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L'Eglise Aristotelicienne Romaine The Roman and Aristotelic Church Forum RP de l'Eglise Aristotelicienne du jeu en ligne RR Forum RP for the Aristotelic Church of the RK online game 
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:15 pm Sujet du message: Gazette - Les Moineaux d'Aristote |
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GAZETTE - LES MOINEAUX D'ARISTOTE
- Qu'est-ce que Les Moineaux d'Aristote ?
Il s'agit d'une gazette semi-indépendante, affiliée à l'Assemblée du Clergé de France et exclusivement entretenue par des hommes et femmes d'Église. Son but est de diffuser le plus largement possible les idées aristotéliciennes avec pédagogie, en privilégiant la pluralité des thématiques et des points de vue. Elle fut créée en septembre 1472 sous l'impulsion de Monseigneur Cételle Montgargan, après des années de tentatives manquées.
- Pourquoi ce nom ?
Le moineau est un symbole de vivacité et de joie de vivre, simple mais vaillant. Il fut décidé de l'associer à Aristote afin de rappeler le lien avec notre foi et le relier à l'idée d'une réflexion permanente.
- Qu'y trouverai-je exactement ?
Des portraits de saints, des entrevues, des brèves, des feuilletons, l'actualité de l'Église... Le tout expliqué dans la plus grande simplicité possible, par l'humour ou une forme plus légère que celle trouvée parfois dans les textes officiels. Notre objectif est que vous ne puissiez pas vous ennuyer en vous proposant une gazette hétéroclite, sur des sujets et avec des styles très différents les uns des autres.
- Comment y participer ?
Malheureusement et pour des raisons évidentes, seuls les clercs reconnus par l'Église Aristotélicienne Romaine (diacres et prêtres) sont autorisés à devenir rédacteurs des Moineaux. Cela permet à chacun de pouvoir travailler et échanger dans un espace dédié, au sein de l'Assemblée du Clergé de France (anciennement Symposium). Il est en revanche possible pour les fidèles et croyants de contacter l'équipe de rédaction s'ils souhaitent s'exprimer dans leur rapport à la foi. Cela pourra faire l'objet d'un article sous la forme d'une entrevue, ou bien apparaître sous la forme d'une annonce ou d'un témoignage personnel.
- Faut-il payer pour lire ?
Eh o... non ! Tous les frais d'impression sont entièrement assumés par l'Assemblée du Clergé de France, cela afin que tout le monde puisse s'informer sans avoir à dépenser le moindre denier. L'accessibilité est le maître mot de notre gazette, qui cherche à renouer le lien avec la communauté.
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Dernière édition par Laodin le Mer Aoû 27, 2025 2:48 pm; édité 4 fois |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:16 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Cételle -
Non, vous ne rêvez pas, inutile de vous pincer le bras !
Les clercs de l’Eglise aristotélicienne sortent du placard à ostie pour vous, fidèles et croyants du Royaume de France. Et il était temps !
Il est de notre devoir d’être une passerelle entre vous et l’Eglise Romaine qui peut paraître lointaine et dont le fonctionnement semble obscur au croyant néophyte.
Comment être et vivre en bon aristotélicien si nous ne tendons pas la main pour guider les hommes et les femmes du Royaume sur le chemin de la lumière ?
Ne vous détrompez pas, il ne s’agit pas ici de vous abreuver de sermons, nous le faisons très bien pendant la messe. Notre volonté est de vous instruire, vous informer des activités de l’Eglise tout en vous divertissant.
Ainsi, vous découvrirez dans la gazette des articles sur l’actualité de l’Eglise, des reportages plus ou moins décalés, des informations pratiques, des histoires, des jeux ...
Les Moineaux d’Aristote est un mensuel. Nous espérons que vous l’apprécierez et que vous vous l’approprierez.
Que le Très-Haut vous garde. |
Citation: | Entretien - Rencontre avec Tristan Macdonald, Grand Échanson de la Couronne
- Par Daidara, introduction de Cételle -
Dans cet entretien exclusif, Monseigneur Daidara Doraux, Évêque du Limousin, échange avec sa Seigneurie Tristan Macdonald, Grand Échanson de la Couronne. Ils abordent son parcours, ses découvertes en matière de vin, et ses conseils avisés pour choisir le vin de messe. Un moment riche en savoirs et en saveurs.
Daidara Doraux : Pour commencer, pouvez-vous nous raconter votre parcours et comment vous êtes devenu Grand Échanson de la Couronne ? Qu’est-ce qui vous a mené à cette position prestigieuse et quelles sont, selon vous, les qualités indispensables pour être un bon Échanson ?
Tristan Macdonald : Je suis devenu Grand Échanson en écrivant spontanément au Grand Chambellan. J'y ai proposé un projet, celui de faire le tour des provinces du royaume pour y trouver toutes les boissons dignes d’être servies à la Cour de France. Je produis moi-même, sur les terres de Saillans en Dauphiné, de la clairette, un vin pétillant assez sucré. Sur les terres de Vernou de mon épouse, nous produisons également du vin. Et puis, il y a le plaisir de la boisson, pas dans l'excès, mais dans le raffiné, dans l’amour du bon goût. C’est ainsi que je suis arrivé à cette position.
Quant aux qualités d’un bon Échanson, il y a d’abord, comme je le disais, le plaisir de la boisson et l’amour du goût. Ensuite, il faut avoir goûté suffisamment de vins pour en comprendre les subtilités et éduquer son palais. C’est comme toute pratique artistique ou sportive, cela se travaille et s’apprend. Et la curiosité est essentielle. Il faut s'intéresser à la fabrication, à la géologie, à la météorologie, et à la science en général. Sans oublier le côté mondain : il ne s’agit pas simplement de s’assurer que le Roi ne meurt pas de soif. Il faut apporter de la nouveauté, des surprises, et du prestige à la table royale, car la France rayonne aussi par sa table.
DD : En tant que Grand Échanson, comment sélectionnez-vous les vins servis à la Cour lors des événements officiels ? Avez-vous des anecdotes mémorables liées à votre rôle ?
TM : Tout commence par la sélection des vins pour la cave royale. J’ai entamé un tour des provinces françaises pour trouver les meilleurs produits. Si je trouve qu’une boisson, alcoolisée ou non, est digne d’être servie à la table du Roi par son goût, son caractère ou sa fabrication, je nomme le producteur fournisseur royal. Les vins sont ensuite choisis en fonction du menu rédigé par mes collègues et adaptés pour s’accorder au mieux. J’aime aussi varier les boissons – vin, bière, boissons chaudes – pour que chacun trouve ce qui lui plaît. Mais il reste encore à interdire les combinaisons improbables, comme boire une tisane avec un sanglier dans son jus !
Pour les anecdotes, j’en ai deux en tête. La première, c’était ma première dégustation chez le comte et la comtesse d'Ypres en Flandres, où l’on m’a fait découvrir… un vin de Champagne ! C’était une belle découverte, et ce vin a d’ailleurs été servi au couronnement de Sa Majesté. La deuxième, toujours en Flandres, j'ai été défié à une dégustation de bières locales avec les Flamands eux-mêmes. Petite précision : dégustation, pas beuverie !
DD : Votre Grâce est également un fervent aristotélicien… Vous devez donc aussi vous y connaître en vin de messe. Quels critères, selon vous, font un bon vin de messe ? Auriez-vous des conseils à donner aux officiants pour bien le choisir ?
TM : En effet, fervent aristotélicien ! Mais comment pourrait-il en être autrement ? Concernant le vin de messe, je dirais qu’il faut rester simple. Inutile de chercher des crus lointains ou onéreux. Un vin rouge, plus il est rouge, mieux c’est, car il doit représenter le sang. Et il doit être fermenté, donc alcoolisé, on veut du vin, pas du jus de raisin.
Pour le goût, je conseille des vins doux ou demi-secs, comme un grenache ou un muscat. Ils sont agréables et se conservent bien. Mais bien sûr, il faut s’adapter aux goûts locaux. J’encouragerais même les producteurs à faire bénir leurs champs et se faire certifier pour être fournisseurs officiels de vin de messe. Cela donnerait une dimension encore plus sacrée à la boisson.
DD : Merci pour ces précieux conseils ! Pour finir, pouvez-vous nous partager quelques-unes de vos découvertes récentes qui vous ont particulièrement marqué et que vous recommanderiez pour une célébration religieuse ? Et selon vous, quels vins concilient le mieux spiritualité et plaisir des sens ?
TM : Je ne vais pas vous donner la liste de mes fournisseurs royaux, sinon ils feront monter les prix ! Mais je vous conseille les vins de Touraine, de Bourgogne, du Bordelais, et le long du Rhône. Évitez de chercher chez les Helvètes, restons en France ! D’ailleurs, sans parler en tant que fournisseur royal, je dois vous dire que le vin produit à Vernou, sur les terres de mon épouse, est d’excellente qualité, surtout le blanc avec du chenin ou les assemblages de gamay et cabernet franc.
Pour concilier spiritualité et plaisir, je recommande des rouges bien alcoolisés mais pas trop forts. Un merlot, un cabernet franc ou un cabernet sauvignon feraient très bien l’affaire. Et si vous voulez quelque chose de plus festif hors de la messe, optez pour un vin pétillant, comme ceux de Champagne ou la clairette du Dauphiné.
DD : Je vous remercie, Votre Seigneurie, pour cet entretien riche en conseils et en découvertes. |
Citation: | Sainte Boulasse, et tout le monde s'enlace ?
- Par Laodin -
« J'ai la boulasse » : quelle autre phrase avons-nous le plus l'habitude d'entendre en taverne, autre que « J'ai soif », « Tavernier/nière, à boire » ou encore « Melo, sors de ce corps » ? (Bon d'accord, cette dernière est un peu inventée.) Il est certain que ce nom, passé de propre à commun, est devenu synonyme de bonhomie, de joie de vivre et de fête. Mais d'où vient-il exactement ?
Remontons si vous le voulez bien (allez, s'il vous plaît, quoi) au VIème siècle après la naissance de Christos, du temps où il existait à peu près autant de bons vivants que maintenant. La différence ? Le paganisme s'étendait encore sur une partie de l'Europe, dressé au sommet des institutions. Le temps seul peut en effet permettre à la foi aristotélicienne de progresser, avec l'aide de saints tels que celle dont nous allons parler aujourd'hui.
Sainte Boulasse (c'est bien son nom) était fille de taverniers pour le moins respectables, même si touchés eux aussi par l'incroyance de leur époque. Leurs contacts fréquents avec des moines brasseurs réveilleraient cependant une véritable vocation chez leur enfant... Quand on vous dit que l'alcool, cela rapproche ! Curieuse, Boulasse se demandait en effet beaucoup ce que faisaient ces drôles d'hommes en robe ainsi, mettant un certain Très-Haut au-dessus de leurs propres désirs. Elle les interrogea tant et si bien qu'ils finirent par l'initier à la théologie, conjuguant divines beuveries et modestes études (à moins que cela soit l'inverse). C'est d'ailleurs pour suivre cette même passion qu'elle les rejoignit véritablement, jusqu'à atteindre un niveau de connaissances suffisant pour devenir prêtresse.
Hélas ! Boulasse, lasse, était confrontée à une Église mollasse ! Jugées moins fiables que les hommes et plus facilement enclines au péché, les femmes étaient alors interdites d'assumer la moindre charge ecclésiastique. Cela ne changerait que bien des siècles plus tard, au nôtre lors du Concile de Constance de 1418, lorsque la vérité de leurs compétences émergerait enfin. Où, dans notre Dogme, est-il indiqué que les femmes sont inférieures aux hommes ? C'était pourtant la pensée dominante à laquelle Boulasse était confrontée, et qui la força à migrer chez les Alamans, dans le Saint-Empire actuel. Là-bas, un roi païen du nom de Childehald semblait faire régner la terreur, mais au moins ne serait-elle pas empêchée par Rome de poursuivre son rêve.
S'inspirant de ce qu'elle avait déjà fait à Mâcon, Boulasse voulut construire à Cologne sa propre taverne, où elle initierait doucement ses clients à l'aristotélisme par le biais de quiz et jeux religieux. En dehors de cela, elle officia pour la première fois dans une église qu'elle fit fonder également : elle avait en effet su gagner en popularité, et était devenue suffisamment riche pour s'imposer en femme-elle-même-faite (ne me demandez pas d'où vient cette expression). Ses prêches réalisés en public obtenaient beaucoup de succès, et elle ne lésinait pas sur le pain et le vin à distribuer aux vagabonds et bons croyants.
Cependant, la réussite va rarement sans complications extérieures, et la nouvelle d'une aristotélicienne convertissant une bonne partie de la population à sa foi parvint aux oreilles du cruel Childehald, qui ne l'entendit pas...de cette bouche, pour éviter toute répétition. Plutôt que de lui donner de l'eau de Cologne, Childehald voulut donner du vin à Boulasse. C'est là la fin de notre histoire...seulement, ne vous étonnez guère si vous ne la retrouvez dans aucun conte pour enfants. Condamnée pour haute trahison, Boulasse fut forcée à boire encore et encore en guise de châtiment ironique, puis noyée dans un tonneau dans lequel on l'enferma. Toutefois et comme bien d'autres martyrs, jamais la sainte ne craqua : priant Dieu dont elle transmettait l'amour aux Hommes (et cela comprend aussi les femmes, n'est-ce pas), tout le monde eut l'étonnement de la voir sourire jusqu'à ses derniers instants. Le roi Childehald, quant à lui, fut tellement frappé du spectacle, de cette capacité à résister à la souffrance, qu'il décida de se convertir lui et l'ensemble de son peuple à la religion aristotélicienne. Une telle révélation est un fait rare, et par sa seule présence, son calvaire, une femme prêtresse avait réussi à rallier l'ensemble d'un pays sous la bannière de Dieu. Un exploit incommensurable, cela va sans dire !
Ainsi, vous comprendrez maintenant un peu mieux pourquoi alcool et bonheur sont à ce point liés à Sainte Boulasse, que nous célébrons parfois sans le savoir au détour d'une, de deux, de trois chopes. Toutefois, n'utilisez pas ce prétexte pour boire plus que de raison : toute sa vie, Boulasse répéta en effet « Il faut boire avec modération et prier avec ferveur » ou encore « Ne plus croire crée une crise de foi, trop boire une crise de foie. » Inspirez-vous-en quand la fête deviendra un peu trop arrosée ! Et, si vous habitez à Mâcon, ne manquez pas de rappeler que le foie et le cœur de Sainte Boulasse s'y trouvent conservés dans l'église, cela attirera peut-être quelques touristes munis de six roses.
Note : Contrairement aux apparences, votre rédacteur était parfaitement sobre au moment de prendre la plume. |
Citation: | Coup de Canon - Les secrets des statuts de l'Église Aristotélicienne
- Par Nathaira -
Le Droit Canon de l'Église Aristotélicienne peut sembler complexe au premier abord. Pourtant, il définit clairement les différents statuts au sein de notre communauté. Dans cet article, nous allons reprendre les bases : où vous situez-vous dans notre communauté ?
Quels sont les différents statuts ?
Notre communauté Aristotélicienne accepte tous les êtres humains et ils ont tous un statut pour la Sainte Eglise. Nous avons 4 statuts décrits en 6 articles.
- Le Croyant : C'est celui qui adhère à nos principes fondamentaux, mais qui n'a pas encore été officiellement admis dans notre communauté.
- Le Fidèle : C'est celui qui a été baptisé et qui fait partie intégrante de notre Église.
- Le Prêtre : C'est un fidèle qui a reçu une formation spécifique et qui est autorisé à célébrer les sacrements.
- L’Hétérodoxe : C'est celui qui rejette nos croyances ou qui a enfreint les règles de notre Église.
Comment évoluer d'un statut à l'autre ?
- De Croyant à Fidèle : Pour devenir fidèle, un croyant doit recevoir le sacrement du baptême. Ce rite initiatique marque son entrée officielle dans la communauté. Si vous êtes intéressé, allez voir l’annuaire de la Primatie de France et contactez votre évêque ! Il pourra vous diriger vers le clerc le plus proche afin d’organiser votre entrée dans notre communauté aristotélicienne. En cadeau à la fin du baptême : un cierge et une médaille d’Aristote.
- De Fidèle à Prêtre : Si un fidèle se sent appelé à servir l'Église, il peut suivre une formation spécifique pour devenir prêtre (là encore, contactez votre évêque pour plus d’information !). Cette formation le prépare à exercer les fonctions sacerdotales et à guider les fidèles.
Quelles sont les conséquences de chaque statut ?
Chaque statut confère des droits et des devoirs spécifiques. Par exemple, seuls les prêtres peuvent célébrer les sacrements. Les hétérodoxes, quant à eux, sont exclus de certaines activités de la communauté.
Attention, même en tant que Prêtre ou que Fidèle, vous pouvez devenir Hétérodoxe et être mis au banc de notre société si vous déviez des enseignements du Droit Canon et du Dogme, voir pire...être excommunié.
La vie religieuse au quotidien
Les différents statuts se manifestent également dans la pratique religieuse. Lors des célébrations, les fidèles occupent des places spécifiques dans l'église, en fonction de leur statut.
Image de l’Eglise
Les croyants se tiennent dans les collatéraux de l'Église. Ce sont les couloirs autour du vaisseau, souvent moins éclairés, et ce sont des places debout. Dans le vaisseau contenant l’allée centrale et des rangées de bancs, on y trouve les fidèles. Les premiers rangs sont en général réservés aux nobles ou à la famille de la personne recevant le sacrement.
Les Hétérodoxes, eux, doivent rester dans le Narthex, qui est juste après les portes d’entrées. N’étant pas croyants, ou au banc de la société, ils n’ont pas le droit d’entrer complètement dans le bâtiment saint.
Le Narthex, le vaisseau et les collatéraux forment la Nef de l’église.
Quid des prêtres dites-vous ? S’ils sont là en tant que spectateur, ils se trouvent dans le vaisseau. S’ils officient la cérémonie alors vous les trouverez dans le chœur, près de l’autel ou du lutrin.
Alors, êtes-vous croyants, baptisés, prêtres ou hétérodoxes ? Si vous avez des questions n’hésitez pas à écrire aux Moineaux d’Aristote, vous aurez votre réponse dans le prochain numéro ! |
Citation: | Brèves
- Par Melo -
Citation: | Quand le chat n'est pas là...
Ou plutôt quand la Doyenne n’est pas là, les professeurs et élèves de St Benoît festoient !
A croire que la présence charismatique et [strike]enivrée[/strike] enivrante de la Doyenne du séminaire de St Benoît, empêche les élèves et surtout ses professeurs de trouver le temps de s’amuser.
En effet, il suffit d’une courte absence de quelques jours pour que la vice-doyenne Sarah Montigny en profite pour descendre dans les caves (quelle audace !) et invitent grand monde à se réjouir de l’absence de la haute tête.
Qu’ils profitent ses pauvres fous !
Car au retour de la Doyenne, vous pouvez être sûr que les clés de la cave seront reprises et bien cachées dans les plis de la robe de Monseigneur Melo de Montracol ! |
Citation: | Quand il ne s'agit pas que de papiers
L'on pourrait s'y méprendre de l'extérieur. Des parchemins qui prolifèrent, des voyages importants, des clercs qui baillent au sortie de réunion...
Mais non, l'AEF ce n'est pas que cela. Bien au contraire !
L'on peut aussi y trouver des rires discrets, des discours passionnés... mais surtout en cherchant bien dans un coin de bureau ou dans la pénombre de la Sainte Chapelle, vous pourriez y trouver un clerc ou deux qui prient. Silencieusement ou en chantant, seul ou en groupe, célébrant le Très Haut et priant pour tous nos fidèles.
Car c'est cela surtout l'AEF, un lieu de prière et d'espérance ! Un lieu où l'on se retrouve pour échanger, comprendre et s'émerveiller du fonctionnement de notre Église. |
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Citation: | Jeux - Les 7 différences
- Par Daidara -
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Citation: | Jeux - Mots fléchés
- Par Daidara -
Citation: | 1. Cépage rouge utilisé pour produire du vin.
2. Terme pour désigner un vin sans bulles.
3 (horizontal). Vin pétillant produit principalement dans une région spécifique de France.
3 (vertical). Assemblage de vins de différents terroirs ou millésimes.
4. Couleur du vin.
5. Province viticole renommée en France.
6. Dépôts de levures et autres particules dans le vin.
7. Arôme d’un vin perçu par l’odorat.
8. Vin élaboré à partir de raisins noirs, mais ayant un goût plus léger que le vin rouge.
9. Outil utilisé pour retirer les bouchons des bouteilles de vin. |
Les réponses:
1. Merlot
2. Tranquille
3 (horizontal). Champagne
3 (vertical). Cuvée
4. Robe
5. Bordeaux
6. Lies.
7. Bouquet.
8. Rosé
9. Tire-bouchon |
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Dernière édition par Laodin le Mer Mai 21, 2025 8:42 pm; édité 3 fois |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:16 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Cételle -
Forts du très bel accueil fait au premier numéro, les Moineaux se sont lancés dans la rédaction d’un nouvel opus.
Ce mois-ci, nous avons mis l’accent sur le quotidien. Un thème banal, me direz-vous, comme la vie de tous les jours ... Que nenni ! Connaissez-vous le quotidien du clerc ? N’allez pas croire que nous prenons racine au fond de la sacristie et qu’on nous sort de notre pot seulement à l’occasion d’une cérémonie ou d’une messe.
Non, le clerc mène une existence trépidante où se mêlent spiritualité, action, aventure, rires et pleurs, qu’il soit diacre, prêtre, prélat ... le Pape lui-même aurait bien des choses à raconter de son quotidien ! En exclusivité, Les Moineaux d’Aristote vous ouvrent les portes de la Primatie de France dans un dossier où vous trouverez une myriade d’informations sur la vie du clerc : sa formation, sa journée type et même quelques anecdotes et tranches de vie, témoignages de frères et sœurs, certains drôles, d’autres plus spirituels, mais tous véridiques.
Nous allons également inaugurer trois nouvelles rubriques : les arts de la table , la médecine et le courrier des lecteurs.
Et, bien sûr, vous retrouverez vos pages Actualités de l’Eglise, Jeux, Pastorale et Histoire.
Toute l’équipe rédactionnelle se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne lecture ! |
Citation: | Entretien - Rencontre avec Monseigneur Lorenzo di Cosini, Primat de France
- Par Cételle -
Le Primat de France est le plus haut responsable de L’AEF. Le mandat de Son Excellence Lorenzo di Cosini s’achève prochainement. Il a eu la gentillesse de répondre aux questions des Moineaux curieux de connaître un peu mieux cette lourde charge que celle de diriger la Primatie de France.
Cételle - Bonjour Votre Excellence et merci de m'accorder cet entretien pour la gazette Les Moineaux d'Aristote. Je vais tout d'abord vous demander de vous présenter à nos lecteurs qui ne vous connaissent peut-être pas. Qui êtes-vous ? D'où venez-vous ?
Lorenzo di Cosini - Bonjour. Mon nom est donc Lorenzo di Cosini. Je suis originaire de Briançon, mais j'ai des ancêtres à Tunis. Je suis donc un habitant du sud-Est, territoire que j’ai parcouru un peu dans toutes les directions. A l’heure actuelle je suis Primat de France, mais également archevêque de Paris & Arles.
C - Parlons de votre charge de Primat. Qu'est-ce qui a motivé votre candidature à cette fonction ?
LdC - Pour être très franc, j’ai été un peu poussé à assumer cette fonction, surtout après le repos forcé du précédent Primat. J’ai donc candidaté presque par défaut, car il n’y avait personne d’autre qui était motivé à cette époque pour assumer le rôle. Heureusement, ce n'est désormais plus le cas, car nous avons une nouvelle génération de prélats très investis et j’ai même déjà quelqu’un qui est prêt à me succéder. Par la suite, j’ai fini par prendre goût à la fonction car elle permet d’aider beaucoup de gens.
C - Pouvez-vous nous dire quel est votre quotidien en tant que Primat ? Vous dites que la fonction permet d'aider beaucoup de gens mais elle doit également impliquer de grandes responsabilités.
LdC - A vrai dire, c’est une fonction qui demande surtout d’être très diplomate, car on doit essayer d’apaiser les conflits voire les tensions entre les différents acteurs religieux et politiques de France. Le but est d’être un pont entre les pouvoirs temporels et religieux, surtout au niveau local. Il faut également tenter de créer un front commun contre des forces violentes et destructrices comme le gouvernement du Berry et les Helvètes. On fait donc surtout office de médiateur et on doit chercher à trouver des compromis.
Il y a également toute une partie de la fonction qui vise à recruter des administrateurs et nouveaux évêques, ce qui n’est pas une tâche très facile, car le chemin pour devenir évêque est très long. On doit également chercher à faire se rapprocher prélats, prêtres et diacres de France afin qu’ils œuvrent ensemble, car ils sont souvent séparés géographiquement les uns des autres.
Une autre partie de la fonction consiste à aider ceux qui ne trouvent pas de prêtre ou de diacre afin d’obtenir les sacrements. On est souvent, en tant que Primat, confronté à des gens qui cherchent depuis des mois un prêtre. On peut donc soit les assister nous-même ou leur donner le nom d’un prélat disponible.
On a en théorie beaucoup de pouvoir, surtout dans les diocèses vacants, mais la réalité est qu’on est surtout occupé à soutenir ceux qui ont besoin d’aide et à recruter du monde pour l’Eglise. C’est une fonction qui est beaucoup plus terre à terre qu’on pense.
C - Votre mandat à la tête de la Primatie de France s'achève bientôt. Sans briser votre devoir de réserve et de confidentialité, pouvez-vous nous dire quel moment vous aura particulièrement marqué ?
LdC - Ce n’est pas un moment en soi, mais ce qui m’a beaucoup ému fut de constater que depuis deux mois, il y a une vraie dynamique qui s’est emparée de l’Assemblée du Clergé de France (ACF). Je vois les membres du clergé proposer et organiser des évènements et projets sans que je doive en donner l’impulsion. Cela me rassure beaucoup pour l’avenir. Également, je fus très touché de voir qu’un prélat s’est dit prêt à me succéder et ainsi assurer que la Primatie ait toujours un primat à sa tête. Malgré les difficultés, je pense qu’il y a un vrai esprit d’équipe qui s’est installé et qui permet de faire changer les choses. La Gazette, Les Moineaux d’Aristote, me semble être le meilleur exemple de cela.
C - Merci de votre soutien à la Gazette, votre Excellence... Une dernière question avant de vous laisser retourner à vos responsabilités. Qu'allez-vous faire après votre mandat ? Avez-vous des projets particuliers ?
LdC - Oui, je voudrais soutenir le prochain Primat pour son début de mandat, voire au-delà s'il veut, ainsi que me consacrer entièrement à mon archidiocèse. La fonction de Primat a hélas le défaut qu'elle vous prend tellement d'énergie que vous vous éloignez des missions pastorales, ce qui n'est pas forcement une bonne chose sur longue terme.
C - Merci beaucoup, Votre Excellence, d'avoir consacré un peu de votre temps pour nos lecteurs. L'équipe des Moineaux se joint à moi pour vous souhaiter une très bonne fin de mandat. |
Citation: | Sainte Raphaëlle, un libre arbitre et des ailes
- Par Laodin -
Pourquoi doutons-nous de l'avenir ? Pourquoi croyons-nous parfois être rejetés de tout, pire encore qu'une belle-mère (humour) ? Voilà des questions impactant notre vie à la mesure de nos malheurs, et que l'Archange Raphaëlle eut le temps d'expérimenter dans sa solitude. Se croyant seule, et c'était en un sens le cas, sa haine tenace envers le Très-Haut finit cependant par se muer en amour profond. Comment en était-elle arrivée là, et comment l'Archange de la Conviction avait-elle pu se rapprocher autant de ses némésis, les Princes-démons ?
On part souvent du principe que les êtres les plus remarquables sont ceux l'ayant été du début à la fin de leur vie, ce qui peut être vrai (les prophètes en témoigneront, ou en tout cas les écrits sur eux) mais n'est pas obligatoirement le cas. Plus que n'importe où ailleurs, la religion aristotélicienne met à l'honneur la rédemption, faisant du plus misérable d'entre nous un acteur privilégié de la foi. C'est ainsi que Raphaëlle, partie de loin par rapport aux autres Archanges, rejoignit leur statut à force de se racheter, incarnant même la vertu à laquelle elle avait été si étrangère durant une longue partie de son existence. Il fallait dire que la pauvre n'avait pas été gâtée : abandonnée par son père, victime de quolibets dans la cité pécheresse d'Oanylone, les foules ne se pressaient pas pour goûter à son gâteau d'anniversaire, hormis peut-être le glouton Azazel, Prince-démon de la gourmandise. Je plaisante : même lui ne serait pas venu, car elle n'était connue de personne, se faisant seulement remarquer pour ses cris de rage lancés vers le ciel.
Ainsi, vieille et seule, aigrie de tout, Raphaëlle aurait bien pu rejoindre le sort funeste de nombre d'Oanyloniens inscrits dans le péché, mais Dieu, qui sait tout, avait vu dans le cœur de la pauvre femme combien celle-ci ignorait son véritable potentiel. C'est pourquoi Il décida de la contacter en personne (ou entité, vous aurez compris) pour l'éveiller enfin à l'amour divin. Ceci fait penser au vingtième logion de Christos, un homme très peu connu qui n'impacterait pas du tout notre quotidien des siècles et des siècles plus tard : « Au cœur du refoulé gît parfois notre cohérence. » Évidemment, la cohérence de Raphaëlle s'exprimerait d'abord dans une forte envie d'en découdre, de dire ses quatre vérités sans passer par quatre chemins.
Il l'avait abandonnée ; comme son propre père, le Père des Hommes l'avait abandonnée, sans jamais lui exprimer Son amour. C'était ce qu'elle pensait, jusqu'à ce qu'Il lui donnât les raisons de Son apparente absence. Dieu est toujours avec nous, suivant chacun de nos pas : s'Il ne s'impose pas dans nos vies, c'est pour nous laisser la liberté de nous exprimer à notre guise, mais Il est bien là, pouvant être vu de quiconque souhaite vraiment Le voir. Or, Raphaëlle pouvait maintenant Le voir ; L'entendre tout du moins, mais voir Sa lumière l'envelopper d'un halo lumineux, comme cela avait toujours été le cas sans jamais qu'elle ne s'en rendît compte. Le libre arbitre, qui désigne non pas un officiel aux parties de Yannick Noam mais un choix laissé à l'humanité de s'opposer ou non au péché, se révélait enfin à elle et elle rejoindrait bien sûr le meilleur des camps.
La conviction était bel et bien devenue la vertu fondatrice de Raphaëlle, désormais acquise à la cause divine et cessant d'adopter un point de vue nihiliste sur la vie. Personne ne la ferait plus douter, même alors que la Créature sans Nom atteignait l'apogée de son emprise sur Oanylone ; si son père avait d'ailleurs quitté la ville de dégoût, comme elle le découvrit dans un message qu'elle retrouva de lui, elle essaierait de son côté de sauver celles et ceux qui pourraient encore l'être. Elle était bien la preuve vivante, après tout, que rien n'était jamais perdu même à un âge avancé ! Tout dépend de ce libre arbitre que l'on décide ou non d'utiliser à bon escient, parfois en nécessitant l'aide d'un élément extérieur. La balle est littéralement dans notre camp, et elle allait nous aider à la renvoyer sans faire de faute de ligne.
La partie devait cependant se terminer à un set partout, et la cité fut plongée dans les flammes divines, faisant le ménage parmi les humains s'étant trompés. Eh oui, le libre arbitre est un choix mais il faut aussi en connaître les conséquences, qui nous impactent nous mais aussi les autres ! Dans Sa miséricorde, Dieu laissa cependant la possibilité aux plus vertueux de s'enfuir pour repartir sur de meilleures bases, tandis que les autres furent balayés sans la moindre pitié. Raphaëlle fit quant à elle partie des exceptions : restée jusqu'à la fin dans la ville maudite pour tenter d'ouvrir ses semblables à la foi, elle fut élevée vers le Ciel avec les six autres hommes et femmes dans son cas, devenant dès lors pour le reste de l'éternité l'Archange de la Conviction. Asmodée, Prince-démon de la luxure, son opposé, aurait bien voulu s'envoyer en l'air ainsi après l'avoir fait toute sa vie...
Guide de l'humanité, Sainte Raphaëlle continuerait de nous aider depuis sa résidence solaire (vous verriez ce balcon...!), nous renforçant en optimisme là où la fatalité nous ronge. Que le sort horrible d'Oscermine, déchiqueté par ses semblables pour avoir assumé ses convictions avec fierté, ne vous trompe pas sur l'influence bénéfique de Raphaëlle : vectrice de courage et ennemie de la solitude, suivre son modèle nous rend chaque jour un peu plus heureux, comme en fondant une famille et en éduquant des enfants pour l'avenir. C'est mon cas, oui, à moi aussi... Non, je n'ai pas d'enfant caché (j'espère que vous n'êtes pas déçus), mais j'ai bien un chien, Raphaël, qui me rappelle tous les jours d'agir avec conviction pour l'avenir. Pardon ? Il manquerait deux lettres à son nom ? Je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire, je ne suis absolument pas capable de confondre un mâle avec une femelle au moment d'adopter. |
Citation: | Le quotidien du clerc
- Par Cételle -
Nos Moineaux ont affûté leurs plumes pour vous présenter la vie du clergé de l’intérieur. Vous avez eu un avant-goût avec l’interview du Primat de France ; vous allez découvrir, en exclusivité, à quoi ressemble le parcours d’un clerc au sein de l’Église Aristotélicienne Romaine.
Vis ma vie de Curé...
Une journée dans la vie d’un clerc, qu’il soit diacre ou prêtre, n’est pas un long fleuve tranquille. Le clerc se doit, par son engagement religieux, de se mettre au service des âmes qui peuplent la paroisse, le diocèse ou la province dont il a la charge.
Voici un petit récit illustré qui vous éclairera, je l’espère, sur le quotidien d’un serviteur du Très-Haut.
- Tous les matins, réveil à laudes, c’est-à-dire, aux aurores, avant même que le première rayon du soleil pointe. Comme j’ai le sommeil lourd, une religieuse de l’évêché vient me “sonner les cloches” pour me tirer des bras de Morphée. Lorsque j’ai enfin émergé de mon sommeil de plomb, je fais une première prière : la prière du matin.
- Après un déjeuner succinct, composé de pain et de bouillon, je me rends à la cathédrale, en compagnie de Landri, mon bedeau, pour préparer la première messe qui a lieu à tierce, alors que le soleil a déjà bien entamé sa course dans le ciel. N’oubliez pas de vous rendre à la messe, chaque dimanche et un jour de la semaine (souvent le mercredi). Les offices ont lieu matin et soir. Rien de tel pour être heureux. Pensez aux pauvres en donnant à la quête, Dieu vous le rendra !
- A l’issue de la messe, je reçois les paroissiens en confession. C’est un des sacrements de l’Eglise, essentiel pour se laver de ses péchés afin de se présenter humblement et sincèrement devant le Très-Haut. Nous sommes tous concernés car la Créature Sans Nom n’a de cesse de nous tenter, par tous les moyens. le Très-Haut, si notre aveu et notre repentir sont sincères, accordera son pardon.
- A sexte, heure du dîner, je m’en retourne à l’évêché. Là, ma gouvernante, cette bonne Clotsinde, a préparé un repas copieux et roboratif. Il faut bien ça pour enchaîner avec l’après-midi qui promet d’être fort chargé. Je m’enferme dans mon bureau pour préparer les homélies que je présente lors des messes. Dernièrement, j’ai rédigé un prêche sur Sainte Boulasse. Une femme d’exception et qui ne laisse personne indifférent, surtout quand on partage un verre en taverne ! L’étude et la lecture des textes sacrés et canoniques occupent une place prépondérante dans la vie du clerc.
- Il arrive régulièrement que l’on me requière pour célébrer un sacrement comme un baptême, un mariage, une ordination ou des funérailles.
- A none, après un après-midi studieux, plusieurs options se présentent. Soit je me rends à l’université pour suivre un des cours du cursus Voie de l’Eglise, soit je vais en taverne. Je fais parfois les deux... Non ! je ne suis pas alcoolique ! Même si, j’ai dans mon entourage des personnes, dont je tairai le nom, qui pourraient m’entraîner sur cette pente dangereuse. Je suis simplement l’exemple de Sainte Boulasse. Boire un petit coup tout en instruisant mes ouailles des bontés du Très-Haut, n’est pas interdit, bien au contraire, la pratique est fort encouragée à Rhum ... heu ... pardon ... Rome.
- Lorsque Vêpre sonne, je retourne à l’église pour l’office du soir. La journée touche à sa fin et à l’issue de la messe, je retourne à l’évêché pour le souper. Avant de me coucher, une dernière prière demandant au Très-Haut de veiller sur tous ses enfants.
Voilà à quoi ressemble une journée type pour un clerc. Mais ne pensez pas que notre emploi du temps se résume à cela.
A nos obligations quotidiennes s’ajoutent les activités qui nous incombent. En ce qui me concerne, car je ne pourrais parler pour les autres, je suis investie dans nombre d’activités :
- à Rome au sein des Registres des Sacrements et de la Congrégation du saint-Office à l’office des Liturgies
- au sein de l’AEF (Assemblée Épiscopale de France) pour y débattre et voter des décissions importantes (par exemple les nominations des évêques)
- au sein de l’ACF (Assemblée du Clergé de France) pour échanger avec tous les clercs du Royaume. C’est là que se fabrique la gazette.
Et je peux ajouter les voyages pour Rome, pour l’Archevêché de Paris (siège de la Primatie de France), ou pour tout lieu où je dois me rendre pour des offices ou des sacrements. |
Citation: | Introduction aux sciences médicales : les maladies
- Par Cyphus -
Cela est parfois oublié, la voie mineure de la science est une émanation de la voie majeure de l'Eglise. Le premier chapitre du Livre de la Création justifie ce patronage en cela que le savoir médical découle des connaissances des causes premières qui régissent notre monde. Mais là où l'âme est d'une infinie complexité seulement compréhensible par le Très-Haut, les désordres et leurs résolutions liés à nos humeurs sont d'une mécanique tout à fait logique que les médecins des royaumes déchiffrent depuis quelques années.
Quatre maladies
Jusqu'à présent, quatre maladies, dites in gratebus, ont été comprises et déchiffrées par les praticiens des ordres médicaux. Et l'emploi du verbe « déchiffrer » est tout à fait adéquat puisque ces quatre maladies se définissent par les sachants avant tout par des codes abstraits dont nous vous proposons quelques noms communs correspondants :
34-45-5-9692/17788/9113/3021/2317-8262/9355/9113/16187/5398-18853/15676/5153-9692/18460-3898893313
Déchiffrée au printemps 1461 après plusieurs mois de pandémie, cette maladie est nommée selon les régions La « maladie du Maïs », la « Fièvre Alexandrine » ou la « Peste d'Alexandrie ».
251-252-11-2375425/2235523/1404755/178692-1996777/2037173/153522/1589499/1867974-521968/2178325/1928903/
2368886/508387-1415534/2128994/819735/1996777/819735-844124161
Déchiffré en octobre 1461, ce code correspond à deux noms : « La Néopatine Bretonne » ou la « Maladie de Nagazudi ».
156-157-11-781453/292093/116753/321075-37855/644630/62078/663228/330181-425353/637579/516390/278204/140700-76420/ 546992/551716/483968/781453-1682984961
Cette maladie-ci a été comprise en novembre 1461 sous les noms de « Vale », « Glairette » ou « BMG ».
15-14-5-619/521/1935/968/68-667/1336/823/1092/1519-330-619/1386-3897580033
Enfin la « Fièvre Catalane » ou « Tarraconensis Malum » a été découverte plus tard, en septembre 1463
Selon votre région il est possible que vous connaissiez ces maladies sous d'autres noms encore, mais un médecin sera toujours capable d'utiliser le code numérique qui est universel.
