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Sainte Anastasia

 
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Bender.B.Rodriguez
Cardinal
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MessagePosté le: Lun Juin 18, 2012 11:15 pm    Sujet du message: Sainte Anastasia Répondre en citant

Citation:



      ______La jeune Anastasia naît à Novgorod en 1256 d’un père haut-fonctionnaire et d’une mère issue de la petite noblesse. Ses deux parents étaient aristotéliciens par tradition plus que par choix, mais, cependant, se rendaient à la messe chaque dimanche et n’omettaient jamais de donner quelques roubles lors de la quête à la fin de l’office.
      ______Anastasia est enfant unique. Son père, menant une grande carrière administrative, possédait des revenus très corrects : ils permettaient à la mère d’Anastasia de passer ses journées en compagnie de sa fille et leur assuraient une aisance matérielle considérable. La jeune fille rêvait déjà d’un somptueux mariage avec le plus tendre et le plus riche des jeunes russes. La jeune Anastasia avait tout pour être heureuse, et elle l’était.

      ______Très tôt, Anastasia manifesta une étonnante curiosité intellectuelle. Il ne se passait une journée sans qu’elle ne posât à sa mère des questions sur la vie, la mort, la jeune République, l’amour ou Dieu. Son père s’en félicita et convoqua aussitôt les meilleurs précepteurs. Les candidats affluèrent des quatre coins de la Principauté et même des lointaines Kiev et Moscou : la réputation de la famille était honorable et la place était stable et fort bien rémunérée.
      ______Mais son père était un homme très attentif au bien-être de sa fille et, délaissant un temps son travail à l’administration, il décida de prendre quelques jours de vacance afin de s’entretenir personnellement avec les candidats pour s’assurer, d’une part, de leur piété — car il voulait que sa religion soit transmise à sa fille — et, d’autre part, de leur vision de la jeune République — en effet, ce concept était nouveau et il entendait bien que sa fille poursuive son action : en aucun cas il ne voulait qu’elle développe des idées pro monarchiques.
      ______Le choix du père de la jeune Anastasia se porta finalement sur un natif de Novgorod âgé d’une cinquantaine d’années, et l’instruction de la jeune fille débuta.

      ______Mais Anastasia s’ennuyait. Son précepteur pensait qu’il était meilleur qu’il enseigne plutôt qu’il ne réponde aux questions de la jeune fille. Il se trompait. Non pas qu’Anastasia n’était intéressée que par un petit nombre de choses, mais il y avait certaines choses qu’elle brûlait de savoir. Son précepteur n’avait pas compris qu’il aurait d’abord dû résoudre les énigmes premières de la jeune fille avant d’entreprendre un enseignement classique.
      ______Cependant, Anastasia était trop reconnaissante envers son père et avait trop d’estime pour son vieux précepteur qu’elle ne toucha mot de son ennui à personne. Elle décida de trouver seule les réponses à ses questions et, comme on lui avait toujours dit que les hommes d’Église étaient sans doute les hommes les plus cultivés, elle se rendit à la cathédrale où elle s’entretint avec plusieurs chanoines, lesquels furent ravis de voir qu’une si jeune enfant manifestait un tel intérêt pour des questions théologiques.
      ______Ainsi, ayant trouvé réponse à ses questions existentielles, elle s’ennuya moins lors des leçons avec son précepteur.

      ______Au fil du temps, les chanoines abordèrent d’autres thèmes avec la jeune enfant-prodige, dont celui de la nature divine du pouvoir. Ce fut sans doute cela qui fut à l’origine des malheurs d’Anastasia. En effet, les chanoines lui expliquèrent comment étaient les choses avant que la République ne soit instaurée — c’était ce sujet même que son père ne voulait pas voir abordé par le précepteur. Petit à petit, Anastasia comprit que la République, en dépit de son succès du point de vue administratif, allait bientôt rendre l’Église totalement impuissante, ce qui lui semblait inconcevable.
      ______Elle résolut d’en discuter avec son précepteur, dont la sagesse était grande. L’homme fut totalement pris au dépourvu : il ne sut de prime abord s’il devait ou non répondre aux interrogations de la jeune Anastasia à ce sujet. Son statut de précepteur l’y incitait, mais le père de la jeune fille le lui avait formellement interdit. Cependant, ce fut son côté pédagogue qui prit le dessus et, après avoir fait jurer à Anastasia de ne pas dire à son père qu’il avait consenti à parler de la République avec elle, il accepta de répondre à ses questions. Le précepteur avait connu la cour des Tsars, où, pour services rendus, il avait reçu certains privilèges ainsi que quelques terres. Anastasia comprit donc rapidement que lui aussi souhaitait secrètement un retour à la monarchie.

      ______Anastasia vouait une grande admiration à son père, auquel elle était par ailleurs très attachée. Il lui était insupportable de le savoir sur la voie de l’égarement aussi bien théologique que philosophique. Au bout d’un certain temps, elle décida de lui faire part des idées qu’elle avait développées. Son père qui, jusqu’alors, était calme et bienveillant, entra dans une colère folle. Il était persuadé que c'était ce précepteur qu’il jugeait trop aristocrate qui avait inculqué ces idées néfastes à sa fille.
      ______Anastasia, qui adorait son précepteur, intervint en la faveur de celui-ci, expliquant que c’était plus à la cathédrale qu’à la classe qu’elle avait développé de telles pensées. Son père, sous le coup de la colère, prit une décision qui scella le destin de la jeune fille. Voici, paraît-il, ce qu’il lui répondit, dans une traduction approximative : « Alors comme ça, les curés t’ont dit que j’étais dans le péché, et tu les crois ? Alors que moi, je me sacrifie pour toi ; alors que je me tue à la tâche pour te payer le meilleur des précepteurs ? Eh bien, puisque tu es tellement ingrate et que tu sembles plus estimer les curés que moi, je t’ordonne de prendre le voile. Tant pis pour tes rêves de mariage ! »

