ancora in viaggio sulle strade di Francia. Si trovata tra Saumur e Angers, bellissima regione sulla quale è stato scritto molto. Durante il cammino, egli osservò dei rustici, circondati da alberi e campi, appena prima di arrivare in vista della città. Davanti ad una di queste costruzioni, una donna, seduta su una panca, piangeva tra le braccia di suo marito. Barnaba, commosso dalla scena, si avvicinò a confortare la coppia, domandando loro cosa accadeva. La loro figlia, di sedici anni, era fuggita durante la notte con un giovane di cui era innamorata. I genitori trovavano sconsiderato questo comportamento, considerata l’età della giovane e del ragazzo, che aveva appena un anno più di lei. Per confortarli, Barnaba pensò ad una storia un po’ fuori dalla norma, eppure formidabile poiché davvero rivelatrice di significato. Cominciò:

Un bel giorno di primavera, la Follia decise di invitare i suoi amici a bere qualcosa a casa sua. Tutti gli invitati si presentarono e, dopo aver bevuto insieme, la Follia propose:
- Giochiamo a nascondino?
- Nascondino? Cos’è? Domandò la curiosità.
- Il nascondino è un gioco. Io conterò fino a 100 e voi vi nascondete. Quando avrò finito di contare, vi cercherò; il primo che troverò sarà il prossimo a contare.
Tutti accettarono, tranne la Paura e la Pigrizia.
La Follia cominciò a contare: 1, 2, 3…
La Fretta si nascose per prima, in un posto qualunque. La Timidezza, riservata come sempre, si nascose in un ciuffo d’erba. La Gioia corse al centro del giardino. La Tristezza cominciò a piangere poiché non trovata un posto appropriato dove nascondersi. L’Invidia accompagnò il Trionfo e gli si nascose accanto, dietro una roccia.
La Follia continuava a contare mentre i suoi amici si nascondevano. La Disperazione era disperata, vedendo che la Follia era arrivata già a 99…
- CENTO! Gridò la Follia. Comincio a cercarvi…
La prima ad essere trovata fu la Curiosità, poiché non aveva potuto trattenersi ed era uscita dal nascondiglio per vedere chi sarebbe stato trovato per primo. Guardando di lato, la Follia vide il Dubbio, sopra un fosso, indeciso su quale lato sarebbe stato il nascondiglio migliore. E così via, scoprì la Gioia, la Tristezza, la Timidezza. Quando furono tutti riuniti, la Curiosità chiese:
- Dov’è l’Amore?
Nessuno l’aveva visto. La Follia cominciò a cercarlo: su una montagna, nei fiumi, ai piedi delle rocce. Ma non lo trovò. Cercando in tutti i posti, la Follia vide un roseto e, con un ramo, cominciò a cercare tra i filari, quando improvvisamente udì un grido: era l’amore, che urlava perché le spine gli avevano ferito gli occhi. Non sapendo cosa fare, la Follia si scusò, implorò l’Amore di perdonarla ed arrivò a promettergli che l’avrebbe seguito per sempre. L’Amore accettò.
Ancora oggi, l’Amore è cieco e la Follia l’accompagna sempre.

Un grande sorriso abbellì il volto della madre. Il padre si mise a ridere forte. Rientrarono tutti in casa, e Barnaba fu invitato a pranzo.


Citation:
Decima Meditazione

Una madre era disperata, poiché il suo unico figlio era stato colpito dalla tubercolosi e l’arrivo della morte era una questione di giorni. Barnaba, che stava visitando un ospedale a Berry, incontrò questa donna e suo figlio. Si avvicinò alla madre e le si sedette accanto. Prese la mano del ragazzo e poi, rivolgendosi alla madre, le disse:

Conoscete la storia dei due uomini, entrambi molto malati, che occupavano la stessa stanza in un ospedale di Reims?

Ella fece segno di no con il capo. Allora, riprese:

Uno dei due uomini riusciva a stare seduto sul letto un’ora, ogni pomeriggio, per liberare i polmoni. Il suo letto era accanto all’unica finestra della camera. L’altro uomo doveva invece passare le giornate disteso supino. Gli uomini parlavano per ore delle loro spose, delle loro famiglie, delle case, dei mestieri, del loro servizio militare.
Ogni pomeriggio, quando l’uomo che occupava il letto accanto alla finestra si sedeva, passava il tempo a descrivere al suo compagno tutto ciò che riusciva a vedere fuori. L’uomo nell’altro letto cominciò a vivere, in quelle ore in cui il suo mondo si ampliava ed abbelliva delle attività e colori del mondo circostante.
La vista della finestra dava su un parco, nel quale vi era un bello stagno. Le oche ed i cigni giocavano sull’acqua, mentre i bambini facevano navigare i loro modellini di barche. I giovani innamorati passeggiavano a braccetto tra i fiori dei colori dell’arcobaleno. Grandi alberi decoravano il paesaggio e, di lontano, si scorgeva la città.
Mentre l’uomo accanto alla finestra descriveva tutto ciò nei dettagli, l’uomo dall’altro lato della stanza chiudeva gli occhi ed immaginava le scene. Così, un pomeriggio, l’uomo accanto alla finestra descrisse una parata, che passava di là. Benché l’altro non potesse ascoltare la musica, poteva vederla con gli occhi dell’immaginazione, così bene l’aveva dipinta il suo compagno.
I giorni e le settimane passavano. Un mattino, un’infermiera giunse per portare l’acqua per il bagno e trovò il corpo senza vita dell’uomo accanto alla finestra, probabilmente morto nel sonno. Ne fu rattristata e chiamò il becchino, che ne ritirasse il corpo.
Poiché riteneva che fosse venuto il momento giusto, l’altro uomo chiese di essere spostato accanto alla finestra. L’infermiera fu felice di trasferirlo e, dopo essersi assicurata che era sistemato per bene, lo lasciò solo. Lentamente, con fatica, si issò verso l’alto, sul gomito, per gettare il primo sguardo fuori, dopo settimane di isolamento. Infine, ebbe la gioia di vedere da solo, voltandosi lentamente verso la finestra, ma tutto ciò che vide fu un muro!
L’uomo chiese all’infermiera perché il suo compagno morto aveva descritto cose così meravigliose, se non poteva vederle. L’infermiera rispose che l’uomo era cieco, e non poteva nemmeno vedere il muro. Disse: “Forse ha voluto incoraggiarvi”.

Barnaba si fermò, guardando la madre con attenzione. Poi riprese:

C’è un’enorme felicità nel rendere felici gli altri, nonostante la nostra situazione. La pena condivisa si dimezza ma la felicità, se condivisa, viene raddoppiata. Se volete aiutare vostro figlio, non piangete sulla sua sorte, che tutti conoscono. Vivete gli ultimi momenti della sua vita con lui, accanto a lui, ma non nella tristezza. L’oggi è un regalo, ecco perché si chiama “presente”.
Barnaba si alzò, segnò il ragazzo sulla fronte ed abbracciò la madre baciandola sulle guance. Passò poi a visitare altri malati, infine se ne andò. La madre tentò di seguire i suoi consigli. Due giorni più tardi, il ragazzo riaprì gli occhi ed il nono giorno era nei campi ad aiutare sua madre…. Un miracolo? Forse. Lasciamo la risposta a Dio.

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