Les symptômes de ces quatre maladies sont à la fois divers et variables, si bien qu'à moins d'une épidémie identifiée, il est difficile de reconnaître à l'oeil nu qui souffre de quoi lorsque quelqu'un est malade. Il est aussi possible, et même fréquent, qu'un malade porte plusieurs maladies à la fois ce qui complique encore plus l'identification de ces maladies—et cumule les sympômes. Entre autres les symptômes les plus fréquents et les plus handicapants sont les vomissements et l'impossibilité de se déplacer.
Il est essentiel d'ajouter que quelqu'un qui se sent en pleine forme peut être malade. En effet chacune des quatre maladies passe par des phases d'accalmies lors desquelles seuls les médecins peuvent détecter le mal.
Comment s'en prémunir ?
La première chose à savoir est que ces quatre maladies sont contagieuses. Le coût des traitements—nous le verrons plus tard—fait qu'il est difficile de ne pas côtoyer des malades. Or ceux-ci peuvent vous contaminer en voyageant dans votre groupe ou armée, en vous rencontrant en taverne, ou en vous croisant sur un lieu public par exemple en mairie ou au marché. Il est donc recommandé aux malades de s'isoler autant que possible pendant leurs crises si cela leur est possible, à moins que leurs proches ne soient déjà immunisés. Dans la plupart des cas, l'inconvénience de l'isolement ne surpasse pas l'inconvénience des symptômes et peu se protègent, sauf dans deux cas particuliers.
Dans une armée, la contagion est affreusement rapide et les conséquences préoccupantes pour les soldats qui peuvent perdre des forces ou ne plus pouvoir suivre le meneur, aussi la plupart des provinces prévoient des stocks d'essences curatives pour leurs armées.
Sur un bateau c'est pire encore puisque l'isolement en mer peut mener à la disette si le navire est mal préparé. C'est pourquoi il est fortement recommandé aux capitaines prenant la mer de s'assurer que leurs marins ont vu un médecin avant de partir. En effet, les médecins sont capables d'ausculter un patient pour savoir s'il porte une maladie, active ou non. L'injonction à se faire dépister est rarement pertinente mais dans le cas spécifique des longs voyages en mer, le réflexe du certificat médical peut vraiment sauver un équipage.
En général, il est hélas illusoire de vouloir se protéger—sauf à être suffisamment fortuné pour prendre toutes les essences curatives de façon préventive—puisque nous ne pouvons recommander à personne de rester chez soi dans des Royaumes qui manquent au contraire d'activité.
Comment se soigner ?
Il est essentiel de préciser que personne ne guérit spontanément d'une maladie in gratebus. La seule manière de guérir est d'ingurgiter l'essence curative adéquate. Cette essence est produite par un médecin et l'auteur vous propose ses propres recettes éprouvées sur de nombreux patients :
La Sophistine contre la maladie du Maïs
1 fleur de Camomille - 4 brins d'Angelique - 1 fleur de Bourrache - 4 feuilles de Menthe -
6 fleurs de Partenelle - 2 brins de Marjolaine
Le Nagazudi contre la Néopatine bretonne :
1 fleur de Camomille - 4 brins d'Angelique - 2 feuilles de Menthe - 4 branches de Thym -
2 branches de Céleri - 1 brin de Lavande - 4 brins de Marjolaine - 1 fleur de Partenelle
Le Valeran contre la Vale :
3 fleurs de Camomille - 4 brins d'Angelique - 5 branches deThym - 2 branches de Céleri
- 1 brin de Lavande - 2 brins de Marjolaine - 1 fleurs de Partenelle
Le Radex contre la Fièvre Catalane :
1 fleur de Camomille - 4 brins d'Angelique - 4 morceaux d'écorce de Saule Blan - 2 brins
de Marjolaine - 5 fleurs de Partenelle - 1 branche de Celeri |
Citation: | La formation du clerc
- Par Laodin -
Vous souhaitez vous mettre dans un bain ? Suivez donc le chemin des étuves, idéal pour le corps. Vous souhaitez vous mettre dans le bain ? Suivez donc le chemin des études, idéal pour l'esprit... Vous l'aurez compris au titre, c'est bien sur ce second aspect que notre présent article va se concentrer, même si prendre soin de son corps entre dans la vertu de la conservation. Plutôt que de vous aider à prendre les eaux, je vais vous aider aujourd'hui à ne pas prendre l'eau : la formation du clerc peut en effet être assez difficile à comprendre au premier abord, et souvent les aspirants à la voie de l'Église se sentent assez perdus. Si vous ne faites pas partie de la catégorie visée, restez quand même un peu avec nous, cela pourrait être intéressant (j'espère) !
Être baptisé(e) : voilà la condition sine qua non pour suivre des études de théologie, que l'on désire véritablement devenir clerc ou que l'on ait simplement envie de s'instruire. Cette obligation est là pour une raison : les cours avancés nécessitent de maîtriser d'abord quelques bases pour pleinement les apprécier, enseignées habituellement lors de la pastorale (ou "Pastorale Prima"). La vertu y tenant une place fondamentale, il est important de savoir en quoi elle s'articule et quels sont les bons comportements à adopter pour tout aristotélicien. Pour obtenir votre baptême, contactez votre clerc référent à ce but ou appelez à l'aide l'un des noms présents dans l'Annuaire de la Primatie de France si vous pensez ne pas en avoir encore... Cela fait, vous recevrez en principe un certificat de baptême, que vous pourrez réclamer à ladite personne si elle a oublié de vous en faire un.
A l'issue de ce parcours du combattant, ou de cette formalité suivant les cas, il vous appartiendra de choisir entre deux lieux différents pour commencer véritablement vos études théologiques : le séminaire cistercien de Saint-Benoît, actuellement dirigé par Mère Melo, ou l'université pontificale de Rome, actuellement dirigée par Son Éminence Kalixtus. Le premier est situé en France et vise principalement les étudiants français, tandis que la seconde est de portée internationale ; rien ne vous obligera à aller vers l'un plutôt que l'autre pour des études religieuses, et le diplôme obtenu sera de même valeur. Mon rôle de professeur à Saint-Benoît m'incite un peu à vous dire d'y venir, mais je ne vous influencerai pas ! Nous y avons un personnel chaleureux et à l'écoute, des salles d'étude confortables et des jardins... Oui, j'arrête.
Si plusieurs cursus sont ouverts à tout individu baptisé (ayant le statut de fidèle, si vous vous rappelez l'article de Monseigneur Nathaira du numéro précédent), quiconque souhaitera devenir clerc ou développer ses connaissances théologiques devra demander une Pastorale Maxima. Pour Saint-Benoît, il y a un formulaire à remplir ici, et pour Rome, il faudra se présenter là... C'est un enseignement qui peut être long et exigeant, mais qui donnera aussi lieu à des moments plaisants, voire qui réveillera une véritable vocation chez certains. Il n'est pas rare que la Pastorale Maxima devienne par la suite un souvenir nostalgique, contrairement à la plaie qu'on s'en représente !
Une fois le diplôme de Pastorale Maxima en poche, et je peux vous dire que celui-là vous rendra fier/ière, vous obtiendrez la possibilité de vous faire ordonner diacre ou diaconesse, par votre professeur ou par quelqu'un d'autre. Qu'est-ce qu'un diacre, exactement ? Eh bien, la même chose qu'un prêtre, c'est-à-dire la possibilité de célébrer des sacrements (messes, baptêmes, mariages, funérailles, confessions) en toute légitimité, si ce n'est que vous ne serez pas concerné(e) par les vœux de célibat et de non-port des armes. L'inconvénient, car vous vous doutez bien qu'il y en a un, est que les plus hautes charges comme celle d'évêque sont interdites aux diacres... C'est en somme la solution idéale si vous souhaitez aider l'Église tout en ayant une vie de famille et en allant sur les champs de bataille, mais ne vous attendez pas à vous hisser au sommet de la hiérarchie même si on reconnaîtra sans problème votre valeur.
Celles et ceux qui voudront aller plus loin pourront demander à la suite de leur Pastorale Maxima, et seulement à la suite, une Licence de Théologie. Ce cursus, qui complète l'autre, est avant tout destiné aux futurs prêtres mais rien n'interdit de le suivre sans avoir cet objectif en tête. Il est au séminaire Saint-Benoît deux fois plus court que la Pastorale Maxima (six leçons au lieu de douze), ce qui permet le débuter l'esprit plus léger. Les sacrements de l'ordination et de la consécration des chapelles, interdits à réaliser pour les diacres, y sont notamment enseignés. C'est grâce à ce diplôme que vous pourrez candidater à la charge d'évêque, là où les diacres pourront au maximum devenir des archidiacres.
Comme les longues explications sont toujours moins efficaces que les schémas, en voici un que vous pourrez noter à tout hasard :
Fidèle (certificat de baptême) -> Pastorale Maxima -> ordination diaconale (facultative) ou ordination sacerdotale (facultative) -> Licence de Théologie -> Charges religieuses importantes (épiscopat)
Il est à noter que, si la Licence de Théologie n'est pas obligatoire pour devenir prêtre, nous ne saurons que recommander très fortement à ceux-ci d'en suivre une, même si leur intention n'est pas de devenir évêque. Un bon serviteur de l'Église est aussi quelqu'un ne se refusant à apprendre aucune nouvelle connaissance, car il ou elle devra éduquer toutes les ouailles sous sa responsabilité... Ces études sont longues, mais elles se concluent dans la très grande majorité des cas par de bons retours d'expérience, et je vois souvent des préjugés et des idées reçues être balayés chez mes élèves dès lors qu'ils se donnent le courage de se lancer. On se fait l'image de théologiens austères et acariâtres, mais la foi n'aura jamais été aussi bien professée que sous le prisme de l'humour et de la proximité !... Bon, ne demandez peut-être pas non plus à votre professeur s'il peut faire le poirier, il y a des limites (sauf pour moi, enfin je crois).
J'espère que cette présentation des études religieuses, ou théologiques, vous aura permis de comprendre un peu mieux par quoi doit passer un clerc avant d'en être un. Les enjeux étant importants, il est normal que la formation soit aussi longue, même si elle prendra pour beaucoup les atours d'une agréable surprise. La réussite passe par là, et elle continuera avec une étude permanente des Saintes Écritures, qui livrent pas à pas leurs secrets même aux plus expérimentés d'entre nous... La formation du clerc, et tout s'éclaire ? Mais oui, c'est clair ! |
Citation: | Coup de Canon - Les charges au sein de la communauté aristotélicienne
- Par Nathaira -
Un décodage du Préambule, partie III par Nathaira McKiaran
Lors du précédent numéro, nous avons parlé du statut de chaque être au sein de notre communauté (et ceux en-dehors). Dans ce numéro, nous allons décrypter la partie III du préambule qui nous donne une explication brève mais précise des charges au sein de notre communauté aristotélicienne.
Il est important de noter ici, que tous les exemples ne sont pas exhaustifs puisque le but est d'introduire les notions du Droit Canon d'une partie en particulier sans assomer le lecteur. Il est donc normal que tous les détails ne soient pas présentés ou toutes les charges énoncées.
Il convient de revenir sur la définition de la notion de charge selon le Droit Canonique : Une charge est une fonction religieuse reconnue soit dans le présent Droit Canon, soit dans les règlements internes des dicastères romains, soit dans la Règle d’un ordre religieux reconnu par la Curie.
Les différents rôles :
En partant de cette définition, nous avons trois types de personnes s'impliquant dans ces charges :
- Le clerc : Membre du clergé séculier, chargé de l'administration religieuse. Nous parlons ici notamment des personnes ayant reçu une ordination diaconale ou sacerdotale.
- Le regularis : Religieux (moine, moniale) suivant une règle de vie spécifique. Par exemple ceux qui vivent dans une abbaye In Grabitus.
- Le milites : Membre d'un ordre religieux militaire, combinant vie spirituelle et vocation militaire. Par exemple (non exhaustif), les membres de la Garde Episcopale.
La hiérarchie des rôles :
- Clerc > Regularis > Milites: Si une personne cumule plusieurs rôles, c'est le statut de clerc qui prime, puis celui de regularis.
- Charges : Les rôles sont associés à des charges qui peuvent être principales, secondaires ou tertiaires. Les charges principales
- Les charges Principale : Elles sont les plus importantes et ne peuvent être cumulées. Par exemple :
- Archevêque ou Evêque
- Presbytre
- Recteurs d'OMR
- Abbé In Gratibus
- Les charges Secondaire : Ces charges sont complémentaires au fonctionnement de l'Eglise. Elles soutiennent les charges principales et assurent le bon fonctionnement de l'Église au quotidien. Un clerc peut cumuler deux charges secondaires en plus d'une éventuelle charge principale. Par exemple :
- Diacre permanent
- Vicaire
- Chapelain
- Aumônier (hors Ordre Militaire Religieux)
- Les charges Tertiaire : Elles sont liées à des congrégations ou à des ordres religieux particuliers, ou n'entrent pas dans les catégories précédentes. Le cumul de charges tertiaires est défini par chaque ordre ou congrégation. Par exemple :
- Administrateur paroissial & diocésain
- Préfets et membres de congrégations
Règles et restrictions :
- Port d'armes (sauf ceux d'apparats liés à la noblesse ou au coutumier) : Généralement interdit aux clercs et regularis, sauf en cas de guerre sainte. Le port d'armes par les clercs doit être décrété pour la défense de la Vraie Foi.
- Administration des sacrements : Réservée aux clercs, selon leur charge.
- Cumul des charges : Chaque rôle a ses propres règles de cumul de charges.
- Accès à une charge : Seul un fidèle ou un clerc peut occuper une charge au sein de l’Église.
Titres et honneurs :
- Prélat : Dignité pour les prêtres occupant une charge importante telles que recteur d'ordre religieux, grand-maître d'OMR et OR, abbés IG, préfets de congrégations.
- Théologien : Statut universitaire qui n’est pas un statut religieux mais est nécessaire pour occuper certaines charges. (HRP : rang d'étudiant IG, suivant la voie de l'Eglise)[/i]
En résumé, l'Église Aristotélicienne est une organisation très structurée avec une hiérarchie claire et des règles précises pour chacun de ses membres. Cette organisation vise à assurer le bon fonctionnement de l'Église et à maintenir l'ordre au sein de la communauté religieuse.
Certaines charges confèrent des droits et des privilèges particuliers à leurs titulaires. Par exemple, un prélat bénéficie d'honneurs particuliers. |
Citation: | Entretien - Rencontre avec Franz-Athan de Lancastre, Premier maître d'hôtel de la Couronne de France
- Par Daidara, introduction de Cételle -
Dans ce nouvel entretien, Monseigneur Daidara Doraux, Évêque du Limousin, échange avec le Baron Franz-Athan de Lancastre, Premier maitre d'hôtel de la Couronne de France. Ils abordent son parcours, la place du pain au Louvre et à léglise et ses conseils sur cet aliment si simple mais si important en nos vies. Un moment de grande convivialitée.
Nous rappelons tout d'abord que le pain, symbole universel de partage et d’amitié, occupe une place centrale dans la foi Aristotélicienne. Son étymologie, tirée du latin *"cum panis"*, signifie "celui avec qui l’on partage le pain", illustrant l’importance de la fraternité. Plus qu’un aliment, le pain incarne les valeurs de solidarité et d’unité. Lors des messes, il symbolise le corps du Très Haut, rappelant le lien spirituel qui nous unit. Partager le pain, c’est partager un peu de soi, renforcer les liens entre les croyants et incarner l’amitié Aristotélicienne dans un geste simple et sacré.
Daidara Doraux : Pourriez-vous nous raconter votre parcours et ce qui vous a conduit à devenir Premier Maître d'Hôtel de la Couronne de France ?
Franz-Athan de Lancastre : Je suis arrivé en France il y a plus d'un an. Je viens d'Irlande. Ma mère était française alors je connais la langue de ce royaume. Je me suis installé en Normandie et j'ai commencé à apprendre l'histoire et les cultures de ce royaume.
En Irlande, j'avais l'habitude de la cour royale, je suis né d'un roi et d'une reine. J'ai donc grandi dans cette ambiance de grandeur et j'ai appris à servir mon royaume très vite en m'impliquant dans diverses fonctions.
C'est pour cela que quand je suis arrivé ici, je souhaitais m'investir dans le monde que je connaissais.
J'ai commencé par secrétaire d'Etat et puis j'ai vu que le poste de Grand Panetier était vacant et j'ai toujours aimé cuisiné. J'ai postulé et j'ai été pris. Ensuite le Premier Maître d'Hôtel a démissionné et j'ai pris la suite peu de temps après.
Depuis je m'amuse à essayer différentes recettes pour mélanger les saveurs, et j'ai fait une liste des préférences de plusieurs membres de la Maison Royale pour pouvoir leur envoyer ce qu'ils aiment durant leur travail. Cela permet de faire une petite pause et de remonter le moral pour donner du courage et des forces pour la suite de la journée.
D.D. : Dans votre rôle à la cour, quelle importance accordez-vous au pain en tant qu'aliment essentiel à la table royale ?
[b]F-A. L : Le pain occupe une place primordiale en tant qu'aliment essentiel, tant sur le plan symbolique que pratique. À la table royale, il ne s’agit pas simplement d’un aliment de base, il reflète aussi le rang social et l'abondance du royaume. Il accompagne les viandes, les potages et autres mets. Il servi parfois en tant que tranchoirs, on dispose les aliments dessus, en ajoutant une sauce par exemple, il s'imbibe et on peut le manger ensuite.
D.D. : Le pain est souvent vu comme un symbole de partage et de communion. Comment voyez-vous son rôle dans les repas de la cour et au-delà, dans les repas Aristotéliciens ?
F-A. L : En effet, lors des banquets, le fait de rompre le pain en présence des invités, signifie l'hospitalité et l'alliance entre les convives et le souverain.
C'est un rôle en tant que symbole de partage, d’union, et de lien sacré entre les convives. Ce rôle, ancré à la fois dans la tradition et dans la philosophie aristotélicienne, donne au pain une dimension spirituelle et philosophique profonde, bien au-delà de sa simple fonction alimentaire.
Aristote valorise la tempérance, c’est-à-dire la capacité à se modérer et à éviter l’excès. Le pain, aliment simple et nourrissant, incarne cette modération. À la cour, le fait de servir du pain avec des mets parfois extravagants peut aussi rappeler l’importance d’un certain équilibre et de la modération dans la consommation, en accord avec les vertus aristotéliciennes.
D.D. : L'étymologie du mot compagnon signifie "celui avec qui l'on partage le pain". Comment, selon vous, le partage du pain renforce-t-il les liens entre les convives à la cour et au sein de la communauté aristotélicienne ?
F-A. L : Le pain est souvent partagé entre les invités, reflétant un acte de communion et de solidarité. En le rompant et en le distribuant, le souverain exprime une forme d’alliance et de confiance avec les convives, renforçant ainsi les liens sociaux et politiques.
Le pain est souvent béni lors de cérémonies, renvoyant à sa signification religieuse. Rompre le pain peut être vu comme un geste sacré, renforçant le lien entre les hommes et Dieu, et entre les membres de la communauté.
D.D. : Quels types de pains privilégieriez-vous lors des cérémonies religieuses, en particulier pour la messe, et auriez-vous des conseils à nous donner pour les sélectionner ?
F-A. L : Le pain utilisé doit répondre à des critères à la fois spirituels, symboliques et pratiques. Le choix du pain pour l’Eucharistie est très spécifique, car il symbolise le corps du Christ. Traditionnellement, c'est le pain azyme, sans levain qui est choisi, parce qu'il symbolise la pureté du Christ, exempt de toute corruption. Il est fabriqué seulement à partir de farine de blé pure et d'eau, il est fin, croquant et de couleur claire. Cette simplicité reflète la pureté et l’humilité du Christ. Il se conserve également bien, ce qui est pratique pour les cérémonies régulières. Ce type de pain est fabriqué directement dans les monastères, je le commande directement auprès des moines, il n'est pas fabriqué dans nos cuisines, pour respecter les traditions liturgiques et les normes religieuses.
D.D. : Enfin, pour les tables de nos ouailles, auriez-vous des suggestions à nous partager sur le choix du pain en fonction des repas et des classes sociales ?
F-A. L : Eh bien, pour la table royale, des nobles ou des grandes familles bourgeoises, le pain le plus prisé est le pain blanc, fait à partir de farine de blé finement tamisée, appelée fleur de farine. Ce pain, léger et moelleux, est un symbole de statut et de raffinement. Il accompagne les mets les plus délicats lors des banquets ou des dîners de cérémonie. Il est souvent servi en grandes tranches pour accompagner les viandes rôties, les poissons et les sauces riches.
Il existe aussi un pain légèrement sucré et enrichi, parfois préparé avec du lait ou agrémenté d'épices comme le safran ou le cumin, mais cela rend ce pain particulièrement onéreux. C'est pour cela qu'il est utilisé lors des évènements spéciaux comme les repas de fêtes ou religieux. Il peut être accompagné de fruits confits ou de miel.
Pour la classe moyenne et les artisans, le pain bis est fabriqué à partir de farine de blé moins finement tamisée que celle utilisée pour le pain blanc. Il est plus sombre, plus dense et légèrement plus grossier. Ce type de pain est courant chez les bourgeois modestes, les commerçants et les artisans. Il accompagne des plats simples mais nourrissants, comme les ragoûts, les potages, ou les fromages. C'est un pain consommé au quotidien. Il y a également le Pain de Ménage qui est plus grossier que le pain blanc, mais plus raffiné que le pain paysan. Il est consommé lors des repas de fêtes ou de famille.
Pour les Paysans et les Classes Populaires, c'est le pain noir, qui est souvent fabriqué à partir de farine de seigle ou de méteil. Ce pain est plus dense, sombre et parfois amer, mais très nourrissant. C'est la base de leur alimentation, il est souvent consommé avec des bouillies, des légumes ou des œufs, ou simplement trempé dans de la soupe. Le pain noir est fait pour durer plusieurs jours et être suffisamment solide pour être transporté dans les champs. Pour ceux qui sont un peu plus aisés, il y a le pain de blé complet, souvent grossièrement moulu, est courant. Il est moins raffiné que le pain blanc, mais plus nourrissant et plus accessible que le pain de seigle. Ce type de pain est utilisé pour les repas de tous les jours, souvent accompagné de plats de viande ou de poisson lorsque les circonstances le permettent.
D.D. : Baron, un grand merci pour cet échange et le partage de votre savoir.
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Citation: | Jeux - Charade
- Par Daidara -
Mon premier est parfois plus efficace qu’une hache.
Mon second dure un temps.
Mon dernier me désigne.
Mon tout nous éclaire.
(Scie-Ere-Je => Cierge)
Mon premier dure environ cinquante-deux semaines.
Mon second est représenté par le vin.
Mon dernier se produit après les Vêpres.
Mon tout purifie l’air et le lit à l’Ether.
(An-Sang-Soir => Encensoir)
Mon premier est un buisson taillé.
Mon second répare en punissant l’offenser.
Mon troisième est perdu en mer.
Mon tout relate la vie de Christos et Aristote.
(Haie-Venge-Île => Évangiles)
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Citation: | Chanson
- Par Daidara -
La vie de Clerc
Au lever du jour, faut déjà prier,
Debout à l’aube, le sommeil cassé,
Pour les Laudes, on se met en rang,
Et c’est pas vraiment l’temps des charmants.
On lit, on chante, faut pas s’gourer,
Sinon le prieur va rouspéter !
C’est la vie, la vie de clerc d’église !
À genoux, on passe des heures exquises,
Des Vêpres au matin, jusqu’aux Complies le soir,
Chaque jour est l’même, faut jamais être en retard !
À la messe, faut pas traîner,
J’donne la ciboire, c’est pas pour plaisanter,
Puis au scriptorium, on gratte sans fin,
Des manuscrits, des textes anciens.
Les novices m’regardent avec ferveur,
Moi j’leur dis : « Encore huit heures ! »
C’est la vie, la vie de clerc d’église !
On s’relève, on s’prosterne, on s’agenouille, on balise,
Qu’il pleuve ou qu’il vente, on est là en prière,
Pour l’Salut de l’âme, du monde et des frères !
À quinze heures, les Vêpres, puis un p’tit passage,
À l’infirmerie, pour l’office de soins sages,
On soigne des maux, des âmes et des bras,
C’est que, d’clerc, des talents y’en a !
C’est la vie, la vie de clerc d’église !
Du pain sec au dîner, c’est tout c’qu’on maîtrise,
Mais qu’importe, on vit dans l’abstinence,
On a signé pour la dévotion intense !
Le soir, les Complies pour finir la journée,
On s’met en cercle, on doit méditer,
Puis l’coucher, enfin, à vingt-et-une heures,
Avec le même chant de prière dans l’cœur.
Le lendemain, tout reprend sans fin,
C’est l’réconfort de l’âme, le pain quotidien !
C’est la vie, la vie de clerc d’église !
On prie, on jeûne, on vit pour l’Église,
Sans répit, pour l’Très-Haut, le Royaume, la Foi,
C’est la vie d’un clerc, elle est faite comme ça !
Pas d’aventure, pas de trésor,
Mais du parchemin à longueur d’jour,
C’est la vie d’un clerc, on vous dit,
Pas d’gloire, mais la paix pour compagnie !
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Dernière édition par Laodin le Mer Mai 21, 2025 8:43 pm; édité 2 fois |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:17 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Laodin -
Novembre... Existe-t-il mois plus déprimant que cela ? Des champs à l'arrêt, des visites de cimetière, un ensoleillement de moins en moins prononcé... En plus, il n'y a même pas Noël pour se consoler ! Cela viendra cependant, et nous pouvons toujours nous remonter un peu le moral avec différentes activités, comme la gazette que voici. Peut-être avez-vous d'ailleurs un point de vue bien plus positif sur le mois de novembre pour y avoir rencontré votre moitié, connu un changement significatif dans votre vie ou tout simplement parce que vous aimez la saison ? C'est là tout le bien que je vous souhaite, comme pour tout le reste de l'année.
Du côté des Moineaux d'Aristote, c'est une mauvaise nouvelle que nous devons vous annoncer : Monseigneur Cételle étant pour le moment indisposée, la rédaction de ce numéro devra se faire sans elle. Nous lui souhaitons évidemment de revenir parmi nous en bonne santé, car elle est l'âme de cette gazette et celle-ci n'aurait probablement jamais vu le jour sans elle... En attendant que tout rentre dans l'ordre, c'est donc moi, Monseigneur Laodin, qui me suis proposé pour vous livrer votre source d'information et de divertissement religieux du mois.
La structure même de ce numéro reprendra à l'identique ce que Monseigneur Cételle avait planifié, en regroupant nos textes autour d'une thématique commune. Celle-ci sera assez sombre, mais en même temps chargée d'optimisme ; car nous ne considérons autrement la meilleure manière d'aborder la foi aristotélicienne, qui doit avertir des dangers sans nous plonger dans le fatalisme. En page 13, vous trouverez ainsi un entretien entre Frère Cyphus et Monseigneur Daidara sur la question des tatouages et de la Lingua Prohibita, qui fait débat depuis plusieurs semaines ; en page 18, ce sera une analyse du Livre de l'Éclipse, on ne peut plus en rapport avec la fête des morts que nous aurons vécue au début du mois. D'autres articles devraient également vous voir trouver votre bonheur, entre calendriers d'événements, brèves écrites et jeux.
La vie peut être dure, mais elle mérite d'être vécue. Pour preuve : dans moins d'un mois, ce sera Noël ! Alors oui, tout le monde n'est pas égal devant les fêtes, mais nous ferons en sorte de vous accompagner sans vous faire dépenser le moindre denier. L'un des pires fléaux de notre société est la solitude, qui est bien souvent en terrain favorable durant des périodes comme celle de novembre. Voici donc notre manière à nous de vous exprimer notre amitié, qui est « la faculté de se préoccuper du sort d’autrui »... |
Citation: | Saint Martin, des ides de mars aux idées des martyrs
- Par Laodin -
La guerre, incompatible avec la foi ? Voilà une question qui revient souvent et qui donne plus d'une sueur froide aux guerriers aristotéliciens, pris entre la nécessité de leur devoir et ses conséquences cruelles. S'il est aujourd'hui admis que se battre pour la foi ou pour protéger ses semblables n'est pas un péché tant qu'on reste en parfaite maîtrise de soi et dans le respect des codes de la guerre, cela fut loin d'être une évidence à une autre époque, où ce genre de question n'avait pas encore obtenu de réponse. Une époque où la France s'appelait encore la Gaule, et où le monde tournait encore à la baguette des païens...
Quatrième siècle après Christos : des paysages luxuriants, des forêts plus étendues que maintenant, et pourtant une violence tout aussi répandue, avec son lot de conflits meurtriers. Martinus Martini, fils de Martinus et de Banetta (qui était bonne comme le pain), s'était engagé de bonne grâce dans la légion romaine, ayant eu à peu près autant une vocation pour les armes que moi pour les discours sans fin. Martial, il était aussi un peu marteau, martyrisant ses camarades pour leur arracher leurs terres durement gagnées, et les défendant comme si elles avaient toujours été les siennes. Il était d'une certaine façon le produit de son époque et de sa culture : glorifiant la force comme le fait la Créature sans Nom, ne goûtant que peu aux valeurs de l'amitié et du partage. Son état d'esprit était bien éloigné de celui de nos valeureux chevaliers, alors pour devenir un saint, cela relevait de la pure fiction ! Pourtant, comme le centurion Gracius avant lui qui s'était repenti devant Christos, rien n'était encore perdu pour cet homme qui aimait distribuer des pains d'une toute autre manière que celle prévue, et il n'y a guère besoin d'avoir été élevé par des moines pour accomplir des choses remarquables.
Le défi, le véritable défi qui se présente à tout aristotélicien, est de savoir reconnaître les vertus de la faiblesse, et de défendre celle-ci plutôt que de la maîtriser. Martin (ou Martinus, mais ne nous mettons pas martel en tête) en fit pour sa part connaissance à Amiens, durant l'hiver 338. C'est en apercevant un vieil homme, transi de froid et prêt à mourir, que le soldat jusqu'ici égoïste eut une soudaine révélation et trancha son manteau pour le lui donner. Cette épée venait de réaliser son tout premier acte qui n'était pas assoiffé de sang, et ne se lèverait plus jamais contre l'une de ses sœurs. « Je suis né pour partager l'Amitié et non la haine », affirma l'homme dans une déclaration ultérieure.
A partir de ce moment, Martin ne verserait plus la moindre goutte de sang : changement brutal ou progressif, l'histoire ne nous le dit pas mais il est certain qu'il avait déjà entendu des idées aristotéliciennes au fil de ses campagnes. Avait-il alors entendu parler aussi de miracles provoqués par l'amour, auxquels il participerait lui-même de son vivant ? Refusant du jour au lendemain de combattre, il demanda de lui-même à être enchaîné en avant des lignes pour être la première cible des Alamans. Alors qu'il aurait dû être tailladé pour le Gallo-Romain qu'il était, Martin fut curieusement épargné ; encore plus surprenant et improbable, les Alamans demandèrent la paix, dans ce qui serait les débuts de l'amitié franco-alamane. Ce miracle, car cela en était bien un, ne serait que le premier d'une longue liste si on se fie aux témoignages de l'époque : « il fait jaillir des sources, il guérit les paralytiques, les possédés, les lépreux, il ressuscite les enfants, il fait parler les muets, il peut même guérir à distance, ou par l’intermédiaire d’un objet qu’il a lui-même touché. Il calme les animaux furieux et même la grêle. » Que tout cela soit vrai ou non, on peut s'accorder au moins sur le fait qu'il avait profondément marqué son époque !
La plume est plus forte que l'épée, et les mains tendues sont plus fortes que les poings. Aussi Martin devrait-il consentir à ranger pour de bon ces derniers au placard, même s'il aurait une dernière occasion de les utiliser : le 4 juillet 371, il se fit enlever par l'ensemble des Tourangeaux désespérés de ne plus avoir d'évêque, alors qu'il venait de prendre sa retraite de la légion et comptait bien profiter de ses derniers jours sans souci. Dans n'importe quelle autre circonstance, cet acte serait odieux et infamant, mais il faut bien comprendre que la ville de Tours était alors des plus aristotéliciennes, que la Primatie de France, nommant aujourd'hui les évêques n'existait pas, et que Martin était l'homme de la situation pour cette charge, faiseur de miracles et ami des plus faibles. S'il ne le faisait pas, qui le ferait, comment la foi aristotélicienne pourrait-elle perdurer ? Réticent, et c'est peu de le dire, il brilla et s'épanouit cependant dans ce rôle fait pour lui, permettant aux croyances païennes qu'il avait lui-même jadis embrassées de reculer face aux enseignements d'Aristote et de Christos. Il avait pleinement rejoint cette cause par le baptême, et à présent il l'incarnait pour bon nombre de ses ouailles... et même au-delà puisque les projectiles qu'il avait d'abord lancés à l'encontre de ses ravisseurs étaient devenus de véritables reliques, certes de manière un peu moins pertinente qu'un cœur ou un foie par exemple (bon appétit).
Toujours de bon martin, Matin... pardon, toujours de bon matin, Martin suivait ce nouveau rythme de vie avec enthousiasme, organisant chacune de ses journées selon un emploi du temps parfaitement réglé. Entre gruau et eau vinaigrée, nous ne pouvons pas dire qu'il aimait faire ripaille, mais la nature fut très certainement en fête grâce à son action. Cela commence par le nom que l'on donna à ces petits oiseaux à long bec, de couleur bleue et fauve : les martins-pêcheurs, appelés ainsi en hommage au saint, qui avait comparé leur capacité à pêcher le poisson à celle des Princes-démons à attraper les pécheurs (je sais, c'est confus). Vous n'êtes pas convaincu(e) par cet exemple ? Regardons dans ce cas le fameux "été de la Saint-Martin", qui eut lieu quand le corps de celui-ci fut transporté entre Poitiers et Tours et que la nature refleurit à nouveau en novembre 397 ! Eh oui, même à sa mort il avait déchaîné les passions, avec les Poitevins qui, non contents d'avoir l'un des diocèses les plus remarquablement gérés mille ans plus tard, voulaient s'approprier le saint au nez et à la barbe des Tourangeaux. C'est honteux !
Saint Martin est ainsi le reflet le plus parfait de son époque : celle où l'Église peinait encore à s'affirmer malgré des progrès d'année en année, et celle où la guerre, dénuée de tout combat pour la vertu, ne pouvait être perçue que comme un monstre ne méritant pas de se battre pour elle. Aujourd'hui, les armées ont avant tout un rôle de défense et non de simple conquête de nouveaux territoires, et les prêtres ne se font plus enlever pour être nommés évêques de force - à la place, ils se font enlever pour recevoir une décoration. Saint Martin, le courage, la force, la compassion, est un véritable morceau d'Histoire à lui seul dans l'aristotélisation de la France, avant même Saint Rémi sous le règne de Clovis Ier. Il disait aussi que « plus on partage et plus l'on possède »... Aussi, partageons, partageons, mais n'allons surtout pas nous diviser sa cape déjà déchirée, actuellement conservée dans la cathédrale de Tours ! |
Citation: | Entretien - Des tatouages et de leurs conséquences
- Par Daidara et Cyphus, introduction et conclusion de Laodin -
C’est un phénomène qui a fait son apparition il y a voilà plusieurs semaines : partout dans le Royaume de France voire ailleurs, d’étranges marques sembleraient apparaître chez bon nombre de sujets. Le coupable, autre que la volonté même des victimes, serait tout trouvé : un ensemble d’ouvrages qui s’intitulerait “Lingua Prohibita”, Langue Interdite, récemment découvert à plusieurs endroits du pays.
Simple farce ? Conspiration du Sans-Nom ? La question demeure, mais on raconte que la confession permettrait de s’en débarrasser telle l’eau du baptême lavant des péchés. Avant que des conclusions définitives soient prononcées, nous vous proposons ici d’aborder la question des tatouages en compagnie de nos deux experts, Frère Cyphus Garion, archidiacre de Poitiers et médecin, et Monseigneur Daidara Doraux, Primat de France qui se chargera de lui poser des questions.
Daidara Doraux - Nous le savons, cela fait plus de cinq siècles que le tatouage est vu d'un mauvais œil de par son caractère païen, la chose étant due à leur symbolique mais également à la profanation du corps qu'implique sa pratique. Avant de commencer cet échange, pour les lecteurs, pour plus de transparence, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Cyphus Garion - Frère Cyphus Garion, je suis Archidiacre de Poitiers et j'officie dans ma paroisse de Thouars. Mais je suis aussi médecin de longue date ; d'abord chirurgien de guerre, j'ai travaillé dans le déchiffrement des maladies dans les années 61-63, puis j'ai rédigé des guides médicaux. Ces dernières semaines, je me suis intéressé à la Lingua Prohibita dont j'ai obtenu une pleine compréhension après l'avoir déchiffrée à l'université poitevine.
D.D. - Pourriez-vous, d'une part, me donner votre point de vue sur le tatouage en tant que fervent serviteur de l'Église, puis nous éclairer sur les risques du tatouage d'un point de vue médical ?
C.G. - Comme vous l'annonciez déjà, le tatouage est une violation du corps. Il ne faut néanmoins pas voir toute intervention sur le corps comme une mauvaise chose sinon la médecine chirurgicale ne serait plus. Là où cette intervention est discutable est que le tatouage est fait sur un corps sain qui ne mérite pas de telles scarifications. Or, la première préoccupation du médecin est le primum non nocere. Rendre notre peau martyre de nos excentricités n'est pas un geste médical sain. Concrètement, il arrive de temps à autre que des personnes tatouées voient leur peau s'abîmer voire nécroser au niveau de leur tatouage, pour des raisons méconnues mais probablement en lien avec des déséquilibres d'humeurs perturbées par l'intervention. Cependant, le tatouage dont vous semblez faire mention ne relève pas d'une pratique de scarification mécanique contrairement aux tatouages, disons... traditionnels.
D.D. - Pourriez-vous expliquer davantage les différences entre ces deux types de tatouages ?
C.G. - La grande différence entre les tatouages traditionnels et ce qu'on appelle désormais l'Obscuria Stigmata est que cette dernière s'imprime dans les chairs sans intervention chirurgicale, seulement par un phénomène encore méconnu lorsqu'un homme — ou une femme — est possédé par une force mystérieuse abritée par une langue ancienne : la Lingua Prohibita. D'après mes propres études et celles de plusieurs confrères, cette langue aurait été construite par un homme corrompu par l'influence de la bête qui n'a pas reçu de nom. Cet homme aurait déversé dans la Lingua Prohibita une haine telle que cette langue déclenche parfois chez ceux qui s'y confrontent une réaction physique matérialisant le péché de colère sous leur peau.
D.D. - C'est terrible !
C.G. - En effet, cela est terrible, mais nous avons rapidement découvert que le pardon du Très-Haut obtenu par le sacrement de la confession est un remède souverain contre cette colère qui ronge les malheureux étudiants de cette langue. Nous pouvons néanmoins craindre que dans le futur d'autres péchés puissent se manifester physiquement dans le corps des humains.
D.D. - Que pourrait apporter une telle marque à celui qui la porte, selon vos recherches ?
C.G. - Pour des raisons que vous comprendrez, les expériences ont été limitées à ce propos. Cependant, plusieurs expérimentateurs ont constaté que la colère contenue dans l'Obscuria Stigmata pouvait être en quelque sorte maîtrisée pour augmenter sa puissance en combat. Mais l’exercice est à la fois dangereux et moralement difficile à accepter. Peut-on accepter d'utiliser, même pour le bien, une force forgée par un sbire de la bête sans nom ?
D.D. - Cela pose en effet une question délicate. Qu'en est-il de la légalité de cette marque ?
C.G. - Ce n'est pas à moi de donner ce genre de recommandation. L’Obscuria Stigmata est sans aucun doute dangereuse, comme l'est une épée ou une torche. En attendant un éventuel positionnement des pouvoirs temporels ou intemporels, c'est le bon sens et la vertu de chacun qui doit orienter son usage.