      ______Anastasia entra donc au couvent. Au début, elle pleurait toute la nuit et était apathique le jour. Son rêve avait toujours été de se marier et d’avoir des enfants afin de leur transmettre quelque chose aussi bien matériellement que spirituellement. Arrivée seule au couvent, elle ne souffla mot des conditions qui l’y avaient menée, pas même à la mère supérieure, qui était pourtant une femme exceptionnellement bonne et compréhensive. Celle-ci fit tout son possible pour intégrer Anastasia, mais en vain : la jeune fille, inconsolable, restait isolée.
      ______Un beau jour, la mère supérieure eut une idée lumineuse : à l’issue d’un office, elle tint ces paroles à Anastasia : « Vous êtes ici depuis trois semaines et vous ne vous êtes pas encore confessée. Vous savez comme moi qu’il est bon de se confesser au moins une fois par semaine ou toutes les deux semaines. Pour votre salut, je vais donc vous entendre personnellement en confession. » Le stratagème paya : ayant conscience que c’était à Dieu qu’elle s’adressait au travers de la mère supérieure, Anastasia avoua les circonstances dans lesquelles elle était arrivée au couvent. Les larmes coulèrent sur les joues de la jeune fille plongée dans l’ombre du confessionnal de la petite chapelle du couvent.
      ______La mère supérieure était bonne et intelligente et, après avoir entendu la terrible histoire d’Anastasia, elle lui tint ces paroles qui changèrent la destinée de la jeune fille : « Puisque vous vous désolez de ne jamais avoir d’enfant à qui transmettre quelque chose, je vais vous confier une tâche dans laquelle vous pourrez transmettre quelque chose à d’autres enfants. La République naissante, que vous avez tant décriée, a certes retiré son caractère sacré au pouvoir, mais elle a cependant décidé de nous aider dans notre enseignement. Grâce aux subsides que l’État nous verse, nous allons ouvrir des classes destinées à enseigner aux jeunes enfants dont les parents n’ont pas les moyens de rémunérer un précepteur. Et j’aimerais que vous enseigniez dans une de ces classes. »

      ______C’est ainsi que la jeune Anastasia devint le professeur d’une vingtaine d’enfants âgés d’entre huit et quatorze ans. Au début, la jeune fille était quelque peu maladroite : elle n’avait suivi aucune formation, seule lui avait été communiquée la matière qu’elle avait à enseigner. Cependant, petit à petit, elle gagna en assurance et se révéla être une excellente pédagogue. Elle aimait ses élèves et ses élèves l’aimaient. Sa blessure cicatrisait doucement et, bien qu’elle éprouvât toujours le regret de ne jamais avoir d’enfant pour elle seule, elle commençait à trouver un semblant de paix intérieure. Cette renaissance perdura pendant sept années.

      ______Au bout de sept années d’enseignement intensif, Anastasia tomba gravement malade. La République en plein essor avait attiré de nombreux savants, dont d’excellents médecins, lesquels acceptèrent d’examiner bénévolement la vertueuse malade. Leur diagnostic était incertain, mais ils parvinrent à tomber d’accord sur un remède : le climat ne convenait pas à Anastasia ; il lui fallait, pour guérir, vivre dans un pays plus ensoleillé et moins froid.
      ______Ce diagnostic plongea Anastasia dans une indicible détresse. On dit qu’elle tint ces paroles à la mère supérieure : « Pourquoi, ma mère, pourquoi ? Je venais de trouver un semblant d’équilibre et, à présent, Dieu veut m’en éloigner ! Êtes-vous certaine qu’Il est bon et infaillible ? En me frappant de ce nouveau malheur, Il m’apparaît soit cruel soit aveugle ! » Devant un tel déferlement de douleur et de paroles, la pauvre mère supérieure fut perdue. Elle se contenta de faire ce semblant de réponse à Anastasia : « Les voies du Seigneur sont impénétrables. » Elle était loin d’imaginer à quel point cette simple déclaration, anodine en apparences, allait avoir de l’importance sur la vie de la sainte.
      ______L’ordre religieux auquel appartenait le monastère qui avait recueilli Anastasia possédait un monastère entre Alençon et Verneuil. La région étant plutôt ensoleillée, il fut décidé que la jeune fille y serait transférée.

      ______Le voyage fut particulièrement éreintant, aussi c'est dans un état de santé précaire qu'Anastasia franchit pour la première fois les portes du monastère. Elle ne vit pas la beauté de la nature, pas plus qu'elle ne profita de la douce chaleur du soleil sur sa peau. Non, elle resta alitée plusieurs jours avant de pouvoir sortir de sa cellule. Cependant, sa profonde mélancolie commença à s'atténuer lorsqu'un rayon de soleil caressa sa joue un matin. Se sentant ragaillardie, elle sortit enfin faire quelques pas dans les jardins, après plus de deux semaines recluse et souffrante. Et, là, ce fut une révélation : la beauté des lieux l'envoûta, le parfum des fleurs, la douceur de l'air et les milliers de couleurs qu’elle admirait lui firent comme un choc tant le lieu était tout bonnement sublime, grandiose, incandescent de beauté et tant elle avait été recluse dans d’austères cellules. Anastasia passa ainsi plusieurs heures à voleter de fleur en fleur, posant sa main sur l'écorce de chênes centenaires, surprenant ici un écureuil, là une abeille... Ce fut une des sœurs, croyant que la pauvre enfant avait perdu l'esprit tant elle riait toute seule, qui dut la ramener à l'intérieur.
      ______Ce fut une transfiguration pour Anastasia. Son enthousiasme et son allégresse ne tarirent pas et, très rapidement, elle put recommencer à enseigner aux enfants. Les sœurs lui confièrent des charges supplémentaires, d'autres matières à enseigner, et Anastasia accomplissait son devoir avec joie.