D.D. - Frère Cyphus, selon vous, pourquoi le tatouage est-il resté si ancré dans certaines cultures malgré sa connotation païenne et les risques médicaux encourus ?
C.G. - La transgression a toujours eu une saveur particulière, mais ce n'est probablement pas seulement cela : nous pouvons deviner la valeur utilitaire d'un tatouage pour reconnaître par exemple les membres d'un clan ou faire valoir une certaine résistance à la douleur. Puisque l'acte n'est pas confortable.
D.D. - En tant que diacre et médecin, que conseilleriez-vous à une personne qui, malgré tout, souhaite résolument se faire tatouer ?
C.G. - Je lui recommanderais d'y réfléchir à deux fois et, au pire, de faire l'acte sous l'action purificatrice de l'eau. Ce n'est pas une observation personnelle, mais des confrères m'ont indiqué que les plaies s'infectent davantage lorsque le tatouage du patient a été fait dans de mauvaises conditions d'hygiène.
Citation: | Ce qu’il faut retenir :
- Le tatouage est une intervention pratiquée sur le corps sans raison médicale, et est par conséquent malsain (principe du primum non nocere)
- La Lingua Prohibita a vraisemblablement été inventée par un apôtre du Sans-Nom
- L’étude de la Lingua Prohibita fait apparaître des tatouages de façon inopinée (immatérielle au lieu de matérielle) pour une raison encore inconnue
- L’une des hypothèses privilégiées est que la haine contenue dans la Lingua Prohibita ressurgit sur le corps afin de nous inviter à la corruption
- Les autres effets secondaires sont une augmentation soudaine de la force, qui peuvent être utilisés à bon escient mais entraînent des risques sérieux qui n’entrent pas dans ce qui a été imaginé pour nous par Dieu
- Le meilleur remède contre ces tatouages dits de l’Obscuria Stigmata reste la confession, qui ferait disparaître les marques selon plusieurs témoignages |
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Citation: | Le Livre de l'Éclipse : son impact, ses bienfaits
- Par Laodin -
Nous allons tous mourir ! Non, non, ne vous affolez pas, ne vous jetez pas sur les routes en craignant une catastrophe pompéienne : nous mourrons tous un jour, voilà ce que je veux dire, et rien ne peut être fait contre cela. J'ai ouï dire qu'une pierre inventée par un certain Nicolas Flamel aurait le pouvoir de prolonger éternellement la vie, mais cela reste à prouver... La mort est une fatalité, la suite logique et inévitable de la vie, ce qui peut faire autant peur que cela doit nous procurer un sentiment de paix. Aujourd'hui, c'est par le Livre de l'Éclipse que nous allons explorer ces notions, alors que novembre aura vu la Toussaint, et donc par la même occasion la fête des morts...
L'histoire de ce livre ne vous est peut-être pas inconnue : Sypous, simple paysan ayant vécu entre la Chute d'Oanylone et probablement la naissance d'Aristote, se promenait dans les champs lorsque le ciel s'obscurcit brutalement devant lui, avec la Lune qui prit la place du Soleil. Cette éclipse, qui ressemble à celles que nous expérimentons parfois de nos jours, présentait cependant une caractéristique étonnante : un pont multicolore qui apparut soudainement devant Sypous, que celui-ci emprunta avec un sentiment d'angoisse. Il était maintenant seul au monde, son chien s'étant quant à lui volatilisé avec le reste des habitants, mais plus pour très longtemps - bien que personne n'ait vraiment envie de profiter de ce genre de compagnie. En arrivant au bout du pont surnaturel, Sypous fit la rencontre de tous les Princes-démons et de pécheurs de moindre envergure, bloqués dans des royaumes punissant l'avarice, la luxure, l'orgueil, la gourmandise, la colère, l'envie ou encore l'acédie exprimés de leur vivant. Le spectacle était atroce, mais Sypous apprenait ainsi pour la première fois la réalité de la mort, de celle infligée à ceux ayant suivi la Créature sans Nom plutôt que Dieu.
La conséquence du péché se fait en effet ressentir dans l'éternité, et l'on souffrira bien plus pour ce que l'on aura infligé à ses semblables que les victimes n'auront souffert de leur vivant. C'est cela que l'on appelle la Justice Divine : le moment où toute injustice sera réparée, où les vertueux jouiront d'une béatitude éternelle tandis que les pécheurs subiront un bien triste sort pour avoir insulté l'amour divin. Bien sûr, il y a aussi les petits pécheurs, ceux qui se seront trouvés dans une zone grise durant une bonne partie de leur vie ; parce que le Très-Haut est aussi capable de miséricorde, il n'est pas rare que leur jugement soit revu à la hausse pourvu que leur âme n'ait pas été totalement corrompue. C'est pourquoi, bien qu'il soit préférable de mettre toutes les chances de son côté, une absence de preuve d'amour envers Dieu ne signifie pas obligatoirement une inimitié envers Lui : « Mais tous ceux qui n’ont pas été baptisés, qu’ils soient enfants ou adultes, s'ils n’ont absolument jamais péché, pourront de même accéder au Paradis » (Livre de la Fin des Temps, Chapitre V). Ainsi, un individu qui ne se serait pas fait baptiser ne pourra bénéficier du sacrement des funérailles et sera simplement enterré, mais son accession au Paradis Solaire, elle, prendra en compte l'essence même de son existence qui ne peut mieux être jugée que par Dieu.
Si notre monde n'est pas condamné à se faire détruire un jour à cause de nos péchés, nous pouvons légitimement supposer qu'une bien plus grande part d'élus pour le Paradis émerge chaque jour par rapport à la part de malheureux destinés à l'Enfer. Cette pensée est à même de nous rassurer, de nous réconforter tout du moins, lorsqu'un de nos proches ou amis est appelé vers l'au-delà : s'il a laissé une trace plus positive que négative de son vivant, il vivra éternellement heureux et posera pour toujours sur nous un regard inspirant. La formule peut prêter à sourire, mais l'amour triomphe toujours, que ce soit ici ou dans l'espace qui nous couronne.
C'est donc un message hautement positif qui se dégage du Livre de l'Éclipse malgré ses nombreux chapitres consacrés aux horreurs de l'Enfer Lunaire, car nous aurons de grandes chances d'obtenir un jugement favorable par la pureté de nos pensées ainsi que de nos actions. La vie peut être difficile, douloureuse, mais c'est ultimement en l'affrontant jusqu'au bout que nous ferons honneur à ce que nous sommes. Il faut en effet considérer la vie comme un champ de bataille dont la victoire, la paix éternelle, ne s'obtiendra qu'en affrontant pleinement le péché. C'est la raison pour laquelle tant de nos saints consentirent à mourir en martyrs, luttant pour le salut des autres au mépris de leur confort.
Aujourd'hui, la Créature sans Nom cherche à nous éprouver sans cesse, et possède de nombreux adeptes à travers le monde, qu'ils s'en rendent compte ou non. Son objectif ? Prouver que le sens de la vie est la domination du faible par le fort, et non l'amour. Comme cette voie est tentante, avec les nombreux plaisirs faciles qu'elle procure, il est bien plus facile de corrompre l'Homme que de le ramener sur le chemin de la vertu. Ainsi, les innocents peuvent se faire opprimer dans la vie dans la plus complète des injustices, mais une force bien plus grande que la force physique, la force morale, leur permettra de lutter et tenir jusqu'au Jugement Divin. L'Homme est parfois cruel, son visage plus beau qu'il ne le sera dans l'au-delà, mais la Création en elle-même ne saurait être injuste, et le Très-Haut y veille tout en nous laissant nous déterminer par nous-mêmes. C'est quelque chose qu'Il voulut nous faire comprendre en appelant Sypous à visiter la vie après la mort, et en lui permettant de revenir parmi les siens afin de prévenir tout le monde par son incroyable récit. Déclaré mort, il était revenu à la vie ; et nous, il nous avait permis de revivre, en nous donnant l'espoir qu'un jour nos bonnes actions seraient enfin reconnues à leur juste valeur. Cette leçon est probablement la plus importante de toutes, avec celle de l'amour... Mais je m'éclipse, car ceci est une autre histoire. |
Citation: | Coup de Canon - Le sacrement des funérailles
- Par Laodin -
Une plongée dans l’inconnu : voilà ce que suscite en nous la perte d’un proche, ou même l’anticipation de notre propre mort. Que ce soit pour l’au-delà, où le jugement de Dieu demeure incertain si des péchés ont été commis, ou pour la vie, où il nous devient difficile d’imaginer un futur sans l’être aimé, les raisons de se sentir dépourvu(e) sont légion. Il reste néanmoins quelque chose pour lequel nous avons des certitudes, et auquel il nous faut nous raccrocher : la perspective d’un bel hommage, d’un dernier adieu rendu sous le signe de la foi pour nous recharger en force morale. Alors, que se passe-t-il exactement lorsqu’on vient à mourir ?
Le Droit Canon, sous lequel nous allons étudier cet aspect très sensible, dit précisément ceci concernant les funérailles : « Tout fidèle aristotélicien décédé a le droit à la cérémonie funèbre. Une cérémonie funèbre peut avoir lieu pour les personnes n'ayant pas encore reçu le sacrement du baptême mais ayant néanmoins suivi à leur façon le chemin de la Vertu, à la demande exclusive d'un membre aristotélicien de la famille. » C’est donc la foi, l’engagement envers Dieu qui se voit récompensé par les funérailles, et ce pour une raison précise : il est difficile de louer les qualités d’une personne qui aurait ignoré durant toute son existence son rôle dans la Création, car la mort en fait naturellement partie et doit par conséquent être traitée sous un angle purement aristotélicien.
Si nous entrons dans la propriété du Très-Haut, soit l’au-delà - bien que tout le reste Lui appartienne aussi -, il est attendu que nous soyons bien habillé et aussi prévenant que possible. Le majordome en charge de la maison (l’Église) ne nous réservera pas alors le meilleur des accueils en voyant arriver avec les chaussures boueuses et sans nous essuyer les pieds après avoir franchi le seuil. C’est pourquoi, bien que le sacrement des funérailles soit en principe réservé aux fidèles de l’Église Aristotélicienne Romaine (les baptisés), le Droit Canon prévoit d’accorder ce droit à celles et ceux n’étant pas allés jusqu’au bout de leur parcours spirituel, mais ayant malgré tout œuvré à arriver dignement devant Dieu.
Si tout le monde n’a de fait pas droit aux funérailles, tout le monde a droit à un enterrement, dont les circonstances dépendront du statut ou des actions de la personne défunte. Il existe ainsi les cimetières reconnus et entretenus par l’Église (la “terre consacrée”), et les autres, communs, auxquels se destinent les mauvais Enfants de Dieu. Le respect dans la mise en terre sera le même, mais il n’y aura pas de cérémonie, donc ni discours ni événement en public (ou alors en très petit comité). Si démonstrations d’hommages il y a, celles-ci se feront à titre individuel et privé, ce qui est loin d’être idéal pour laisser une trace auprès du plus grand nombre.
Mais assez palabré : que se passe-t-il, précisément, lors d’une cérémonie de funérailles comme on l’entend ? Eh bien, tout d’abord, le clerc officiant demandera probablement à obtenir le plus d’informations possible sur le défunt auprès de sa famille et/ou de ses amis, cela afin de retracer sa vie et de faire honneur à ce qu’il fut de son vivant. Ensuite, le jour venu, viendra la procession du cercueil jusqu’à l’église, sous des chants aristotéliciens qui vous seront détaillés ci-après.
Une fois parvenu à l’intérieur, au niveau de la croisée de transept, le cortège s’arrêtera pour permettre à la cérémonie de pleinement commencer. Alors viendront les quatre signes : des bénédictions, aussi bien inscrites dans l’humain que dans le sacré. Il y aura tout d’abord :
Le signe de la lumière : Le moment où les cierges seront allumés autour du cercueil, symbole d’espoir dans les heures les plus sombres, du fait de s’éloigner de la noirceur de l’Enfer Lunaire pour accéder au Paradis Solaire.
Le signe de la foi : Un rappel que le défunt était bien aristotélicien, et croyait fermement au message enseigné par Aristote et Christos ; ainsi, une croix sera déposée sur le cercueil en guise d’encouragement à rejoindre les prophètes, qui l’attendent au Paradis.
Le signe des amis : Une corbeille est passée devant toutes les personnes présentes pour que celles-ci, si elles en ont l’envie, déposent un souvenir ou un présent qui rejoindra tous les autres autour du cercueil.
Le signe de la mémoire : Un discours de la part de l’officiant, mais aussi de toute personne souhaitant parler de sa relation au défunt.
Il est à noter que les quatre signes peuvent aussi être effectués à la fin de la cérémonie, soit avant de transporter le cercueil jusqu’au cimetière, au lieu du début. Quoi qu’il en soit, le reste ne saurait différer : la récitation du confiteor et du Credo, comme pour toute autre cérémonie, une lecture de texte, généralement en rapport avec la mort suivie d’une homélie sous le signe de l’optimisme, et enfin une prière d’adieu qui précédera la sortie de l’église. L’enterrement se fera sous la même volonté rituelle, en aspergeant le cercueil d’eau bénite avant de le recouvrir de terre... Dernière action qui sera entreprise par le personnel du diocèse/de la chapelle ou par chacun des invités, au choix.
La cérémonie des funérailles s’avère rarement des plus joyeuses, mais ce qu’elle nous apporte vaudra bien plus que toute démonstration d’allégresse. Elle nous donne la paix ; la paix avec notre passé, la paix envers nous-mêmes, qui pouvons ainsi payer notre dette de mémoire et avancer de nouveau sans culpabiliser. S’il est important de ne pas insulter le souvenir d’un proche, il nous faut malgré tout vivre, car la vie n’est que mouvement, contrairement à la mort qui n’est que stagnation. |
Citation: | Brèves
- Par Melo -
Citation: | Pontifica Universitas Studiorum Aristoteliorum ou plus communément appelée : Université de Rome.
Citation: | Si vous désirez vous imprégner de Rome, de ses longs couloirs, de ses silences méditatifs et contemplatifs : c'est le lieu idéal !
Leurs professeurs, que vous trouverez dans un parchemin affiché sur la porte d'entrée, sont tous modèles d'exemplarité et de rigueur. Pour les Français, vous serez accueilli le plus souvent par la douce Garsande ou par Son Éminence Kalixtus.
Pas de temps à perdre en discussion, vous serez plongé dans le Droit Canon et le Dogme comme l'on jette un enfant dans l'étang. L'avantage c'est que vous pouvez apprendre différentes nages... heu pardon : dans différentes langues ! C'est l'un des nombreux + de cette unique université. |
Il y a des endroits qui inspirent, qui inspirent des sentiments, des réactions. Des lieux de repos comme nos monastères, des lieux de prières comme nos églises, des lieux d'émerveillement mystique comme nos cathédrales, des lieux d'agitation comme nos places de marché ou des lieux de rire comme nos tavernes...
St Benoît est un lieu de rigueur et de sérieux, qui ne fait pas peur.
Dans l'édifice, il est courant de croiser Monseigneur Laodin un livre sous le bras, un autre dans la main et même parfois sur la tête (plus rien ne nous étonne avec lui !).
Il est évident que vous verrez également Sœur Sarah avec un élève à ses côtés tandis qu'elle lui parle du cursus qu'il étudie (avant même qu'ils
n'atteignent leur cellule !).
Vous rencontrerez sans nul doute Sœur Ahslinn conduisant une petite troupe de séminaristes vers l'abbatiale (que tout le monde suive, elle n'attend pas les retardataires !).
Vous croiserez peut-être (avec beaucoup de chance !) la Doyenne, Melo de Montracol, qui navigue entre les caves et son bureau, surveillant tout ce petit monde avec le sourire, confiante du professionnalisme dévoué des professeurs et de l'envie d'apprendre des élèves.
Au détour d'un couloir, la vie des cisterciens continue bon train.
Bref, un lieu unique qui allie avec brio : étude et sérénité. |
Citation: | La Chambre Apostolique fait partie des Institutions Supérieures de l’Église.
C'est un service discret (quoique moins depuis l'arrivée d'une rousse) qui tient les comptes des diocèses sous la haute silhouette du cardinal Tymothe (on en oublie certainement quelques titres mais qu'importe !).
Les évêques sont tenus de transmettre à la Chambre Apostolique les registres des comptes du diocèse (comprenant : les entrées, les sorties, l'inventaire des biens, l'inventaire de mandats s'il y en a, le montant des caisses de chaque paroisse attachée au diocèse et le montant total de toutes les caisses).
Les conseils diocésains ne peuvent dépenser l'argent du diocèse sans l'accord de la Chambre Apostolique. L'utilisation de fonds sans cet accord constitue un vol et le vol c'est mal ! A l'heure actuelle, les demandes doivent être demandées par courrier à Melo de Montracol, préfète Générale.
A l'heure actuelle, le service tourne à plein régime avec 4 ou 5 clercs qui harcèlent les clercs. Ne leur jetez pas la pierre, qui n'aime pas être un minimum harcelé ? |
Citation: | Il y a deux types d'ordination. Mineure (pour devenir diacre) et majeure (pour devenir prêtre). Pour cette seconde, il faut a minima un évêque et un prêtre / ou deux évêques.
Pour se coordonner et trouver leur doublon, les clercs lancent des appels à l'AEF.
Voici un type de conversation :
Évêque 1 : J'ai un jeune qui veut une ordination majeure. Quelqu'un de dispo ?
Évêque 2 : Moi je peux mais si quelqu'un d'autre est dispo.
Évêque 3 : Je suis disponible aussi mais si 2 veut, ça ne me dérange pas de lui laisser la place.
Évêque 2 : Oh, je t'en prie 3, si tu y tiens, fais-la.
Laodin : Sinon on la joue aux cartes ?
Évêque 3, ignorant son confrère avec superbe : Je ne voudrais pas t'ôter ce plaisir !
Edit de l'éditrice : parce que c'est un vrai plaisir, n'en doutez pas.
Évêque 2 : Connais-tu la personne ? Si oui, je te laisse la place.
Cela peut durer un certain temps, débordant de bonté et ne souhaitant pas se froisser les uns et les autres. Nos évêques sont ainsi, pleins de générosité. Jusqu'à ce que :
Évêque 4, muet jusqu'ici : Je suis disponible, on y va !
Eh oui, il y a toujours des fonceurs dans un groupe ! |
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Citation: | Jeux - Quiz de connaissances
- Par Laodin -
1. Qui a dit : « N’ayez crainte, car ma mort n’est qu’un passage pour rejoindre Dieu » ?
A. Christos
B. Oane
C. Aristote
D. Sypous
2. Pourquoi Dieu créa-t-Il la mort ?
A. Pour que chacun puisse craindre Son jugement et Le respecter
B. Pour que les choses les plus lourdes aillent vers le bas et les choses les plus légères vers le haut
C. Pour que la Création ne soit pas figée et s'exprime à travers le temps
D. Pour nous faire célébrer les vies de saints... C'est quand même plus sympathique
3. Qui échappa à la destruction d'Oanylone ?
A. Les Archanges
B. Les Justes d'Oane
C. Ceux qui écoutèrent les avertissements divins
D. Personne
4. Selon Aristote, quel rapport devons-nous avoir à la mort ?
A. Il faut la préparer toute sa vie
B. Il faut la repousser le plus longtemps possible
C. Il ne faut pas y penser puisque nous ne pouvons la connaître déjà
D. Il faut l'appeler de ses vœux, car c'est dans l'au-delà seul que la justice peut s'établir
5. Que demanda Christos à ses apôtres de faire après sa mort ?
A. D'inciter les habitants de Jérusalem à se soulever contre Pierre Ponce
B. De récupérer son corps pour l'enterrer dignement
C. De se signer par la croix chaque fois qu'ils verraient un pécheur
D. De manger et boire en son honneur dans la prière
6. À quoi ressemblons-nous dans l'au-delà ?
A. À celui ou celle que nous fûmes dans la vie
B. À un être ou plus monstrueux, ou plus beau
C. À rien, car il ne reste plus de nous que l'esprit
D. À Sainte Guilberte de Walburghe
7. Enfin, pour voir si vous avez attentivement lu cette gazette : que se produisit-il après la mort de Saint Martin ?
A. Les Tourangeaux et les Poitevins se disputèrent leur corps pendant ce qu'on appelle "l'été de la Saint-Martin"
B. Un mémorial lui fut édifié à Rauracum où il était resté enchaîné face aux Alamans, le "Veilleur de la Paix"
C. Les martins-pêcheurs quittèrent lacs et étangs pour voler autour de son cercueil dans la fameuse "danse martinesque"
D. Les conflits éclatèrent de nouveau sans ses bons conseils, menant à la "Guerre de la Cape" à Amiens
Solution :
1. B (Livre de la Pré-Histoire, Chapitre I)
2. C (Livre de la Création, Chapitre II)
3. C (Hagiographie d'Ânani Mhour)
4. A (Vita d'Aristote, Chapitre IV)
5. D (Vita de Christos, Chapitre XV)
6. B (Livre de la Fin des Temps, Chapitre V)
7. A (Hagiographie de Saint Martin) |
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Dernière édition par Laodin le Mer Mai 21, 2025 8:45 pm; édité 2 fois |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:18 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Melo -
Décembre, c'est un mois désastreux pour la santé : entre les rhumes, les coups de froid, les vomissements, les pieds gelés et les nez qui coulent.
Il est le mois qui a tout pour être détesté par les enfants marchant des kilomètres sous la pluie, la neige et le gel pour atteindre l'école ; c'est le mois des mères épuisées qui veillent sans relâche leurs petits malades...
Au lieu de cela, décembre reste un mois attendu par beaucoup !
Accrochez les houx, tuez les faisans, buvez et dansez : le mois de décembre est celui qui annonce non seulement les plus belles cérémonies religieuses mais aussi les plus beaux gestes d'amour.
Un bon repas cuisiné par les aînés, des cadeaux venant du cœur et surtout les nombreuses célébrations dans nos magnifiques églises !
A l'Assemblée du Clergé de France, vous pourrez nous trouver en prière ou chantant (il faut bien attirer la neige !) les bienfaits du Très Haut autour d'un bon feu. |
Citation: | Entretien - Rencontre avec Sœur Sarah Martin-Montigny
- Par Cételle -
Cételle Montgargan - Bonjour ma Sœur. Les Moineaux d'Aristote sont ravis de vous recevoir. Pour commencer, en quelques mots, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Qui êtes-vous ?
Sarah Martin-Montigny - C’est un réel enchantement pour moi de recevoir Les Moineaux, une gazette des plus captivantes et enrichissantes. Qui suis-je ? Je suis Sarah Martin-Montigny de Montbazon Navailles, tel est mon patronyme dans toute sa longueur. Je suis Archidiacre du Diocèse de Tarbes, Vice-doyenne et professeur au séminaire Saint-Benoist, rattaché à l’illustre ordre cistercien.
C.M. - Vous êtes une femme très investie au sein de l'EAR. En premier lieu, donc, vous êtes archidiaconesse, ce qui explique que je vous appelle ma Sœur. Comment en êtes-vous venue à embrasser cette carrière ?
[]S.M.M. -[/b] Je n’ai pas délibérément choisi cette carrière ; c’est elle qui s’est imposée à moi, presque naturellement. Chaque jour, je me sentais un peu plus irrésistiblement attirée, jusqu’à être happée par une évidence : c’était ma véritable vocation.
C.M. - Que vous apporte le diaconat ? Comment le vivez-vous au quotidien ?
S.M.M. - Le diaconat est une source d’enrichissement inestimable dans ma vie. En tant que femme, je ressens une immense gratitude de pouvoir me consacrer pleinement à notre Divin et d’apporter, même modestement, ma contribution au rayonnement de la Foi. Ce cheminement spirituel, en tant que religieuse, me permet également de développer une humilité profonde face à l’adversité, une patience empreinte de bienveillance envers autrui, et la capacité à puiser force et clarté dans la prière, pour demander et recevoir l’aide nécessaire.
Au quotidien, mon engagement se traduit par une collaboration active avec l’ensemble du conseil diocésain sur divers projets, l’accueil des confessions, y répondant par un soutien constant et bienveillant, dénué de tout jugement. Je m’efforce également d’entretenir un dialogue sincère et ouvert avec les néophytes, explorant avec eux divers aspects de la religion.
C.M. - Jamais vous n'avez songé à devenir prêtresse ? Pourquoi ne pas avoir demandé l'ordination sacerdotale ?
S.M.M. - Bien sûr que j’y avais songé, et je dois même admettre que mon ambition était de devenir Evêque. Cependant, le Très-Haut a placé sur mon chemin un homme d’une rare exception, et mon cœur a saisi qu’un autre destin m’était réservé. J’ai compris qu’il m’était possible de servir Dieu tout autant, mais par des voies différentes, tout en embrassant la vocation de fonder une famille.
C.M. - Vos activités ne se limitent pas à vos fonctions de diaconesse dans votre paroisse. Vous êtes également une membre éminente du corps professoral au Séminaire St Benoît. Pourquoi avez-vous fait le choix d'enseigner ?
S.M.M. - Eh bien, toujours pour la même raison. Le parcours que j’ai emprunté, suite à cette rencontre marquante, m’a poussé à chercher comment rester fidèle à cette attirance profonde que j’éprouvais pour la religion : transmettre la Foi. Et quoi de mieux pour y parvenir que de devenir enseignante ? J’enseigne les pastorales, les maxima pastorales, les licences théologiques, et croyez-moi, c’est une aventure intellectuelle et spirituelle fascinante.
C.M. - Pourriez-vous en dire plus à nos lecteurs sur ce séminaire : où il se trouve, son fonctionnement, les enseignements qui y sont donnés ?
S.M.M. - Il se trouve à l’Ordre Cistercien. Nous proposons ainsi une large palette de formations adaptées aux vocations religieuses et aux besoins spécifiques de la communauté. Parmi elles, les pastorales pour les baptêmes, les maxima pastorales pour ceux aspirant à devenir diacres ou prêtres, les licences théologiques pour les futurs évêques, le noviciat destiné aux candidats cisterciens, ainsi que des cours spécialisés en infirmerie et médecine.
Ces enseignements sont dispensés par une équipe de professeurs aux expertises variées. Pour s'inscrire, il suffit de se rendre au hall d’accueil, de remplir un bref formulaire, puis de patienter jusqu'à ce qu’un enseignant vienne vous accueillir.
C.M. - Je vous remercie Sœur Sarah d'avoir accepté notre invitation. Je vous laisse le mot de la fin. Vous avez carte blanche pour adresser un message à nos lecteurs.
S.M.M. - Vous me prenez un peu au dépourvu. Si je devais laisser un message, ce serait celui-ci : n’ayez pas peur de vous laisser envelopper par le regard de Dieu. Choisir cette voie n’a rien d’austère ; au contraire, elle emplit le cœur d’un amour profond et d’une joie véritable. |
Citation: | Saint Noël, un passé fragile mais des présents solides
- Par Laodin -
Tout le monde connaît le Père Noël. Oui, tout le monde : votre voisin, votre maire, votre boulanger, votre lavandière, votre palefrenier, les enfants, les anciens, les nouveaux, les à venir, les revenants... Aussi suis-je un peu surpris que vous me demandiez qui il est aujourd'hui (oui, je force un peu).
Plus célèbre même que Sainte Boulasse, ce qui est un exploit quand on y pense, Saint Noël marqua durablement son époque ainsi que toutes celles qui la suivirent. Certains d'entre nous le connaissent avant même de connaître les prophètes, ce qui semblait presque écrit : il naquit le jour du vingt-cinq décembre à dix-huit heures, entre la naissance d'Aristote à midi, et la naissance de Christos à minuit. Bien qu'il n'ait pas du tout le même statut que les deux autres, nous ne pouvons nous empêcher d'y voir là une forme de signe, qui serait la prééminence de l'amitié dans notre religion.
Nous avons tous (enfin, sauf vous si j'ai bien compris) l'image du Père Noël arrivant à bord de son traîneau et distribuant des jouets par milliers, parfois même en secret, en passant à travers la cheminée selon certaines légendes. On le verrait invincible, imperturbable face au plus grand froid (et à la plus grande chaleur, s'il doit vraiment descendre le long des cheminées), plus fort que nous tous malgré son grand âge. Cela est en partie vrai : Nicolas Noël refusa de mourir plus d'une fois, revenant toujours plus fort pour nous bénir de son sens de l'amitié et de la générosité. Personne n'aurait pourtant parié plus d'un écu sur sa longévité à sa naissance, faible de constitution, voué à s'éteindre aussi vite qu'une bougie sous la pluie...
En un sens, Nicolas... je veux dire, Noël pour éviter toute confusion avec un autre saint du mois, vint au monde de la même manière qu'il passerait le plus clair de son existence : dans un chariot tiré par des cerfs, dans le froid d'un hiver qui semblerait ne plus le quitter. De famille très modeste si l'on en croit ces débuts difficiles, il bénéficia malgré tout d'une éducation privilégiée sur la pensée de Christos, et pour cause : il était l'arrière-petit-fils de l'un de ses contemporains, qui avait dû être témoin de son passage à Jérusalem ou ailleurs.
Cela lui permit de se faire remarquer par le curé local, qui le faisait beaucoup participer à ses messes et décida plus tard de le former à la théologie. Noël devint ainsi diacre, et même plus que cela : il devint le meilleur des diacres, érudit, sage, bienveillant, bon au point de ne faire aucune distinction entre les classes sociales. On aurait en effet tendance aujourd'hui à considérer que seuls les plus pauvres peuvent être enclins à la tristesse et que les plus aisés seraient en quelque sorte forcés d'être heureux, ce qui est un raccourci de pensée puisque l'argent ne fait pas le bonheur et développe seulement les possibilités.
« Les talents du riche ne remplacent pas le talent d’être heureux », disait-il à raison. Il venait donc en aide à tous, de façon égale, en s'attardant plus que le niveau de vie sur ceux qu'il appelait les "malheureux", que ce soit en raison de leur situation financière ou d'autre chose. L'humanité est un ensemble indissoluble, ce qui veut dire qu'on ne peut en mépriser une partie autrement qu'en raison de son manque de foi.
De diacre, il apparut ensuite que Noël prononça ses vœux sacerdotaux puisqu'il fut nommé évêque, bien que la localisation exacte de son diocèse nous soit aujourd'hui inconnue. Nous pouvons seulement supposer qu'il vivait loin dans le nord (la Norvège ?) pour être sans cesse confronté à des hivers aussi rudes, hivers qui menaçaient chaque fois de l'abattre comme un sapin à l'approche des fêtes. Ce ne serait pas galvaudé que de l'appeler phénix : de façon miraculeuse, il faiblissait à chaque solstice d'hiver avant de se relever quelques jours plus tard au sommet de sa forme, toujours proche de rendre son dernier souffle et en même temps loin d'abandonner la bataille (de boules de neige).
Un feu brûlait en lui, un feu intense, guère semblable à celui servant à incendier des villages mais semblable à celui qui réchauffe les os après une journée difficile ! Lui, qui aurait dû mourir dans les premières années de sa vie en vint à fêter un jour ses quatre-vingt-dix ans, âge exceptionnel à plus d'un titre. Ce fut à ce moment-là, par ailleurs, lors de son anniversaire du vingt-cinq décembre, qu'il décida de sillonner le reste du pays voire du monde entier, promettant de revenir l'année suivante avec une belle surprise.
Que faisait-il durant son absence ? Probablement la même chose qu'il fit lorsqu'il retrouva les siens, plus de trois cents jours plus tard : apporter du pain et du bois à tous, dans deux chariots qu'il tractait probablement grâce à des cervidés proches de ceux ayant vu sa naissance. Dans le même temps, il faisait ce à quoi personne n'avait pensé avant lui : demander, après cette offrande, aux plus riches de déposer un cadeau pour le reste de la population, si possible de qualité. C'est de là, précisément, que vient cette image du Père Noël qui ravit tous les enfants et même les plus grands, censée se reproduire à l'envi durant les nombreux vingt-cinq décembre à venir.
Sa barbe blanche fournie aurait pu contenir tous les jouets qu'il avait grand cœur à distribuer, cette tradition serait en réalité une ode au partage entre les Hommes, qui se soutiennent dans la solidarité malgré leurs différences sociales. D'ailleurs, est-on bien sûr que les riches eux-mêmes ne recevaient pas de cadeaux, puisqu'ils devaient eux aussi faire partie des réjouissances ?
Saint Noël aurait dû mourir et être enterré comme n'importe quel autre homme, pourtant jamais sa dépouille ne fut retrouvée. A la place, il disparut ; et, pendant que les villageois affolés faisaient tout pour le retrouver, leurs maisons se remplirent mystérieusement de nouveaux cadeaux. Alors, est-il encore parmi nous ? Je laisserai le soin aux plus petits d'entre nous d'y répondre... et surtout pas à d'autres ou j'aurai les boules, ho ho ho ! |
Citation: | Les philtres
- Par Cyphus -
Lors d'un précédent numéro, nous évoquions les maladies et leurs traitements. Cependant les médecins n'ont pas dans leurs pouvoirs que la fabrication d'essences curatives. En effet, les praticiens maîtrisant la pharmacologie avancée peuvent produire huit philtres aux possibilités diverses. L'objet de cet article est de détailler les recettes et les effets de ces philtres, ainsi que de discuter de leurs utilités toutes relatives.
Notez les caractéristiques suivantes qui s'appliquent à tous les philtres : ils ont un prix allant de 50 à 100 écus sauf le philtre de la Fraîche-boue dont le prix minimum théorique est de 5 écus malgré qu'il soit le plus coûteux de tous. Chaque philtre ne peut être consommé qu'une fois par jour. L'effet d'un même philtre ne peut donc pas se cumuler plusieurs fois à l'exception du philtre Batoa qui peut être utilement pris plusieurs jours successifs.
⚕ Le philtre Batoa
L'ordre alphabétique nous force à évoquer en premier le philtre le plus utile, le plus recherché et le plus cher. Le philtre batoa est constitué de 2 fleurs de camomille, 2 morceaux d'écorce de saule blanc, 8 feuilles de tilleul et 20 branches de céleri et a pour effet de réduire l'indisponibilité de 5 jours. Sur le papier, 32 simples pourraient ne pas paraître si cher mais la demande très importante des provinces en guerre a très significativement augmenté le cours du céleri. Tant et si bien que c'est aujourd'hui un des seuls simples à avoir de la valeur. En effet, des cueilleurs se spécialisent dans la recherche de céleri vendu à prix d'or (classiquement de 2 à 3 écus la branche) et vendent à perte les autres simples. Pour un particulier blessé, attendre 5 jours dans une ville même particulièrement vide sera toujours préférable à payer ce philtre dont le prix plafonne à 100 écus et ce ne sont que les connétablies qui y voient un bénéfice stratégique concret sur le terrain.
⚕ Le philtre des Cristaux façon Heisenberg
Ce deuxième philtre, même s'il n'est pas formellement inutile, ne vaut jamais son coût. En effet il nécessite 2 fleurs de camomille, 4 fleurs de partenelle et critiquement 10 branches de céleri. Le coût du céleri forcé par les philtres Batoa rend celui du philtre des Cristaux façon Heisenberg très élevé, d'autant que la camomille est un des rares autres simples ayant quelque valeur.
Ce philtre a pour effet de rendre heureux, très heureux d'un coup, mais boire quelques tournées entre amis sera toujours plus économe—avec modération pour éviter l'ivresse. Pensez aussi qu'assister à la messe vous inspire une satisfaction qui rendra bien vite inutile ce philtre euphorisant.
⚕ Le philtre de la Fraîche boue
Ce philtre consomme 30 branches de céleri ! Le lecteur attentif comprendra donc que ce philtre est hors de prix. Cela rend incompréhensible que ce soit le seul philtre vendable sous les 50 écus. Seule son inutilité (apporte un boost de charisme pendant une seule journée) fait qu'on en voit parfois sur les marchés... Faute d'usage.
L'intérêt de ce philtre est particulièrement circonstancielle et ne peut se justifier que dans des cas extrêmement rares comme le cas d'une personne jeune ayant besoin de charisme pour se faire nommer maire lors d'une révolte.
⚕ Le philtre du Haut-Thé
L'effet du philtre du Haut-thé semble intéressant : progresser plus vite lors de ses études. Mais cet effet est très faible (1% d'augmentation des notes à l'examen en moyenne !) et surtout limité à une journée. De plus, ce philtre consomme 15 fleurs de partenelle et ... 15 branches de céleri ! Autrement dit, il sera toujours plus intéressant d'étudier un jour de plus que de payer ce philtre dont le prix minimum est de 50 écus et le prix effectif bien supérieur.
⚕ Le philtre de la Juvamine
Enfin un philtre utile et qui ne consomme pas de céleri ! Le philtre juvamine est composé de 30 brins de marjolaine et apporte un boost de force pendant une seule journée. Contrairement au charisme, un boost de force temporaire peut être très utile avant une bataille ou un duel. De telle sorte que même des particuliers peuvent être intéressés par ce philtre qui peut se trouver facilement à des prix dépassant parfois à peine les 50 écus. Souvent des provinces en font des achats de masse avant les conflits mais la plupart des soldats sont déjà bien entraînés ce qui limite la pression d'achat sur ces philtres qui restent accessibles au public.
⚕ Le philtre Panacé
Voici le retour d'un philtre qui consomme du céleri, et pas qu'un peu : 20 branches, 6 fleurs de partenelle et 3 fleurs de camomille ! La proximité de la recette du philtre Panacé avec celle du philtre Batoa fait que le premier n'est jamais prioritairement produit par les médecins, surtout que le philtre Panacé ne fait qu'améliorer très légèrement la forme du consommateur. En règle générale, il est toujours moins coûteux de manger un peu de viande ou de poisson après avoir été affaibli que d'essayer de prévenir cette perte de forces par le philtre Panacé.
⚕ Le philtre du Perlimpinpin
Le philtre du Perlimpinpin consomme 30 fleurs de partenelle. Cette fleur n'étant pas très rare il s'agit d'un philtre accessible. Mais en apportant seulement un boost temporaire d'intelligence, ce philtre ne vaut jamais son prix minimum de 50 écus. Que vous apporterait ce boost ? Un tout petit point supplémentaire sur votre copie à l'université alors que vous auriez eu moins cher à travailler deux jours de plus ? Un des rares cas où ce philtre peut être utile, c'est pour tromper le conseiller du Comte pour devenir érudit, mais cette intelligence vous manquera de toutes façons pour étudier, alors cette stratégie n'est pas si maline. Un autre cas très contextuel : si un jeune peu débrouillard se retrouve à la tête d'un navire et peine à manoeuvrer dans une rivière, un philtre du Perlimpinpin peut apporter une petite probabilité supplémentaire d'éviter l'échouage. Mais l'auteur aura vraiment tiré un cas très alambiqué pour justifier l'usage d'un philtre généralement sans intérêt.
⚕ Le philtre Stopcuite
Enfin, le philtre Stopcuite consomme seulement 5 feuilles de menthe et 5 brins de lavande. Ce qui en fait un des philtres les moins chers. De plus, il est utile car il vous permet de vous sortir d'une ivresse imprévue. Ce philtre souvent obtenu à son prix minimum de 50 écus est un des rares à être réellement utiles pour le commun des habitants des Royaumes. Cependant, il faut bien garder en tête que le philtre Stopcuite ne peut être acheté ni trouvé dans son coffre en état d'ivresse ! Aussi, il est nécessaire de prévoir d'avoir ce philtre sur soi en permanence, comme le pratique et le recommande l'auteur de cet article !
⚕ Résumé : Que retenir ?
En somme et si vous êtes un particulier, les recommandations de l'auteur sont d'avoir un philtre Stopcuite en permanence sur soi et de garder en mémoire l'effet intéressant du philtre de la Juvamine avant un combat (combat bien entendu pour la défense de la paix et de la foi). Dans le cas général, l'ensemble des autres philtres peut être oublié par le particulier qui n'y aura ou pas accès, ou pas d'usage.