      ______Vint le jour fatidique où elle fut ordonnée prêtre. Ce jour-là, des passions contrastées agitaient la jeune femme. Elle savait que, par la prononciation de ses vœux, elle renonçait définitivement à tout mariage ou à tout enfant ; mais elle savait également que c’était le meilleur moyen d’affirmer son engagement au service du Très-haut. Une fois ordonnée, elle se vit confier la célébration de quelques cérémonies et, petit à petit, elle fit son chemin au sein du couvent : elle s'occupa des pastorales puis contribua à l'élaboration du séminaire local, donnant beaucoup d'elle-même pour l'évolution de la religion dans le diocèse. On la nomma vicaire diocésaine et, quelques années de bons et loyaux services plus tard, elle finit par devenir le bras droit de l'archevêque de Rouen.
      ______C'était un homme bon et généreux, qui appréciait énormément les capacités de travail et d'écriture, la dévotion et l’optimisme débordant d’Anastasia. Il la guida et lui enseigna les rouages de la hiérarchie de l'Église, lui indiqua à qui faire confiance et de qui se méfier, à qui demander de l'aide et de qui ne rien espérer. Assidue et attentive, Anastasia ne manquait pas une miette des inestimables enseignements du vieux serviteur de Dieu.

      ______Un jour, l'archevêque tomba gravement malade. Anastasia le veilla nuit et jour, priant sans discontinuer pour le salut de son âme. Malgré ses supplications envoyées vers le Très-Haut, l'archevêque trépassa un soir de novembre. Ce fut un nouveau choc pour Anastasia : qu'allait-elle faire sans lui ? La jeune femme sombra dans le désespoir le plus total, passant des heures à sangloter. Très rapidement, malgré sa tristesse et ses récriminations, elle se vit nommer à la place de son mentor. D’emblée, certaines voix s’élevèrent pour protester contre cette nomination : elle apparaissait comme une très faible et influençable femme, n’ayant aucune poigne ; elle-même semblait sous-entendre qu’elle ne se sentait pas prête pour cette charge importante. Mais la hiérarchie, que l’archevêque avait, dans son testament, exhorté à nommer sa protégée à sa place, en avait décidé autrement.
      ______Son incommensurable chagrin, Anastasia le noya dans le travail et, à la surprise de tous et d’elle-même la première, s'avéra une excellente archevêque. Son poste la mena également auprès du duc d’Alençon qui la nomma conseillère religieuse. Elle siégea ainsi plusieurs années, vit les ducs passer.

      ______Un jour, pour des raisons qui nous sont inconnues, Anastasia décida de se lancer en politique. Elle choisit le parti alençonnais qui lui semblait le plus vertueux et le plus proche des lignes directives de l’Église et s’y impliqua avec, comme à chaque fois qu’elle décidait de prendre une charge, toute son énergie, ce qui lui permit d’être très rapidement dans le haut des listes. Elle enchaîna alors les postes au conseil et occupa successivement les charges de bailli, de procureur, de juge et de commissaire au commerce.
      ______Sa persévérance, sa droiture et son exceptionnel bilan en tant que commissaire au commerce lui permirent de se faire reconnaître duchesse lors du conseil suivant. Par sens du devoir plus que par conviction, elle accepta. Pourtant quelque chose en elle s'était brisé. Mise en avant par son poste de duchesse, elle était la proie de la véhémence et des railleries de ceux qui ne concevaient pas que l’on puisse être archevêque et duchesse, ce qui lui fit comprendre que la vie politique n'était pas une voie acceptable pour elle qui prêchait l’amitié et la compréhension. Le temps où jeune femme papillonnait dans le jardin du monastère était bien loin.
      ______Anastasia démissionna de son poste de duchesse après moins deux semaines de règne. Lasse de la vie publique et ne concevant plus d’être archevêque sans siéger au conseil, au moins en tant que conseillère religieuse, elle démissionna également de son poste d’archevêque, au grand désespoir des fidèles qui avaient trouvé en elle un berger extrêmement proche d’eux. Elle se retira dans le fief qui lui avait été donné en remerciement pour son action apaisante au sein des précédents conseils.

      ______Après plus de quarante ans passés à gravir les échelons de la hiérarchie séculaire et ecclésiastique, elle put enfin respirer. Durant quelque temps, elle se contenta de jardiner, retrouvant les odeurs et les plaisirs simples de la terre. Néanmoins, l'érudite qu'elle était ne pouvait se contenter uniquement de travaux manuels : faire travailler son esprit lui manquait. Après quelques mois, elle se mit à écrire, mettant à profit l’immense quantité de temps dont elle disposait à présent pour s’isoler des journées entières dans le scriptorium du monastère ou dans la bibliothèque de son petit domaine.
      ______Elle perfectionna et atteint un degré de sophistication qui en impressionnait plus d’un. On sait qu’elle écrivait énormément mais, malheureusement, la plupart de ses textes ont été perdus car, à sa mort, les personnes à qui son domaine échut n’en prirent aucun soin. Cependant, on en a conservés quelques-uns qui sont en cours de restauration, mais ce n’est rien en comparaison de la montagne d’écrits qu’elle a sans doute produite.

      ______Cette vie faite de plaisirs simples, d’étude acharnée et d’écriture compulsive dura dix-sept ans. Anastasia s’éteint dans la bibliothèque de son domaine et on raconte que, lorsqu’on découvrit son corps, on s’aperçut qu’elle était morte assise à sa table de travail, le stylet à la main et une mer de livres étalée devant elle, les yeux tournés vers le ciel et la bouche figée en un sourire béat.




    Texte établi avec la plus grande rigueur philologique sur base de divers écrits circulant dans la région de Verneuil et dans tout le royaume de France, de récits faits par d’aimables fidèles, croyants et hétérodoxes et de fouilles opérées dans le domaine et le couvent de sainte Anastasia, par messeigneurs Désidérade Ytournel de l'Obstancie et Arnault d’Azayes, théologues du Saint-Office romain.


Citation:

      L’avant-veille de la Saint-Julie-Libérée de l’an d’Horace MCDIII, Jean et Adeline, boulangers à Argentan, ont souhaité que leur témoignage soit mis par écrit par frère Welrigotef, chanoine de l’archidiocèse de Rouen et scripteur pour le Saint-Office romain.


    Cela faisait déjà bien trois ans que ma femme et moi avions été mariés par le curé de notre bonne ville. Les premiers mois de notre ménage furent idylliques : nous possédions une petite maison, quelques animaux, et surtout un très beau moulin qui nous permettait de vivre plus que confortablement. La guerre semblait bien loin de nos terres et, chaque dimanche, nous nous rendions à la petite église pour assister à la messe.
    Dans un tel climat de prospérité – d’abondance même –, vous comprendrez sans peine que mon désir et celui de mon épouse étaient de voir notre mariage béni par la naissance d’un enfant, d’un petit héritier ou d’une petit héritière qui vivrait avec nous dans cette riche région.

    Or, plus d’une demi-année après que notre union eut été célébrée devant Dieu, le ventre de mon épouse ne grossissait toujours pas. Pendant plus d’un an, rien ne se passa. Au bout d’un an et demi, Adeline et moi décidâmes, comme on nous l’avait toujours appris, de ne pas rester seuls dans notre désarroi. Nous allâmes demander conseil à la personne qui nous semblait la plus sage du village en matière de choses naturelles : le curé. Nous lui expliquâmes la situation brièvement. Voici, approximativement, ce qu’il nous répondit :
    « Mes enfants... Je comprends votre situation. Avant de vous parler de vous, je vais, chose rare, vous parler de moi. Ou plutôt de nous. Nous autres, prêtres, ne pouvons pas procréer. Certains d’entre nous le regrettent mais se font tout de même ordonner ; d’autres encore n’acceptent pas cette interdiction et préfèrent ne pas devenir prêtre tout en restant clercs. Si je vous parle de cela, c’est car la seule explication que je vois à votre incapacité à avoir un enfant doit être la même explication que celle que l’on donne aux prêtres s’interrogeant sur l’interdiction : Dieu considère que certains hommes et certaines femmes ont une mission importante qui serait compromise par la procréation. Je ne suis pas en train de dire que vous devez rentrer dans les ordres : au contraire, votre mariage n’est en aucun cas maudit par votre incapacité. Il faut simplement accepter Sa décision et, au lieu de vous acharner, ne pas essayer d’en trouver les raisons par vous-mêmes mais bien attendre que celles-ci s’imposent à vous. »

    Notre curé était un homme très sage mais vous comprendrez aisément que ses paroles ne purent que difficilement satisfaire le jeune couple plein d’espoirs que nous étions. Ma femme, surtout, ne pouvait accepter une telle fatalité. J’étais un brin plus résigné qu’elle et je tentais de la raisonner en lui expliquant qu’il n’était pas correct de soutenir que le curé se trompait. Mais rien n’y faisait : Adeline était persuadée qu’un mariage n’était réellement béni de Dieu que le jour où un enfant en naissait.
    La belle harmonie des premiers jours était décidément bien loin de nous, et je craignais que notre histoire se termine de façon tragique, tant Adeline semblait constamment se rapprocher du côté de la mort.

    Une soirée d’automne où une dispute particulièrement violente avait éclaté entre Adeline et moi, alors que nous nous apprêtions à nous coucher, un éclair de lumière aveuglant pénétra dans notre petite maison et une voix douce d’une chaleur jusqu’alors jamais ressentie retentit.

    « Jean, Adeline, ne pensez pas que Dieu est un ingrat. Adeline, j’ai comme toi vécu le drame de ne pouvoir avoir d’enfant. Jean, j’ai comme toi dû me résigner aux commentaires pragmatiques d’un prêtre. Mais je sais ce que l’on ressent dans de tels cas. Dieu ne peut se tromper mais peut pardonner et changer de dessein : notre Créateur, dans Son infinie sagesse, a laissé le Libre-arbitre à Ses créatures, qui parfois Le surprennent.
    Jean, vous avez montre un grand respect envers la hiérarchie sacrée, témoignant ainsi de votre gratitude pour ceux qui vous ont permis de sauver votre âme par le baptême et de bénir votre union. Adeline, vous avez quant à vous témoigné d’une parfaite compréhension de ce que doit être l’amour : l’amitié aristotélicienne poussée à son paroxysme trouve sa plénitude dans le mariage et, évidemment, dans la procréation – sinon pourquoi ne pas autoriser deux personnes du même sexe à se marier ?
    Pour vous récompenser de votre ferveur et de votre fidélité à Dieu, Il a décidé, sur ma demande, de vous autoriser à procréer. Mon nom est sainte Anastasia et je vous ordonne à présent de vous aimer ! »

    Un mois plus tard, le ventre d’Adeline commençait à grossir et, neuf fois plus tard, naissait Thomas.