Si vous représentez une province ou autre institution vous savez probablement déjà que les philtres Batoa sont une denrée stratégique précieuse, mais l'auteur vous recommande aussi d'envisager d'investir dans les philtres de la Juvamine, trop souvent oubliés par les stratèges qui peuvent faire temporairement de leurs jeunes recrues des armoires à glace le temps d'un combat. |
Citation: | La pastorale : de douleur ? de plaisir ?
- Par Laodin -
S'il est une étape dans le parcours spirituel qui fait débat depuis des années, c'est bien la pastorale : obligatoire ou facultative, la Primatie de France trancha plusieurs fois à ce sujet, et continue à l'heure actuelle de recevoir des avis divergents sur la manière de la prodiguer. Aujourd'hui, depuis le 14 février de cette année (c'est romantique), la tendance est à la liberté totale pour les clercs de l'enseigner ou non, et sous la forme qui leur paraîtra la plus adaptée. Autour d'un pupitre ou au cours d'une promenade (certes moins agréable en cette saison), le demandeur de baptême confirmera ainsi s'il est bel et bien préparé à sa future vie de fidèle, qui lui demandera de manier les armes basiques de la foi sans commettre d'erreur. Pour certains, cela ne sera qu'une promenade (justement !) de santé, et pour d'autres, une épreuve difficile mais nécessaire... Mais qu'en est-il, exactement, de tout ceci ?
Il est vrai, et cela se vérifie assez souvent, que la connaissance n'apporte pas nécessairement la sagesse. Toutefois, pourquoi s'en priver, surtout si son salut entier, et non sa vie terrestre est mis en jeu ? On peut pratiquer les vertus sans même les connaître, faire preuve d'amitié, de tempérance, de don de soi et autres de manière instinctive, tout comme Oane qui avait vécu bien avant qu'Aristote n'en fît tout un exposé. Cela peut être inscrit en nous, mais cela n'est pas le cas de tout le monde. Nous sommes tous des êtres de bien, mais aussi de mal ; or, si nous devions ne serait-ce qu'écouter une part infime du mal qui se cache en nous, la Créature sans Nom en profiterait immédiatement pour la développer grâce à la méconnaissance de celle-ci. Si nous avons du mal à définir ce qu'est le bien et le mal, qui sont tous deux catégorisés par les vertus et les péchés, comment pourrons-nous tendre à coup sûr vers ce premier dans nos moments de doute ? Là intervient la discipline intérieure qui dépend de la connaissance, et de la détermination à user de celle-ci comme il se doit. Cette discipline intérieure étant vitale pour réussir son après-baptême et arriver aussi fièrement que possible devant le Très-Haut, votre clerc se fera le devoir de s'assurer que vous en serez pourvu(e). Or, si vos connaissances sont déjà étendues et que vous semblez remplir toutes les conditions, il deviendra inutile de vous faire suivre une pastorale, qui ne ressemblera alors qu'à un moyen de faire perdre votre temps à tous deux...
Je m'aperçois toutefois que j'évoque la pastorale comme étant un genre de corvée pénible, alors qu'elle est aussi l'occasion d'échanger, de faire connaissance et d'étendre son horizon spirituel en présence d'un serviteur de l'Église. Il peut être intimidant de se rendre à son baptême sans même avoir pu rencontrer au préalable celui ou celle qui officiera, et ce type d'entretien a aussi vocation à rassurer. C'est pourquoi il sera recommandé pour un clerc de rendre sa pastorale aussi attrayante que possible, que ce soit dans ses exercices écrits ou dans ses interactions orales - sachant que la seule limite à cela est son imagination et le respect des Saintes Écritures. Il est important que cette préparation au baptême soit la plus agréable possible : c'est en effet en se sentant impliqué(e) dans ce qu'on fait qu'on retient le mieux les notions dispensées, ici les bases de ce qu'il faut connaître pour tout fidèle. La pastorale est le nom commun donné à la Pastorale Prima ; et puisqu'il ne s'agit pas d'une formation en théologie qui serait demandée par l'élève (la Pastorale Maxima), elle devra être simple, accessible, rigoureuse mais non pas inutilement exigeante. Dans l'idéal, ce ne sera pas vous qui devrez vous adapter à votre clerc, ce sera votre clerc qui devra s'adapter à vous.
Il est difficile de dire à quand remonte exactement la pastorale, si ce n'est qu'elle fut inventée par l'Église après Christos, lequel avait baptisé le centurion Gracius sans y recourir. La pastorale est un garde-fou pour la vertu, qui comme nous l'avons dit peut être instinctive ou apprise ; elle s'assure que le futur baptisé se conduira toujours dans le sens du bien, ou en tout cas qu'il n'aura plus l'excuse de l'ignorance pour ne pas le faire. Ce n'est pas pour embêter ses ouailles que l'Église mit en place cette étape recommandée, et à certaines époques obligatoire, c'est pour les protéger des conséquences que pourrait entraîner une bien mauvaise préparation spirituelle. Vous ne connaissez pas grand-chose à l'aristotélisme, mais vous désirez vous marier ? Le baptême sera la première étape à ce but, et la pastorale qui le précédera sera l'occasion pour vous de vous éveiller à des questions fondamentales. Le baptême est en effet loin d'être une formalité par laquelle il faudrait passer sans grande conviction, il est de nature sacrée et nous engage devant le Très-Haut. Ce serait un peu la même chose que d'épouser un homme ou une femme par seul intérêt économique : il faut croire en Dieu, profondément, ou nous serons susceptibles de Lui être infidèle après Lui avoir déclaré fidélité. L'amour entre là aussi en compte, un amour qui sera rappelé par la pastorale avant d'être éprouvé par le baptême.
En conclusion et parce que l'appel à aller faire un bonhomme de neige devient de plus en plus tentant, voici comment nous pourrions définir la pastorale sans chercher à vous carotter :
- Elle initie aux connaissances fondamentales sur la foi : on y apprend en effet à cultiver la vertu (une très bonne céréale, mangez-en) ainsi qu'à adopter les comportements réflexes par rapport à la spiritualité.
- Elle prépare sereinement au baptême : on peut aimer se jeter dans l'inconnu, il n'en reste pas moins que le baptême ne doit pas être pris à la légère - ni susciter de véritables angoisses, lesquelles seront calmées par l'échange.
- Elle développe la spiritualité : on peut s'y découvrir des attraits surprenants pour la foi aristotélicienne (lorsqu'elle est bien faite), mais aussi corriger certains a priori que l'on aura pu entendre de part et d'autre.
Nous espérons que cette explication détaillée vous aura permis d'y voir plus clair sur la pastorale, la Pastorale Prima de son nom savant, et aidé(e) à en comprendre le véritable intérêt. Puissiez-vous tomber ainsi sur l'enseignement qui vous sera adapté et en ressentir du plaisir, au sens aristotélicien bien sûr... (L'une des sept vertus, je vous laisserai chercher par vous-même.) |
Citation: | Jeux - Quiz de connaissances
- Par Laodin -
1. Quel était le prénom de Saint Noël ?
A. Joyeux
B. Nicolas
C. Bertrand
D. Gilbert
2. Qu'arrivait-il à Saint Noël tous les solstices d'hiver ?
A. Il recevait la visite des enfants de tout le pays
B. Il tombait gravement malade avant de se rétablir miraculeusement
C. Il voyait la naissance d'un nouveau renne pour l'aider à accomplir ses pèlerinages
D. Il chantait si fort et si bien que certaines mélodies sont encore fredonnées de nos jours à cette période
7. Que donnait Saint Noël en plus du pain ?
A. Du sel (les larmes de joie ne comptent pas)
B. Du vin
C. Du bois
D. Des écus
3. Quand naquirent les prophètes ?
A. À Noël, évidemment
B. Le premier et le dernier jour de l'année
C. Au solstice d'été et au solstice d'hiver
D. Le vingt et un juillet et le treize juin
4. Les riches doivent-ils être aidés de la même façon que les pauvres ?
A. Non, ce sont des profiteurs, et ils n'ont donc besoin d'aucun soutien
B. Oui, s'ils ont eux-mêmes vécu dans la misère avant de s'élever dans la société
C. Oui, car ils ont eux aussi leurs problèmes personnels, et sont eux aussi des Enfants de Dieu
D. Tout dépend de s'ils se retrouvent derrière des barreaux ou s'ils ont déjà été pillés
5. Que nécessite l'amitié décrite par Aristote ?
A. Le désintéressement total et la possibilité de compter sur l'autre en toute situation
B. Des preuves manifestes de confiance, permises par des engagements et des promesses
C. Un esprit joyeux, la volonté de passer un bon moment ensemble, des points communs trouvés au fil de la discussion
D. Des similitudes dans le niveau de vie et dans le chef des préoccupations
6. Parmi ces quatre rituels, lequel représente le mieux le partage ?
A. La prière
B. Le prêche
C. La confession
D. L'eucharistie
Solution :
1. B (Hagiographie de Saint Noël)
2. B : « Et chaque solstice d’hiver il semblait mourir, mais chaque fois trois ou quatre jours plus tard il revenait plus en forme que jamais » (Hagiographie de Saint Noël)
3. C « Il ne répondit que peu aux questions sur ce pèlerinage, mais il avait ramené deux chariots. L’un rempli de bûches, et l’autre rempli de pains » (Hagiographie de Saint Noël)
4. A : « il promit qu’il reviendrait pour le 25 décembre, et que de toute façon il faudrait bénir ce jour particulièrement car il avait appris de Christos et d’Aristote eux-mêmes que c’était le jour de leur naissance à tous trois, Aristote étant né à midi et Christos à minuit, et lui juste entre les deux, à dix-huit heures » (Hagiographie de Saint Noël)
5. C : « Quand on lui demandait pourquoi il aidait les riches comme les pauvres, il aimait répondre des phrases qu’il disait tenir d’Aristote lui-même : "Les talents du riche ne remplace pas le talent d’être heureux" » (Vita d'Aristote, Chapitre IV)
6. A : « Il faut surtout que l'intéressement ne soit pas trop prononcé dans le chef d'un des prétendus amis. Le juste milieu, celui de la vertu, c'est de savoir s'entourer d'amis véritables, de gens qui peuvent compter sur vous et sur qui vous pouvez compter » (Vita d'Aristote, Chapitre XIII)
7. D : L'eucharistie est le partage du pain et du vin, distribués aux fidèles ayant participé à la messe |
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Dernière édition par Laodin le Mer Mai 21, 2025 8:47 pm; édité 2 fois |
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Laodin

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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:18 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Cételle -
Janvier, premier mois de l’année, mois des bonnes résolutions. Voilà l’occasion de faire l’inventaire de ses actions passées et de regarder son âme en face.
A-t-on été vertueux au cours de l’année 1472 aujourd’hui révolue ? A-t-on suffisamment considéré nos voisins, nos amis, notre famille ? S’est-on montré hospitalier avec les voyageurs de passage ou le vagabond qui quémande un peu de pain et de chaleur ? Et la messe ? Et la confession ? A-t-on été assidu dans notre pratique quotidienne de la religion ?
Sans doute sommes-nous peu prompts à répondre par l’affirmative à toutes ces questions. Mais il n’est pas trop tard, il n’est jamais trop tard pour œuvrer à son amélioration et chercher à suivre le chemin qui mène à la Lumière.
Il est bien difficile à suivre ce chemin ! Plein d’embûches, d’ornières, de pièges tous semés par la Créature Sans Nom. Les Moineaux, toujours soucieux d’aider leurs lecteurs à y voir plus clair, proposent ce mois-ci une pastorale sur les apôtres.
Janvier, c’est aussi le mois des grands frimas qui peuvent être cause de rhumes et autres maladies. Notre médecin attitré, frère Cyphus a concocté un article sur les bons gestes pour faire face aux rigueurs de l’hiver.
C’est enfin le mois des nouveautés. Les Moineaux sont allés à la rencontre du Cardinal Adelène de Kermabon, de retour d’une longue retraite et instigateur de la renaissance de l’Ordre Grégorien.
N’ayez crainte, vous retrouverez vos rubriques habituelles : les actualités, les brèves, les histoires de Laodin et les jeux !
Sans plus attendre, je lève ma plume pour vous laisser le loisir de la lecture et termine par un message fraternel de tous les Moineaux de l’EAR :
Très bonne année 1473 !
Que le Très-Haut vous éclaire |
Citation: | Entretien - Rencontre avec Son Éminence Adelène de Kermabon
- Par Cételle -
Cételle Montgargan - Votre Éminence, bonjour. Je vous remercie de répondre présent à cet entretien. Vous êtes un personnage religieux connu et reconnu dans le Royaume de France, cependant, j’aimerais qu’en quelques mots vous vous présentiez à nos lecteurs.
Adelène de Kermabon - S’il fallait être bref, je dirais simplement que je ne suis qu’un humble serviteur, sorti accidentellement d’un monastère grégorien où je consacrais mon temps à l’étude et à la prière, et qui aspire profondément à y retourner. Entre-temps, j’ai longuement exercé la charge d’Évêque de Beauvais, puis celle d’Archevêque de Malines, en Flandre, ainsi que celle d’Archevêque de Paris et Primat de France. Aujourd’hui, je suis Cardinal Archevêque de Bordeaux.
C.M. - Quelque temps après votre mandat de Primat, vous vous êtes retiré du monde pendant de longs mois. Pourquoi avoir eu besoin de vous isoler aussi longuement ?
A.K. - J'ai été Primat pendant douze mois, et j'ai ressenti le besoin de cinq mois supplémentaires pour m'isoler et me replonger dans la prière et l'étude. En d'autres termes, je me suis accordé cette chance, pour un temps limité, de revenir aux fondamentaux et de renouer avec la vie monastique. Mais mon engagement envers l'Église demeure. Si j'ai pu profiter pleinement de cette retraite, c'était uniquement pour mieux me consacrer, désormais, au service de la communauté ecclésiastique.
C.M. - Vous dites avoir profité pleinement de cette retraite. Quels enseignements avez-vous retirés de vos méditations ?
A.K. - Si vous me le permettez, je vous répondrai par les mots du philosophe Aristote : « Le bonheur est une forme de contemplation que le sage doit s'efforcer d'atteindre. » On pourrait entendre ici ou là que le bonheur est à la portée de celui qui tend la main pour le saisir. Pourtant, je suis convaincu qu’il n’en est rien, et que le bonheur, je veux dire le véritable bonheur, non pas le petit plaisir occasionnel, ce bonheur sublime et éternel, lui, est extrêmement difficile à atteindre.
J’estime que mon rôle de pasteur est de conduire le troupeau sur le chemin de ce bonheur. Et pour pouvoir le faire, avec sagesse, respect et dévotion, il est indispensable d’avoir soi-même fait l’expérience du bonheur. Le monde est devenu une triste boutique où les uns affrontent les autres, chacun ne croyant plus en rien d’autre qu’en de vaines promesses et de vils mensonges.
Les princes d’aujourd’hui peinent à porter leurs couronnes et les responsabilités qui leur incombent. Nous avançons tous dans un brouillard qui se densifie quotidiennement, et les perspectives d’avenir s’assombrissent perpétuellement.
Aujourd’hui plus que jamais, le bonheur est un impératif, indispensable à la bonne tenue des cités, à la vie communautaire, à la construction paisible d’un foyer, à l’éducation des générations à venir. Il est de notre responsabilité de concourir à ce noble et vertueux dessein. Voilà l’enseignement le plus fondamental, sans doute, que je tire de cette retraite où la contemplation fut une activité quotidienne.
C.M. - Votre actualité est bien chargée aujourd’hui. D’abord vous avez été nommé archevêque de Bordeaux. Et vous devenez par là même chef d’une très grande province qui contient pas moins de cinq diocèses. Quels projets nourrissez-vous pour ce vaste territoire ?
A.K. - Ayant toujours exercé mon ministère dans le Nord, en Artois, en Champagne, à Paris et en Flandres, je dois avouer que le Sud du Royaume m’était encore largement inconnu. Cependant, depuis mon arrivée à Bordeaux, je multiplie les rencontres avec le clergé local afin de mieux comprendre les coutumes, la culture et les particularités de cette région. Cela me permet de saisir les enjeux spécifiques de mon épiscopat et de préparer un service adapté aux besoins locaux.
L’un de mes projets principaux est de renforcer la communion au sein de notre Église, en particulier en favorisant l’implication des forces vives, tant les clercs que les laïcs, qui œuvrent avec ferveur dans ces diocèses. Ces hommes et ces femmes sont prêts à s’engager pleinement, et je compte m’appuyer sur leur dynamisme pour relever les défis spirituels d’un monde de plus en plus sécularisé.
Par ailleurs, il me semble essentiel d’entreprendre des actions concrètes pour accompagner les plus vulnérables, notamment dans les domaines de la solidarité et de la justice sociale. Nous devons être présents là où les besoins sont les plus criants, non seulement pour offrir un soutien matériel, mais aussi pour favoriser l’émergence d’une véritable culture de fraternité, d’entraide et de service. Une telle démarche me semble incontournable si l’on souhaite œuvrer à la quête du bonheur véritable, dont j’ai évoqué la nécessité tout à l’heure.
C.M. - Une autre actualité vous occupe et elle n'est pas sans lien avec votre idée de renforcer la communion entre les hommes et femmes d’Eglise : la renaissance de l’Ordre Grégorien. Que pouvez-vous nous en dire en l’état actuel ? Le projet est-il bien avancé ?
A.K. - Je suis grégorien, et bien que l'Ordre ait été en sommeil pendant trop d'années, l'esprit grégorien demeure intact. À tous ceux qui ont pleuré cette communauté, victime du plus grand outrage il y a quelques années, je dis que l'Ordre a survécu et que nous le rebâtissons actuellement, pierre après pierre.
Cet Ordre véhicule des valeurs qui me semblent indispensables pour faire évoluer notre Église dans le monde actuel. Les grégoriens valorisent l'étude de la théologie aristotélicienne et l'éducation spirituelle, tout en encourageant un engagement profond dans la prière, la méditation et les œuvres caritatives. Ils sont également appelés à cultiver l'amitié, le dialogue interreligieux, la charité envers les plus vulnérables et à vivre dans l'humilité, cherchant toujours à concilier savoir, service et communion.
Le projet est désormais en marche, puisque nous venons de prendre possession des murs de notre nouvelle abbaye-mère, à Seclin.
J'achève d'ailleurs mon premier mandat de Recteur de l'Ordre, bien décidé à poursuivre ma mission aussi longtemps qu'il le faudra. J'invite tous les anciens grégoriens, ainsi que les clercs et les laïcs partageant les valeurs de notre Ordre, à prendre contact avec moi. Nous saurons toujours faire une place aux bonnes volontés.
C.M. - Tout cela ne doit pas nous faire oublier que vous êtes cardinal. Vous faites partie de la Curie, à Rome et avez l’oreille du Pape. En quoi consiste l’activité d’un cardinal ?
A.K. - Un cardinal demeure sans équivoque un serviteur de Dieu et un pasteur, au même titre que les évêques, les prêtres et les diacres. Ainsi, je continue à célébrer des messes, à enseigner la pastorale, à administrer les sacrements, à combattre l’hérésie et à accompagner les fidèles dans le besoin. Mais la charge de cardinal m’invite également à avoir un regard transversal sur l’ensemble de notre communauté et à rendre compte auprès du Saint-Père du fonctionnement de celle-ci, plus particulièrement de la zone francophone, dans mon cas. Mon travail consiste aussi à écouter le clergé et à veiller à ce qu’il puisse disposer des moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Ainsi, je supervise d’un côté et je conseille de l’autre, en gardant comme objectif premier le respect de l’Église, de sa doctrine et de ses valeurs.
C.M. - Avant de nous quitter, pouvez-vous me dire si vous avez d’autres projets en tête ou en préparation dans le cadre de vos activités sacerdotales ?
A.K. - Je pense avoir abordé l’essentiel. Toutefois, si je devais ajouter quelque chose, ce serait une invitation ouverte à toute personne qui le souhaite ou qui ressent le besoin de se confier ou d'obtenir de l'aide, à prendre contact avec moi. Quelle que soit la raison, je me tiens à la disposition de tous ceux qui ont besoin de soutien, d'écoute ou de conseils. Mon rôle est avant tout d’être au service de chacun, sans distinction, et d’accompagner ceux qui traversent des moments difficiles ou qui cherchent des réponses spirituelles, humaines ou pratiques. |
Citation: | Saint Possidonio, de loup à agneau
- Par Laodin -
Janvier sera pour toujours le mois du changement. Le passage à une nouvelle année, l'arrivée des bonnes résolutions... et la promesse, peut-être pour nous de devenir meilleurs, de nous transcender par rapport à nous-mêmes, au Très-Haut et aux autres. Néanmoins, qui ira autant à contre-courant de ce qu'il aura déjà montré que Saint Possidonio, pécheur repenti parmi les plus grands ? Lui, qui aura divagué dans l'eau pendant toute sa jeunesse aura finalement trouvé la source, celle de sa véritable nature et de son potentiel pour le reste de l'humanité.
Il y a environ mille cinq cents ans (mais rassurez-vous, nous n'irons pas aussi loin aujourd'hui), Christos disait devant Pierre Ponce : « Nous sommes tous humains et en cela des créatures de Dieu. C’est pour cette raison que faire travailler un vagabond à la mine pour moins de dix-sept écus est une honte, même s’il vient d’une autre Cité. Et le faire suer pour moins de dix-huit écus, en le faisant tuer veau, vache, cochon, couvée, est un scandale ! » Si nous serons d'accord pour dire que la somme exacte en dessous de laquelle s'applique cette affirmation dépend de l'époque et du coût de la vie, son message, quant à lui, demeure intemporel. Alors, pour quelle somme à votre avis le jeune Possidio (son véritable nom) faisait-il travailler ses ouvriers ? Impossible, là encore, de le savoir précisément, mais ils en souffrirent beaucoup et durent accepter ces conditions de mauvaise grâce. Il fallait dire que Possidio était devenu une véritable terreur après avoir hérité des terres de ses riches parents, et qu'il usait et abusait de son pouvoir d'intimidation sur ses subordonnés. Qui aurait pu s'imaginer alors qu'il reviendrait non seulement sur ses erreurs, mais accéderait en plus au statut de saint ? Il aurait fallu être fou pour cela, et pas qu'un peu, avec un entonnoir sur la tête et des poulaines qui font "splic tintouin" à chaque foulée (je les connais, on m'a demandé de les essayer).
Le salaire était de misère, mais au moins étaient-ils payés, si nous devons trouver une seule qualité à cet homme décidément bien mal parti dans son chemin de vie. A vrai dire, Possidio remettait personnellement sa paie du jour à chacun des ouvriers impliqués dans son domaine, peut-être par simple plaisir de lire leur détresse impuissante... Les opportunités de travail étaient en effet peu nombreuses, et presque toutes convergeaient vers son domaine, qui s'était transformé depuis son arrivée en place-forte de l'avidité et du profit.
C'est cette même habitude malsaine qui le sauva paradoxalement lorsque, un jour, l'un de ses employés, plus âgé que les autres, refusa de recevoir sa paie. Possidio le regarda d'abord avec étonnement, puis avec menace, sans parvenir toutefois à le convaincre : d'une voix sereine, celui-ci lui répondit qu'il avait fait ce travail par plaisir et non par nécessité, déclarant que le travail manuel élevait l'esprit. Il ajouta aussi : « Je n'accepterais pas votre argent de toute façon, même si c’était le juste prix pour mon travail. Délaissez les biens terrestres et prospérez grâce aux biens de l’âme et de la vertu. Être riche et abuser du faible ne vous aidera pas à atteindre le vrai bonheur et à gagner votre salut. Pensez à cela, jeune homme. » Une telle insolence lui valut bien sûr d'être immédiatement emprisonné, car l'influence de Possidio s'étendait à ce point, mais ces mots, curieusement, semblèrent trouver écho en lui. Il les remua tant et si bien dans sa tête qu'il retourna voir le vieil homme et lui demanda de l'aider à trouver sa voie... Une preuve supplémentaire que l'argent ne fait pas le bonheur, cela va sans dire.
Il libéra le vieil homme et en fit alors son précepteur, écoutant tout ce qu'il avait à lui dire sur la foi. Nous étions au quatrième siècle après Christos, en Espagne, et les enseignements divins restaient encore relativement inconnus dans ces provinces reculées. Cela voulait dire qu'il n'était pas trop tard pour Possidio : de riche et malheureux, il souhaita être modeste et heureux, ce qui le décida au bout d'un an à céder l'intégralité de ses terres à ses ouvriers. Il présenta ses excuses auprès d'eux pour les avoir opprimés et partit aux côtés du vieil homme, en direction de Valence (en Espagne, pas en France) où il pourrait suivre des études de théologie. Là-bas, il apprit tout ce qu'un futur prêtre pouvait désirer, et il fut effectivement ordonné après avoir prononcé ces quatre vœux : la chasteté, la charité, l'humilité et la douceur. Nous ne savons pas vraiment si ce dernier point correspond à sa volonté personnelle ou à l'usage de l'époque, bien que de telles valeurs soient implicitement comprises dans l'engagement d'un prêtre.
Les deux hommes se dirigèrent ensuite vers Rome, mais se firent brigander en chemin près de Mirandola... Eh oui, rien n'a vraiment changé, même mille ans après ! Cependant, Possidonio (le nom qu'il avait maintenant adopté) refusa de porter plainte et sembla presque soulagé de ne plus avoir à s'encombrer d'argent. Cela ne l'empêcha pas de recevoir la protection de la ville en tant que presbytre (curé) où il fit des merveilles en l'espace de trois mois et fut même félicité par l'archevêque. Quand son précepteur, celui qui avait fait tant pour lui mourut, il reprit la route, désormais précédé d'une jolie réputation. Son objectif était toujours de devenir évêque de Valence, chose qui ne pouvait être obtenue à l'époque qu'après avoir rencontré le Pape... Et de quelle manière il parvint à le convaincre ! Invité à assister au procès de plusieurs voleurs païens, Possidio reconnut ceux-là mêmes qui l'avaient dépouillé, trois mois plus tôt. Il surprit alors tout le monde en prenant la parole et en leur ordonnant de se repentir. Contre toute attente, ces hommes, qui avaient depuis toujours combattu férocement l'Église Aristotélicienne Romaine, demandèrent pardon et réclamèrent aussitôt le baptême ! Là où tout le monde avait perdu espoir pour eux, Possidio avait su déceler la lumière. Il avait reproduit les leçons du vieil homme, de façon encore plus époustouflante, prouvant par là même que la foi aristotélicienne peut et doit se nourrir d'optimisme.
La suite de sa carrière parlerait d'elle-même : évêque de Valence, Possidio aurait pu devenir cardinal, voire plus, si son amour pour sa patrie n'avait pas pris le dessus. Sage et valeureux, il était devenu l'une des figures les plus inspirantes de l'aristotélité, y compris lorsque l'Espagne fut brutalement envahie en 412 par les Wisigoths. Jusqu'au bout, il refusa de renoncer à sa foi, ce qui lui valut de connaître un sort terrible... Et, malgré les répressions des barbares, ceux qui l'avaient suivi et l'aimaient réussirent à donner une sépulture à son corps meurtri et destiné aux charniers. Voilà bien un miracle du peuple qui rivaliserait presque avec ceux qu'il avait accomplis de son vivant, comme lorsqu'il avait fait apparaître une source dans un village frappé par la sécheresse... De la sourcellerie, moi je vous dis ! |
Citation: | L'orange : venue du Portugal, approuvée par la médecine !
- Par Cyphus -
Le mois de janvier : brrr, les fêtes sont passées et nos dépenses sont suivies d'une période de l'année que nous aimerions passer aux Barbaresques. L'hiver, saison froide et humide par excellence nous demande de contrebalancer ses penchants pour éviter les maladies qui n'épargneront pas les imprudents. Fort heureusement la théorie des humeurs nous apporte des solutions de bon sens que vous connaissez déjà : et oui ! Partir dans le Sud, chaud et sec, c'est une solution tout à fait raisonnable ; mais hélas pas à la portée de toutes les bourses.
Comment s'occuper alors de tatie Géraldine qui s'enrhume ? Là encore c'est du bon sens : en prenant de l'âge les humains deviennent de plus en plus froids et secs, ce qui nécessite de les réchauffer de feux (attention : chaud mais sec aussi) et surtout de tisane et quelques fois mais avec modération d'eau-de-vie. Des bains chauds sont également appréciés pour ceux qui en ont les moyens mais attention à ne pas en abuser pour éviter une complexion trop humide : séchez-vous bien devant un feu.
Aussi laissez les jeunes hommes et en particulier les plus sanguins aller se défouler sur un arbre pour rapporter du bois aux femmes âgées qui resteront à l'abri des affres du froid.
Et que manger alors ? Suivez toujours les humeurs : préférez les viandes épicées et évitez les légumes crus. Savez-vous par ailleurs que nos amis Aristotéliciens du Portugal ont découvert en lointaine Asie des fruits chauds et humides qui sont souverains contre les maux de l'hiver ? C'est l'orange ! Un fruit d'hiver fantastique dont l'auteur recommande l'implantation aussi large que possible dans les terres aristotéliciennes. Encore un cadeau du Très-Haut qui nous montre Sa générosité en nous offrant de découvrir dans Sa création des remèdes simples à nos aléas terrestres. Et à ceux qui souhaiteraient profiter de cette découverte avec une complexion chaude et sèche : faites en des gâteaux ! Testé et approuvé par l'auteur devant le jury de ses 5 enfants. |
Citation: | Nous et les apôtres
- Par Laodin -
Cette année 1473 comptera, sauf erreur, douze mois pleins. Douze, voilà un joli nombre, ne trouvez-vous pas ? Large, harmonieux, tout en rondeur... Certains lui préféreront celui de dix, de sept, voire de six pour les galettes, mais tout le monde s'accordera à dire que douze reste une très bonne pioche, à la frontière entre ce que nous pourrions qualifier de "trop" et de "trop peu". Ainsi n'est-il en un sens guère surprenant de le retrouver chez les apôtres, destinés à installer pour de bon la foi aristotélicienne dans nos contrées après des siècles de disette.
De tous les apôtres présents, ma préférée doit sans doute être Sainte Hélène (je ne sais pas pourquoi, j'ai envie de porter un chapeau à deux pointes en disant cela). Et vous ? Peut-être ne le savez-vous pas, et cela n'a pas d'importance après tout : tous les apôtres doivent être respectés de la même manière, à l'exception du traître Daju dont nous ne parlerons pas ici. Vous aurez compris ainsi que le nombre douze fait référence ici aux apôtres en plus de Christos... Alors que s'ouvre une nouvelle année avec son lot d'apôtres à célébrer, je vous propose ainsi de faire un rapide tour d'horizon de ceux-ci, en commençant par le plus influent de tous. Je vous assure que j'aurai fait au plus court pour chacun !
Titus : Le fondateur de l'Église, le chef, le guide ! Enfin, après Christos bien sûr, puisqu'il aura été désigné par celui-ci comme étant son successeur. Suivant ses plans après sa mort tel un maître de chantier obéissant à un architecte, il s'efforça de bâtir les contours de ce qui serait notre Église à Rome, sans laquelle cette gazette n'existerait tout simplement pas (ne dites pas que cela aurait été mieux). D'abord réticent à l'idée de guider l'ensemble des apôtres, il fut bien obligé de s'y résoudre lorsqu'une colombe vint déposer sur sa tête du basilic. Fort heureusement pour lui, ses pairs n'y virent pas là un signe qu'il fallait le cuisiner en ragout et l'appelèrent affectueusement "papa", ou Pape. Il est en effet le premier de la longue liste des papes, qui va jusqu'à aujourd'hui avec Sixtus IV.
Martyr : oui. Il fut jeté en prison par l'empereur romain où il finit par mourir de malnutrition et d'épuisement.
Samoht : Son nom est aussi orthographié Samoth si on préfère la base latine. S'il fut bien le plus jeune de tous les apôtres, il fut aussi celui qui nous apporta directement le plus avec Titus : c'est en effet grâce à lui que les enseignements de Christos nous sont parvenus, car il est l'auteur de la non moins célèbre Vita de Christos ainsi que des vingt et un logions (saintes leçons). Sans lui, nous n'aurions probablement pas été aussi bien en mesure de définir précisément les sacrements du baptême et du mariage, ou encore d'accompagner la messe de l'eucharistie qui est le partage du pain et du vin en l'honneur du messie.
Martyr : non. Il eut la chance d'être épargné à Rome, ce qui le conduisit à dire amèrement ceci à un âge avancé : « Maintenant tous sont morts dans le martyr et moi je meurs ici à vos côtés, à regarder ce paysage qui a toujours eu le don d’apaiser ma colère. »
Calandra : Si vous avez déjà entendu parler d'ordres militaires comme l'Ordre Teutonique ou l'Ordre Royal des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, c'est grâce à elle ! Après sa rencontre avec Publia, une centurionne de Jérusalem et à la mort de Christos, elle parcourut le monde afin de propager le message divin et s'arrêta finalement à Rome pour y créer la toute première garde épiscopale. L'amour et la paix doivent en effet être les piliers de l'Église Aristotélicienne Romaine, mais il est parfois nécessaire de les défendre par les armes afin de protéger les plus faibles.
Martyre : non. Elle mourut d'une maladie des os dans son lit, tandis que les hérétiques l'avaient bien eu dans l'os.
Uriana : Victime de possession par le Sans-Nom, ayant vécu un terrible début de vie, cette femme aperçut enfin la lumière (et de façon littérale puisqu'elle s'était jusque-là enfermée dans une grotte) lorsque Christos vint la voir en dépit des avertissements, et réalisa probablement la première séance d'exorcisme de l'humanité sur elle. Son but, par la suite, fut de guérir tous les autres individus frappés de ce même mal, y compris des enfants. Ses travaux consignés dans un carnet permirent à Saint Himérius, Sainte Illinda et au Père Marman de fonder la Confrérie des Exorcistes, dont le nom fait beaucoup plus peur que ce qu'il représente en réalité.
Martyre : non. Elle mourut à Rome de grande fatigue, juste après avoir recruté ses tout premiers disciples.
Paulos : On aurait tendance à sous-estimer l'importance de cet apôtre en raison de sa sédentarité, mais il accomplit en réalité de bien grandes choses depuis Césarée, en Judée. C'est par lui que se coordonnèrent les apôtres dans leurs différentes missions, et ses très nombreuses heures passées à entretenir ses correspondances s'avérèrent très loin d'être inutiles (lettre de Paulos à Linus, second Pape). On estime par ailleurs qu'il est le fondateur des tout premiers évêchés, un système qui fonctionne encore aujourd'hui.
Martyr : non. Il quitta Césarée à la fin de sa vie pour aller habiter dans une maison à flanc de colline, et mourut en observant la mer d'en haut (honnêtement, ce doit être fantastique).
Nikolos : Le dur à cuire par excellence ! D'un fort caractère, ce rhéteur (philosophe) de génie eut presque du mal à accepter d'avoir trouvé meilleur que lui en la personne de Christos, après avoir passé sa jeunesse à discourir devant les plus brillants académiciens. Par la suite, il s'aventura dans les contrées ô combien dangereuses d'Europe centrale pour y répandre les idées d'Aristote et de Christos. C'est de cette façon qu'il fit un grand intellectuel d'un pécheur et oisif comme Sénèque de Tarse et qu'il intervint à plusieurs reprises pour déterminer le rapport entre politique et foi.
Martyr : oui. Il fut arrêté par des bandits marcomans qui l'attachèrent à un arbre pour rire et le criblèrent de flèches jusqu'à la mort.
Adonia : On pourrait aussi l'appeler "celle qui ne s'arrêtait jamais" tant elle travailla sans relâche pour la gloire du Très-Haut, sacrifiant même ses nuits à ce but. Son obstination à rapprocher les Hommes entre eux l'amena dans un premier temps à vouloir créer une seule langue commune, avant de se faire rappeler par Paulos que la différence culturelle est justement ce qui incite à l'apprentissage et à la curiosité envers l'autre. Ce fut la seule erreur de son existence puisqu'elle partit par la suite fonder de nombreuses écoles, pour certaines chargées de traduire le Dogme dans toutes les langues connues.
Martyre : oui. Elle fut dénoncée pour tenter de corrompre les nouvelles générations à la foi aristotélicienne et fut emmenée à Rome pour être crucifiée puis brûlée.
Hélène : Dans les légendes anciennes, elle fut la raison pour laquelle fut déclenchée la guerre de Troie... Ah, non ! Ce n'est pas la bonne. L'apôtre Hélène, celle qui nous intéresse, incarne pour sa part le plus bel aspect de l'humanité : sa capacité à se repentir, comme nous l'aurons vu dans ce numéro avec Saint Possidonio. Elle est en effet à l'origine des trois piliers de l'ascension spirituelle que voici : la confession, la pénitence (composée du jeûne, de la charité et du pèlerinage) et la sainteté, qui est le statut ultime de celui ou celle qui aura pratiqué les vertus pour les autres et pour soi-même. Elle aura aussi contribué à renforcer l'identification et la symbolique du baptême par la création de la fameuse médaille d'Aristote, que vous portez peut-être dans la vie de tous les jours.
Martyre : oui. Elle fut assassinée par cinq cambrioleurs païens, frustrés de voir qu'elle ne possédait pas de grandes richesses contrairement aux rumeurs.
Thanos : Détenteur des six gemmes de... non, des trois pigeons qu'il envoya tour à tour à sa famille avec des leçons de vie, ce grand voyageur entreprit d'amarrer au plus grand nombre de ports possible afin de répandre les enseignements de Christos. On lui doit de nombreux carnets regroupant des aides en liturgie (prêches, sermons pour les clercs) et son action accéléra sensiblement la diffusion de la foi dans les quatre coins du monde.
Martyr : non. Il mourut à un âge fort avancé sur l'île de Gallinara, où il s'était naufragé après une tempête et avait décidé d'enfin s'installer.
Kyrène : Cette enseignante en Histoire se servit des enseignements de Christos pour mêler références au passé et rappels à l'amour, une méthode assez rare et d'autant plus précieuse lorsqu'on aborde les grandes notions de la foi aristotélicienne. Elle était pour ainsi dire un puits de science et elle parvint même à dissuader plusieurs soldats de recourir à la violence. Elle était en effet douce mais non pas naïve, comme elle s'opposait notamment à l'exemple de la tribu des Bisounours.
Martyre : oui. Comme elle était courageusement restée à Jérusalem après la mort de Christos, elle fut à son tour condamnée à être crucifiée avec l'ensemble de ses disciples. Ses dernières paroles furent le non moins célèbre : « Mais vous allez vous aimer les uns les autres, au nom de Dieu ! ».
Ophélia : Un véritable personnage de tragédie ! Son existence commença par un mariage forcé, avant de faire la rencontre prodigue de Christos et de céder tous ses biens à la communauté de Jérusalem. Figure même de l'humilité et de la générosité, et ce en dépit de ses origines aisées (n'est-ce pas Possidio), elle fut aussi peut-être la plus proche du messie qui la considérait comme sa propre sœur. Après la douleur de sa mort, elle partit à Byzance (actuelle Constantinople) afin de convertir la très dense population à la foi aristotélicienne.
Martyre : oui. Son succès fut tel qu'au bout de sept ans, l'empereur Néron décida d'envoyer sa garde impériale l'assassiner à Byzance. Ses derniers mots furent : « Tuez-moi, mais quand vous serez dans vos foyers, soldats, vous saurez que vous avez eu tort et que Christos avait raison. »
Ainsi, vous ne pourrez plus prétendre après cette lecture que vous ne savez rien des apôtres, ni que c'est toujours l'apôtre des autres (amis des mauvais jeux de mots, bonsoir). L'œuvre de ceux-ci fut réellement titanesque, à l'image de leur daron, leur "papa" ! |
Citation: | Brèves
- Par Melo -
Janvier. Après les festins de décembre, il est de coutume que les clercs se mettent un peu au régime... ou pas !! Car à l'heure où il fait si frais, où le brouillard nous empêche de voir les mulets et où notre propre buée semble nous inciter à rester chez soi, les clercs eux sont dehors et ont donc bien besoin de se nourrir en revenant chez eux.