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Chapita
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MessagePosté le: Ven Juil 11, 2014 4:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:



      ______La giovane Anastasia nacque a Novgorod nel 1256 da una padre alto-funzionario e da una madre che faceva parte della piccola nobiltà. I suoi genitori erano aristotelici per tradizione più che per scelta, ma si recavano comunque a messa ogni domenica e non omettevano mai di donare qualche rublo durante la questua di fine ufficio.
      ______Anastasia era figlia unica. Suo padre, che conduceva una grande carriera amministrativa, possedeva dei redditi molto dignitosi : essi permettevano alla madre di Anastasia di trascorrere le sue giornate in compagnia di sua figlia e gli assicuravano un'agiatezza materiale considerevole. La ragazza già sognava un sontuoso matrimonio con il più tenero e ricco dei giovani russi. La giovane Anastasia aveva tutto per essere felice, e lo era.

      ______Molto presto, Anastasia manifestò una stupefacente curiosità intellettuale. Non passava giorno senza che ponesse a sua madre domande sulla vita, la morte, la giovane Repubblica, l'amore o Dio. Suo padre, che di ciò si felicitava, convocò subito i migliori precettori. I candidati affluirono dai quattro angoli del Principato e anche dalle lontane Kiev e Mosca : la reputazione della famiglia era onorevole ed il posto era stabile e molto ben remunerato.
      ______Ma suo padre era un uomo molto attento al benessere di sua figlia e, abbandonando per qualche tempo il suo lavoro all'amministrazione, decise di prendersi alcuni giorni di vacanza per intrattenersi personalmente con i candidati per assicurarsi, da una parte, della loro devozione — poiché voleva che la sua religione fosse trasmessa a sua figlia — e, dall'altra, della loro visione della giovane Repubblica — in effetti, questo concetto era nuovo ed egli desiderava che sua figlia proseguisse la sua azione: ed in nessun caso voleva che ella sviluppasse delle idee monarchiche.
      ______La scelta del padre della giovane Anastasia ricadde finalmente su un nativo di Novgorod, di circa cinquant'anni, e l'istruzione della ragazza cominciò.

      ______Ma Anastasia si annoiava. Il suo precettore pensava che fosse meglio insegnare, piuttosto che rispondere alle domande della ragazza. Si sbagliava. Non che Anastasia non fosse interessata che a un ristretto numero di argomenti, ma c'erano certe cose che desiderava ardentemente sapere. Il suo precettore non aveva compreso che avrebbe dovuto risolvere gli enigmi originari della ragazza prima di intraprendere un insegnamento classico.
      ______Ciononostante, Anastasia era troppo riconoscente verso suo padre e aveva così tanta stima per il suo vecchio precettore che non fece parola a nessuno della sua noia. Ella decise di trovare da sola le risposte alle sue domande e, siccome le era sempre stato detto che gli uomini di Chiesa erano probabilmente gli uomini più colti, si recò alla cattedrale dove si intrattenne con diversi canonici, che furono felicissimi di vedere che una così giovane ragazza manifestava un tale interesse per delle domande teologiche.
      ______Così, avendo trovato risposta alle sue domande esistenziali, inizò ad annoiarsi di meno durante le lezioni con il suo precettore.

      ______Col passare del tempo, i canonici affrontarono altri temi con la giovane ragazza-prodigio, tra cui quello della natura divina del potere. Ciò fu senza dubbio all'origine delle disgrazie di Anastasia. Difatti, i canonici le spiegarono come erano le cose prima che fosse instaurata la Repubblica — questo era proprio l’argomento che suo padre non voleva vedere trattato dal precettore. Poco a poco, Anastasia comprese che la Repubblica, a dispetto del suo successo da un punto di vista amministrativo, avrebbe presto reso la Chiesa totalmente impotente, cosa che le sembrava inconcepibile.
      ______Ella decise di discuterne con il suo precettore, la cui saggezza era grande. L'uomo fu preso totalmente alla sprovvista : non seppe, di primo acchito, se dovesse o no rispondere alle interrogazioni della giovane Anastasia su tale argomento. Il suo stato di precettore lo incitava, ma il padre della ragazza glielo aveva formalmente vietato. Tuttavia, fu il suo lato didattico che prese il sopravvento e, dopo aver fatto giurare ad Anastasia di non dire a sua padre che egli aveva acconsentito a parlare della Repubblica con lei, accettò di rispondere alle sue domande. Il precettore aveva conosciuto la corte degli Zar, dove, per servizi resi, aveva ricevuto certi privilegi così come alcune terre. Anastasia comprese dunque rapidamente che anche lui segretamente desiderava un ritorno alla monarchia.

      ______Anastasia aveva una grande ammirazione verso suo padre, al quale era peraltro molto attaccata. Le era insopportabile saperlo sulla via dello smarrimento sia teologico che filosofico. Dopo qualche tempo, ella decise di renderlo partecipe delle idee che aveva sviluppato. Suo padre che, fino ad allora era stato calmo e benevolo, entrò in una folle collera. Era convinto che fosse stato il suo precettore, che egli giudicava troppo aristocratico, ad avere inculcato queste nefaste idee nella figlia.
      ______Anastasia, che adorava il suo precettore, intervenne in suo favore, spiegando che ella aveva sviluppato tali pensieri più alla cattedrale che in classe. Suo padre, sotto l'influenza della collera, prese una decisione che segnò il destino della giovane. Ecco ciò che sembra egli rispose, in una traduzione approssimativa : « Allora è così, i preti ti hanno detto che io sono nel peccato, e tu gli credi ? Mentre io mi sacrifico per te ; mentre mi ammazzo di lavoro per poterti pagare il migliore dei precettori ? Eh bene, poiché sei tanto ingrata e sembri stimare più i preti di me, ti ordino di prendere il velo. Tanto peggio per i tuoi sogni di matrimonio ! »