Si baptêmes et mariages sont souvent reportés sur des jours aux températures plus clémentes, certains événements ne se décalent pas... les confessions notamment mais surtout les enterrements...
Cette année 1473 débute par la plus triste des nouvelles. Le décès tragique d'un de nos confrères émérites. Ne devenons pas arrogants en lui prêtant toutes les qualités, qui n'a que cela à part le Très Haut ? mais nous devons bien reconnaître qu'il manquera à beaucoup pour son franc-parler ou encore sa connaissance du Dogme et du Droit Canon...
Ce n'est évidemment ni le premier ni le dernier clerc qui rejoindra le Très Haut ; comme tout à chacun, nous pouvons le pleurer, mais n'oublions pas qu'il marche à présent aux côtés du Très Haut. Quelle joie !
Bref, pour revenir au plus important, il est encore l'heure de tuer le cochon pour nourrir vos clercs adorés donc n'hésitez pas ! |
Citation: | Jeux - Mots fléchés
- Par Daidara -
Notre prophète
1 : Fruit conseillé par les médecins, venu du Portugal
2 : Enseignante qui prêchait l'amour et la paix, crucifiée à Jérusalem
3 : Exorcisée par Christos, fondatrice des bases de la Confrérie des Exorcistes
4 : De tyran à saint, il céda ses terres et guida les âmes en Espagne
5 : Premier Pape, désigné par Christos pour bâtir l’Église
6 : Leçon sur les connaissances fondamentales de la foi
7 : Très Saint Père
8 : Créatrice des trois piliers de l'ascension spirituelle et symbole de repentir
Reponses:
Aristote
1 : Orange
2 : Kyrène
3 : Uriana
4 : Possidiono
5 : Titus
6 : Pastorale
7 : Sixtus
8 : Hélène |
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Dernière édition par Laodin le Mer Mai 21, 2025 8:52 pm; édité 3 fois |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:19 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Cételle -
"Parlez-moi d'amour, dites-moi des choses tendres..."
Février fut le mois de Valentin, le saint des amoureux, mars est le mois de printemps pointant le bout de son nez.
Les bourgeons perlent sur les branches des arbres. Les primevères tapissent les bords des chemins. Après le froid et la glace qui figent la nature, cette dernière s'éveille dans le vert tendre des jeunes pousses.
Avez-vous remarqué comme les jours s'allongent de nouveau, comme les températures s'adoucissent ?
Tout est propice à l'amour ! Les cœurs sont fin prêts à s'enflammer et bientôt les clercs se réjouiront de célébrer des unions.
Voilà venue la belle époque où l'Amitié Aristotélicienne éclot et s'épanouit, forme les couples et promet des lendemains heureux.
Dans ce numéro, vous découvrirez l'histoire de Valentin, mais également celle d'un nouveau venu parmi les Saints Aristotéliciens. Notre médecin, quant à lui, vous dit tout sur les simples et leurs vertus. Et bien évidemment, printemps oblige, la rubrique "Le coin du bon aristotélicien" traitera du mariage, ce sacrement essentiel, pilier des valeurs aristotéliciennes. N'oublions pas une nouveauté : le feuilleton ! Un récit écrit par Son Éminence Pie de Valence et que vous découvrirez au fur et à mesure des chapitres, dans les futurs numéros de votre gazette.
Enfin, point d'entretien ce mois-ci. Non, nous avons choisi de donner la parole à des hommes et femmes qui ont côtoyé notre regretté Cardinal, Son Éminence Urbain Mastiggia, qui a rejoint le Paradis Solaire. |
Citation: | Hommage à Son Éminence Urbain Mastiggia
Citation: | Il était une fois, dans un royaume lointain, un grand sage nommé Son Éminence Urbain Mastiggia. Il était connu pour sa sagesse infinie, sa bienveillance envers tous les habitants du royaume et sa capacité à résoudre les problèmes les plus complexes.
Son Éminence était un guide pour la communanté Aristoliciènne, toujours prêt à écouter, conseiller et guider ceux qui en avaient besoin. Sa bonté et son humilité étaient connues de tous, et il était aimé et respecté de tous les habitants du royaume.
Chaque jour, Son Éminence parcourait les villages, apportant son aide et sa sagesse à ceux qui en avaient besoin. Il était toujours prêt à donner de son temps et de son énergie pour améliorer la vie de ses concitoyens.
Malheureusement, un jour, Son Éminence Urbain Mastiggia s'éteignit, laissant derrière lui un vide immense dans le cœur de tous ceux qui l'avaient connu et aimé. Le royaume entier pleura sa perte, mais se souvint avec gratitude de tout ce qu'il avait apporté pendant sa vie.
Son héritage de sagesse et de bonté resta gravé dans les mémoires de tous, et son nom fut toujours prononcé avec respect et admiration. Son Éminence Urbain Mastiggia avait marqué à jamais le royaume de son empreinte indélébile, et son souvenir vivrait éternellement dans les cœurs de ceux qui l'avaient connu.
Que son âme repose en paix, et que sa lumière continue d'éclairer le chemin de tous ceux qui cherchent la sagesse et la bonté.
Monseigneur Grimaldi |
Citation: | Il est toujours triste d'apprendre le décès d'un ami. Nous n'avons jamais les mots pour exprimer notre tristesse et notre désarroi. Nous pouvons souvent ressentir de la colère et de l'injustice. Ceci est d'autant plus vrai quand l'ami décédé nous était cher.
J'aimerais souligner l'importance que feu Son Éminence Urbain à eu pour moi et ma décision de prendre enfin ma place dans les Ordres. Il est, avec deux autres de mes amis très précieux, l'une des trois personnes m'ayant donné les arguments que j'avais besoin d'entendre. En homme toujours droit, honnête et sincère, il n'a jamais eu peur de dire exactement ce qu'il pense, avec respect et déférence. Sans lui, sans ses commentaires, sans ses bonnes paroles, je ne serais pas là où je suis présentement.
C'est un homme de bien que nous avons perdu. Un homme d'honneur. Un homme de droit et de justice.
Je ne suis pourtant pas triste. Ni en colère. Car si nous l'avons perdu à nos côtés ici dans notre monde, nous avons gagné un protecteur et une oreille de plus pour entendre nos prières.
Avec moi, prions tous pour la mémoire d'un homme dévoué. Et célébrons la vie qu'il aura vécu pour ce qu'elle est un exemple pour nous tous. Ce soir, je lève mon verre à un de mes mentors qui s'élève vers le Très-Haut pour aller le rejoindre.
Puisse-t-il entendre l'Amour qui est dans mon coeur.
Et vous mes amis, vous tous qui lisez ceci,
Puisse Ste-Raphaëlle Archange vous guider et vous retirer tout doute, Son Éminence Urbain l'accompagne, car il n'a jamais douté de Sa Foi.
Puisse le Très-Haut et nos adorés prophète, Aristote et Cristos, l'accueillir avec joie.
Merci, Votre Éminence, pour l'écoute et les conseils. Je ne vous oublierai jamais.
Fait à Orléans en ce mois de Mars 1473, par:
Mgr Constance Élyse Von Frayner del Casalièr
Évêque d'Orléans,
Évêque sine cura du Puy en Velay,
Chapelaine de la Chapelle St-Martin à Saissac, Languedoc
Comtesse Palatin de St-Jean de Latran,
Officier de l'Ordre de St-Nicolas-V |
Citation: | Feu Son Éminence Urbain Mastiggia, cardinal, était non seulement une figure éminente de l'Église, mais aussi un intellectuel de grande envergure. Sa présence au Symposium était une lumière qui éclairait chaque discussion avec une pertinence et une sagesse incomparables. Son départ prématuré laissera un vide abyssal, non seulement parmi ses pairs mais aussi dans le domaine des idées et des débats où il excellait.
Sa capacité à allier profondeur théologique et finesse intellectuelle était remarquable, faisant de lui un interlocuteur précieux et respecté. Il a laissé derrière lui un héritage de réflexion profonde et d'engagement envers les questions les plus cruciales de notre temps. Son absence est ressentie comme une perte immense pour ceux qui ont eu la chance de croiser son chemin et de bénéficier de son érudition et de sa guidance.
En célébrant Feu Son Éminence Urbain Mastiggia, nous nous rappelons non seulement de son influence indéniable mais aussi de l'inspiration qu'il a suscitée chez ceux qui ont eu le privilège de partager ses idées et ses aspirations. Son souvenir reste vivant à travers les discussions qu'il a enrichies et les vies qu'il a touchées profondément.
Soeur Sarah Martin-Montigny |
Citation: | Pendant longtemps un inconnu, puis un Supérieur, puis mon Supérieur, puis mon Ami et finalement un Frère...
Il m'inspira au début de l'indifférence, puis de la crainte quand on commença à travailler ensemble, puis du respect en apprenant à le connaître et finalement j'en viens à apprécier son franc parler, sa culture et même (qui l'eut cru) son humour !
Tout cela en plusieurs années évidemment.
Je ne regrette pas une seconde le moindre de nos échanges, il était une personne vers qui je me tournais sans hésiter. Il me manquera, c'est certain.
Monseigneur Melo de Montracol |
Citation: | Je me souviens d'Urbain Mastiggia comme d'un mentor précieux, un guide spirituel de tous les instants. Lorsque je n’étais encore qu'évêque suffragant, Urbain était déjà un pilier de notre Église, un homme de savoir et de foi dont la grandeur n’était surpassée que par l'humilité de sa vocation. Son parcours, sa soif de vérité et son engagement envers le Seigneur étaient une source d'inspiration pour moi, comme pour tant d'autres.
Je garde en mémoire son arrivée à la vie ecclésiale après des années de voyage et de quête spirituelle. Ce jeune homme, autrefois insouciant et pétillant de vie, était revenu de ses pèlerinages à Compostelle et à Jérusalem non seulement transformé dans son corps, mais surtout dans son âme. Son amour pour l'art transparaissait dans chaque geste qu'il accomplissait au service de l’Église. Il vivait sa foi avec une passion rare, une sagesse qui émanait de chaque parole et de chaque action.
Lorsqu'il prit le chemin du clergé, d'abord comme diacre à Nancy, puis comme évêque de Toul, son parcours fut marqué par une implication sans réserve. Son travail au service de l’Église, tant dans les fonctions liturgiques que dans ses responsabilités administratives, en faisait un homme respecté et apprécié de tous. Je n'oublierai jamais son dévouement à la mission qu'il avait reçue, ni son engagement envers la communauté aristotélicienne. Sa fidélité au Saint-Père, son rôle en tant que Vice-Primat du Saint-Empire, puis Primat de France, son travail au sein de l’Ordre Lescurien ou encore sa charge d’Inquisiteur, tout témoignait de l’ampleur de son dévouement.
Il fut un homme de lumière non seulement en raison de son savoir théologique, mais aussi pour la profondeur de sa charité. Lorsque j’ai eu l’honneur de travailler à ses côtés au Consistoire Pontifical, j’ai vu de près la rigueur et l'intelligence avec lesquelles il abordait chaque question. Urbain était un modèle de discernement, capable de concilier rigueur doctrinale et compassion pastorale. Travailler avec lui fut un privilège, un temps d’apprentissage et de collaboration qui m’a profondément marqué.
Son œuvre comme professeur au Séminaire Lescurien, puis comme Cardinal-Prêtre au titre de Saint-Louis-des-Français, et enfin son rôle de mentor pour les jeunes clercs, étaient la preuve de son engagement envers la formation des générations futures. Le Cardinal Mastiggia savait que l’avenir de l’Église reposait sur les fondations solides qu’il contribuait à bâtir dans les cœurs et les esprits des jeunes séminaristes.
Il fut un serviteur humble et dévoué, un ami, un guide spirituel. Urbain Mastiggia est parti, mais son œuvre, sa foi et son amour demeureront avec nous. Puisse son exemple continuer d’inspirer chacun d’entre nous, et puissions-nous, comme lui, vivre avec le cœur plein d’amour pour l’Église et pour notre Seigneur.
Son Éminence Adelène de Kermabon |
Citation: | Juste ou injuste, la vie est ce qu'elle est... Lorsque j'ai appris la nouvelle de la mort de Son Éminence Urbain, j'ai tout d'abord refusé d'y croire : cet homme était un roc, une force de la nature mue par son devoir et sa volonté, et ne pouvait donc s'éteindre comme cela, du jour au lendemain. Pour moi, cela a été comme assister à la fin subite d'une chandelle, alors que sa flamme crépitait quelques instants plus tôt... Il était, en vérité, l'une de ces occurrences où la santé morale camoufle la réalité de la santé physique, et où la force de l'esprit outrepasse la fragilité de l'organisme. Urbain était malade, très malade, mais il paraissait comme insubmersible, portant la parole de l'Église avec une vigueur indéniable.
Je dois beaucoup à Urbain, qui m'a amené là où j'en suis aujourd'hui, heureux dans ma vocation. Pour certains, il gardera cette image de figure d'autorité, impérieuse et inflexible, mais pour moi, il restera cet archevêque d'Arles qui, avec beaucoup de douceur et de compréhension, m'avait convaincu de reprendre une charge ecclésiastique à une époque où je n'en voulais tout simplement plus. Il m'avait réconcilié avec le haut clergé, moi qui en avais eu une si mauvaise expérience par le passé... Si je me suis fait tous ces amis dans l'Église, c'est donc grâce à lui, alors que je me sentais jusqu'à présent si seul dans ma vocation. Il ne fut d'ailleurs pas le dernier à me soutenir et à m'aider à m'affirmer au sein de l'Assemblée Épiscopale de France, qui me paraissait aussi froide et distante que ce qui pouvait parfois être dit de Son Éminence Urbain.
Son outil de travail, les Saintes Écritures, était tout pour lui, et son respect pour les règles immense. Que ses interventions aient plu ou non à certaines occasions, il avait très souvent raison, ce qui m'apprit que le juste ne se conjugue pas forcément avec l'arrangeant ou l'agréable. Il était comme cela : professionnel, sans concession, acquis à son devoir au-delà de ce que l'on peut imaginer. S'il devait gâcher la fête pour rétablir la vérité, il le faisait sans hésiter, même si cela ne lui faisait pas plaisir. Et je sais combien cela ne lui faisait pas plaisir, pour l'avoir observé durant ces trois dernières années ! Pourtant, au-delà de ce masque qui ne laissait aucune place aux demi-mesures, il était un camarade attentionné, qui savait faire preuve de bienveillance au moment propice. Il est dommage que cette facette soit inconnue d'un certain nombre de personnes, mais le bien commun devait exiger ce type de sacrifice.
Urbain était urbain : serviable, affable lorsque la situation s'y prêtait. Il était aussi urbi et orbi, à Rome et partout ailleurs, bien que sa santé l'en ait parfois empêché malgré toute sa volonté... Je me souviens de ses projets, lorsqu'il m'avait invité à son palais archiépiscopal pour discuter de notre future collaboration, de son activité, lorsqu'il était Primat de France à nos côtés, de sa rigueur, lorsqu'il est devenu cardinal aux côtés du Pape. Il en aurait fait encore plus, bien plus si cette maudite maladie ne l'avait pas rattrapé, que j'étais trop aveugle pour voir.
Il m'est difficile de me dire que cet homme n'est plus, pour ce qu'il a fait pour moi et pour l'Église. J'ai beau me dire qu'il est parti pour des cieux éclatants, je le sens toujours ici, près de nous. Est-ce le déni, est-ce le choc de cette nouvelle brutale ? J'ai passé ce cap, alors j'aime mieux me dire qu'il s'agit d'un message positif, de la promesse d'un temps qui n'efface pas les souvenirs. Dire adieu, dans ce cas, revient presque à dire bonne chance, bien que cela soit davantage pour nous...
Adieu, Urbain, Votre Éminence, et merci de tout ce que vous avez fait, y compris pour cette gazette. Vous étiez un roc dans la houle, mais vous avez été emporté vers des mers plus calmes, sans perdre votre forme d'origine. Cette nouvelle existence ne pourra que vous polir, vous faire briller sous un soleil vibrant. J'ai le sentiment que nous ne vous méritions pas, malgré tout ce qui a pu être dit.
Laodin |
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Citation: | Saint Valentin, l'édile des idylles
- Par Laodin -
Amour ! Amour ! Que de poèmes, que de chansons écrits à ta gloire ! Sirop des merveilles, parfum des délices, ta peau, tendre et délicate comme un fruit, transporte tes apôtres jusqu'au royaume du... Bon, il est sans doute préférable que nous en arrêtions là avec les envolées lyriques. Comment en vouloir, cependant, à ceux s'extasiant devant ce noble sentiment, qui fut conçu par Dieu pour être le sens même de la vie ? L'amour, si universel qu'il peut être décliné en plusieurs variantes - amour filial, amical, familial... - est bien ce qui nous différencie des objets en faisant de nous des êtres humains, qui nous anime, nous abreuve de vitalité et nous transcende vers de bien plus beaux horizons. C'est toutefois de sa forme la plus romantique et enthousiasmante, l'amour conjugal, que nous allons parler aujourd'hui, ainsi que de son plus célèbre représentant sur notre Terre.
Si je vous dis le quatorze février, une fête devrait immédiatement apparaître à votre esprit : la Saint-Valentin. Nul besoin de s'y connaître en foi ou en liturgie pour avoir déjà entendu parler de cet événement : tous les ans, c'est le monde entier qui vibre sous son rythme (cardiaque), qui chante en chœur à destination de son cœur, qui peut être déjà comblé ou attendre de l'être. On ne compte plus les bals de la Saint-Valentin pour trouver l'amour, qu'ils soient organisés par le milieu temporel ou le milieu spirituel. Gare à ceux qui oseraient ne pas offrir de cadeau à leur moitié, car c'est bien à coups de balai qu'ils pourraient être reçus la prochaine fois ! L'amour est un sentiment tendre, mais aussi explosif, et c'est parfois plus en amour qu'ailleurs qu'il faut savoir cultiver la vertu de la tempérance.
Vous vous doutez bien, rien qu'en lisant le titre de cet article, que nous ne donnerons pas ici de conseils sur la meilleure façon d'entretenir son couple ou de raviver une flamme qui semble perdue. Il serait difficile et présomptueux de la part d'un prêtre de se lancer dans pareille entreprise ! A la place, nous étudierons la vie de Saint Valentin, l'homme, la légende, celui dont tout le monde connaît le nom, mais pas toujours l'action. Qui se cache exactement derrière ces bouquets, lesquels ont intérêt à venir de chez le meilleur fleuriste ?
Valentin de Terni, au troisième siècle après Christos, était un prêtre romain... Je veux dire, un prêtre habitant à Rome, et aristotélicien romain, contrairement aux prêtres romains qui n'avaient rien d'aristotélicien. Peu importe : il était un fidèle héritier de Titus, fondateur de l'Église, en tentant de survivre dans un cadre encore très hostile à la foi. Il avait bien son église, et donnait la messe en relative tranquillité d'esprit, mais devait bien obéir aux lois édictées par l'empire. Obéir ? Voilà un mot qui deviendrait inacceptable lorsqu'une nouvelle loi, proclamée par Claude II le Gothique, menacerait l'avenir même de la foi voire de l'amour. Beaucoup diront de leur mariage qu'il fut le plus beau, sinon l'un des plus beaux jours de leur vie ; une fête sans précédent, qui célèbre l'amour entre deux individus en point d'orgue ; l'apothéose, le point culminant de toute relation saine ; quelque chose qu'il serait inenvisageable d'interdire, ne fût-ce que par respect pour le Très-Haut qui nous permit d'éprouver cet amour. Il faudrait être sourd, ou plutôt aveugle pour ne pas reconnaître les qualités du mariage... C'est pourtant ce que l'empereur romain fit, en estimant que le mariage rendait les hommes moins forts, car trop attachés à leur famille pour combattre longtemps. La crise du troisième siècle, avec ses nombreuses invasions "barbares", nécessitait une réponse militaire adaptée, et Claude II avait décidé que celle-ci se ferait au détriment de toute humanité, en prenant la plus grande de nos forces pour la plus grande de nos faiblesses.
Pour Valentin de Terni, il n'était tout simplement pas permis d'obéir à cette loi, quel qu'en fût le prix. Il continua ainsi à marier de nombreuses jeunes gens, pleines de gratitude envers lui ; sous l'effet de l'interdiction, d'autres couples venaient même des quatre coins de la Cité Éternelle, ayant entendu parler de ce prêtre si brave qui était prêt à prendre tous les risques pour les aider à accomplir leur rêve. Cela dura un temps... Jusqu'à ce que la célébrité de Valentin attire l'attention des plus perfides, et qu'il soit dénoncé auprès de l'empereur. Loin de trembler et de demander pardon à genoux, l'homme défia Claude II avec le plus grand des aplombs, à la manière de Christos devant Pierre Ponce. Il fut évidemment condamné à mort pour son insolence, et emmené par le plus cruel des généraux, Astérius. L'histoire aurait pu se terminer ici, et cela aurait été déjà fait de ce récit un modèle de bravoure et de volonté, mais un miracle restait à venir, qui le ferait entrer à tout jamais dans la catégorie des saints... Par un hasard merveilleux, Astérius n'enferma pas Valentin dans le plus sombre des cachots mais l'amena jusque chez lui, ayant promis de passer la soirée avec sa famille et étant déjà en retard. Comment ? Un général de Claude II, "affaibli" par son propre mariage ? Une assez belle ironie, qui montrerait cependant que l'amour n'est pas faiblesse, mais force.
Astérius avait une fille, dont le nom n'est malheureusement pas parvenu jusqu'à nous. Celle-ci était tombée aveugle il y avait fort longtemps, dans des circonstances qui sont là aussi inconnues... Ce qui est certain, en revanche, c'est qu'Astérius, de toute sa cruauté, tenait suffisamment à elle pour garder l'esprit ouvert à tout moyen de la guérir, même s'il devait passer par son ennemi. Surpris d'entendre Valentin bénir la maison de son geôlier, il lui proposa donc ceci : s'il parvenait à faire recouvrer la vue à sa fille, lui et sa famille s'efforceraient de le tirer du triste châtiment qui l'attendait. Cela était à la fois ne pas s'engager à beaucoup, vu à quel point un tel miracle semblait impossible, et une belle preuve d'amitié, sans doute suscitée par l'amour qu'il avait pour sa famille...
Bien entendu, Valentin accepta et posa aussitôt sa main sur les yeux de la jeune fille - nous l'appellerons Julia. Dirigeant sa voix vers le ciel, il prononça alors cette bénédiction : « Dieu Créateur de toute chose, permets à cet enfant de pouvoir contempler ce qui est la beauté de Ta création, car les choses sont des copies des Idées. » Et, en une fraction de seconde, Julia put voir de nouveau, et Astérius et sa femme, bouleversés, tombèrent à genoux. Ils supplièrent Valentin de leur dire quoi faire pour être pardonnés de ce Dieu qui devait être bien vrai ; il leur commanda alors de se débarrasser de toutes leurs idoles et de se faire baptiser, désormais guidés par le chemin de la vertu. Ils acceptèrent ces termes sans condition et Astérius libéra même l'ensemble de ses prisonniers aristotéliciens sur-le-champ. La conséquence en fut, hélas, que l'empereur Claude II fut bientôt averti du "coup de folie" d'Astérius et voulut faire un exemple de ce renégat. Après quelque temps passé à convertir le reste de sa grande famille, Astérius fut massacré en place publique. Il fut succédé par Valentin, sur la voie flaminienne, comme ce qui avait été prévu pour lui.
Julia, elle, n'oublia jamais son sauveur, cet homme qui l'avait délivrée de sa cécité et ouverte à l'amour aristotélicien. On dit en effet de l'amour qu'il est aveugle, comme dans la neuvième méditation de Saint Barnabé, mais personne ne l'est davantage encore que celui refusant de le voir... Au royaume des borgnes, les aveugles sont rois (ou l'inverse ?), et Claude II le Gothique, en empereur étranger à l'amour, ne régnerait jamais au-delà de ces terres nimbées d'ignorance. Bien qu'au sommet d'un empire tentaculaire, son nom ne brillerait jamais aussi bien que celui qu'il avait voulu abattre... Car l'héritage de Valentin, à lui, ne s'est jamais terni. |
Citation: | Saint Cuthbert, l'Écossais qui avait du ragoût
- Par Laodin -
Parmi les nombreux saints fleurissant dans notre calendrier liturgique, il en est un qui a fait son entrée cette année : Saint Cuthbert, dont la naissance, et donc la fête, a été située au 7 mars. Cet Écossais d'origine modeste, plus tard prieur en monastère et pèlerin, eut une influence considérable sur la chute du paganisme en ces terres éloignées. C'est grâce aux travaux brillants de Monseigneur Cinead de Twynholm, qui a achevé son hagiographie l'an dernier, et à la lecture poussée du Saint-Office que nous sommes aujourd'hui en mesure de parler de lui. Nous avons donc un petit nouveau, même s'il s'agit en réalité d'un grand ancien !
Cuthbertus MacLachlan naquit au septième siècle dans la ville portuaire de Kirkcudbright, près du firth (embouchure) de Dee. Rassurez-vous, je ne vous ferai pas faire de dictée là-dessus. Bien qu'ayant grandi parmi des fermiers, son enfance fut bien loin d'être difficile et il put développer sa nature curieuse en arpentant les campagnes et les forêts, qu'il affectionnait tout particulièrement. Il avait déjà un goût prononcé pour l'exploration et la découverte, particularité qui lui servirait beaucoup à un stade plus avancé de sa vie. Pour l'heure, ses premiers contacts avec l'Église lui demanderaient de s'inscrire dans la sédentarité, aucun monastère n'étant construit en toile de tente ; c'est en effet après avoir rencontré le diacre Ealdred, et étudié la théologie en séminaire, qu'il rejoignit les moines bénédictains de Kirduc... Kirkcudbright. Son amitié avec Ealdred, qui l'avait pris sous son aile par reconnaissance de ses qualités et bienveillance, perdurerait jusqu'à la mort de celui-ci. Nous possédons d'ailleurs un témoignage écrit de cette relation exceptionnelle : « Là où j'ai commencé en tant que mentor, cet élève m'a surpassé au fil des années. Mais je suis toujours resté à ses côtés en tant que frère et compagnon, même après qu'il m'a dépassé dans la hiérarchie. Au fil des ans, Cuthbert est resté ferme, inébranlable dans son dévouement à la foi. » Ealdred n'est peut-être pas aussi connu que Cuthbert, il était un vrai et noble aristotélicien, empli d'honneur et de vertu.
Il y a cependant une raison pour laquelle ce valeureux diacre avait voulu écrire sur son disciple, et cette raison est le premier miracle de Cuthbert, auquel il avait assisté de ses propres yeux. Je vous ai dit que la vie était simple et agréable à Kirbucdright... Dikubcright... Kirkdouglas... Kirkcudbright ? Eh bien, un hiver en particulier contredirait cette affirmation, en étant le plus rigoureux et intraitable que la population avait eu à affronter depuis longtemps. Un froid intense, une invasion de hannetons dont on se demandait quelle mouche les avait piqués... Affamés, fourbus et misérables, les villageois se rassemblèrent devant l'église de Kirkcudbright (ouf !) dans l'espoir d'y obtenir la plus maigre des pitances. Cuthbert les écouta et, ému, demanda à Ealdred s'il pouvait préparer une grande marmite de ragoût avec les quelques poissons restants. Jeter quelques pincées d'herbes, peler les oignons, ajouter les épices, Écossais les petits pois... d'accord, ce n'est pas dans la recette, plus tard, Cuthbert commença enfin la distribution à ses villageois et compatriotes bien diminués. Il y en avait juste assez pour tout le monde, pourtant le jeune homme donna des portions généreuses à chacun ; mais la marmite ne désemplit pas, et on n'entendit jamais la louche battre le fond dans un concert plaintif (c'est très louche). A la surprise extrême d'Ealdred, et des Kirkcudbrightéens (champion !), Cuthbert avait fait un ragoût tout simplement infini ! Cette marmite providentielle servit encore durant les jours à venir et jusqu'à la fin de la famine, sauvant de nombreuses vies qui auraient autrement été perdues.
Cuthbert aurait pu parader dans toutes les villes d'Écosse afin de jouir de sa nouvelle célébrité, mais il préféra demeurer entre les murs du monastère, consacrant ses journées à prier et étudier. A la mort d'Ealdred, qui l'émut évidemment beaucoup, il devint prieur et émergea un peu plus dans l'environnement spirituel. Ses nouvelles responsabilités le conduisirent à recevoir une mission officielle de Rome : "entreprendre un voyage en tant que missionnaire en Écosse", autrement dit essayer de convertir les populations opposées à l'aristotélisme. Il partit donc, peut-être dans un premier temps en compagnie de l'évêque Aidan qui l'avait ordonné, à la conquête pacifique des païens. Il est possible que son deuxième miracle connu, celui d'avoir calmé soudainement une tempête en mer par la prière, se soit déroulé à ce moment-là.
Quoi qu'il en soit, Cuthbert arriva un jour, ou une nuit, devant une communauté de druides dont le chef, Lirion, possédait une influence considérable sur les mœurs de la région. Cuthbert ressentit aussitôt une puissance malveillante s'échapper de son interlocuteur ; pourtant, elle ne semblait pas venir de l'homme lui-même mais d'une chose, le Sans-Nom, qui l'avait possédé. Dans le plus complet des calmes, il l'interrogea sur ses convictions, confronta les incohérences entre elles, et finit par lever son bâton pour invoquer le Ciel, demandant à libérer Lirion de son emprise. Certains témoins, dont Lirion lui-même, affirment avoir senti l'air crépiter sous la puissance de cette prière. Quand la forêt retrouva enfin son calme, le Sans-Nom, frustré de s'être fait démasquer, était parti ; et le chef des druides, stupéfait, abandonna aussitôt ses croyances qui l'avaient entravé. « Sa compassion a brisé les chaînes qui me liaient, et son intervention divine a expulsé les ténèbres qui cherchaient à me réclamer », dirait-il plus tard de Cuthbert. Si lui, l'un des plus grands représentants du paganisme de son époque, avait donné raison à l'aristotélisme, d'autres ne tarderaient pas à l'imiter sous la marche infatigable du prieur.
Un nombre incalculable d'années plus tard, après avoir parcouru l'Écosse de long en large, de travers et de biais, exploré les Highlands de lochs en rocs, Cuthbert retourna enfin au monastère de Kirkcudbright pour y passer ses derniers jours, épuisé mais heureux d'avoir consacré sa vie à diffuser l'aristotélisme. Il mourut en paix à l'âge de soixante-deux ans, faisant bientôt du monastère un véritable lieu de pèlerinage. Quant à son bâton, symbole de ses voyages incessants et de l'exorcisme de Lirion, celui-ci fut transféré dans la paroisse de Twynholm, où mon confrère Cinead a la chance de pouvoir l'admirer... Dommage que la marmite soit introuvable, espérons qu'elle n'a pas été dérobée par un druide pour ses potions ou autre chose. |
Citation: | Les Simples
- Par Cyphus -
Ce mois-ci, notre chronique médicale s'intéresse aux simples. Les simples sont des plantes médicinales que le Très-haut a dispersées dans nos prés pour nous offrir des remèdes aux maladies qui se sont répandues dans nos contrées. Preuve de Sa toute puissance, peu d'entre nous connaissent encore ces maux puisque les médecins les ont fortement endigués. Mais les simples ont aussi d'autres pouvoirs en permettant la production de philtres puissants... ou inutiles.
⚕ A quoi servent-ils ?
Les simples servent aux médecins à produire des essences curatives, des potions ou des philtres. Chaque essence curative soigne définitivement—y compris préventivement—une maladie. Il faut environ une vingtaine de simples par essence curative et plusieurs jours de travail pour le médecin ; aussi leur effet définitif et le fait que seules quatre maladies existent font que moins d'une centaine de simples bien choisis permettent à une personne de ne plus du tout avoir à souffrir de maladies (se conférer au numéro 2 des moineaux d'Aristote). Les potions ont quant à elles des effets très temporaires qui ne justifient généralement pas leurs usages. Enfin les philtres permettent d'améliorer notre condition physique de différentes manières mais sont très occasionnellement utilisés mis à part les philtres Batoa et de la Juvamine qui sont les deux seuls à être produits et achetés en masse par les provinces en guerre (se conférer au numéro 4 des moineaux d'Aristote).
De façon plus anecdotique, la camomille, le sureau noir, le saule blanc et le pavot blanc sont utilisés par un botaniste pour produire des teintures capilaires ; ce même botaniste utilise aussi du romarin dans la recette de l'huile de luminescence. Enfin et pour être exhaustif tous les simples en potion peuvent être utilisés par un charpentier pour produire un coffre de médecin : un bon moyen de vider les étagères de fioles inutiles. Les volumes d'achat correspondants à ces articles peu demandés sont néanmoins dérisoires pour y voir des débouchés significatifs. Le client du cueilleur de simples demeure presque exclusivement le médecin.
⚕ Comment les récolter ?
On peut trouver des simples partout hors de nos villes, mais ce n'est pas toujours facile d'en obtenir en quantité. En y passant la journée on peut en trouver 20 comme 45, tout dépend de l'expérience du cueilleur qui en trouvera d'autant plus qu'il est intelligent et formé à la médecine. Ces simples sont aléatoires et vous pouvez tomber sur des simples rares comme d'autres qui sont inutiles ou presque. Notez que la rare faucille est un ustensile vous permettant d'augmenter très marginalement ce rendement. Comme souvent, récolter par petites étapes sera plus efficace : A titre d'exemple un débutant cueillera 3 simples en 2 h contre seulement 20 en 22 h.
⚕ Tous les simples se valent-ils ?
Non ! Comme indiqué dans le numéro 4 des moineaux d'Aristote, la très forte demande des philtres Batoa exerce une très forte pression sur le prix de ses composants. Ceux-ci sont le céleri, le tilleul, la camomille et le saule blanc. Le céleri qui est le simple utilisé en plus grande quantité (20 branches par philtre !) est très recherché.
Notez que certains simples sont plus rares à trouver que d'autres, notamment la camomille et le sureau noir. Mais cela n'influe pas ou très peu leurs prix. Le sureau noir notamment et malgré sa rareté n'entre dans la recette d'aucune essence curative ni philtre, sa valeur est donc très faible. Pire encore, l'anis, qui ne rentre dans (presque) aucune recette tout en étant très commun a une valeur quasi-nulle. Retenez seulement que le céleri en premier lieu, le tilleul, la camomille et le saule blanc sont des simples de valeur, dont les prix dépassent parfois l'écu, tandis que les autres ont des valeurs très faibles.
⚕ Est-ce rentable de les chercher ?
Une conséquence directe de la valeur très variable des simples provoque le fait que leur recherche se fait souvent dans le but de trier et revendre les plus rares, pour brader voire jeter les autres. Il n'est ni rare ni absurde de voir des voyageurs cueillir à leurs heures perdues pour ne conserver que les simples utiles aux Batoa (céleri, tilleul, camomille et saule) ou aux autres philtres comme celui de la Juvamine (marjolaine).
Notez que depuis bientôt un an l'usage des ailes de papillon dans plusieurs recettes d'artisanat a donné l'opportunité aux cueilleurs de simples de compléter leurs collectes de ces matériaux indispensables pour les huiles des botanistes ou la fameuse épéepillon. Cela nécessite cependant de s'équiper d'un attrape-papillon produit par un botaniste compétent. L'outil a un prix élevé (plus de 150 écus) mais il peut être amorti en quelques mois par un cueilleur régulier.
⚕ Que faire avec les fleurs d'anis ou des baies de sureau noir ?
L'anis n'est présent dans aucune recette d'essence curative et anecdotiquement utilisable dans le philtre Stopcuite dans une recette qui n'est pas optimale pour minimiser le temps de travail des médecins. Là n'est pas son intérêt. Nous écrivions plus haut que les potions n'ont pas d'utilité. C'est généralement vrai sauf concernant la potion d'anis qui permet d'améliorer les troubles digestifs. Aussi boire une potion de plusieurs fleurs d'anis peut permettre à quelqu'un de manger à nouveau (une seule fois) malgré une crise de maladie qui l'en empêchait. Éviter la perte de forces qui s'en suivrait vaut-il le travail du médecin ? Vu le prix dérisoire de l'anis c'est certain, mais encore faut-il que la potion soit prête lorsque le malade en a besoin...
Le sureau noir n'a lui aucun usage pour médecins. Si vous voulez vraiment rendre vos baies utiles allez voir le charpentier qui en garnira les étagères des coffres de médecin ou le botaniste qui en fera des teintures. La récente démocratisation des teintures est d'ailleurs la première occurence d'un usage spécifique des baies de sureau noir, sans que cela ne puisse être un débouché raisonnable tant ce simple s'est accumulé dans les greniers au fil des années.
⚕ Résumé : Que retenir ?
Récolter des simples n'est pas souvent rentable à moins de savoir précisément quoi en faire—le plus souvent en étant médecin soit-même—d'avoir un contrat avec son Gouvernement local ou bien de n'avoir rien d'autre à faire (notamment en voyage). Il s'agit pour la plupart des gens d'une petite activité de détente qui peut rapporter quelques écus par-ci par-là sans davantage d'ambition. Depuis l'invention des attrape-papillons, il est conseillé à tout cueilleur occasionnel de s'en procurer pour trouver davantage de ressources lors de ses recherches. En tous les cas, s'assurer d'avoir un client avant d'accumuler ces herbes est très fortement recommandé. |
Citation: | Le mariage, ou comment se chercher d'époux
- Par Laodin -
« Ce que Dieu a uni, que l'Homme ne le sépare pas. Je vous déclare mari et femme. » Si le Graal devait avoir une bouche, il s'exprimerait sans doute à travers ces paroles, prononcées par le clerc à destination des nouveaux époux. Il faut dire, en toute franchise, que le temps peut être long avant d'arriver à ce moment tant rêvé, à cette apothéose digne des plus belles odes chantées dans les plus grandes cours. Les deux promis doivent être baptisés, trouver au moins deux témoins eux aussi baptisés, publier les bans de mariage au moins quinze jours avant la cérémonie, lancer toutes les invitations sans oublier la cousine un peu susceptible... Pour sûr, ce n'est pas la mer en boire en rétrospective, mais il y a un peu le feu au lac lorsqu'on se trouve dans les semaines précédant le jour J comme Joie. Ce n'est pas tant pour embêter tout le monde, car ce n'est jamais le but de l'Église, qu'autant de règles ont été instituées concernant le mariage, que pour s'assurer que la famille naissante soit responsable et ait le plus de chances possible de s'épanouir. Le Sans-Nom se cache dans les détails, mais les Archanges aussi.
Le mariage a toujours existé, et à peu près dans toutes les cultures, mais c'est au premier siècle qu'il trouva sa forme définitive, sous l'impulsion de Christos. Le chapitre XIII de sa Vita est un grand classique quand on parle de mariage : il constitue, à vrai dire, la seule source prophétique sur laquelle nous pouvons et devons nous appuyer, Aristote n'ayant jamais abordé le sujet avant lui. On en déduit, très simplement, qu'aucun mariage ne pouvait vraiment être une réussite sans une Église déjà structurée, ce qui ne serait le cas qu'après la mort de Christos grâce aux instructions qu'il laissa à son apôtre Titus.
De fait, ce que dit l'Église sur le mariage devient d'autant plus important, en faisant preuve de pragmatisme tout en s'accordant avec le Dogme. C'est par exemple l'Église qui a institué les règles sur le divorce, qui ne suivent pas la logique et le sens de tout mariage mais doivent malgré tout être pensées pour empêcher des catastrophes morales... Considérons, plus simplement, que Christos nous a donné les plans, et que nous essayons tant bien que mal de fixer les différentes pièces en utilisant parfois des solutions expérimentales pour faire tenir le tout.
Toutefois, qu'y a-t-il toujours avant les plans de l'architecte ? Le projet de construire une maison, et en ce sens, le Très-Haut Lui-même parla du mariage sans employer directement ce terme. La Réunion est un épisode majeur, le plus fondamental dans l'histoire de l'humanité, qui vit Oane, parmi toutes les autres créatures terrestres, déterminer que le sens de la vie était l'amour. C'est cela qui décida le Très-Haut à faire des humains Ses enfants, en leur accordant le don de contrôler leur environnement, et qui lui fit édicter des principes comme celui-ci : « Afin que vous remplaciez par de nouvelles générations celles dont la vie se termine, je vous fais un cadeau bien plus beau encore. Cet amour que J’attends de vous, Je vous permets aussi de l’éprouver également envers vous, en couple. La tendresse et le désir mutuels seront les composantes de ce pur sentiment. La procréation en sera le but. Mais seul l’amour que J’aurai béni pourra permettre l’acte de chair, afin que votre espèce perdure dans Mon amour » (Livre de la Création, chapitre VIII). Nous voyons donc ici les deux lois de tout futur mariage : l'amour conjugal et la procréation, afin que l'espèce ne puisse s'éteindre d'elle-même ou sombrer peu à peu dans le péché. La bénédiction de Dieu, autre composante nécessaire, attendrait cependant l'apparition de l'Église Aristotélicienne Romaine pour prendre pleinement ses contours, à travers une cérémonie qui serait dédiée à Sa gloire en même temps qu'à celle des nouveaux mariés. Cela ne veut pas dire pour autant que nos lointains ancêtres, croyants mais nés avant l'Église, vivaient dans le péché : on ne saurait reprocher à quelqu'un de ne pas avoir respecté ce qui n'existait pas encore, ce qui explique la démarche du Très-Haut d'avoir recouru à des prophètes, ou encore d'avoir montré le Paradis et l'Enfer à Sypous pour développer notre compréhension de Ses desseins.
Par conséquent, tout était déjà prévu par Dieu à l'époque de la Réunion, mais le processus exact du mariage, quant à lui, n'apparaîtrait qu'après Christos sur inspiration de celui-ci. Les différents papes auront pensé le mariage jusque dans ses moindres détails et éventualités, en interdisant par exemple la consanguinité pour limiter l'entre-soi et éviter diverses complications. C'est ainsi que le baptême est devenu un prérequis, pour s'assurer que les deux époux connaîtraient les vertus et donneraient une éducation dans ce sens à leurs enfants, ou qu'il est devenu nécessaire de se faire accompagner d'au moins deux témoins, qui affirmeront, peut-être pas oralement mais par leur bonne volonté, que cette union est loin d'être une mascarade montée de toutes pièces.
Pour finir, voici un message d'espoir aux couples qui ne parviendraient pas à avoir d'enfants : ne baissez pas les bras. Si votre amour est toujours aussi éclatant, et votre respect pour les lois sacrées intact, il est possible que vous receviez, un jour ou l'autre, une agréable surprise. Je pense bien entendu à Jean et Adeline, un couple de pieux Argentanais, dont le désespoir grandissait à mesure que le ventre d'Adeline, lui, ne grossissait point... C'est pourtant Sainte Anastasia, sous la forme d'un ange, qui leur apparut en aidant la nature à se développer. La persévérance ne se suffit donc pas à elle-même, mais l'amour, le vrai, provoquera bien peut-être un miracle grâce à elle... Miracle ou suite logique de ce qui devait advenir, on s'en affame plutôt que d'être marri. Mais je laisserai la parole aux principaux concernés, promis ! |
Citation: | Chapitre 1 : La Cité des Vertus
- Par Pie -
L'aube se levait sur la cité de Valmont, une ville prospère, nichée entre les montagnes majestueuses et la mer scintillante. Les rayons du soleil embrassaient les toits en tuiles rouges, et les premières lueurs de la matinée révélaient un marché en effervescence. Les marchands déployaient leurs étals de fruits colorés, d'épices exotiques et de tissus somptueux, tandis que les habitants commençaient leur journée avec une énergie renouvelée.
Au cœur de cette cité vibrante vivait un jeune philosophe nommé Guillaume de Valmont. Il était connu pour sa quête insatiable de la vérité et de la sagesse. Malgré son jeune âge, il avait déjà conquis l'estime de nombreux citoyens par ses discours perspicaces et sa capacité à résoudre des conflits avec sagesse. Ce matin-là, Guillaume se préparait à quitter sa modeste demeure pour rejoindre la Grand'Place, le centre névralgique de la vie intellectuelle et politique de Valmont.
En chemin, il croisa Jean de Montalban, un vieil ami et mentor. Jean était un homme d'une grande sagacité, ayant autrefois servi comme conseiller auprès des dirigeants de la cité. Il avait vu de nombreux philosophes et érudits émerger et disparaître, mais il voyait en Guillaume un potentiel extraordinaire : "Bonjour, Guillaume," salua Jean avec un sourire bienveillant : "As-tu entendu les nouvelles de ce matin ?"
Guillaume hocha la tête : "Non, mais je suis certain que tu vas me les apprendre. Qu'y a-t-il de si urgent ?"
Jean soupira légèrement avant de répondre : "La cité est en proie à des divisions internes. Les partisans de diverses écoles de pensée se disputent sur la meilleure manière de diriger et de vivre. Certains prônent la rigueur des Stoïciens, d'autres la quête de plaisirs des Épicuriens. Notre cité, jadis unie par la quête commune de la vertu, est maintenant fracturée."
Guillaume écouta attentivement : "Il est de notre devoir de rétablir l'harmonie. La vertu n'est-elle pas le juste milieu, comme l'enseignait Aristote ? Nous devons montrer aux citoyens que la vraie sagesse réside dans l'équilibre et la modération."
Jean acquiesça, mais une ombre de doute passa dans son regard : "Cela ne sera pas aisé. Il y a des forces en jeu, des ambitions cachées. Mais si quelqu'un peut guider cette cité vers la lumière, c'est bien toi, Guillaume."
Ils arrivèrent sur la Grand'Place, où les discussions passionnées résonnaient déjà. Guillaume prit une profonde inspiration. C'était ici, au cœur de la cité des vertus, qu'il allait commencer sa quête pour restaurer l'harmonie et guider ses concitoyens vers la sagesse aristotélicienne. |
Citation: | Brèves
- Par Melo -
En février, nettoie le bénitier
En mars, jette ta vinasse
En avril, prépare ton église
Les mariages arrivent !
Vous l'avez donc compris, après plusieurs mois plutôt tranquilles et un peu déprimants avec juste les enterrements à célébrer, nos clercs retrouvent le goût de vivre en même temps que le soleil !
Durant l'hiver, l'amour a pointé le bout de son nez ? Vous avez enfin trouvé l'être aimé(e) ? Celui ou celle qui sera vôtre pour toujours ? Vous prévoyez de le crier à la Terre entière ?
N'hésitez plus ! Contactez vos clercs qui se feront un plaisir de répondre à toutes vos questions et célébrer vos épousailles. |
Citation: | Jeux - Quiz de compréhension
- Par Laodin -
1. Pourquoi le mariage était-il injustement proscrit à l'époque de Saint Valentin ?
A. Parce qu'il y avait trop de divorces
B. Parce qu'il interdisait la polygamie
C. Parce que cela détournait les soldats de la guerre
D. Parce que la dot ruinait les familles
2. Par quel miracle Saint Valentin gagna-t-il la loyauté d'Astérius ?
A. En lui permettant de combattre à nouveau
B. En redonnant la vue à sa fille
C. En guérissant sa femme de sa folie
D. En effaçant ses dettes de jeu
3. Que fit Saint Cuthbert durant la famine de Kirkcudbright ?
A. Il alla chez la noblesse demander des vivres
B. Il partit pêcher avec les bénédictins en haute mer
C. Il mit au point un type de céréale résistant au froid
D. Il fit un ragoût avec tout ce qu'il restait
4. Comment Saint Cuthbert parvint-il à convertir le druide Lirion ?
A. En discutant avec lui, puis en invoquant le Ciel pour l'exorciser
B. En lui faisant lire pour la première fois le Livre des Vertus
C. En faisant hocher les arbres de leur cime à chacune de ses paroles
D. En lui montrant qu'on pouvait acquérir une force surhumaine par le seul pouvoir de la foi
5. Pourquoi le mariage nécessite-t-il d'être baptisé(e) ?
A. Pour apparaître comme pleinement aristotélicien(ne) devant tout le monde
B. Pour arriver devant l'autel vierge de tout reproche
C. Pour éduquer plus facilement les futurs enfants à la foi aristotélicienne
D. Pour nous embêter, il n'y a pas d'autre raison
6. Quelle est la différence entre une potion, un philtre et une essence curative ?
A. La potion améliore la condition physique, le philtre guérit définitivement, l'essence curative guérit temporairement
B. La potion guérit temporairement, le philtre améliore la condition physique, l'essence curative guérit définitivement
C. La potion améliore la condition physique, le philtre guérit temporairement, l'essence curative guérit définitivement
D. La potion guérit temporairement, le philtre guérit définitivement, l'essence curative améliore la condition physique
7. À quelle charge dans l'Église renvoie le prédicat d'Éminence ?
A. Évêque
B. Cardinal
C. Archidiacre
D. Curé
Solution :
1. C
2. B
3. D
4. A
5. C
6. C
7. B |
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Dernière édition par Laodin le Mer Mai 21, 2025 8:51 pm; édité 3 fois |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Mai 21, 2025 6:20 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Laodin -
Soldat Laodin au rapport ! Une nouvelle fois, c’est moi qui vais devoir prendre la plume pour cet edito, et assurer la mise en page de ce numéro. Notre vaillante capitaine, Monseigneur Cételle Montgargan, se trouve pour le moment indisponible ; et il en sera probablement de même pour les mois à venir, qui s’annoncent difficiles pour notre gazette. Qu’à cela ne tienne, nous ferons de notre mieux pour vous tenir informés, bien que nous manquions à ce jour de personnel.
Évidemment, il serait inconvenant de parler du mois d’avril sans évoquer Pâques qui est, avec Noël, la plus importante et populaire de nos fêtes dans le calendrier aristotélicien. Nous y reviendrons dans un article dédié en page 16, en explorant son origine dans le Dogme. Pour le reste, je vous retrouverai dans mon portrait du mois avec Saint Nicomaque, que nous avons fêté le 19 avril dernier. Nos deux rédacteurs réguliers, Frère Cyphus Garion et Son Éminence Pie de Valence, interviendront eux aussi dans leur domaine d’expertise avec la médecine pour l’un, et la fiction à but éducatif pour l’autre. Cela nous fait donc un petit programme sans prétention, bien qu’il ait demandé des efforts. Nous essaierons de faire venir de nouvelles volontés pour la fois suivante, ceci afin de vous proposer une lecture encore plus complète et diversifiée.
Le printemps est enfin venu, vibrant de ses fleurs et feuilles (mais surtout de ses abeilles), et nous espérons de même que toute situation difficile prendra bientôt une tournure positive. C’est là le message de l’aristotélisme : toujours croire au printemps, car aucun hiver n’est éternel sinon à celui refusant d’attendre. Cela est plus facile à dire qu’à faire, mais c’est vrai. Si la douleur ne s’éteint jamais vraiment, la vie offre de quoi la rendre plus supportable, en apportant de nouvelles perspectives. Qui sait, en effet, quelle surprise, quel nouveau sens à notre existence se trouvera derrière cette montagne de vide ? Pour le savoir, il ne tient que de prier, et attendre, en gardant l’esprit ouvert. Les exemples à ce sujet ne manquent pas, plus encore que ceux ayant décidé de jeûner avant Pâques avec le Carême. |
Citation: | Saint Nicomaque, le paradoxe du petit-fils
- Par Laodin -
Giosep et Maria, Nicomaque et Phaetis : des noms qui rappellent forcément quelque chose pour celles et ceux ayant l'habitude de réciter le Credo, car systématiquement placés aux côtés des noms des prophètes. Pour tout individu, la famille est importante ; c'est elle qui aura une influence sur notre vie et notre développement, de façon positive ou négative. Pour avoir chacun protégé leur enfant respectif, les parents d'Aristote et Christos méritent les louanges, et par conséquent d'être mentionnés aussi souvent que nécessaire. L'un d'entre eux devint même un saint, Saint Nicomaque, et c'est sur lui que j'aimerais que nous revenions aujourd'hui...
Attention ! Il y avait un piège dans mes propos ! Êtes-vous tombé(e) dedans ? Eh oui, car Saint Nicomaque n'est pas le père d'Aristote, qui est pourtant évoqué dans le Credo. Pour savoir à qui l'on s'adresse, il faut descendre plus bas dans la famille du prophète, en arrêtant notre regard sur son fils...
Nicomaque, fils d'Aristote lui-même fils de Nicomaque, n'avait en effet pas grand-chose à voir avec son grand-père, étant pour sa part né dans la pensée du Dieu Unique, et ne s'étant donc pas livré à l'erreur du paganisme. Le grand-père Nicomaque - Nicomaque Senior, pour que cela soit plus simple - était cependant un homme bon, ayant toujours soutenu son fils et dédiant sa vie à soigner les malades, comme le roi de Macédoine. S'il ne l'avait pas été, il eût d'ailleurs été peu probable qu'Aristote ne donnât pas ce même nom à son propre fils - Nicomaque Junior -, qu'il voulait bien entendu à son image.
Hélas, son enfance fut quant à elle un peu plus compliquée, étant jusqu'à l'âge de dix ans confié à des hilotes (serfs de l'époque) en raison des déplacements constants de son père, parti par exemple avec Alexandre le Grand à la conquête d'Aornos. Il cultiva donc de lui l'image d'un guerrier fier et indomptable, qui contrasta avec l'homme fragile qu'il retrouva. Cette désillusion l'amena tout d'abord à le haïr, avant de rattraper le temps affectif perdu tout en s'éclairant aux principes moraux fondant la Vertu. C'est de ces années-là que transparut la fameuse Éthique à Nicomaque (à retrouver dans bon nombre des universités actuelles), écrite par celui-ci en compilant les enseignements de son père. « L'amitié est une âme en deux corps », « Le courage est un juste milieu entre la peur et l'audace »... C'est dans ce livre, ce rouleau ou quelle qu'en soit la forme que l'on peut trouver ce genre de citation, au milieu de développements extrêmement fouillés.
Aristote avait de grands projets pour Nicomaque Junior, qui devrait aider la nouvelle génération à poursuivre la mission divine. Pour cela, il voyait en lui le futur précepteur d'Antiochos, fils du général Séleucos. Les Séleucides, nom donné aux successeurs d'Alexandre le Grand qui se partagèrent son immense empire, obtiendraient en effet une influence considérable sur le reste du monde, et seraient ainsi les seuls à pouvoir décider de la survie ou non des écrits d'Aristote, plus encore que les scolarques avec le fameux Lycée. L'enjeu concernait aussi Christos, qui apparaîtrait dans l'ultime prophétie du prophète (comme l'ultime bûche du bûcheron) : « Jeune Antiochos, ton destin sera inspiré par Dieu. Par toi, des milliers d'hommes de peuples différents se convertiront à la parole du vrai Dieu. Et parmi ces peuples s'en trouvera un dans lequel naîtra celui qui finira ce que j'ai commencé. [...] Antiochos fera germer la graine qui éclora avec Christos... » (Les derniers jours du prophète). Il était donc essentiel de voir ce maillon essentiel dans le développement de la foi être guidé par Nicomaque Junior, qui ne risquerait pas de faire défaut à la confiance placée en lui.
La vie de ce dernier serait toutefois loin d'être aussi facile, persécuté comme son père par un gouvernement méfiant de ce nouveau mouvement spirituel. C'est ainsi qu'Aristote fut assassiné par Perfidias (à qui l'on doit très probablement le mot perfide) tandis que Nicomaque se fit crever les yeux dans l'attaque de leur domaine par l'armée athénienne. Ces événements terribles ne l'empêchèrent pas de mener sa mission à bien, et de prendre sous son aile le jeune Antiochos. Désormais aveugle, il trouva quand même le moyen de faire écrire un nouveau livre, Du Dieu Unique et de Ses commandements.
Parallèlement à cela, il répéta dans tout le monde grec ce que lui avait appris son père, par exemple en condamnant les maisons de tolérance, lieux de luxure. On ne le soulignera jamais assez, mais cela tient du miracle de faire se rhabiller sur la seconde toute une clientèle débauchée, en lui faisant réaliser sans peine la honte de ses mœurs. Est-ce donc parce que Nicomaque disait « Les souffrances endurées par un homme le rendent plus fort ! Et sa foi n'en est que renforcée » qu'il parvenait tant et si bien à se faire écouter et respecter ? Ce rôle, en tout cas, ressemblait fortement à celui d'un guide spirituel, aux clercs de la future Église qui n'apparaîtrait que trois siècles plus tard (à une vache près).
L'Histoire oublie souvent le rôle joué par Saint Nicomaque dans le développement de la foi, ce qui s'explique ainsi : pris entre le grand Aristote et le solaire Antiochos, il s'apparente à un relais, une voie construite entre deux cités glorieuses. Qui irait vanter la propreté des routes plutôt que la splendeur d'une destination particulière ? Même le Credo le consacre moins que son grand-père, dans un paradoxe qui a pourtant tout de logique. Mais que cela ne vous donne pas une excuse pour ne pas le réciter, bande de chenapans ! |
Citation: | Les consultations
- Par Cyphus -
Au cours de mes dernières chroniques nous avons évoqué les maladies, les essences curatives, les simples... En un mot la pratique médicale. Des lecteurs nous ont fait remarquer à juste titre que tout cela intéresse les médecins sans concerner l'artisan ou le soldat. Cet article répond à cette demande en explorant les bonnes pratiques du point de vue du patient.
⚕ Quand se préoccuper de sa santé ?
Cette question est importante. Beaucoup de médecins répondront à juste titre « toujours ». Mais cette vérité n'est pas audible lorsque chacun doit prioriser dans son quotidien des tâches et responsabilités. Aussi, nous pourrions nous demander dans quelles conditions notre santé doit devenir une priorité. Nous identifions deux moments majeurs.
Le premier moment est, naturellement, lorsque notre corps nous rappelle à l'ordre par les souffrances que nous endurons. Des difficultés à manger, nous déplacer ou à travailler ? Examinez-vous, regardez-vous dans le miroir et estimez si vos douleurs sont physiques (reposez-vous, vous avez fait une mauvaise rencontre), organiques (allez consulter vous êtes malade) ou si vous mourrez de faim (vous savez quoi faire).
Le second moment est lorsque vous envisagez de vous maintenir longuement dans une situation qui ne vous donne plus accès à un cabinet médical. Typiquement, avant de prendre la mer, de voyager sur une longue période ou d'intégrer une armée. Dans ces trois cas il est recommandé—en particulier si vous n'avez jamais été traité par des esences curatives—de consulter un médecin de façon préventive. Ce serait tellement dommage de partir malade et de passer des semaines plié en deux.
⚕ Comment trouver un cabinet ouvert ?
Les cabinets médicaux sont désormais ouverts à proximité de votre mairie. Les anciens se souviennent qu'ils étaient auparavant au marché mais pour des raisons d'hygiène les municipalités ont ouvert des espaces dédiés dans leurs locaux. Cependant, vous l'aurez remarqué, ils sont rarement ouverts. En effet un médecin doit être présent sur place pour vous accueillir et ils ne peuvent être à la disposition hasardeuse de très rares patients : il vous faudra prendre rendez-vous.
Auprès de la mairie vous trouverez la liste des cabinets médicaux. Mais souvent la plupart des officiants ne sont même pas en ville. Ne perdez pas le temps de leur écrire à tous : le plus simple est d'écrire seulement à ceux qui habitent la ville. Si vous voulez être un peu plus rigoureux, comparez la liste des propriétaires de cabinets à la liste des habitants en ville obtenue auprès de la mairie : et n'écrivez qu'aux médecins présents dans les deux listes—qui ne sont pas en retraite.
⚕ Pourquoi consulter ?
Vous savez maintenant dans quelles conditions et comment accéder à un médecin. Mais pourquoi est-ce utile de consulter ? Il y a plusieurs façons de répondre à cette question.
Une consultation a pour but unique d'identifier les maladies que vous avez, si vous en avez. Et c'est tout. Insistons sur le fait que la consultation seule ne vous guérira pas, c'est une étape.
La consultation permet donc deux choses du fait de ce diagnostic :
-savoir si vous êtes bien en bonne santé avant de voyager.
-identifier pour quelle maladie vous avez besoin d'une essence curative.
Si vous vous savez malade et consultez pour identifier votre maladie, ce n'est peut-être pas utile si vous n'avez pas par devers vous la petite centaine d'écus nécessaire pour acheter l'essence curative correspondante. Souvenez-vous que dans votre cas la consultation est une étape intermédiaire à l'achat d'un traitement.
De façon très notable, si vous avez les moyens d'acheter les 4 essences curatives correspondantes aux 4 maladies connues (référez-vous au numéro 2 des Moineaux d'Aristote) alors il n'est pas utile de consulter, car vous pouvez ainsi vous soigner et vous protéger de façon aveugle mais sûre.
Par contre, ne sous-estimez jamais la furtivité des maladies latentes : si vous avez parcouru les royaumes quelques années et que vous n'avez jamais pris d'essence curative, vous avez très probablement une ou deux maladies latentes qui n'attendent qu'à se réveiller : prenez le temps d'économiser puis consultez pour vous en débarasser.
⚕ Comment consulter ?
Vous avez rendez-vous et une bonne raison de consulter. Bien, maintenant comment faire ? Rendez-vous en mairie puis demandez à accéder aux cabinets médicaux. Maintenant notez bien ce qui va suivre : choisissez, quoi que vous ayez, une consultation poussée. Les consultations basiques sont inutiles. Seules les consultations poussées sont utiles. En effet les consultations basiques ne permettent que de connaître vos symptômes que vous subissez déjà. L'idée derrière cette consultation basique est de vous proposer des potions pour vous soigner temporairement. Ce n'est jamais une bonne idée. C'est toujours une perte de temps et de ressources pour le praticien comme pour vous.
Choisissez donc bien une consultation poussée. Celle-ci permettra au médecin d'identifier les maladies que vous avez peut-être et pour vous proposer des essences curatives.
Un détail moins important mais civil est que nous vous recommandons de toujours prendre le premier rendez-vous disponible pour ne pas bloquer un éventuel autre patient qui viendrait plus tard. En plus, vous aurez votre diagnostic probablement plus tôt.
⚕ Que faire après la consultation ?
Après votre consultation le diagnostic n'est pas instantané. Le médecin doit l'écrire et il peut le faire dans certains cas rapidement ou plusieurs heures plus tard. Ecrivez-lui si vous êtes pressé ou au contraire déjà trop patient.
Le médecin vous donnera certainement de très bons conseils mais nous insistons sur la recommandation de bien prendre en note les noms des maladies identifiées. Ainsi si vous n'avez pas les moyens (financiers ou logistiques) de vous soigner maintenant, vous pourrez demander une essence curative plus tard sans avoir à demander une nouvelle consultation.
De plus, si vous consommez une essence curative, notez bien laquelle. Car vous serez désormais définitivement immunisé contre la maladie que cette essence soigne. Et cela est une information précieuse pour votre futur pour estimer votre état de santé par élimination.
⚕ Les consultations sont-elles fiables ?
Le plus souvent oui, mais cela dépend de votre médecin. Un médecin à la fois compétent et honnête n'a pas de raison de se tromper dans son diagnostic ni dans sa prescription. Bien sûr l'erreur est humaine mais c'est avant tout de l'honnêteté du praticien dont vous devez vous soucier. Une bonne installation et une bonne réputation du médecin dans sa province est une des meilleures garanties ; évitez donc de consulter des inconnus ou d'acheter des essences curatives sur le marché sans savoir d'où elles viennent.
⚕ Quand ne plus consulter ?
C'est simple : quand vous aurez investi dans les 4 essences curatives et que vous les aurez consommées, le cabinet médical ne vous sera plus jamais utile. Sauf dans un cas très spécifique : si un capitaine de navire ou d'armée vous demande un certificat médical récent. Mais vous saurez bien avant même le diagnostic que vous êtes désormais immunisé pour de bon. |
Citation: | Pâques : contre la fin, une tablette
- Par Laodin -
En ancien hébreu, Pâques se dit Pesah, qui veut dire passage. Un mot riche de signification, comme le festin dont vous avez peut-être profité à l'occasion : un passage implique toujours un état transitoire, souvent fait dans la douleur ou l'incertitude. Il en existe des bons, que l'on traverse grâce à l'espoir pour trouver une issue positive, et des mauvais, que l'on traverse par désespoir pour nous enfoncer encore plus dans le malheur ; aujourd'hui, ce sera de cette première catégorie que je vous parlerai, qui nous apprendra à tous une belle leçon de vie. Aussi désespérée que soit la situation, il y aura toujours un moyen de s'en sortir, et ce grâce à Dieu - par exemple, en Lui priant de vous donner la force de me lire, car il s'agit là aussi souvent d'une épreuve.
Contrairement à certaines idées reçues, Pâques n'est pas associé dans notre religion à une quelconque résurrection de Christos, mais aux festivités succédant à la chute d'Oanylone. Pâques est aussi connu sous le nom de Jour du Renouveau, en opposition au Mercredi des Cendres qui le précéda ; une fête des plus optimistes, donc, et la plus positive de toute l'aristotélité. Rien, et je ne pense pas me tromper en disant cela, n'était comparable au désespoir submergeant les rares survivants de ce cataclysme, persuadés d'être maudits, rejetés par Dieu jusqu'à n'être plus que poussière. La faim les tenaillait, en leur donnant à peine de quoi avancer jusqu'à des terres possiblement fertiles, qui n'arrivaient cependant jamais. Le sol était stérile, les arbres décharnés, le gibier disparu. C'était l'enfer avant l'heure, les Princes-démons en moins. Quarante jours de privations extrêmes, sans perspective que cela changeât, avec la mort de chacun d'entre eux au bout du chemin. Le Très-Haut les avait épargnés, mais n'était-ce pas pour mieux les achever, à petit feu plutôt que dans un grand déluge de feu et de pierre ? Beaucoup auraient songé, à ce moment-là, à abandonner le combat et se rendre face à la cruauté du destin.
Mhour, qui était un véritable amour, faisait partie d'entre eux. Lui non plus n'avait pas de bien grands espoirs : peut-être le fait de marcher lui permettait-il tout juste de trouver un sens à ces derniers jours pitoyables, un sens qui n'en avait que pour lui. L'humanité, viciée jusqu'à l'os, ne méritait plus de vivre, et eux auraient simplement le privilège de s'éteindre en dernier. Y avait-il la moindre gloire à cela ? La moindre rétribution ? Cela était peu probable. La souffrance était grande et si elle devait ne pas avoir de fin, peut-être alors serait-il préférable d'y mettre fin.
Ils ne faillirent pas, néanmoins, et ne rejetèrent pas en dernier recours ce cadeau de la vie que le Seigneur leur avait offert, marchant sans relâche vers le couchant à la couleur du sang. Mhour le disait : « Nous remplacions donc la nourriture par la prière, et les plaisirs par les pénitences. Le peuple se maudissait d’avoir préféré le plaisir à la prière et à la contemplation. » Qu'y avait-il d'autre à faire, en effet, que de s'accrocher au plus vain espoir, de continuer à prier Dieu malgré le courroux de Celui-ci ? La Créature sans Nom ne les avait pas corrompus, même s'ils avaient pu être tentés à une ou deux reprises. C'était là un exploit qui justifiait leur survie, même s'il ne les sauverait plus très longtemps. Mais, comme chaque fois que nous désespérons, n'y avait-il pas un peu de lumière dans les ténèbres, difficile à voir mais bel et bien présente ? Les signes étaient là, comme avec cette plante normalement destinée aux cochons et qui leur tenait mieux au corps que toute autre, comme si le Très-Haut avait décidé de bénir tout ce qui serait sauvé des flammes. Notre esprit reste limité à ce qu'il accepte de percevoir, de la même manière que j'ai cassé la serrure de ma porte, la dernière fois, parce que je refusais de reconnaître que la clef se trouvait de l'autre côté. Mais reprenons.
Contre toute attente, si l'on peut dire, une figure apparut devant les survivants au quarantième jour de leur galère, ce qui ne veut pas dire qu'ils étaient sur l'eau. C'était Oane, comme on le reconnut selon une statue désormais détruite du grand temple d'Oanylone. « Un fantôme ! » aurait crié une personne normale en s'enfuyant, mais il n'en fut rien et tout le monde se prosterna aussitôt devant l'homme de toutes les légendes. Fidèle à son héritage balayé par les générations suivantes, fidèle au jour si lointain où il avait répondu à Dieu que le sens de la vie est l'amour et en avait obtenu un grand pouvoir pour l'espèce humaine (cf. Livre de la Création, chapitres 6 à 8), Oane avança vers Mhour et dit entre autres : « Demain est un cadeau de dieu, faites la fête car ce sera le Jour du Renouveau ; que les quarante jours passés ne soient pas à l’image de votre vie, ne cherchez pas Dieu dans la souffrance, mais souvenez-vous d’avoir souffert pour ne pas Le perdre. » Il disparut alors, à la manière d'un spectre ou en s'éloignant simplement - les écrits ne sont pas clairs à ce sujet - et la fragile communauté, en extase, décida de passer la soirée à dévorer le reste de leurs maigres rations. C'était du quitte ou double, mais comment en vouloir à ces hommes et ces femmes qui avaient désespéré de trouver le moindre signe divin, et avaient reçu de tels commandements de la part d'un envoyé ?
À leur réveil, une oasis était apparue devant leur campement, remplie d'arbres fruitiers qui ne manqueraient pas de leur remplir la panse. C'était la fin de la faim, et ils allaient pouvoir se régaler ! Ce Jour du Renouveau fut une véritable transition dans l'épopée humaine, un passage heureux comme nous l'avons dit plus tôt. Cela fut symbolisé, en particulier, par un immense monolithe qui s'était lui aussi matérialisé : la Tablette d'Oane, sur laquelle toutes les lois divines, antérieures aux prophètes, avaient été inscrites. Nul ne sait ce qu'il en advint depuis, ni si nous saurions en lire le contenu : c'était une langue qui avait été oubliée de tous, bien qu'Ânani Mhour, fils de Mhour et premier historien, eût consacré toute sa vie à rétablir l'art et la connaissance des temps anciens. Un grand homme là encore, Ânani Mhour, mais ce sera peut-être pour une prochaine fois.
Pour tous, Pâques rimerait avec bombance et satiété, ce vers quoi renvoie la tradition de la collecte des œufs. D'une misère absolue, l'humanité déchue avait atteint un nouveau point d'orgue, montrant qu'il est essentiel de garder espoir dans les situations les plus désespérées. La vie comporte ses hauts et ses bas, comme les dunes que les survivants d'Oanylone avaient peut-être traversées, et on ne peut jamais dire avec certitude ce qui se trouvera derrière un horizon désolé... En souvenir de cet épisode fondateur, Pâques devint l'une des fêtes les plus populaires et célébrées, à égalité ou devant Noël. Certains, pour renouer avec les racines de nos ancêtres, décident même avant Pâques de suivre le Carême, comme le jeune Antonin que je salue... À Pâques, plus rien n'est opaque, sauf à l'intérieur des ventres. |
Citation: | Chapitre 2 : Les Ombres de Valmont
- Par Pie -
Guillaume et Jean étaient à peine arrivés et avaient à peine commencé à saluer quelques connaissances qu'un murmure sinistre parcourut les rues de Valmont. Des rumeurs circulaient sur un culte mystérieux qui gagnait en influence. Ce culte, connu sous le nom des Adeptes de l'Ombre Éternelle, prêchait des idées radicales et dangereuses, promettant un nouveau monde où seuls les plus puissants survivraient.
Guillaume avait entendu parler de ce groupe auparavant, mais il n'avait jamais pris leurs menaces au sérieux. Cependant, en voyant l'inquiétude dans les yeux de Jean, il comprit que la situation était plus grave qu'il ne l'avait imaginé.
Jean expliqua : "Les Adeptes de l'Ombre Éternelle gagnent en force. Ils recrutent parmi les jeunes désillusionnés et les pauvres désespérés, promettant une vie meilleure en échange de leur allégeance. Leurs méthodes sont sournoises, et ils n'hésitent pas à utiliser la violence pour parvenir à leurs fins."
Guillaume serra les poings : "Nous ne pouvons pas laisser ce culte détruire notre cité. Je dois en savoir plus sur eux et trouver un moyen de les arrêter."
Alors qu'ils marchaient vers la Grand'Place, Jean ajouta : "Les Stoïciens et les Épicuriens ont aussi exprimé leurs préoccupations face à cette menace. Les Stoïciens, avec leur approche basée sur la rigueur et la vertu, prônent la résilience et l'indifférence face aux provocations du culte. Ils sont bien trop prudents pour se laisser séduire par des promesses faciles et préfèrent rester fermes dans leurs principes."
Guillaume hocha la tête : "Et les Épicuriens, que disent-ils ?"
Jean répondit : "Les Épicuriens, quant à eux, mettent l'accent sur la recherche du bonheur et de la tranquillité de l'esprit. Ils estiment que nous devons éviter les conflits inutiles et chercher à désamorcer la situation par des moyens pacifiques. Cependant, certains d'entre eux ont été séduits par les promesses du culte. Attirés par l'idée d'une vie meilleure, de plaisirs immédiats et de la rupture avec les difficultés quotidiennes, ils ont basculé vers les Adeptes de l'Ombre Éternelle."
Guillaume fronça les sourcils : "Cela complique les choses. Nous devons trouver un équilibre entre la fermeté des Stoïciens et la quête de paix des Épicuriens, tout en déjouant les plans des Adeptes de l'Ombre Éternelle."
Ainsi commença la quête de Guillaume pour dévoiler les secrets des Adeptes de l'Ombre Éternelle. La lutte pour l'âme de Valmont ne faisait que commencer. |
Citation: | Jeux - Quiz de compréhension
- Par Laodin -
1. Pourquoi le mariage était-il injustement proscrit à l'époque de Saint Valentin ?
A. Parce qu'il y avait trop de divorces
B. Parce qu'il interdisait la polygamie
C. Parce que cela détournait les soldats de la guerre
D. Parce que la dot ruinait les familles
2. Par quel miracle Saint Valentin gagna-t-il la loyauté d'Astérius ?
A. En lui permettant de combattre à nouveau
B. En redonnant la vue à sa fille
C. En guérissant sa femme de sa folie
D. En effaçant ses dettes de jeu
3. Que fit Saint Cuthbert durant la famine de Kirkcudbright ?
A. Il alla chez la noblesse demander des vivres
B. Il partit pêcher avec les bénédictins en haute mer
C. Il mit au point un type de céréale résistant au froid
D. Il fit un ragoût avec tout ce qu'il restait
4. Comment Saint Cuthbert parvint-il à convertir le druide Lirion ?
A. En discutant avec lui, puis en invoquant le Ciel pour l'exorciser
B. En lui faisant lire pour la première fois le Livre des Vertus
C. En faisant hocher les arbres de leur cime à chacune de ses paroles
D. En lui montrant qu'on pouvait acquérir une force surhumaine par le seul pouvoir de la foi
5. Pourquoi le mariage nécessite-t-il d'être baptisé(e) ?
A. Pour apparaître comme pleinement aristotélicien(ne) devant tout le monde
B. Pour arriver devant l'autel vierge de tout reproche
C. Pour éduquer plus facilement les futurs enfants à la foi aristotélicienne
D. Pour nous embêter, il n'y a pas d'autre raison
6. Quelle est la différence entre une potion, un philtre et une essence curative ?
A. La potion améliore la condition physique, le philtre guérit définitivement, l'essence curative guérit temporairement
B. La potion guérit temporairement, le philtre améliore la condition physique, l'essence curative guérit définitivement
C. La potion améliore la condition physique, le philtre guérit temporairement, l'essence curative guérit définitivement
D. La potion guérit temporairement, le philtre guérit définitivement, l'essence curative améliore la condition physique
7. À quelle charge dans l'Église renvoie le prédicat d'Éminence ?
A. Évêque
B. Cardinal
C. Archidiacre
D. Curé
Solution :
1. C
2. B
3. D
4. A
5. C
6. C
7. B |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Sam Juin 28, 2025 2:47 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Laodin -
Les Moineaux ne sont pas partis, ils gazouillaient entre eux ! Eh oui, c’est deux mois après le précédent numéro que nous vous retrouvons, comme cela risque d’être le cas durant un long moment. En cause : le manque de temps pour nos rédacteurs, la crainte de perdre l’inspiration si la publication devait être trop fréquente... Cependant, ne vous trompez pas sur ce que firent nos prudents volatiles ces dernières semaines : loin de se rouler les serres, ils cherchèrent à recruter de nouveaux membres afin de combler leurs rangs, qui sont également un peu serrés. L’Église, et ici le clergé français, est en effet une somme d’individualités aux sensibilités parfois différentes, et il serait dommage de se priver du talent de certains quand notre gazette ne demande qu’à s’exprimer en des styles et genres variés.
Nous continuerons à chercher dans les prochains mois, à décider ceux s’étant dit intéressés à franchir le pas. En attendant, il nous faut retourner au présent avec le numéro de ce mois-ci - ou de ces deux mois-ci si vous avez bien suivi - revenant sur la période ô combien florale de mai-juin. L’actualité liturgique y était bien chargée : la Saint-Arnvald, la Saint-Grégoire, la Fête de l’Amitié, l’Ascension de Christos... Autant d’événements importants qui auront vu des célébrations, que ce soit dans les églises séculières ou dans les églises régulières - ou encore chapelles, basiliques, bref vous aurez compris. Nous aborderons ici certains d’entre eux, même s’il faudra bien entendu faire des choix. Pas tout d’un coup, petits gourmands !
Au vu des présences conjointes du père de l’Église et de son créateur effectif dans le calendrier, j’ai décidé de nommer le numéro ainsi : Ascension, expansion, succession. L’Ascension de Christos fut en effet le moment qui permit au messie de s’inscrire définitivement comme le messager du Très-Haut sur Terre, Titus, le premier de ses apôtres, étendit son influence depuis Rome pour faire régner la foi sur le monde, et il s’assura, à la fin de sa propre vie, de se trouver un successeur afin de pérenniser l’Église et la faire durer à travers le temps. Cette suite logique est similaire à celle du parcours spirituel : nous nous élevons par le baptême, nous étendons notre amour à tous, et nous faisons en sorte que notre passage sur Terre continue d’inspirer après notre départ.
Voici donc pour le programme, très rapidement : un portrait qui s’intéressera en toute logique à Saint Titus, un décryptage de la vertu de l’amitié, la suite du feuilleton ainsi qu’un récit inédit de Son Éminence Pie de Valence, la rubrique sur la médecine de Frère Cyphus Garion, les brèves de Monseigneur Melo de Montracol (élue Primat de France, félicitations à elle), et, pour terminer sur quelque chose de plus léger, le dessert en la présence des jeux habituels. Non, en réalité ce n’est pas tout : vous retrouverez en premier lieu le grand retour des entrevues, celle-ci étant conduite par Monseigneur Péris Bochon, que je remercie de s’être joint à nous. Comme quoi, cela sert parfois de gazouiller, à condition de ne pas s’égosiller ! |
Citation: | Entrevue avec l’évêque d’Angoulême et le vicaire diocésain d’Agen
- Par Péris -
Comme tout un chacun nous avons notre vocation, nos envies, nos inspirations. Aujourd'hui les Moineaux ont eu envie de vous présenter deux des derniers clercs ayant reçu une charge au sein de l'Église. Monseigneur Clovis-Alistaire et Père Agostino Casaroli ont accepté de répondre à quelques questions pour vous.