      ______Anastasia entrò dunque in convento. All'inizio, ella piangeva tutte le notti, e di giorno era totalmente apatica. Il suo sogno era sempre stato quello di sposarsi e di avere dei bambini a cui trasmettere tante cose, sia materialmente che spiritualmente. Arrivò al convento da sola, non fece parola delle condizioni che l'avevano condotta lì, nemmeno alla stessa madre superiora, che era tuttavia una donna eccezionalmente buona e comprensiva. Ella fece tutto il possibile per far integrare Anastasia, ma invano: la giovane, inconsolabile, restava isolata.
      ______Un bel giorno, la madre superiora ebbe un'idea luminosa: al termine di un ufficio, rivolse queste parole ad Anastasia : « Siete qui da tre settimane e non vi siete ancora confessata. Sapete quanto me che è bene confessarsi almeno una volta a settimana od ogni due settimane. Per la vostra salvezza, vi ascolterò personalmente durante la confessione. » Lo stratagemma pagò : essendo consapevole che, mediante la madre superiora, ella si rivolgeva a Dio, Anastasia confessò le circostanze nelle quali era arrivata al convento. Le lacrime colarono sulle guance della ragazza, immersa nell'ombra del confessionale della piccola cappella del convento.
      ______La madre superiora era buona ed intelligente e, dopo aver inteso la terribile storia di Anastasia, le rivolse queste parole, che cambiarono il destino della giovane : « Poiché vi affliggete di non aver mai avuto un bambino a cui trasmettere qualche cosa, vi affiderò un compito nel quale potrete trasmettere qualche cosa ad altri bambini. La nascente Repubblica, che tanto avete screditato, ha certamente ritirato il suo carattere sacro al potere, ma ha tuttavia deciso di aiutarci nel nostro insegnamento. Grazie ai sussidi che lo Stato ci versa, apriremo delle classi destinate all'insegnamento dei giovani i cui genitori non hanno i mezzi per rimunerare un precettore. E mi piacerebbe che voi insegnaste in una di queste classi. »

      ______E' così che la giovane Anastasia divenne insegnante di una ventina di bambini, tra gli otto e quattordici anni. All'inizio, la giovane era un po' imbranata: non aveva seguito nessuna formazione, le era stato solo comunicata la materia che ella avrebbe dovuto insegnare. Tuttavia, poco a poco, guadagnò sicurezza e si rivelò essere un'eccellente pedagoga. Amava i suoi alunni, ed essi l'amavano a loro volta. La sua ferita cicatrizzava dolcemente e, sebbene provasse sempre il dispiacere di non poter mai avere un figlio proprio, cominciava a trovare una parvenza di pace interiore. Questa rinascita perdurò per sette anni.

      ______Alla fine di sette anni di insegnamento intensivo, Anastasia si ammalò gravemente. La Repubblica, in pieno sviluppo, aveva attirato numerosi scienziati, tra cui eccellenti medici, che accettarono di visitare gratuitamente la virtuosa malata. La loro diagnosi era incerta, ma riuscirono ad essere d'accordo su un rimedio : il clima non era adatto ad Anastasia ; per guarire, le occorreva vivere in un paese più soleggiato e meno freddo.
      ______Questa diagnosi fece piombare Anastasia in un indicibile sconforto. Si dice che rivolse queste parole alla madre superiora : « Perché, madre mia, perché ? Avevo appena trovato una parvenza di equilibrio e, ora, Dio vuole allontanarmene ! Siete certa che egli sia buono ed infallibile? Colpendomi con questa nuova disgrazia, Egli mi appare o crudele o cieco ! » La povera madre superiora, davanti ad una tale ondata di dolore e di parole, fu persa. Si accontentò di dare questa finta risposta ad Anastasia : « Le vie del Signore sono impenetrabili. » Ella era lontano dall'immaginare a che punto questa semplice dichiarazione, all'apparenza insignificante, avrebbe avuto importanza sulla vita della santa.
      ______L'ordine religioso al quale apparteneva il monastero che aveva accolto Anastasia possedeva un monastero tra Alençon e Verneuil. Poiché la regione era piuttosto soleggiata, fu deciso che la giovane sarebbe stata trasferita lì.

      ______Il viaggio fu particolarmente spossante, ed è anche in uno stato di salute precario che Anastasia varcò per la prima volta le porte del monastero. Ella non vide la bellezza della natura, e nemmeno approfittò del dolce calore del sole sulla sua pelle. No, fu costretta a letto parecchi giorni prima di poter uscire dalla sua cella. Tuttavia, la sua profonda malinconia iniziò ad attenuarsi quando un raggio di sole accarezzò un mattino la sua guancia. Sentendosi ringalluzzita, ella iniziò infine a passeggiare nel giardino, dopo più di due settimane reclusa e sofferente. E, là, fu una rivelazione : la bellezza dei luoghi l'ammaliò, il profumo dei fiori, la dolcezza dell'aria e le migliaia di colori che ammirava la sconvolsero, tanto il luogo era semplicemente sublime, grandioso, incandescente di bellezza e tanto ella era stata reclusa dentro austere celle. Anastasia trascorse così diverse ore a volteggiare di fiore in fiore, posando la sua mano sulla corteccia di querce centenarie, sorprendendo qui uno scoiattolo, là un'ape... fu una suora che, credendo che la povera figlia avesse perduto la mente, poiché ella rideva tutta da sola, dovette riportarla dentro.
      ______Fu una trasfigurazione per Anastasia. Il suo entusiasmo e la sua esultanza non si esaurirono e, molto rapidamente, poté ricominciare ad insegnare ai bambini. Le suore le affidarono degli incarichi supplementari, altre materie da insegnare, ed Anastasia compiva il suo dovere con gioia.

      ______Venne il fatidico giorno nel quale fu ordinata sacerdote. Quel giorno, delle passioni contrastanti agitavano la giovane. Ella sapeva che, per la pronuncia dei suoi voti, rinunciava definitivamente sia al matrimonio che ai figli ; ma sapeva anche che era questo il miglior mezzo per affermare il suo impegno al servizio dell'Altissimo. Una volta ordinata, le venne assegnata la celebrazione di alcune cerimonie e, poco a poco, si fece strada in seno al convento : ella si occupò delle pastorali, poi contribuì all'elaborazione del seminario locale, dando tutta sé stessa per l'evoluzione della religione nella diocesi. Fu nominata vicario diocesano e, alcuni anni di buoni e leali servizi più tardi, ella finì per diventare il braccio destro dell'arcivescovo di Rouen.
      ______Egli era un uomo buono e generoso, che apprezzava enormemente le capacità di lavoro e di scrittura, la devozione e l'ottimismo traboccante di Anastasia. La guidò e le insegnò i meccanismi della gerarchia della Chiesa, le indicò di chi fidarsi e di chi diffidare, a chi chiedere aiuto e da chi non sperare niente. Assidua e attenta, Anastasia non si lasciava sfuggire una briciola degli inestimabili insegnamenti del vecchio servitore di Dio.

      ______Un giorno, l'arcivescovo si ammalò gravemente. Anastasia vegliò su di lui giorno e notte, pregando ininterrottamente per la salvezza della sua anima. Malgrado le sue suppliche rivolte all'Altissimo, l'arcivescovo trapassò una sera di novembre. Fu un nuovo duro colpo per Anastasia : che cosa avrebbe fatto senza di lui ? La giovane sprofondò nella disperazione più totale, passando ore a singhiozzare. Molto presto, a dispetto della sua tristezza e delle sue recriminazioni, si vide nominata al posto del suo mentore. Immediatamente, alcune voci si alzarono per protestare contro questa nomina : ella appariva come una donna troppo debole ed influenzabile, non avendo polso ; lei stessa sembrava sottintendere che non si sentisse pronta a questa importante carica. Ma la gerarchia, poiché l'arcivescovo aveva nel suo testamento esortato a nominare la sua protetta al suo posto, aveva deciso diversamente.
      ______Anastasia annegò nel lavoro il suo incommensurabile dispiacere e, con sorpresa di tutti, e per prima di lei stessa, si rivelò un'eccellente arcivescovo. La sua carica la condusse anche vicino al duca di Alençon che la nominò consigliera religiosa. Così, con questo seggio, che mantenne per molti anni, vide i duchi passare.

      ______Un giorno, per ragioni che ci sono sconosciute, Anastasia decise di lanciarsi in politica. Ella scelse il partito di Aleçon che le sembrava il più virtuoso ed il più vicino alle linee direttive della Chiesa e, come ogni volta che decideva di assumere una carica, si impegnò con tutta la sua energia, ciò le permise di essere molto presto in alto alle liste. Ella occupò un posto dopo l’altro in consiglio e successivamente le cariche di balivo, procuratore, giudice e di commissario per il commercio.
      ______La sua perseveranza, la sua rettitudine ed il suo eccezionale bilancio, in quanto commissario per il commercio, le permisero di farsi riconoscere duchessa durante il successivo consiglio. Ed ella accettò, più per senso del dovere che per convinzione. Tuttavia, qualcosa in lei si era infranto. Anteposta la sua carica di duchessa, ella era preda della veemenza e delle derisioni di coloro i quali non concepivano che ella fosse sia arcivescovo che duchessa, ciò le fece comprendere che la vita politica non era una via accettabile per lei, che predicava l'amicizia e la comprensione. Il tempo dove, giovane, volteggiava nel giardino del monastero era ben lontano.
      ______Anastasia diede le dimissioni dalla sua carica di duchessa dopo meno di due settimane di regno. Stanca della vita pubblica, e non concependo più di essere arcivescovo senza avere un seggio in consiglio, almeno in quanto consigliera religiosa, ella diede le dimissioni anche dalla sua carica di arcivescovo, tra la grande disperazione dei fedeli che avevano trovato in lei un pastore estremamente vicino ad essi. Si ritirò nel feudo che le era stato donato in ringraziamento per la sue soddisfacenti azioni in seno ai precedenti consigli.

      ______Dopo più di quarant'anni passati ad avanzare di grado nella gerarchia secolare ed ecclesiastica, ella poté infine respirare. Per qualche tempo, si accontentò di fare giardinaggio, ritrovando gli odori ed i piaceri semplici della terra. Tuttavia, da erudita qual era, non poteva accontentarsi unicamente del lavoro manuale : le mancava far lavorare la sua mente. Dopo alcuni mesi, si mise a scrivere, mettendo a profitto l'immensa quantità di tempo di cui disponeva attualmente per isolarsi intere giornate nello scriptorium del monastero o nella biblioteca della sua piccola tenuta.
      ______Ella perfezionò e raggiunse un tale grado di complessità tecnica che impressionava molti. Si sa che ella scrisse tantissimo ma, purtroppo, la maggior parte dei suoi testi sono stati persi poiché, alla sua morte, le persone a cui toccò la sua tenuta non se ne presero cura. Tuttavia, se ne sono conservati alcuni che sono in corso di restauro, ma non sono niente a paragone della montagna di scritti che ella ha probabilmente prodotto.

      ______Questa vita fatta di piaceri semplici, di studio assiduo e di scrittura compulsiva durò diciassette anni. Anastasia si spegne nella biblioteca della sua tenuta e si racconta che, quando venne scoperto il suo corpo, ci si accorse che ella era morta seduta al suo tavolo di lavoro, con lo stilo in mano ed un mare di libri stesi davanti a lei, gli occhi girati verso il cielo e la bocca raggelata in un sorriso beato.