Péris Bochon - Parlez-nous en premier de vous, ce qui vous a donné l'envie de rejoindre l'Église.
Agostino Casaroli - Je suis Agostino Casaroli, vicaire du diocèse d’Agen. Mon envie de rejoindre l’Église est née d’un profond désir de comprendre le monde et d’y trouver une place où l’on puisse à la fois grandir spirituellement et se rendre utile. La pensée aristotélicienne m’a offert un cadre solide, et c’est en fréquentant des clercs engagés et bienveillants que j’ai senti que ma place était là, dans le service, l’écoute et la transmission.
Clovis-Alistaire - Je suis Clovis-Alistaire Barbarigo di Leonta, évêque d’Angoulême. Mon parcours n’a pas été marqué par une révélation soudaine mais plutôt par une série de silences, de lectures, de rencontres, de moments d’intériorité qui m’ont conduit peu à peu vers la vocation. Je n’ai pas rejoint l’Église par simple tradition, ni par attrait du prestige, mais par une lente reconnaissance d’un appel intérieur. J’ai toujours été attiré par ce qui structure et apaise : la parole donnée, la recherche du vrai, et le service des autres. Très tôt, j’ai perçu dans l’Église un espace unique où la foi pouvait se faire œuvre, où l’intelligence et la bonté n’étaient pas opposées. C’est dans cette articulation entre l’esprit et l’âme, entre le sacré et l’humain, que j’ai trouvé ma place.
P.B. - Qu'est-ce qui vous motive chaque jour à continuer votre travail au sein de l'Église ?
C.A. - Ce qui me porte chaque jour, c’est cette conviction simple, mais profonde : tant qu’il y a un seul cœur qui cherche encore, un seul fidèle qui doute, une seule âme à consoler, alors le ministère n’est pas terminé. L’Église, malgré ses fragilités humaines — que je ne nie pas — demeure un refuge, un repère, un lieu de relèvement pour ceux qui vacillent. Et puis il y a ce lien silencieux avec ceux qui m’ont confié leur confiance, même sans me le dire. Ce sont souvent ceux-là, les plus discrets, qui vous maintiennent en marche. Il y a aussi une part de devoir : lorsqu’on a reçu un diocèse, on ne l’abandonne pas au premier vent contraire. Et enfin, il y a Dieu. Non pas dans les éclats du tonnerre, mais dans la fidélité du quotidien, dans ce qu’on ne voit pas mais qui, chaque matin, vous remet debout.
A.C. - Ce qui me motive, c’est la conviction que l’Église a encore un rôle essentiel à jouer, surtout dans les lieux où la ferveur s’est amoindrie. Accompagner les fidèles, même peu nombreux, maintenir une présence, faire vivre nos paroisses, c’est un travail humble mais fondamental. Il y a aussi une grande joie à voir émerger de nouvelles vocations ou des engagements sincères, même discrets.
P.B. - Pourquoi avoir choisi le diocèse d'Angoulême / d’Agen pour y officier ?
A.C. - Je n’ai pas choisi Agen par confort, mais par fidélité à une intuition : celle qu’il faut être présent là où peu le sont encore. Agen est un diocèse qui a besoin de renouveau, de persévérance, de patience. J’y suis venu pour servir, en acceptant la lenteur du réveil, mais avec la conviction qu’aucune terre n’est perdue pour l’Église, tant qu’elle garde une voix pour parler, et une main tendue vers les autres.
C.A. - Je n’ai pas tant choisi Angoulême qu’elle ne m’a été donnée. Mais j’y ai vu, dès le début, un lieu plein de possibilités. C’est une terre à la fois enracinée dans l’histoire et ouverte au renouveau. Elle n’attire pas les regards, elle ne fait pas grand bruit, mais attise la convoitise des plus avares — c’est précisément ce qui m’a touché. J’ai toujours préféré les endroits humbles aux sièges éclatants. Ici, le travail est concret, la présence des fidèles discrète mais réelle, et les besoins nombreux. Je me suis engagé à relever ce qui s’endort, à soutenir ce qui vacille, à poser pierre après pierre ce que d’autres avant moi ont commencé. Et puis, il faut le dire : j’aime cette terre, ses silences, ses clochers isolés, et ses visages fidèles.
P.B. - Outre votre province, que faites-vous dans la vie de tous les jours ?
C.A. - Lorsque je ne suis pas plongé dans les affaires de mon diocèse — qui sont déjà fort nombreuses — je consacre du temps à la lecture, à l’écriture, et à la prière. J’essaie de toujours garder un œil sur le monde, sans m’enfermer dans mes seules fonctions. Je continue aussi à servir l’Église dans ses institutions romaines, en tant que Préfet de l’Office des Chapelles, où je veille à la bonne inspection des chapelles de notre Église. Je reste également fidèle à mes vœux jésuites, qui m’invitent à demeurer proche de mes frères et sœurs profès, dans une vie faite de méditation, de disponibilité et d’obéissance. L’équilibre entre l’action et la contemplation n’est jamais simple à tenir, mais c’est un défi que j’accepte chaque jour avec paix.
A.C. - Je m’investis activement dans la vie politique de mon duché, puisque je siège au conseil ducal. Cela me permet d’apporter une voix morale, une attention à l’humain, dans les décisions qui touchent notre quotidien. J’essaie d’être un pont entre les sphères spirituelle et temporelle, car je crois qu’un engagement complet passe aussi par la cité. Et lorsque le temps le permet, je me consacre à l’étude, aux échanges fraternels, et à la vie communautaire.
P.B. - Avez-vous pensé à la suite de votre carrière dans l'Église ?
C.A. - Je n’ai jamais aspiré à grimper dans les rangs. Cela ne signifie pas que je refuse toute responsabilité, mais que je ne les poursuis pas. Si un jour l’Église me confie d’autres charges, je les accepterai si je les juge justes et utiles. Mais pour l’heure, ma mission est ici. Et elle me suffit. Je préfère être utile en silence que visible sans fruit. La grandeur véritable ne se mesure pas à la mitre que l’on porte, mais à la trace que l’on laisse dans les cœurs.
A.C. - Je n’ambitionne pas les honneurs. Je crois à la fidélité dans le service. Si des responsabilités supplémentaires doivent venir, elles viendront en temps voulu, mais je ne cours pas après. Pour l’heure, mon unique préoccupation est de faire vivre mon diocèse. S’il doit y avoir une suite, qu’elle soit le fruit d’un appel légitime, et non d’une recherche personnelle.
P.B. - Si vous aviez un seul conseil à donner aux nouveaux fidèles désirant s'investir sur la voie de l'Église, quel serait-il ?
C.A. - N’attendez pas d’être nommé pour commencer à servir. L’Église n’a pas besoin de carriéristes, mais de fidèles disponibles. Commencez petit : aidez dans votre paroisse, apprenez à écouter, à prier, à consoler. Soyez présents là où l’on ne vous voit pas toujours. L’action humble, régulière, sincère, a bien plus de poids que mille discours. Et surtout, gardez la foi. Une foi vivante, nourrie chaque jour. Elle vacillera parfois, c’est inévitable. Mais si elle s’enracine dans la prière et dans l’amour du prochain, alors elle tiendra. Et c’est elle, au fond, qui vous portera quand vous ne saurez plus comment avancer.
A.C. - Ne vous laissez pas décourager par le silence apparent ou par l’impression de solitude. L’Église a besoin de chacun, à sa manière. Commencez là où vous êtes, avec ce que vous avez, et surtout, soyez constants. L’engagement porte du fruit, même si on ne le voit pas tout de suite. Et rappelez-vous que c’est en servant les autres que l’on découvre le sens profond de sa vocation. |
Citation: | Saint Titus, le père des pierres
- Par Laodin -
Personne n'a compté autant dans l'Église Aristotélicienne Romaine que Saint Titus, premier des apôtres et premier des papes. C'est normal : ayant été négociateur, il était souvent amené à faire des calculs... Comme pour les poissons de son enfance, il passait en revue ses troupes, qui étaient certes un peu plus bavardes et mordaient un peu moins.
Titus, parfois francisé Tite, avait déjà dix ans lorsque Christos vint au monde de Giosep et Maria. Contrairement à lui, nous ne connaissons pas les noms de ses parents, ce qui n'empêchait pas ceux-ci d'être des plus exemplaires, simples et aimants. Loin d'être pauvres mais aussi loin d'être fortunés, ils vivaient de la revente de leur pêche aux abords du Lac de Tibériade, au sein d'une communauté soudée. Ce cadre de vie idéal lui permit de se développer aussi bien socialement que physiquement, et assez tôt il apparut que Titus deviendrait un colosse, plus mobile et moins enclin aux chutes que celui de Rhodes. Il passa ainsi ses premières années sans histoires - ou à la limite celles racontées au coin du feu, le soir avec des amis -, n'ayant même pas le malheur d'assister aux massacres d'enfants par le roi Mistral qui se déroulaient au même moment en Judée, pays voisin de la Galilée où il résidait. Il se destinait à devenir lui aussi un pêcheur, voire un commerçant si l'on se fondait sur son don pour négocier et parlementer, comme avec les Romains qui s'étaient entre-temps établis dans la région pour les exploiter.
Ce ne furent cependant pas ses prouesses qui lui valurent la visite de Christos bien des années plus tard, mais le hasard d'une rencontre, du messie passant à travers son village comme à travers d'autres pour propager la parole divine. Un dialogue profond s'engagea entre eux, qui décida finalement Christos à le prendre comme apôtre. Ils partirent peu de temps après en direction de Jérusalem, probablement en compagnie de Samoht, deuxième des apôtres et apprenti de Titus. Ce départ pourrait paraître soudain, mais l'illumination avait transcendé notre pêcheur qui n'avait rien d'un pécheur : il devait suivre cet homme, qui comblait un vide dans sa vie spirituelle, d'autant qu'il était malheureux dans son mariage qui le voyait sans enfants. Il rêvait d'autre chose, d'une vie portée essentiellement sur Dieu, avec sa famille qui serait en réalité celle du monde entier, qu'il embrasserait sans favoritisme. D'ailleurs, il est possible qu'il eût encore pensé à ce moment-là revenir, étant déjà parti pour la capitale lors des manifestations de pêcheurs qu'il avait si bien représentées.
La suite est hélas fort bien connue : le triomphe de Christos à Jérusalem, la trahison de l'apôtre Daju, la crucifixion, l'Ascension. Comme d'autres, il assista à tout cela dans la plus complète des impuissances, à jamais bouleversé de ce qui était arrivé à son ami et guide. C'était en juin. Nuit de juin ! Dix-sept ans ! Mais le temps restant de Titus serait en réalité beaucoup plus court que cela, alors que la colère de Dieu assombrissait le ciel et qu'il avait été choisi pour prendre la suite de Christos. C'est ainsi qu'il partit pour la cité tentaculaire de Rome, celle-là même qui avait causé une grande partie de leurs problèmes. En quelque sorte, il se jetait dans la gueule de la louve, même s'il outrepasserait la douleur pour mieux la dominer...
Néanmoins, il ne traversa pas la mer sans avoir fait un dernier adieu à ses compagnons, toujours pour faire connaître la vraie foi au reste du monde. Une idée brillante germa dans son esprit : rassemblant toute la fortune des apôtres, une fortune dont Christos leur avait dit de se détacher, il fit fabriquer douze bagues ornées d'une pierre, symboles de leur autorité sur la future Église. « Nous allons devoir, comme Christos l’a voulu, suivre celui qui sera notre père spirituel et celui sur qui les yeux de Dieu pourront se tourner directement ; il recevra la pierre pourpre, et les autres la pierre émeraude » (Lettre de Linus à Anaclet). Ils adoptèrent dans le même temps le symbole de la croix, rappelant la valeur du sacrifice au service de Dieu, et se séparèrent dans plein de directions différentes allant de l'Europe profonde, pour les plus fous, à un retour vers Jérusalem, pour les tout aussi fous. Seul Paulos demeura à l'abri de toutes représailles à Césarée, ayant de son côté pour mission de coordonner tous les apôtres par une correspondance élevée.
Après avoir traversé la mer, comme le ferait inlassablement un autre apôtre du nom de Thanos, Titus, le Grand, le Beau, l'Intelligent (mais nous nous en arrêterons là avec les superlatifs) débarqua enfin dans les Pouilles, qu'il s'efforça de convertir avant de s'attaquer au plus gros et dangereux des travaux. Grâce à la science d'Aristote, au mysticisme de Christos et à sa propre capacité à convaincre, il réussit à constituer un semblant de communauté aristotélicienne à Rome à une époque où l'on priait davantage Mars ou Mercure. Il n'était pas seul, cependant ; Samoht, son ancien apprenti et le plus jeune de tous, l'avait suivi, ainsi qu'un certain Anaclet ayant hérité de la dernière bague, celle qui serait normalement revenue à Daju. Malgré leurs suppliques et les instructions données par Christos (« Tu peux m'aider à porter cette communauté ; tu seras mon second »), il refusait de se reconnaître comme leur chef, préférant se mettre à égalité avec eux. Il n'eut d'autre choix, cependant, que d'accepter cet honneur lorsqu'une colombe surgit au beau milieu de la conversation pour déposer une couronne de basilic sur sa tête, signe de son auguste destin (mais rien à voir avec l'empereur Auguste, décédé quelques dizaines d'années plus tôt). « Sois notre guide, toi le roc de sagesse, toi notre père, notre papa », insistèrent-ils, et il se fit effectivement appeler "papa", Pape, pour établir un lien d'affection entre lui et les autres membres de l'Église.
On peut estimer que c'est à partir de ce moment-là qu'il fit remplacer la pierre émeraude de sa bague par une pierre pourpre, établissant ainsi les prémices de la hiérarchie à laquelle tout clerc répondrait. Ce fut aussi, cruellement, ce qui décida l'empereur romain d'alors (pas Auguste !) à le supprimer, inquiet de son influence grandissante. Il le jeta en prison, où il mourut de faim et d'épuisement, peu après s'être livré à d'étranges jeux du cirque. De toutes les croix qu'on lui avait demandé d'arracher du sol afin de délivrer les siens, toutes furent soulevées par l'homme à bout de forces, prouvant ainsi la puissance de la foi qui l'animait... Avant de s'éteindre, entouré de patriciens venus lui rendre hommage, il choisit Linus pour lui succéder, un aristotélicien et ami qu'il savait capable de diriger. Linus, à son tour, choisirait Anaclet, jusqu'à ce que l'Église décidât d'organiser des élections entre les cardinaux, ce qui mena environ mille cinq cents ans plus tard à notre Pape actuel, Sixtus IV... Une tiare pour combattre les tares, voilà ce que représenterait chacun d'entre eux, défendant les paroles des prophètes comme l'avait toujours fait Titus, le plus titanesque de tous. |
Citation: | Récit - Arnaud ou le berger du silence
- Par Pie -
Note : Ceci est une fiction, sans lien aucun avec une personnalité reconnue. L’auteur a souhaité suggérer à travers elle une application concrète et possible de la foi, en s’inspirant d’autres exemples présents dans le Dogme.
Il y a très longtemps, quand tous les grands-pères et toutes les grands-mères étaient de très petits enfants ou même de très petits bébés s'ils étaient déjà nés, dans la paisible vallée de Ceffonds, aux confins de la Champagne, naquit Arnaud, fils d’un modeste berger. Dès son plus jeune âge, il se distingua par une profonde sagesse et une bienveillance innée. Plutôt que de courir les champs avec les autres enfants, il aimait observer la nature et écouter les silences du monde.
Un jour, alors que des pillards menaçaient son village, Arnaud fit preuve d’un courage singulier : au lieu de fuir ou de résister, il s’agenouilla et murmura des paroles de paix. Étrangement, les brigands, troublés par la sérénité qu’il dégageait, baissèrent leurs armes et s’en allèrent sans nuire à personne. Ce miracle fut le premier d’une longue série.
Mais Arnaud était avant tout un homme du peuple. Il vivait parmi les paysans, aidait aux récoltes, reconstruisait les maisons après les tempêtes et veillait à l’harmonie du village. Lorsqu’une querelle éclatait entre deux familles, il ne prenait jamais parti, mais écoutait avec patience et trouvait les mots justes pour apaiser les tensions.
Un jour, deux frères se disputaient un lopin de terre, refusant de céder à l’autre, vinrent le trouver pour qu'il juge leur différent, mais plutôt que de trancher leur querelle, Arnaud prit leurs mains et les serra ensemble : « Cette terre que vous vous disputez aujourd’hui nourrira vos enfants demain. Voulez-vous leur laisser une histoire de haine ? » Les frères, bouleversés, mirent fin à leur affrontement et cultivèrent ensemble ce champ devenu symbole de réconciliation.
Cherchant à approfondir son lien avec le divin, Arnaud développa aussi une forme de prière qu’il appela le chant du cœur. Contrairement aux prières vocales et aux chants liturgiques traditionnels, cette pratique se fondait sur un silence absolu, favorisant une communion profonde avec Dieu ; sur une intention pure, où celui qui prie laisse son âme s’exprimer librement, sans formuler de demandes précises ; et sur une respiration consciente, qui rythme cette prière imperceptible
Cette approche novatrice séduisit le peuple. Contrairement aux longues prières monastiques en latin, le chant du cœur ne nécessitait ni savoir ni rituel complexe : il s’agissait simplement de se placer en présence de Dieu et de laisser son âme chanter silencieusement. Ceux qui pratiquèrent cette prière furent conquis et déclarèrent ressentir une paix profonde et une proximité avec Dieu qu’ils n’avaient jamais expérimentée auparavant.
Aussi, très tôt, et bien qu'il ne soit ni saint, ni bienheureux, des légendes plus ou moins véridiques lui attribuèrent moult miracles comme :
- le pain du voyageur : Un jour, un pèlerin affamé frappa à sa porte. Arnaud lui offrit son dernier morceau de pain et pria silencieusement. Lorsqu’il ouvrit à nouveau son garde-manger, le pain s’y était multiplié, permettant de nourrir d’autres voyageurs pendant plusieurs jours.
- l'’aveugle guéri : Un vieil homme, aveugle depuis des années, vint méditer auprès d’Arnaud. Après plusieurs heures de prière silencieuse, il se releva et retrouva la vue, déclarant avoir été guéri par la paix profonde qui émanait de son guide spirituel.
- l'orage apaisé : Alors qu’un terrible orage menaçait les récoltes du village, Arnaud invita les habitants à prier en silence avec lui. Tandis que tous s’abandonnaient à leur foi sans mots, le vent cessa progressivement, et les nuages se dispersèrent.
- le prisonnier innocent : Un jeune homme injustement accusé de vol fut jeté dans la prison du seigneur local. Sa mère supplia Arnaud de prier pour son fils. Cette nuit-là, le seigneur fit un rêve où Arnaud lui apparaissait en paix. Le lendemain, il réexamina les preuves et libéra le prisonnier, avouant que la sérénité du saint l’avait troublé.
- la source miraculeuse : Peu avant sa mort, alors que la sécheresse frappait Clairval, Arnaud se retira dans la montagne pour prier. On raconte qu’après trois jours de méditation en silence, il frappa le sol de son bâton, et une source claire jaillit, irriguant les champs assoiffés du village.
À sa mort, sa pratique du chant du cœur se perpétua dans les familles du village. Chaque foyer prenait un moment de silence où l’on priait sans mots, simplement en se recueillant dans la confiance divine.
Les siècles passèrent, mais son souvenir demeura : celui d’un homme dont la notoriété reposait sur la puissance du silence et de la compassion, et dont la prière transcendait les mots. |
Citation: | Médecine - Qu'est-ce qui a changé depuis le passage de Marjorie ?
- Par Cyphus -
Depuis plusieurs semaines, les conséquences de la tempête Marjorie se sont faites ressentir et les différentes guildes ont réorganisé le fonctionnement de leurs métiers pour y faire face. Qu'en est-il de la médecine ?
Les consultations
Tout d'abord, constatez que les impacts de la tempête Marjorie du point de vue des patients sont très limités. Ainsi nos articles sur les maladies (Les Moineaux n°2) et les consultations (n°7) restent valables.
Il n'y a qu'une nouvelle subtilité : désormais les patients peuvent consulter deux fois le même jour ce qui n'était pas le cas auparavant. C'est utile dans le cas où le patient aurait par maladresse choisi une consultation basique la première fois, consultation basique qui pour rappel doit être évitée.
Le fait que les médecins doivent désormais être davantage concentrés pour consulter pourrait faire marginalement augmenter les tarifs des consultations mais l'auteur pense que cela ne sera probablement pas significatif en raison d'un investissement en temps déjà conséquent dans le passé lors des ouvertures de cabinet. L'ajout de concentration de la part du médecin ne devrait pas ou peu impacter les tarifs.
Même si les patients garderont leurs habitudes avec leurs praticiens, ils seront mis en garde d'une hausse possible des tarifs de leurs productions pour des raisons détaillées ci-dessous.
Les simples
Les cueilleurs de simples seront ravis d'apprendre que le rendement de leur recherches a augmenté puisqu'un herboriste expérimenté peut désormais obtenir 50 simples par jour. Ce sans même compter les effets des faucilles et attrape-papillons (Les Moineaux n°6). En effet le limon apporté par quelques inondations a nourri le sol pour le plus grand bien des plantes. Bien que cela profite certainement aux cueilleurs, l'impact sur le prix de chaque simple ne devrait pas être suffisamment grand pour faire levier sur le prix des potions, en particulier fasse à une nouvelle réforme.
Les essences curatives et potions
En effet les apothicaires subissent une nouvelle contrainte sur leur production. Les médecins devaient déjà auparavant travailler de nuit, dans le calme, que ce soit pour produire des potions, des essences curatives ou étudier une maladie. Désormais, pour éviter les maladresses, la guilde des médecins impose différents contrôles coûtant davantage de concentration et il faut désormais que les médecins mobilisent leur énergie sur leur travail. Contrairement aux consultations qui étaient déjà longues, cela change beaucoup pour les productions de potions qui pouvaient par le passé être bâclées en mélangeant rapidement les ingrédients dans la nuit. Désormais, la nécessité de compter et recompter les simples force les médecins à garder une part de leur énergie pour des contrôles.
Autrement dit, dans le passé produire 20 potions ou 5 essences curatives était très rapide et presque sans coût, désormais cela prend au minimum le quart de l'énergie de la journée. Ainsi, des hausses de coût des potions sont à prévoir. Mais attention, les essences curatives nécessitent de nombreuses potions et elles-même une préparation supplémentaire en sus du mélange. En cumulant plusieurs nuits à travailler en mobilisant son énergie, les essences curatives devraient voir leurs prix augmenter substantiellement.
Les philtres
Contrairement aux essences curatives, les philtres pouvaient être produits en mélangeant rapidement des potions déjà préparées. Et c'est toujours le cas. Les philtres sont donc moins impactés par les réformes liées à Marjorie. Mais aussi faible que soit l'augmentation de leurs coûts, cela menace encore davantage leur utilité déjà faible pour la plupart des recettes connues (les Moineaux n°4).
Au global, la conséquence majeure de la tempête est une augmentation du coût en énergie du travail nocturne des médecins, occasionnant une hausse des tarifs des potions, des philtres et davantage encore des essences curatives. Une légère augmentation du rendement de la cueillette des simples pourrait limiter marginalement cette hausse mais probablement pas la compenser.
En dehors de ces conséquences pécuniaires, aucun changement majeur du fonctionnement de la médecine est à constater et l'essentiel des connaissances déjà acquises dans le domaine restent valables. |
Citation: | L'amitié, une vertu qui n'a pas la berlue
- Par Laodin -
Qui s'est déjà plaint d'avoir des amis ? De vrais amis, loyaux et qui ne nous laisseront pas tomber ? Seul, la vie devient plus difficile, plus impitoyable, là où d'autres nous donneront la force d'avancer. Il y a bien une raison, en effet, pour laquelle le Très-Haut décida de créer plus d'un représentant de notre espèce, une raison que nous allons explorer aujourd'hui... Et oui, c'était avant tout pour la reproduction, mais évitez de voir tous vos camarades sous cet aspect je vous prie - ce ne serait pas de la luxure, pardon pas du luxe.
Le premier à avoir théorisé sur l'amitié est nul autre que le premier de nos prophètes, Aristote. Christos lui-même lui reconnaissait cet accomplissement : « Ceux qui ne vivent pas dans l’amitié que nous a enseignée Aristote, ceux-là brûleront dans les mille flammes de la géhenne » (Vita de Christos, Chapitre VIII). Selon Aristote, cette amitié devait se faire entre égaux, capables de s'entraider à tout instant. Servir quelqu'un ne revient donc pas ainsi à lui donner un coup de main, une vraie amitié ne se limite jamais au cadre professionnel ou aux intérêts qui l'entourent. Polyphilos, un riche marchand athénien, prétendait par exemple être ami avec tous ceux travaillant pour lui, même ceux qu'il ne connaissait qu'à peine. « Il faut surtout que l'intéressement ne soit pas trop prononcé dans le chef d'un des prétendus amis » le mit en garde Aristote (Vita d'Aristote, Chapitre XIII), tout en l'incitant à s'ouvrir à eux et à ne pas prendre ses distances par une méfiance excessive. Il n'aurait quand même pas fallu qu'il devînt comme l'ermite du chapitre précédent, fuyant la société pour faire de ses légumes des amis ! Le Juste Milieu, l'équilibre est une notion fondamentale dans l'aristotélisme, et il est surtout important de ne pas se tromper dans ses relations avec les autres, au risque de se bercer d'illusions et de finir malheureux.
L'amitié est aussi curiosité, ouverture aux autres, découverte de ce qui nous est inconnu et que nous embrassons en parfaite conscience. Elle nous rappelle que nous ne possédons pas l’entière Vérité tant que nous ne la confrontons pas aux autres, ne l’appliquons pas à ce qui nous entoure. C’est la raison pour laquelle le Très-Haut sépara la langue originelle des Hommes en une multitude de langues : pour nous inciter à écouter nos semblables, faire l’effort de les comprendre, et par conséquent ne plus vouloir leur faire la guerre. Nos différences sont souvent bien moindres que nos points communs, même lorsqu’une culture nous paraît des plus étranges et exotiques.
Encore faut-il, bien sûr, se mettre d’accord sur ce qui nous rassemble, sans pour autant abandonner ce qui nous différencie ; lorsque cela n’est pas possible, toute amitié sera vaine et superficielle, comme s’en aperçut Saint François de Gênes devant Mehmed. Si aristotéliciens et averroïstes partagent la même foi en un Dieu unique, certains désaccords sont tels sur la manière de l’exercer qu’aucune relation saine ne pourra en aboutir. Il faudrait sinon ne plus débattre et éviter certains sujets, or il est de croyance commune que l’on peut tout se dire entre amis.
La guerre est une bien vilaine chose, et est condamnée par Dieu. Pourtant, force est de constater que là où l’amitié est impossible, cette “faculté de se préoccuper du sort d’autrui”, elle demeure l’une des seules alternatives possibles pour en forcer le passage. Comme cela est très paradoxal à entendre, rien ne vaut à ce sujet l’exemple : Aristote, justement, qui en compagnie de son ami Alexandre le Grand, avait fait assiéger la cité d’Aornos pour le plus grand bien de celle-ci. Un homme, un seul, l’avait décidé à faire usage de violence : le Grand Manitou du Serpent Cosmique, qu’il était impossible de raisonner et qui oppressait son peuple pour ses propres intérêts. Il empêchait par des lois absurdes la pratique des vertus, et en particulier celle de l’amitié, car plus personne n’était en mesure d’écouter quelqu’un d’autre que soi-même, prisonnier d’un système qui le dépassait largement. C’est ainsi pour libérer tout un peuple et lui permettre d’enfin exprimer sa bonté qu’Aristote provoqua de lui-même en duel le Grand Manitou, le dominant physiquement, mais surtout spirituellement. Comprenant enfin à quel point ils avaient été roulés, les Aornossiens achevèrent de se débarrasser de lui, et vécurent heureux dans l’amitié retrouvée.
Il aura peut-être été porté à votre connaissance la vision de la cité idéale d’Aristote, qu’il réalisa à partir de ce jour-là. Aornos, cité du péché, était devenue Aornos cité de l’amitié : trois cercles qui se répondraient dans une égalité parfaite, sans que l’un ne vînt à écraser l’autre. La classe d’airain serait celle des producteurs, qui nourriraient toute la population ; la classe d’argent serait celle des soldats, qui protégeraient tous les autres ; la classe d’or serait celle des philosophes rois, têtes pensantes qui auraient à cœur le bien-être de tous et rien d’autre. Contrairement à n’importe quelle autre cité répondant à des logiques de soumission, cette communauté serait libre, dirigée mais non dominée ; un peu de la même façon que les maires de notre époque, qui représentent, protègent leurs administrés sans se considérer comme supérieurs à eux.
Nous pourrions en réalité séparer l’amitié en deux catégories distinctes : l’amitié commune, qui peut être éprouvée entre deux êtres humains même hétérodoxes, et l’amitié aristotélicienne, qui nous rapproche de l’humanité tout entière. C’est cette seconde amitié qui nous permet de donner la charité, d’avoir du souci pour d’autres que ceux que nous connaissons. Le message est plutôt parlant : nous faisons partie d’un tout, et la souffrance d’autrui doit aussi être notre souffrance. En un sens, Christos est notre ami à tous ; sa souffrance nous est rappelée à travers l’eucharistie, soit le partage du pain et du vin, à la fin de chaque messe. Ce rituel, partagé de tous les fidèles, nous rapproche alors même que nous ne nous connaissons peut-être pas, dans une communion qui dépasse la simple entente.
Pour résumer cette vertu en une phrase, nous sommes tous l’ami des autres, peut-être l’ami d’un autre. Même seul et livré à lui-même, l’aristotélicien pourra toujours compter sur la communauté pour l’aider à se relever, à surmonter ses peines et ses douleurs. Et, comme le disait le messie avec un souchon... soupçon d'allégresse, « La vie ne vaut rien, rien, mais moi quand je tiens dans mes mains éblouies les deux petites mains de mon ami, alors je dis rien, rien ne vaut la vie ! » |
Citation: | Chapitre 3 : Les Premières Investigations
- Par Pie -
Le carillon de l'horloge de la tour de ville résonnait dans tout Valmont lorsque Guillaume de Valmont et Jean de Montalban atteignirent la Grand'Place. Les discussions animées des citoyens et les cris des marchands donnaient à la ville une atmosphère bouillonnante. Cependant, l'inquiétude croissante liée aux Adeptes de l'Ombre Éternelle semblait jeter une ombre pesante sur la cité.
Guillaume s'approcha discrètement d'un groupe de jeunes gens rassemblés près d'une fontaine. Leur air inquiet et leurs murmures témoignaient d'un trouble évident. Il s'avança doucement, espérant recueillir des informations.
« Bonjour à tous, dit-il avec un sourire chaleureux. Je m'appelle Guillaume de Valmont. J'ai entendu parler d'un groupe mystérieux, les Adeptes de l'Ombre Éternelle. L'un de vous aurait-il des informations à leur sujet ? »
Un jeune homme, visiblement préoccupé, prit la parole : « Ils approchent des jeunes comme nous, promettant une vie meilleure et une place dans leur nouvelle société. Ils affirment que nous avons été abandonnés par les dirigeants de la cité et que seuls les Adeptes peuvent nous offrir un avenir. »
Guillaume hocha la tête, pensif : « Et où les avez-vous rencontrés ? Existe-t-il un endroit précis où ils se rassemblent ?
— Oui, répondit une jeune femme d'une voix tremblante. Ils se réunissent souvent près de l'ancienne taverne, dans le quartier ouest de la ville. Ces réunions secrètes ont lieu la nuit. »
Guillaume remercia les jeunes gens avant de se tourner vers Jean : « Nous devons aller vérifier par nous-mêmes. Peut-être découvrirons-nous qui se cache derrière ce culte et quelles sont ses véritables intentions. »
Mais, alors qu'ils s'apprêtaient à quitter la place, une violente dispute éclata entre plusieurs habitants. L'un défendait les enseignements du stoïcisme, tandis que d'autres soutenaient les idées novatrices de l'épicurisme. Les penseurs aristotéliciens ne savaient sur quel pied danser, et la situation s'intensifia davantage lorsqu'un partisan de la philosophie platonicienne s'immisça dans le débat, le rendant encore plus houleux. |
Citation: | Brèves
- Par Melo -
Citation: | « En mai, fais ce qu’il te plaît »
Fini les écharpes, adieu les montagnes de tricots ! Le mois de mai et son soleil radieux nous permettent de nous découvrir à nouveau.
Il faut cependant se rappeler que le corps est un bien précieux et qui doit être traité avec respect et pudeur notamment. Ne vous découvrez donc pas trop ! Attiser les regards enflammés ne vous conduira malheureusement pas toujours au mariage. Cela pourrait d'ailleurs avoir des effets néfastes pour votre réputation et votre honneur.
Prenez donc garde : tuniques et robes jusqu'aux chevilles sont donc vivement conseillées. |
Citation: | « Qui en juin se porte bien, au temps chaud ne craindra rien »
On le sait tous. Si en juin, il fait ni trop chaud ni trop froid, cela augure le meilleur pour l'été. Que ce soit du côté des récoltes (un champ qui est sain en juin supportera mieux la chaleur ou les fortes pluies de l'été), que du bétail que de notre santé mais aussi de notre moral ! Ce dernier est bien trop souvent oublié.
Plusieurs techniques sont utiles pour se sentir bien : rire, danser, bien manger, être en bonne compagnie mais j'ajouterai aussi et principalement : la prière !
N'oubliez pas que la prière est là pour vous accompagner/vous aider/vous soutenir. Il n'y a pas d'heures pour prier - ou plutôt : toutes les heures sont bonnes pour prier !
Priez au lever, priez le midi, priez le soir, priez en allant au travail ou en attendant vos bambins.
La prière est une bonne solution pour vous préserver.
Ainsi, en juin : priez bien pour préparer votre été ! |
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Citation: | Jeux
- Par Laodin -
Citation: | Quiz de compréhension
1. Que donna Saint Titus aux autres apôtres ?
A. Des plumes
B. Des mitres
C. Des bagues
D. Des gants
2. À la suite de quoi Saint Titus accepta-t-il de devenir Pape ?
A. Lorsque Daju commença à vouloir créer sa propre religion
B. Après avoir obtenu la bénédiction de Christos
C. Après avoir triomphé des épreuves données par l’empereur romain
D. Après s’être fait couronner par une colombe
3. Quel impact eut la tempête Marjorie sur la médecine ?
A. En augmentant les rendements des simples et en ralentissant la production des potions
B. En augmentant la production des potions et en diminuant les rendements des simples
C. En forçant les médecins à refaire leurs stocks disparus
D. En donnant mal à la tête à Frère Cyphus
4. Quelle est la définition officielle de l’amitié ?
A. La faculté de se préoccuper du sort d’autrui
B. L’extériorisation de l’humanité
C. La capacité à se reconnaître dans l’autre
D. La promptitude à faire les quatre cents coups ensemble
5. Dans quelles circonstances l’amitié véritable doit-elle s’exprimer selon Aristote ?
A. Lorsque deux individus se complètent par leurs centres d’intérêt
B. Lorsque deux individus sont traités de façon égale
C. Lorsque deux individus sont prêts à mourir l’un pour l’autre
D. Lorsque deux individus peuvent débattre de philosophie pendant des heures
6. Sous quel angle le corps doit-il être traité ?
A. Avec naturel et légèreté
B. Avec discipline et perfectionnement
C. Avec respect et pudeur
D. Un angle de 35° environ, ce qui reste une pente assez douce
7. Lequel de ces événements liturgiques n’apparaîtra PAS en juillet-août ?
A. La Saint-Bynarr
B. La Saint-Louis
C. La Mort d’Aristote
D. L’Ascension de Christos |
Citation: | Pape ou pas Pape ?
Anaclet : Pape / Pas Pape
Samoht : Pape / Pas Pape
Hygin : Pape / Pas Pape
Grégoire : Pape / Pas Pape
Jeremiah : Pape / Pas Pape
Arnvald : Pape / Pas Pape
Nicolas : Pape / Pas Pape
Innocentius : Pape / Pas Pape
Antiochos : Pape / Pas Pape |
Solution du quiz :
1. C
2. D
3. A
4. A
5. B
6. C
7. D
Solution du jeu du Pape :
Anaclet : Pape
Samoht : Pas Pape (apôtre)
Hygin : Pape
Grégoire : Pape
Jeremiah : Pas Pape (guide d’Aornos)
Arnvald : Pas Pape (cardinal et abbé)
Nicolas : Pape (Nicolas V prédécesseur d’Innocentius VIII)
Innocentius : Pape (Innocentius VIII prédécesseur de Sixtus IV, Pape actuel)
Antiochos : Pas Pape (héritier d’Aristote) |
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Laodin

Inscrit le: 26 Mai 2017 Messages: 1251 Localisation: Entre fantaisie et rigueur
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Posté le: Mer Aoû 27, 2025 2:45 pm Sujet du message: |
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Citation: | Edito
- Par Laodin -
C’était chaud ! Pardon, vous parlez du temps qui s’est abattu sur nous ? Moi, je parlais simplement de la dernière ligne droite pour publier ce numéro... Ceci dit, vous avez bien raison, le soleil a cogné dur, presque aussi dur que pour Sypous à la fin de son voyage. Comme lui, beaucoup d’entre nous auront profité de ces derniers mois pour voguer vers d’autres horizons, bien que la destination soit toujours sur notre bonne vieille Terre... Quant aux travailleurs de l’été, leur courage aura été exemplaire. Je pense notamment à nos bons forgerons, condamnés à manier le feu quand celui-ci a déjà l’air de nous brûler, qu’un bain frais aura je l’espère délassés à la fin de chaque journée...
Si l’actualité était légère, beaucoup de fêtes religieuses d’importance étaient à noter, ce qui rend la thématique de ce numéro d’autant plus complexe à déterminer. Finalement, mon choix s’est porté sur une figure plus originale que celles abordées jusqu’ici : un roi, et pas n’importe lequel, Saint Louis, habitué des chênes mais certainement pas un gland - vous me pardonnerez la boutade. Dans un monde où la plupart des saints ont fait partie du clergé, il est rafraîchissant de voir que d’autres, s’étant consacrés au temporel, peuvent bénéficier des mêmes honneurs de par leur contribution au rayonnement aristotélicien. De là m’est venue cette question : existe-t-il réellement des guerres vertueuses, quand le Très-Haut déteste le conflit et la discorde ? Heureusement, l’Église possède la réponse à cette véritable problématique, et celle-ci ne date pas d’hier. J’aurai l’occasion de vous l’expliquer dans un second temps.
Bien sûr, Les Moineaux d’Aristote est une collectivité, et vous pourrez compter sur vos rédacteurs habituels, ainsi que quelques petits nouveaux pour aborder notre foi sous leur propre regard. Nous cherchons toujours à étendre nos effectifs, cela n’a pas changé et je crois qu’il en sera toujours ainsi. Si vous êtes clerc de l’Église Aristotélicienne Romaine, avec ou sans charge ecclésiastique particulière, sans être frappé de sanction, nous serons très probablement ravis de vous accueillir dans nos bureaux. Nous ne demandons pas nécessairement d’articles fouillés, un simple paragraphe pour parler de foi nous aiderait déjà. L’essentiel est que nous fassions la proposition la plus diversifiée possible, en mêlant styles et points de vue hétéroclites.