    Testo redatto con il più grande rigore filosofico sulla base dei diversi scritti che circolano nella regione del Verneuil e in tutto il regno di Francia, dei racconti fatti da gentili fedeli, credenti ed eterodossi e di perquisizioni operate nella tenuta e nel convento di santa Anastasia, dai Monsignori Désidérade Ytournel di Obstancie e Arnault d’Azayes, teologi del Santo-Uffizio romano.


Citation:

      L'antivigilia di Beata Liberata Giulia dell'anno di Orazio MCDIII, Giovanni ed Adele, panettieri di Argentan, hanno desiderato che la loro testimonianza fosse messa per iscritto da fratello Welrigotef, canonico dell'Aricidiocesi di Rouen e scrittore per il Santo-Uffizio romano.


    Erano già trascorsi ben tre anni da che io e mia moglie eravamo stati sposati dal curato della nostra bella città. I primi mesi della nostra convivenza furono idilliaci : possedevamo una piccola casa, alcuni animali, e soprattutto, un bellissimo mulino che ci permetteva di vivere più che comodamente. La guerra sembrava ben lontana dalle nostre terre e, ogni domenica, ci recavamo alla piccola chiesa per assistere alla messa.
    In un tale clima di prosperità – perfino d'abbondanza –, comprenderete senza difficoltà che il mio desiderio e quello della mia sposa era di vedere il nostro matrimonio benedetto dalla nascita di un figlio, di un piccolo erede o di una piccola ereditiera che avrebbe vissuto con noi in questa ricca regione.

    Ora, dopo più di mezzo-anno che la nostra unione era stata celebrata davanti a Dio, il ventre della mia sposa non aumentava ancora. Per più di un anno, niente accadde. Alla fine di un anno e mezzo, Adele ed io decidemmo, come ci era stato sempre insegnato, di non restare da soli nel nostro sgomento. Andammo a chiedere consiglio alla persona che ci sembrava la più saggia in materia di cose naturali : il curato. Gli spiegammo brevemente la situazione: Ecco, approssimativamente, cosa ci rispose :
    « Figli miei... comprendo la vostra situazione. Prima di parlarvi di voi, vi parlerò, cosa rara, di me. O meglio, di noi. Noi sacerdoti, non possiamo procreare. Alcuni di noi lo rimpiangono, ma si fanno ordinare ugualmente ; altri ancora non accettano questo divieto e preferiscono non diventare sacerdoti, pur rimanendo chierici. Se vi parlo di ciò, è perché la sola spiegazione che io vedo alla vostra incapacità di avere un figlio deve essere la stessa spiegazione che si dà ai sacerdoti che si interrogano su tale interdizione : Dio ritiene che certi uomini e certe donne hanno una missione importante che sarebbe compromessa dalla procreazione. Non sto dicendo che dovete prendere gli ordini : al contrario, il vostro matrimonio non è in alcun caso maledetto dalla vostra incapacità. Bisogna semplicemente accettare la Sua decisione e, invece di ostinarvi, non cercate di trovare le ragioni da voi stessi, ma è bene attendere che esse si impongano a voi. »

    Il nostro curato era un uomo molto saggio, ma comprenderete facilmente che le sue parole non poterono che difficilmente soddisfare la giovane coppia piena di speranze che noi eravamo. Soprattutto la mia donna, che non poteva accettare una tale fatalità. Io ero un filo più rassegnato e tentavo di farla ragionare, spiegandole che non era corretto sostenere che il curato si sbagliasse. Ma non serviva a niente. Adele era convinta che un matrimonio non era realmente benedetto da Dio fino al giorno in cui non ne fosse nato un figlio.
    La lieta armonia dei primi giorni era indubbiamente ben lontana da noi, ed io temevo che la nostra storia sarebbe potuta concludersi tragicamente, tanto Adele sembrava costantemente avvicinarsi alla morte.

    Una sera d'autunno, una lite particolarmente violenta era esplosa tra Adele e me, e mentre ci preparavamo a coricarci, un lampo di luce accecante penetrò nella nostra piccola casa ed una voce dolce, di un calore mai sentito fino ad allora, risuonò.

    «Giovanni, Adele, non pensate che Dio sia un ingrato. Adele, come te, ho vissuto il dramma di non poter avere un figlio. Giovanni, come te, ho dovuto rassegnarmi ai commenti pragmatici di un sacerdote. Ma io so ciò che si prova in tali casi. Dio non può sbagliarsi, ma può perdonare e cambiare disegno : il nostro Creatore, nella Sua infinita saggezza, ha lasciato il Libero arbitrio alle Sue creature, che talvolta Lo sorprendono.
    Giovanni, voi avete dimostrato un grande rispetto verso la sacra gerarchia, manifestando così la vostra gratitudine per coloro che vi hanno permesso di salvare la vostra anima attraverso il battesimo e di benedire la vostra unione. Quanto a voi, Adele, voi avete manifestato una perfetta comprensione di ciò che dovrebbe essere l'amore : l'amicizia aristotelica spinta al suo parossismo trova la sua pienezza nel matrimonio e, ovviamente, nella procreazione – altrimenti, perché non autorizzare due persone dello stesso sesso a sposarsi ?
    Per ricompensarvi del vostro fervore e della vostra fedeltà a Dio, Egli ha deciso, su mia richiesta, di autorizzarvi alla procreazione. Il mio nome è santa Anastasia e vi ordino di amarvi ora ! »

    Un mese più tardi, il ventre di Adele cominciò a crescere e, nove più tardi, nasceva Tommaso.


Tradotto da Doron, revisionato da Hipazia.
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