L’été est la saison de l’abondance, et on aurait tôt fait de s’y habituer. C’est vrai, pourquoi devrait-il y en avoir d’autres que celle-ci ? Pourtant, si l’automne et l’hiver n’avaient pas été inventés dans la Création, jamais le printemps et l’été n’auraient eu cet éclat. Le monde est bien souvent séparé en deux sphères, auxquelles nous pouvons ajouter celle de l’incertitude comme le théorisait Oane. Comment savoir, en effet, si les récoltes seront bonnes, sinon en découvrant l’avancée des saisons jour après jour ? C’est là, quelque part, toute la beauté de la vie à nous surprendre malgré des rituels établis. Pourvu toutefois qu’il y en ait davantage de bonnes que de mauvaises, et que la transition ne soit pas des plus brutales ! |
Citation: | Du changement à Saint-Benoît
- Par Laodin, Melo et Ahslinn -
Depuis quelques années et la fermeture des autres séminaires, Saint-Benoît est devenu la plaque tournante de tout l’enseignement aristotélicien, en parallèle de l’université pontificale de Rome. C’est à Saint-Benoît que l’on se dirige, ou que l’on est dirigé par son référent religieux lorsqu’une carrière dans l’Église est envisagée ; et même pas toujours puisque la Pastorale Prima y est aussi enseignée, en vue du baptême.
Saint-Benoît dépend de l’abbaye cistercienne de Sainte-Illinda, dirigée par l’abbé et Recteur de l’Ordre, actuellement le Père Roupil. En interne, c’est une autre figure qui le dirige : le Doyen de Saint-Benoît, élu par l’ensemble des professeurs pour garantir la tenue des objectifs dans une atmosphère sereine et, nous pouvons le dire, bon enfant.
De 1470 à 1473, la Doyenne de Saint-Benoît fut Monseigneur Melo de Montracol, sous qui fut engagée la totalité des professeurs actuels. Si vous avez lu notre précédent numéro, vous savez qu’elle a également été élue Primat de France depuis peu, une fonction particulièrement éprouvante qui l’a conduite à s’y consacrer tout entière. Après trois années de bons et loyaux services, elle a donc laissé la place de Doyenne à un autre professeur, Sœur Ahslinn de Ishtar van Mesmerenberg qui s’est généreusement dévouée... Et c’est exactement leurs points de vue à toutes deux que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui, dans une transition qui ne changera finalement pas grand-chose dans le quotidien des étudiants.
Citation: | Si certains l'ignorent, ce ne sera plus le cas ! Moi, la Doyenne du séminaire Saint-Benoît, en poste depuis 1470, j'ai rendu mon tablier. Non pas que j'en aie eu un, à vrai dire.
La main a été passée à Sœur Ahslinn, jeune femme dynamique, bienveillante et bien entourée d'une petite armée de professeurs dévoués.. Cette jeune équipe, oui car je devais être l'aînée... c'est scandaleux vu que j'étais la plus jeune à mon arrivée au séminaire, assure avec constance les cours de pastorale, maxima, licence théologique, professorat, noviciat et cursus de médecine.
Je suis évidemment très fière d'eux et les remercie de se dévouer ainsi à l'éducation de nos fidèles.
Melo de Montracol
Ancienne Doyenne du séminaire |
Citation: | Parler de moi n'est pas chose facile. Moi qui suis la discrétion, me voilà au devant de la scène. C'est une page d'un livre ouvert que j'écrirai au fur et à mesure que je serai accompagnée de mes ami(e)s professeurs pour qui j'exprime ma profonde gratitude pour la confiance qu'ils m'ont témoignée en me nommant Doyenne.
Sans parler de notre ancienne Doyenne Melo et maintenant notre Primat, qui a admirablement occupé ce poste avant moi. J'admire et aspire à perpétuer son exemple, sa passion et son engagement envers notre communauté. Je ne serai pas seule puisque j'ai avec moi les modèles que je chéris et que je souhaite perpétuer.
En attendant, avec humilité et sous la bénédiction de notre Seigneur, je me présente à vous. Je suis actuellement Sœur Ahslinn de Ishtar van Mesmerenberg, Première archidiaconesse de l'Archidiocèse de Rouen. Mon désir de m'engager et d'enseigner n'était pas motivé seulement par l'attrait de la diffusion des connaissances. Il était le fruit d'une conviction profonde, enracinée en moi depuis mon enfance.
Mon chemin vers le séminaire a été marqué par des étapes clés, notamment durant ma formation au séminaire pour l'ordination diaconale, où j'ai eu la chance d'effectuer ma Pastorale Maxima sous la supervision attentive de Monseigneur Laodin et de Monseigneur Melo, la Doyenne. À mesure que je poursuivais mes études et mes réflexions, mon désir de connaissance augmentait en fonction de ma compréhension divine. Chaque verset que je découvrais, chaque leçon apprise, renforçait mon lien avec notre Dieu, créateur de toute chose. Par Lui, la vie a été créée.
Ma foi, semblable à une source inextinguible, se nourrissait de vitalité et de dynamisme à chaque découverte récente. Ces expériences m'ont fait comprendre que la connaissance ne doit pas être uniquement une possession individuelle ; elle doit également être diffusée, apportant ainsi de la valeur à notre communauté.
En tant que professeure et guide, je ressens un devoir : non seulement partager des savoirs, mais aussi communiquer l'ardeur stimulante que je ressens pour notre foi.
Mon souhait est d'encourager d'autres fidèles à entreprendre cette même recherche de vérité, à explorer leur propre rapport avec Dieu et à dénicher l'inestimable richesse qu'elle recèle. Mon engagement ne se limite pas à un simple rôle ; c'est une vocation, un mode de vie en harmonie avec les mystères divins qui nous enveloppent.
Puisse la miséricorde divine vous guider.
Ahslinn de Ishtar van Mesmerenberg
Doyenne et professeure du séminaire Saint-Benoît |
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Citation: | Saint Louis, d'or et d'acier
- Par Laodin -
Ce n’est pas l’homme qui prend la vie, c’est la vie qui prend l’homme (tintintin) ; et ce n’est pas la couronne qui fait le souverain, c’est le souverain qui fait la couronne. Aucun pouvoir ne se suffit à lui-même, et il ne doit pas être savouré pour lui-même : il n’est qu’une extension de sa propre influence, non la preuve que ses actes sont bons ou justes. Seul le futur peut déterminer si nous nous en rendons dignes, exactement de la même façon que le plus misérable des hommes travaillera jour après jour à sa vertu.
La foi aristotélicienne a souvent eu une histoire complexe avec la royauté, qui peut la considérer ou bien comme pleine et entière, ou bien comme une pièce rapportée, voire une ennemie. Il a existé à peu près autant d’attitudes envers l’Église que de rois et de reines, alternant les périodes de concorde avec les périodes de mésentente. Si certains peuvent sans conteste être qualifiés d’aristotéliciens dévoués, la vérité est qu’aucun d’entre eux n’accomplit d’action suffisamment remarquable pour atteindre le statut de saint. Aucun, sauf un... Saint Louis, le bon roi Saint Louis, neuvième du nom, dont la piété et le sens de la justice surpassèrent tous ceux venus avant lui ou après lui. Peut-être ne sera-t-il plus seul un jour à recevoir cet ultime honneur, même si nous en sommes encore loin.
Au début du treizième siècle, les rois de France étaient encore les descendants directs des précédents souverains, sans système d’élection. Ainsi, le jeune Louis naquit et grandit dans des conditions exceptionnelles, au plus près des puissants et éduqué dans le seul but de les diriger. Qu’il fût indigne des attentes placées en lui depuis sa naissance, et la France entière aurait souffert de son incompétence durant de très longues décennies. Heureusement, ses parents étaient plutôt des modèles d’éducation et de vertu : Louis VIII, connu pour son aide militaire apportée à l’Église, et Blanche de Castille, douce et profondément pieuse. Ils le modelèrent de la même façon, dans un équilibre délicat entre fougue guerrière et écoute vertueuse, faisant de lui un homme d’action et de tempérance.
Son père, hélas, ne vécut pas assez longtemps pour comprendre la nature extraordinaire de son fils : en l’entendant dire qu’il voulait se rendre en Orient pour “apprendre à connaître la nature de la Création”, il crut avoir enfanté d’un hérétique, et mourut peu de temps après. Cependant, le rêve de Louis IX était non pas de se rapprocher des autres croyances, mais d’étendre la foi aristotélicienne là où elle n’avait pas encore su trouver d’écho. Il ne se sentirait pas entier, ne se considérerait pas totalement comme un roi aristotélicien tant qu’il n’aurait pas mené d’action d’envergure dans la diffusion de la foi. « La lumière de l'Orient s'est répandue sur moi par la grâce d’Aristote, et m'a rappelé d'entre les morts », dirait-il plus tard afin de confirmer ses pensées.
Mais Louis était encore trop jeune pour régner et dut calmer ses ardeurs d’aristotélisation sous la tutelle de sa mère, devenue régente de France. Chaque été, il se rendait dans l’abbaye de Maubuisson qu’elle avait fondée, apprenant la patience et l’observation de la nature. Cela le déciderait, encore plus tard, à poursuivre dans la même voie, fondant pour sa part des Hôtels-Dieu comme celui de Compiègne, ou l’hospice des Quinze-Vingts. Ah, et serait-il utile d’ajouter à cela ce qui est le plus connu de tous, à savoir l’édification de la Sainte-Chapelle ? Une œuvre si impressionnante qu’elle rivalise avec celles de Rome, et en possède la même sacralité ?
A l’âge adulte, Louis IX apparut comme un homme des plus posés et sereins, tout en n’ayant rien perdu de sa vitalité. Roi justicier, il recevait audience sous un chêne, en traitant ses sujets non selon leur statut, mais selon leur valeur morale ; monarque généreux, il passait beaucoup de temps auprès des lépreux et autres malades, dont certains guérissaient peu de temps après l’avoir rencontré. Il mit aussi l’accent sur la transmission de la connaissance, ordonnant la création et l’ouverture d’universités à l’ensemble des théologiens. La Sorbonne est bien entendu la plus célèbre de toutes, même si j’aurais bien aimé apprendre aussi qu’il est à l’origine du séminaire Saint-Benoît.
De sa vie civile, on retiendra aussi de Saint Louis l’acquisition exceptionnelle d’une des plus grandes reliques de l’aristotélité, la couronne d’épines de Christos. En enchérisseur enfiévré, il dépensa une grande partie de la fortune annuelle du royaume pour se la procurer, en chair et en os, ou en bois et en ronce si j’ose dire. N’importe qui d’autre aurait alors organisé un triomphe à sa propre gloire, mais le roi opta plutôt pour la voie de l’humilité, en la portant de lui-même du bois de Vincennes à la Sainte-Chapelle. Le fit-il en vêtements d’apparat grandioses, couronne vissée sur la tête ? Que nenni : il le fit tête et pieds nus, souhaitant rendre hommage de son mieux aux derniers instants de Christos. Heureusement qu’il ne décida pas tout de suite après de faire installer une grande croix, ou il y aurait vraiment eu du souci à se faire.
Nous passerons sur d’autres de ses grands accomplissements, comme la lutte contre la corruption ou le rétablissement de l’indépendance du clergé, car je sais que vous n’attendez qu’une chose : la guerre ! les croisades ! Eh bien, je vous dirai d’abord de calmer, car vous commencez à me faire peur, mais allons-y : évidemment, Saint Louis ne fut pas le dernier à répondre à l’appel du Pape, lorsque celui-ci lança la septième croisade pour reprendre le royaume de Jérusalem. Selon d’autres versions, c’est le roi lui-même qui aurait été à l’origine de cette croisade, pour laquelle il aurait seulement demandé l’aval du Saint-Père... Parti tout juste remis de maladie, comme s’il n’était déjà pas assez difficile d’aller guerroyer en pleine santé, il débarqua en Égypte avec l’ensemble des troupes françaises. Le bilan fut mitigé malgré quelques victoires notables comme à Damiette, et Saint Louis considéra lui-même cette croisade comme un semi-échec.
La septième croisade, sa première, ne pouvait toutefois pas être sa dernière, et sa volonté de fer le conduisit ensuite à entamer sa seconde croisade - la huitième, donc. Comme vous pouvez le voir, il n’était pas du genre à renoncer si facilement ! Cette fois, son objectif serait beaucoup plus ciblé avec la prise de Tunis, dont il savait le sultan enclin à se convertir en cas de défaite. La ville, qui était très bien défendue, resta cependant debout après plusieurs assauts. Pour la première fois inquiet, frustré de ne pouvoir rétablir l’aristotélisme dans la région, il décida d’attendre des renforts près de Carthage, plein de doutes. C’est là qu’il mourut contre toute attente d’une épidémie de dysenterie, provoquée par la canicule et les tentatives répétées des averroïstes de couper leur accès à l’eau.
Comme cette fin pourrait sembler en demi-teinte pour le plus grand des rois, je terminerai par un dernier fait notable que j’avais mis de côté : l’introduction du maïs en France, que l’on doit à Saint Louis suite à un cadeau reçu des Mongols. Le mosento, ce blé si particulier que l’on dit d’Inde, prit ensuite le nom que nous connaissons tous, et cultivons si bien dans nos champs depuis plus de deux cents ans. On en apprend vraiment tous les jours, n’est-ce pas ? |
Citation: | Médecine - Les études médicales In Gratebus
- Par Cyphus -
Ce mois-ci dans notre chronique médicale nous abordons le sujet de nos chères études avec cet article qui se propose comme un syllabus pour les étudiants en médecine.
L’inscription à l’université
Il existe un certain nombre de conditions avant même de s'inscrire à l'université. Ces conditions sont données par le conseiller du Comte à la Sénéchaussée. Notamment, il est nécessaire d'être un artisan qualifié (niveau 100), avoir une bonne réputation (100 points) et être dans des bonnes conditions physiques (60 points de force, 60 points de charisme et 120 points d'intelligence). De plus, le jour de l'inscription il faut être bien habillé avec des bas, braies ou jupe, ceinture, chapeau, chausses et chemise.
Les frais d'inscriptions sont eux-mêmes de 1000 écus, toujours auprès du conseiller du Comte. Si vous n'avez eu dans votre vie qu'un seul atelier (ou zéro) alors il est nécessaire d'avoir en plus 1500 écus de réserve qui ne seront pas versés, soit un total de 2500 écus en poche en rencontrant le conseiller du Comte.
Le Conseiller du Comte vous autorisera alors moyennant ces 1000 écus à choisir entre la voie de l’Église et de la Science (qui vous intéresse si vous lisez ceci) ou la voie de l'État et de l'Armée. Attention ce choix est définitif et vous privera définitivement de la possibilité de faire partie de la voie de l’État ou de l'Armée.
Après tous ces efforts vous devenez enfin étudiant ou étudiante ! Il vous restera alors à confirmer gratuitement votre vocation de médecin à l'université. Attention ce second choix est encore irréversible et vous privera définitivement de la voie de l’Église.
Pour récompenser votre patience, le Très-Haut illumine votre âme du bagage culturel suivant :
Bases de biologie : 20%
Éléments d'anatomie : 20%
Bases de la médecine : 0%
et deux connaissances supplémentaires à 0% parmi la chimie de base, les premiers secours, l'astrologie et la botanique.
Le Créateur vous souffle également quelques connaissances de langues :
Le latin : 10%
Le grec : 4%
Les langues modernes : 10%
L'arabe : 0%
Notez que maîtriser une connaissance à 0% est supérieur à ne pas la connaître, ce n'est donc pas « nul ». Nous l'aborderons dans le chapitre suivant.
Le parcours universitaire
Pour les nouveaux étudiants, le nombre de matières à maîtriser peut être intimidant. En effet il y a 14 connaissances à maîtriser pour achever ses études de médecine. La voie de la médecine est une des plus longues après celle de l’Église.
Pour vous aider, voici un arbre de ces connaissances :
Arbre de connaissances
Chaque flèche part d'une connaissance prérequise pour en comprendre une autre.
Si vous souhaitez une règle simple à suivre vous pouvez suivre ces matières dans cet ordre précis :
Biologie & Anatomie > Bases de médecine > Chimie & Médecine avancée > Botanique & Physiologie de base > Distillation > Pharmacologie de base > Physiologie avancée 20% > Pharmacologie avancée > Toutes les autres matières. Suivre le détail de la figure précédente vous permettra d'être un peu plus libre dans votre parcours et d'optimiser votre cursus dans la mesure où étudier plusieurs matières en parallèle permet de bénéficier au mieux des cours, en particulier si vous choisissez d’être anobli In Gratebus.
Les subtilités universitaires
Pour étudier, vous pouvez suivre le cours d'un professeur à l'université. Habituellement le tarif d'un cours est de 20 écus et coûte quelques heures de temps. C'est sans aucun doute le moyen le plus rapide mais aussi le plus cher. Vous pouvez aussi étudier seul, cela vous coûtera seulement 5 écus de frais d'accès à la bibliothèque mais vous aurez besoin de toute la journée pour étudier. A moins d'opter pour une étude d'une demi-journée avec une efficacité d'autant moindre. Attention, vous ne pouvez étudier seul de cette manière qu'une matière que vous connaissez déjà. D'où l'importance des matières connues à 0%.
A titre informatif il faut un peu plus de 20 cours suivis avec un professeur ou plus de 30 jours d'études seul pour maîtriser une matière dont les prérequis sont satisfaits. Si vous n'avez pas de cours disponible pour découvrir une nouvelle matière dont vous n'avez pas connaissance, il est possible de travailler dans le domaine de la médecine pour les découvrir par vous-même mais cela est très aléatoire et déconseillé.
Sachez aussi que les nobles In Gratebus étudient deux fois plus vite ! Il est possible que leurs couronnes stimulent leurs esprits qui deviennent plus vivaces mais les experts sont partagés sur les raisons de ce fait avéré. Si vous faites ce choix, il vous suffit d'être noble de robe, nous vous encourageons alors à étudier les 20 jours de noblesse en prenant un maximum de cours dont vous répondez aux prérequis afin de rentabiliser votre investissement.
Dans les études de médecine, il y a quelques subtilités spécifiques. La première est que malgré le fait que le Très-Haut vous souffle quelques rudiments de langues, vous n'en avez pas besoin pour vos études ! Si votre seul objectif est la médecine, vous pouvez ignorer les langues.
Un système de prérequis unique existe dans la médecine. Vous aurez remarqué dans l'arbre des connaissances ci-dessus que deux matières sont prérequises l'une de l'autre : la physiologie avancée et la pharmacologie avancée. Pour être plus précis, il faut maîtriser 20 % de la physiologie avancée pour pouvoir achever la matière « pharmacologie avancée » puis vous pouvez à nouveau travailler la physiologie avancée jusqu'à la compléter. Il n'est pas rare de se faire surprendre par des études improductives lors de cette étape.
Les gains de compétences
Nous vous invitons à nouveau à consulter l'arbre des connaissances médicales proposé ci-avant. Un code couleur vous permet de distinguer les matières qui apportent au médecin de nouvelles compétences. Les connaissances marqués d'une astérisque * indiquent les connaissances qui augmentent le nombre de simples trouvés par ceux et celles qui en cueillent (voir les Moineaux n°6).
En particulier, les bases de la médecine permettent aux médecins d'ouvrir les consultations normales (qui nous le rappelons sont inutiles) et la médecine avancée permet aux médecins d'ouvrir les consultations avancées (voir les Moineaux n°7).
Maîtriser la botanique est nécessaire pour faire des potions, c'est donc une connaissance majeure à maîtriser rapidement quand on est médecin.
La physiologie de base permet d'obtenir le code d'Hildegarde d'une maladie ou d'une essence curative, cela n'est utile concrètement aux médecins les plus expérimentés qui recherchent de nouvelles maladies ou inspectent les essences curatives de confrères. La distillation permet de déchiffrer un code d'Hildegarde pour obtenir la recette d'une essence curative — ce qui est encore utile aux seuls chercheurs — mais aussi à faire des essences curatives, ce qui est utile à tous les médecins (voir les Moineaux n°2).
Enfin, la pharmacologie avancée qui est une des dernières matières du cursus permet d'identifier les recettes d'une potion rien qu'en les reniflant, ce qui est très pratique, mais aussi de connaître les recettes des philtres (voir les Moineaux n°4).
Notez enfin qu'une matière médicale est inutile au médecin : l'astrologie. Elle n'apporte aucune compétence médicale et n'aide pas à trouver des simples. C'est aussi la seule à avoir un objet spécial pour aider son étude : les cartes astrologiques qui doublent leur progression. Malgré l'inutilité concrète de cette matière, elle peut être étudiée à la fois pour l'enseigner et pour satisfaire le besoin de connaissance des nantis qui obtiennent luxe, calme et volupté à comprendre le monde.
Maintenant que vous savez tout cela cher lecteur ou chère lectrice, vous avez calculé que si vous commencez vos études de médecine demain, il vous faudra plus d'un an pour les achever ; alors, nous vous souhaitons patience et détermination ! |
Citation: | Dicastères et fonctionnement de l'Église
- Par David -
Le Pape dirige notre Église. Sous sa direction, le gouvernement de l’Église, appelé Curie Romaine, s’organise, notamment, autour des dicastères. Leur nombre et leur organisation ont évolué au fil du temps et de l’histoire. Aujourd’hui, nous comptons huit dicastères dont les missions sont définies par le Droit Canon. En voici une présentation synthétique.
La Congrégation du Saint-Office et pour les Causes des Saints est le dicastère romain chargé de la conservation du Dogme de la Sainte Église Aristotélicienne. Elle recueille, étudie, analyse et valide les textes dogmatiques pour développer et enrichir la collection de textes sacrés pour toute l'Église. Aussi, elle examine et reconnaît quels fidèles décédés peuvent être considérés comme Bienheureux ou Saints en raison de leur vie exemplaire et organise leur béatification ou canonisation. Cette congrégation encourage la recherche et reconnaît les reliques sacrées. Enfin, elle rédige et approuve les pratiques et textes liturgiques de la Sainte Église Aristotélicienne. Les théologiens de la Congrégation peuvent aussi être sollicités pour donner un avis sur tout ou partie du Dogme.
La Congrégation pour la Diffusion de la Foy regroupe de nombreux offices tels que l'Office pour l'Enseignement Aristotélicien et les Institutions Éducatives , l'Office des Exorcistes, l’Office des Traducteurs de la Villa San Loyats, l’Office du Registre des Chapelles, l’Office des Pèlerinages, l’Office des Musées Vaticans et le Chapitre Régulier Romain. Cette congrégation œuvre pour la diffusion de la foy. Note de Laodin : le séminaire Saint-Benoît dépend par exemple de cette congrégation pour assurer la qualité de ses cours.
La Nonciature Apostolique est le dicastère romain chargé de la représentation diplomatique du Saint-Siège auprès des institutions laïques, ainsi que de la négociation et de la conclusion de Concordats, traités, conventions et accords de toute nature avec la ratification de la Curie Romaine, soit par décision du Souverain Pontife soit par vote du Sacré-Collège des Cardinaux. Sauf autorisation expresse du Droit Canon ou du Saint-Siège lui-même, aucune autre institution ou personne, à l'exception de la Nonciature Apostolique et de son personnel diplomatique, ne peut prétendre représenter ou conclure des accords de toute nature que ce soit au nom de la Sainte Église, d'une de ses institutions ou branches.
La Congrégation pour la Sainte Vérité est le dicastère romain chargé de superviser et de gérer la Justice de l’Église et les Tribunaux Ecclésiastiques dans les limites de ses compétences et dans le seul but d'assurer le triomphe de la Sainte Vérité et de la Vraie Foi. Son objectif primordial et définitif, notamment mais non uniquement par les soins de la Très Sainte Inquisition, est de garantir le salut des âmes en facilitant la réintégration des enfants du Très-Haut qui ont perdu la Voie des Vertus.
La Congrégation des Saintes Armées regroupe un ensemble de fidèles et de clercs liés par un but commun, à savoir la défense des valeurs et des intérêts de l’Église Aristotélicienne. Elle assure la supervision et le suivi des forces militaires aristotéliciennes en temps de Paix et en assure le contrôle et le commandement en temps de guerre sainte. En tout temps la Congrégation doit s'assurer de la bonne marche, de l'état, de la disposition, de la disponibilité, du recensement, du contrôle, du suivi et de la préparation des combattants servant directement sous les ordres de Rome.
La Chancellerie Pontificale est chargée de la gestion ordinaire du Saint-Siège pour tout ce qui ne relève pas directement des autres dicastères romains et qui est du ressort exclusif du Souverain Pontife ; elle assiste le Souverain Pontife dans la rédaction des documents papaux et dans l'exécution de ses décisions. A travers ses différents offices et en collaboration avec les dicastères romains compétents, elle veille au bon fonctionnement de la bureaucratie du Saint-Siège, supervise son administration centrale et contribue à la promulgation et la publication des lois, édits, ordonnances et textes, canoniques, dogmatiques et fondamentaux de la Curie Romaine et de l'Église.
La Congrégation pour le Nouvel Apostolat est le dicastère romain chargé d'aider, de superviser et de guider les communautés aristotéliciennes naissantes, de tailles réduites ou particulièrement en difficulté. Afin de remplir au mieux les fonctions qui lui sont confiées, la Congrégation pour le Nouvel Apostolat peut adopter des mesures extraordinaires en accord et avec l'approbation de la Curie Romaine.
La Chambre Apostolique est le dicastère dédié aux saintes œuvres et à la gestion des biens matériels de l’Église, qui centralise et administre les activités financières et commerciales. |
Citation: | Les guerres saintes : incompatibles avec l'amour divin ?
- Par Laodin -
Deus Vult ! Dieu le veut ! Ce cri de guerre, demeuré célèbre chez les croisés, a longtemps été utilisé dans la reconquête des territoires aristotéliciens. Mais au fait, était-ce vraiment la volonté de Dieu ? N’y a-t-il pas plus évident, plus absurde paradoxe que celui de prôner l’amour de Dieu par la haine ? Ce questionnement est justifié, et souvent utilisé par les détracteurs de l’Église, mais nous allons voir qu’il existe une réponse tout à fait dogmatique à cela.
Les aristotéliciens ont souvent été chassés, persécutés au cours de leur histoire. D’un point de vue neutre, il semblerait donc qu’ils aient repris les vieilles habitudes de leurs bourreaux, en traquant tous ceux qui ne leur ressemblent pas. Néanmoins, une différence reste assez frappante aujourd’hui : aucun supplice, aucune exécution exemplaire n’est prononcée par Rome, même devant les plus grands crimes contre la foi. Les punitions sont d’ordre moral, comme avec l’excommunication qui a pour but de faire prendre conscience au coupable l’extrême gravité de sa faute, et l’inciter à se repentir. Ainsi, la rédemption est plus souvent prônée qu’un jugement définitif, qui empêcherait de mûrir spirituellement et d’accéder au Paradis Solaire. Le but n’est pas d’envoyer le plus d’hommes possible dans l’Enfer Lunaire, pour rappel.
Bien sûr, les croisades et les guerres saintes sont un sujet tout à fait différent, comme le rappela Saint Thomas après avoir rejeté l’idée de grands bûchers. Les guerres saintes sont une réponse à une menace contre la foi à grande échelle, ce que ne sont pas les comportements regrettables de quelques égarés. Ici, la survie elle-même de l’aristotélisme est en jeu, avec la perspective de se rapprocher dangereusement d’une victoire de l’impiété, et ainsi de la Fin des Temps. Les guerres saintes ne sont jamais des attaques gratuites comme pourraient l’être des guerres plus personnelles et égoïstes, elles sont une réponse ferme et directe aux attaques perpétrées par les autres croyances. Cela se produisit, au début de la première croisade, quand les averroïstes assiégèrent la ville de Nicée, dont le nom rappellera des souvenirs à tout théologien. L’empereur Alexis Ier Comnène demanda de l’aide au Pape, qui accepta au vu des conséquences possibles pour l’aristotélité.
Il y eut bien des croisades, neuf au total, auxquelles participèrent des figures illustres comme, comme... oui, Saint Louis, comment avez-vous deviné ? Chaque fois, les objectifs militaires étaient différents, quoique toujours liés au Proche ou au Moyen-Orient, mais l’objectif spirituel demeurait le même : ne pas laisser de hauts lieux de la foi aristotélicienne tomber sous la coupe de croyances étrangères. Il était insupportable, notamment, de savoir Jérusalem aux mains de l’ennemi, qu’il fût spinoziste ou averroïste. Les aristotéliciens devaient pouvoir faire leur pèlerinage sur les terres des exploits et du sacrifice de Christos, ou un défaitisme profond se serait installé.
Toutes ces manœuvres, aussi justifiées soient-elles, comportent cependant un risque majeur : celui de s’abandonner pleinement à la violence et d’y trouver un plaisir malsain, utilisant l’argument de la noble cause pour s’adonner aux pires des péchés. La fin justifie les moyens, mais certainement pas que l’on en oublie la cause première. Comme vous le savez, la Créature Sans Nom adore se servir de nos convictions pour les retourner contre nous, dans une ironie qu’elle seule est capable de maîtriser. Si elle peut trouver le moyen de pervertir de belles intentions, elle le fera avec la plus grande joie. Ainsi, le chevalier croisé, mais aussi les chevaliers en règle générale, prendra garde à ne point tuer s’il lui est possible d’épargner son adversaire, si on lui demande grâce ou si la menace d’une atteinte à l’aristotélisme est écartée. Il ne fera point souffrir inutilement, dénoncera d’éventuelles exactions, ne participera à aucun acte violent en dehors des batailles elles-mêmes. Il sera un chevalier des déserts (ou des desserts), sec mais juste.
Malgré tout, aucune des précautions prises par le chevalier, le fantassin, l’archer... ne suffira à le laver des tueries commises au nom de l’Église, qui sont bien anormales dans un monde qui se veut uni. « Alors, Dieu décida de leur permettre d’apprendre ce qu’était l’amitié, afin que, plus jamais, un humain n’en tue un autre » nous dit le Livre de la Pré-Histoire ; hélas, la réalité nous apprend que cette amitié n’est pas toujours possible, et que se défendre face au péché consiste dans les cas les plus généralisés à utiliser les mêmes armes. Le dialogue est essentiel, rien ne doit être envisagé avant d’y recourir, mais s’il devient inutile, une contre-attaque militaire deviendra la seule solution capable de protéger les aristotéliciens. « Lorsque le Sans-Nom et ses séides font usage de la force, celui qui laisse faire est leur complice. Lorsque le Bien affronte le Mal, tous les acteurs de la cité doivent se lever comme un seul corps pour détruire le Malin », affirma justement Christos pour compléter la vision de Dieu.
Nous sommes pris entre deux feux, celui, brûlant, de la passion aristotélicienne, et celui, plus discret, de la tendresse universelle, et le tout est de faire ni dans l’angélisme suicidaire, ni dans le déchaînement aveugle face aux hétérodoxes. De même, les participants directs aux guerres saintes seront dans une posture de médiation et de réserve, prenant conscience de leurs actions, du fait qu’elles sont aussi belles que horribles. Leur conscience morale leur commandera ainsi d’aller se confesser en dehors des combats, car s’ils ne peuvent être blâmés d’appartenir à une armée, cela n’est en rien quelque chose de normal, et cela ne doit pas être banalisé. Il est un apôtre de la Sainte et Justifiée Violence, selon le nom donné par le Bienheureux Zabouvski, ce qui implique d’en saisir les limites. Jamais il n’aurait pris part à de tels combats si le Sans-Nom n’avait pas une telle emprise chez certains ennemis de l’aristotélisme, si chacun avait accepté de se tolérer dans l’espoir d’une conversion pacifique.
Dieu le veut, et ne le veut pas à la fois ; quoique nous ne puissions totalement comprendre Son esprit parfait. Il ne le voudrait pas dans un monde uni sous la bannière de Son Église, mais Il le veut dans notre monde actuel, où celle-ci est parfois visée. Des circonstances exceptionnelles appellent à des mesures exceptionnelles, sans aucun doute. Mais, avant de rejeter toute la faute sur nos semblables, posons-nous cette question : sommes-nous aristotéliciens parce que nous avons vraiment la foi, ou sommes-nous aristotéliciens parce que notre cadre de vie y est le plus favorable ? Et si nous répondons oui à la première option, ont-ils autant le choix de leur côté ? Nous faisons tous partie du même jardin, mais ce qui est Hospitalier pour nous ne l’est pas forcément pour d’autres, confinés à leurs Templ(iers). D'où la nécessité de les faire se sentir chez eux, bien plus qu'eux-mêmes ne le croient. |
Citation: | Chapitre 4 : La décision
- Par Pie -
En effet, en un instant, la Grand'Place de Valmont s'était muée en véritable arène d'idées. Sous un ciel aux nuances orageuses, la cité habituellement joyeuse se parut soudain le théâtre d'une confrontation intellectuelle intense. Autour d'un pilier de marbre ancien, la foule se rassemblait, l'atmosphère vibrante de tension, comme si chaque discussion pouvait faire vaciller les fondements mêmes de Valmont.
Dans un coin de la place, Benoît, stoïcien inébranlable, prit la parole d'une voix calme mais impérieuse : « Nous vivons en des temps troublés, et seule la maîtrise de soi nous permettra de transcender le tumulte ambiant. La vertu, telle que nous l'enseignent Sénèque et Marc Aurèle, ne se trouve qu'en nous conformant à la raison. Céder aux passions ou aux chimères de l’obscurité n’est que nous condamner à un désordre fatal. » Ses paroles, empreintes d'une sérénité austère, captivaient ceux qui, cherchant la stabilité, se reconnaissaient dans l'appel au devoir et à la constance.
À quelques pas de là, Étienne, défenseur des épicuriens, s'avança avec douceur, apportant une nuance bien différente au débat : « La vertu ne réside pas dans une austérité implacable, mais dans l'harmonie entre la mesure et la jouissance de nos plaisirs légitimes. La tranquillité de l'esprit et la quête d’un bonheur serein forment tout autant le socle d'une vie bien menée. Nous ne devons pas renoncer à la douceur certes, en nous précipitant vers l'excès, mais apprendre à goûter aux joies simples qui embellissent notre existence. » Sa voix, teintée d'une poésie apaisante, cherchait à offrir une alternative à la rigueur implacable, invitant chacun à trouver le juste équilibre entre besoin de plaisir et exigence morale.
Au cœur de cette junte d'idées, Léa, une jeune femme dont l'air déterminé trahissait l'influence grandissante des Adeptes de l'Ombre Éternelle, se fit entendre. D'une voix vibrante et passionnée, elle s'exclama : « Vous parlez de vertu, de raison et de plaisir, mais avez-vous remarqué comment notre cité nous a abandonnés ? Nos dirigeants, enfermés dans leurs dogmes, oublient les misères qui rongent nos rues et oppriment nos âmes. Dans l'ombre, nous trouvons l'espoir d'une renaissance, la promesse d'un avenir libéré de ces chaînes tyranniques. Parfois, il faut oser plonger dans les ténèbres pour en extraire la lumière d'un changement authentique. » Chaque mot qu'elle prononçait faisait écho aux frustrations d'une jeunesse désenchantée, prête à rompre avec l'ordre établi pour embrasser une vision radicale de transformation.
Les voix se heurtèrent bientôt, chacun s'efforçant d'imposer sa vision. Benoît répliqua avec véhémence : « L'ombre dont vous parlez n'est qu'une illusion pernicieuse, conçue pour masquer le chaos et la discorde. Elle sape notre sens du devoir et érode l'édifice moral sur lequel repose notre cité. » Étienne tenta un apaisement, déclarant : « Que nos aspirations ne soient point guidées par la peur ni par l'extrémisme. Nos différences, si bien que nous soyons attirés par des idéaux divers, peuvent se conjuguer pour forger ensemble un chemin commun, où la raison et le plaisir se mêlent en harmonie. » Mais les mots de Léa intensifièrent la confrontation, suscitant des échanges de plus en plus passionnés, chacun dénonçant la naïveté ou l'inertie de l'autre. La dispute, loin d’être purement théorique, dévoilait de profondes fractures au sein d'une société en quête de repères.
Observant cette explosion de convictions et de passions divergentes, Guillaume s'avança au milieu de l'assemblée. Le regard posé sur la foule divisée, il s'exprima avec une clarté empreinte de sollicitude : « Amis, la véritable vertu réside dans le juste milieu, dans la capacité de conjuguer rigueur et plaisir, discipline et liberté. Aristote nous enseignait que le bonheur se trouve dans l'équilibre; ne laissons pas nos idéaux devenir des armes qui nous apparaissent mutuellement insurmontables. Cherchons, ensemble, la voie qui préserve à la fois l'âme de notre cité et celle de chacun d'entre nous. »
Mais son appel, dans ce climat chauffé à blanc, se heurta à une muraille de rejet. Accusé d'être un creux raisonneur et de naïveté, Guillaume fut la cible d'invectives, ses mots se perdant dans les éclats croissants des passions. La dispute se mua en un affrontement où la sphère politico-religieuse laissa place à la sphère sociale, chaque groupe se repliant sur lui-même dans un ultime cri de désunion.
Sous un ciel désormais assombri par la pluie, la Grand'Place se mua en une fresque mouvante d'ombres et de lumières, symbolisant la dualité entre l'espoir d'un renouveau et le chaos d'une cité en perdition. Ainsi, Valmont, qui avait un jour vibré au rythme d'une harmonie commune, se trouvait désormais suspendue au bord d'un abîme d'incertitudes, chaque voix discordante dessinant les contours d'un futur empreint de désunion. |
Citation: | Brèves
- Par Melo -
« C’est juillet et je fais confiance en la personne que je deviens. »
Juillet, c'est le mois du soleil, de la chaleur, l'envie de ressortir de nos chaumières se fait réel et vous voici marchant dans les rues de nos bourgs, revisitant nos terrasses de taverne. L'on s'accoste, l'on sourit aux autres, heureux de retrouver ce qui nous manquait : le soleil certes mais surtout notre prochain. L'on célèbre mariage et baptême. L'on célèbre l'amour, avec une joie véritable. L'on danse, l'on chante.
On l'avait presque oublié dans la grisaille de l'hiver. Ce mois de juillet est là pour nous rappeler que vous n'êtes pas seul. Jamais. Revoir le sourire, les yeux pétillants de vos voisins vous ramène à la base de notre pastorale : qu'est-ce que la vie ? C'est l'amour ! |
Citation: | Jeux
Citation: | Quiz de compréhension
- Par Laodin -
1. Qui dirige un séminaire ?
A. Le Recteur
B. Le Préfet
C. Le Doyen
D. Le Primat
2. Que réalisa Saint Louis dans le royaume de France ?
A. La construction de Notre-Dame de Paris et de Saint-Benoît, l'acquisition de la Sainte Croix
B. La construction de la Sainte-Chapelle et de la Sorbonne, l'acquisition de la couronne d'épines
C. La construction de la Nonciature Apostolique, l'acquisition du bâton d'Aristote
D. Une campagne de sensibilisation aux bienfaits des guerres saintes
3. Comment mourut Saint Louis ?
A. D'une intoxication au maïs
B. D'une flèche au cœur, pendant les croisades
C. Du tétanos, après avoir marché pieds nus
D. D'une très grosse diarrhée
4. Par quoi commence-t-on les études de médecine In Gratebus ?
A. La biologie et l'anatomie
B. La chimie et la médecine
C. La physiologie et la pharmacologie
D. Un joli pot-de-vin aux professeurs
5. Quelle matière est inutile aux médecins ?
A. La distillation
B. La chimie
C. L'astrologie
D. Aucune d'entre elles
6. Quel dicastère est chargé de signer des traités et concordats avec les gouvernements temporels ?
A. La Nonciature Apostolique
B. La Chambre Apostolique
C. Le Saint-Office
D. La Congrégation des Saintes-Armées
7. Pourquoi les guerres saintes existent-elles ?
A. Pour forcer les souverains à s'unir dans un but commun
B. Pour défendre les lieux aristotéliciens menacés
C. Pour renforcer la fidélité à l'Église
D. Pour donner des cibles faciles sur lesquelles se défouler |
Citation: | Mots croisés
- Auteur anonyme -
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Solution du quiz :
1. C
2. B
3. D
4. A
5. C
6. A
7. B
Solution des mots croisés :
1. Diocèse
2. Soutane
3. Dogme
4. Évêque
5. Curé
6. Mariage
7. Credo
8. Boulasse
9. Aristote
10. Paradis
11. Diacre
12. Messe
13. Ordination
14. Chapelle |
_________________
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